Analyse sur l’état des lieux de la liberté de la presse au Niger. Un espace d’expression sous tension depuis 2023

Analyse sur l’état des lieux de la liberté de la presse au Niger. Un espace d’expression sous tension depuis 2023

Depuis le renversement du président Mohamed Bazoum en juillet 2023, la situation de la liberté de la presse au Niger s’est progressivement détériorée. Si les nouvelles autorités assurent ne pas vouloir restreindre la liberté d’expression, plusieurs signaux inquiétants témoignent d’un resserrement de l’espace médiatique.

Une presse sous surveillance

Dans le contexte de transition politique et de mobilisation nationale, les médias font l’objet d’un contrôle accru. Certains sujets jugés sensibles, notamment la sécurité, la coopération militaire ou la gouvernance des nouvelles autorités, sont devenus difficiles à aborder sans risque d’interpellation.
Depuis 2023, plusieurs journalistes ont été convoqués, interpellés ou auditionnés par la police judiciaire, souvent pour des publications sur les réseaux sociaux ou des articles d’investigation.

Des organes suspendus, des rédactions prudentes

Des médias étrangers ont vu leurs correspondants expulsés ou suspendus, tandis que des rédactions locales ont adopté une autocensure par crainte de représailles.

Une profession résiliente, mais fragilisée

Malgré ces pressions, les journalistes nigériens continuent de jouer un rôle essentiel d’information et de veille citoyenne. Depuis l’avènement du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP ), les responsables des organes de presse et journalistes plaident pour un dialogue avec les autorités afin de garantir un cadre d’exercice apaisé.

Entre sécurité et liberté : un équilibre à reconstruire

Le défi reste celui de trouver l’équilibre entre la préservation de la sécurité nationale, souvent invoquée par les autorités, et la protection du droit à l’information. La détention de journalistes, comme celle survenue en ce début du mois de novembre 2025, renforce les craintes d’un recul démocratique dans un pays jusque-là reconnu pour la vitalité de sa presse en Afrique de l’Ouest.

Abdoulkarim Ousmane Mahamadou