Afrique : Crise ouverte entre Cotonou et Lomé

Afrique : Crise ouverte entre Cotonou et Lomé

Talon exige l’extradition du colonel Tigri et menace de dénoncer l’implication du Togo

La tentative de coup d’État manquée du 7 décembre au Bénin continue de provoquer des secousses diplomatiques majeures dans la sous-région.

Le président béninois Patrice Talon a officiellement exigé du gouvernement togolais l’extradition immédiate du lieutenant-colonel Pascal Tigri, présenté comme le principal instigateur de l’opération, et actuellement soupçonné de s’être réfugié à Lomé.

Dans un communiqué sans équivoque, Cotonou prévient : tout refus de coopération sera interprété comme une preuve directe de l’implication du Togo dans cette tentative de déstabilisation. Selon une note confidentielle des services de renseignement béninois adressée aux autorités togolaises, Tigri et plusieurs autres militaires impliqués dans le putsch avorté se trouveraient dans le quartier de Lomé 2, à proximité de la résidence présidentielle.

La même note indique que le jour de l’attaque, le colonel Tigri aurait été en contact avec un individu utilisant un numéro de téléphone togolais, renforçant les soupçons d’une complicité logistique depuis le territoire voisin.

Le gouvernement béninois demande formellement que ces « soldats fugitifs » soient localisés, arrêtés et remis aux autorités compétentes de Cotonou.

Patrice Talon, dans une déclaration solennelle, a promis que cette trahison ne resterait pas impunie, affirmant sa détermination à poursuivre les auteurs et les complices de cette tentative de renversement.

Cette escalade verbale marque un tournant dans les relations entre deux pays longtemps liés par des accords de coopération sécuritaire et économique. La posture offensive de Cotonou, combinée au silence prudent de Lomé, installe un climat de méfiance inédit entre les deux capitales.

Alors que la sous-région ouest-africaine est déjà fragilisée par une succession de crises politiques et sécuritaires, cette nouvelle tension entre le Bénin et le Togo pourrait avoir des répercussions sur l’équilibre régional. L’attitude du président togolais Faure Gnassingbé, connu pour sa discrétion diplomatique et sa gestion feutrée des crises, sera déterminante dans les jours à venir.

Entre pression politique, enjeux de souveraineté et soupçons d’ingérence, l’affaire Tigri pourrait bien devenir un test majeur pour la stabilité des relations interétatiques en Afrique de l’Ouest.

LA VOIE DU SAHEL