Revue de presse Niger – 26/11/2025
Le Premier Ministre nigérien participe à la 1ère Session extraordinaire du Conseil des Ministres de l’UEMOA – ANP – 25/11
Le Premier Ministre nigérien, également Ministre de l’Economie et des Finances Ali Mahaman Lamine Zeine a participé par visioconférence, dans l’après-midi de ce mardi 25 novembre 2025 au siège de la BCEAO de Niamey, à la 1ère Session extraordinaire du Conseil des Ministres de l’UEMOA.
C’était en présence du Gouverneur de la BCEAO.
Cette 1ère Session au titre de l’année 2025 a été dirigée par le président dudit Conseil, le Ministre burkinabé des Finances, Dr Aboubacar Nakanabo.
Au cours de cette session, plusieurs points clés relatifs à la vie économique et financière des Etats membres de l’Union ont été abordés.
L’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), note-t-on, a été créée en 1994 avec pour mission principale l’intégration économique et la stabilité monétaire dans l’ensemble de ses huit pays membres que sont le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo.
Elle a pour objectifs principaux d’intégrer économiquement et monétairement ses huit pays membres. Elle vise également à renforcer la compétitivité, unifier les marchés et harmoniser les législations dans un cadre de marché ouvert et concurrentiel
Niamey accueille un programme régional pour renforcer la lutte médiatique contre l’extrémisme – Actu Niger – 25/11
Dans le cadre de ses efforts dans les États du Sahel, la Coalition islamique « CIMCT » lance un ensemble d’activités médiatiques spécialisés pour lutter contre le terrorisme et l’extrémisme en République du Niger.
Les travaux du programme médiatique spécialisé, mis en œuvre par la CIMCT dans le domaine de l’élaboration des messages médiatiques et télévisés visant à renforcer le rôle des médias sécuritaires et traditionnels dans la confrontation contre le terrorisme, ont débuté ce lundi dans la capitale Niamey, en République du Niger, et se poursuivront du 24 novembre au 2 décembre 2025, dans le cadre du programme de la CIMCT dans les États du Sahel.
La cérémonie d’ouverture s’est tenue en présence du Colonel-Major Hamadou Djibo Bartie, directeur des relations extérieures et de la coopération militaire au ministère de la Défense nationale du Niger, ainsi que de plusieurs représentants des autorités sécuritaires et médiatiques nationales. La Coalition islamique était représentée par M. Mohammed bin Hussein Al-Shahri, directeur des plateformes numériques et superviseur scientifique du programme médiatique. Dans son allocution, le ColonelMajor Hamadou Djibo Bartie a souligné que la coopération entre son pays et la Coalition constitue une étape importante pour renforcer les capacités des institutions concernées dans l’usage des médias et dans la consolidation de leur rôle efficace face à la propagande terroriste et aux idées extrémistes.
Il a également précisé que la lutte contre le terrorisme ne se limite plus à la dimension militaire, mais repose de plus en plus sur la capacité à déconstruire le discours extrémiste et à contrer la propagande médiatique grâce à l’élaboration de messages persuasifs selon une méthodologie intégrée, en harmonie avec les efforts déployés par les États et les sociétés.
Les programmes médiatiques mis en œuvre à Niamey comprennent une formation spécialisée intitulée « Élaboration des messages médiatiques et télévisés dans le domaine de la lutte contre l’extrémisme et le terrorisme », d’une durée de trois jours, suivie d’un atelier intitulé « Le rôle des médias traditionnels et modernes dans la sensibilisation de la communauté à la prévention et à la lutte contre le terrorisme», puis d’un atelier spécialisé intitulé « Rôle des médias de sécurité dans la lutte contre la création de frustrations dans la société », avec la participation de plus de quarante stagiaires issus des secteurs sécuritaires, militaires et médiatiques.
Ces initiatives et programmes de formation s’inscrivent dans la vision de la CIMCT visant à développer et à renforcer des capacités nationales dans divers domaines, notamment dans le secteur médiatique, afin de permettre l’utilisation des outils médiatiques modernes pour dévoiler et déconstruire le discours extrémiste et ses réseaux de propagande, tout en contribuant à instaurer un environnement plus sûr et plus stable dans la région.
Au Niger, le MPLJ « pro-Bazoum » peut-il inquiéter Tiani ? – Jeune Afrique – 25/11
Le Mouvement patriotique pour la liberté et la justice (MPLJ), groupe armé rebelle créé en août 2024, monte en puissance dans le nord-est du pays. En s’attaquant à la manne pétrolière, il affirme vouloir s’attaquer directement au pouvoir d’Abdourahamane Tiani.
Le 16 novembre, le Mouvement patriotique pour la liberté et la justice (MPLJ) a revendiqué une opération de sabotage du pipeline qui achemine le pétrole du nord-est nigérien vers le port béninois de Sèmè-Kpodji. L’attaque, menée près d’Agadem dans la région de Diffa, a été revendiquée en bonne et due forme quelques jours plus tard par le mouvement dirigé par Moussa Konaï, qui en a profité pour menacer explicitement « toutes les sociétés et entreprises collaborant avec le régime des putschistes » et exiger l’arrêt des activités minières et pétrolières tant que l’ordre constitutionnel ne sera pas rétabli dans le pays.
Cette escalade intervient après plusieurs « avertissements » adressé ces derniers mois par le MPLJ à la junte dirigée par Abdourahamane Tiani. Début septembre, le mouvement affirmait déjà avoir mené une attaque meurtrière contre les forces armées nigériennes à Chirfa, près de Djado, dans la région du nord-est du pays frontalière avec l’Algérie et la Libye. Le groupe armé avait alors revendiqué avoir tué 16 soldats nigériens. Sa stratégie qui consiste à combattre pour le retour à l’ordre constitutionnel au Niger, peut-elle réellement fragiliser le pouvoir, dont l’assise repose autant sur le contrôle militaire que sur la manne pétrolière ?
- Moussa Konaï, chef rebelle familier du désert
Issu d’une scission du Front patriotique de libération (FPL), fondé en 2023 par Mahamoud Sallah, le MPLJ est dirigé par Moussa Konaï, ancien commandant du FPL. Dans la région de Diffa, Konai s’est forgé la réputation d’un « baroudeur actif qui met toujours ses menaces à exécution ». Il a démontré sa capacité à conduire des opérations ciblées, y compris à proximité d’Agadez et des sites aurifères du nord du pays, pourtant très sécurisés.
Fort d’une connaissance fine du désert nigérien dans lequel il évolue de longue date, Moussa Konaï dirige un groupe composé en grande partie de combattants issus des communautés Toubou. Il bénéficie ainsi d’un ancrage local fort, dans un espace transfrontalier à cheval sur le Tchad, la Libye et le Niger.
Cela lui permet de bénéficier de zones de repli, ainsi que d’un vivier de recrutement pour mener une guérilla selon une méthode désormais bien rodée : des incursions éclair, menées sur des cibles considérées comme stratégiques, avant que les assaillants ne prennent la fuite pour disparaître dans le désert. « Le Tchad et la Libye collaborent avec le Niger pour les stopper, mais aucun de ces pays n’est suffisamment armé pour empêcher complètement leur circulation », souligne un analyste nigérien qui a souhaité conserver l’anonymat.
- Le MPLJ, une menace économique plus que militaire
Pour autant, la puissance du MPLJ reste limitée. Depuis deux ans, plusieurs mouvements armés opposés à la junte de Tiani ont émergé – notamment le FPL dont le MLPJ est une émanation. Tous revendiquent le soutien à Mohamed Bazoum dont ils exigent la libération, et le retour à l’ordre constitutionnel. Mais ces mouvements qui affirment défendre la même ligne ne sont pas encore parvenus à s’unir, bien au contraire, même. « Chacun défend son chef, son réseau et son influence communautaire, note Oumar Lol Arami, ancien coordinateur du FPL en Europe. Le résultat, c’est qu’audelà des opérations ponctuelles, il n’y a pas de stratégie unifiée. »
Cette fragmentation bride la capacité de projection du MPLJ. Le mouvement ne dispose d’aucune implantation dans les grands centres urbains, d’aucune structure politique solide et n’a pas les moyens militaires d’affronter directement les forces armées nigériennes, confirment plusieurs spécialistes sécuritaires. En revanche, ses attaques sporadiques peuvent constituer un réel risque pour les finances de l’État. « Si les groupes décident de dépasser leurs rivalités pour œuvrer ensemble, alors Abdourahamane Tiani pourrait être réellement inquiété sur le plan sécuritaire. Pour le moment, ce n’est pas le cas », conclut l’analyste sécuritaire précédemment cité.
- Le pétrole, talon d’Achille d’une junte financièrement asphyxiée
Pour la junte, le risque est donc avant tout économique. Les autorités nigériennes disposent d’une marge de manœuvre financière extrêmement réduite depuis la suspension d’une partie de la coopération internationale aux lendemains du coup d’État de juillet 2023. Certes, l’accord conclu en avril 2024 avec la Chine – un prêt de 400 millions de dollars – a constitué une bouée de sauvetage essentielle pour maintenir l’État à flot, mais l’équilibre est des plus fragiles. « Toute perturbation du pipeline ou de la production de pétrole brut menace directement la seule ressource financière stable du régime », analyse Oumar Lol Arami, directeur exécutif d’Initiative pour la participation citoyenne sur les industries extractives (IPCIE), une ONG nigérienne.
Les attaques ciblées du MPLJ contre les infrastructures pétrolières ne relèvent pas d’un simple geste symbolique. Elles visent le cœur de la résilience économique du pouvoir, au moment même où Niamey multiplie les initiatives pour tenter de contrer l’assèchement des finances publiques. La création du Fonds de solidarité pour la sauvegarde de la patrie, puis l’opération « 100 francs pour la patrie » lancée dans les écoles du pays en octobre, illustrent la pression budgétaire croissante qui pèse sur l’État. Si des opérations ciblant les flux d’hydrocarbures venaient à se multiplier, les conséquences seraient « très sévères », estime Arami.
- Abdourahamane Tiani face au risque d’un nouveau front
Le chef de la junte nigérienne sait qu’il lui est indispensable de maintenir ouvertes les vannes pétrolières. L’enjeu est d’autant plus crucial que le Niger s’est engagé à rembourser le prêt chinois sur douze mois, avec un taux d’intérêt de 7 % prélevé directement sur les revenus issus du pétrole extrait dans la région d’Agadem. Conscientes de cette fragilité, et déjà confrontées aux jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) et de l’État islamique au Grand Sahara (EIGS), les autorités nigériennes cherchent à éviter l’ouverture d’un nouveau front armé. Ces derniers mois, Niamey a multiplié les médiations discrètes avec ces groupes. « L’exemple le plus récent est la libération du sous-préfet de Bilma, obtenue après négociation », rappelle l’analyste. C’est également dans cette logique que le gouvernement a convaincu neuf combattants du FPL à se rendre, en novembre 2024. « Mais ces efforts ont des limites à partir du moment où Tiani refuse catégoriquement toute discussion qui impliquerait la libération de Mohamed Bazoum ou un retour rapide à l’ordre constitutionnel », relève Oumar Lol Arami. Des lignes rouges qui rendent tout accord durable entre l’État et ces groupes rebelles d’autant plus improbables que ces derniers campent, eux aussi, sur leurs exigences.

