Tempête au Conseil Consultatif de la Refondation
Le président Djingarey capitule et annule ses nominations
(Quotidien L’Enquêteur du Vendredi 12 Décembre 2025)
Prévu par l’article 68 de la Charte de la Refondation, le Conseil Consultatif de la Refondation (CCR) a pour principale mission de « donner son avis au Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP) et au Gouvernement sur toute question intéressant la vie de la Nation ».
Selon l’ordonnance officialisant ses missions, sa composition et son fonctionnement, signé en avril 2025 par le général d’armée Abdourahamane Tiani, le CCR peut également, « de sa propre initiative, faire toute proposition ou recommandation » aux instances dirigeantes.
Le Conseil est dirigé par un bureau et s’appuie sur six commissions thématiques :
Paix, Sécurité, Réconciliation Nationale et Cohésion sociale ;
Refondation Politique, Culturelle et Institutionnelle ;
Économie et Développement Durable ;
Géopolitique et Environnement International ;
Justice et Droits de l’Homme ;
Santé, Éducation et Affaires Sociales.
Le Bureau du CCR, composé de douze (12) membres, est présidé Dr Mamoudou Harouna Djingarey, le président de l’institution. Fort de ses prérogatives, Dr Djingarey a récemment pris un arrêté portant nomination de chefs de services et de secrétaires.
Des nominations qui sont passées mal auprès de la majorité des membres du Bureau du CCR.
Ces nominations ont-elles été faites sur la base des relations personnelles ?
Les personnes nommées n’ont-elles pas des compétences et une expérience avérée pour apporter une quelconque plus-value au CCR ?
Quoi qu’il en soit, de nombreux membres du Bureau ont contesté ces nominations. Une crise ouverte est née. Une réunion d’urgence du Bureau, à l’initiative des contestataires, a lieu le mercredi 03 décembre 2025. Seul point à l’ordre du jour : le fameux arrêté de nominations. La réunion est présidée par le président Dr Mamoudou Harouna Djingarey. Ce dernier justifie l’arrêté contesté, non sans avoir regretté fortement le manque de respect de certains conseillers à son égard.
Mais les explications fournies au sujet de l’arrêté ne sont pas passées. C’est ainsi que les membres du Bureau ont exigé du président du CCR, pour un retour à la sérénité, le respect des textes et des procédures en matière de recrutement et de nomination.
Faisant preuve de hauteur d’esprit, Dr Mamoudou Harouna Djingarey a pris acte des observations faites et accepté en conséquence de procéder à l’abrogation pure et simple de son arrêté contesté.
De nouvelles nominations seront faites conformément à la procédure décidée par le Bureau du CCR au cours de la réunion. En vue de ces nominations, un comité ad’ hoc chargé de statuer sur le profil des agents de l’ex-Assemblée nationale a été mis en place. Il est attendu de ce comité ad’ hoc un rapport circonstancié.
Le Conseil Consultatif de la Refondation a besoin de s’appuyer sur une administration efficace, souple et efficiente, ce qui sera une condition préalable à une bonne gestion de l’institution. L’éthique doit être une affaire de comportements et de valeurs au sein du CCR.
Mahamadou Harouna.L’enquêteur.

