Litige autour de la vente de l’Uranium : Un duel à mort entre le Niger et la France

Litige autour de la vente de l’Uranium : Un duel à mort entre le Niger et la France

Le feuilleton judicaire qui oppose l’Etat du Niger à la multinationale ORANO sur la vente de l’uranium nigérien est loin de connaitre son épilogue. Après un semblant d’accalmie, le dossier a pris une nouvelle tournure après que les autorités nigériennes aient chargé des camions d’uranate à partir d’Arlit pour être acheminé à Niamey en vue d’une vente à un nouvel acquéreur. Même si Niamey n’a pas prononcé le nom de l’acheteur de la cargaison qui se trouverait actuellement, selon certaines sources, au niveau de la base aérienne 101 de Niamey, des spéculations vont bon train en visant RATOMS, une société russe.

Dans un communiqué récemment publié la multinationale française ORANO a de nouveau saisi le tribunal d’arbitrage sur ce qu’elle a appelé ‘’vol de stock d’uranium au niveau de la mine d’Arlit’’.

En effet, depuis la nationalisation de la Société des Mines de l’Aïr (SOMAÏR) par l’Etat du Niger, les parties à savoir l’Etat du Niger et ORANO sont à couteau tiré sur la question de la vente de l’uranium du Niger.

L’acheminement d’un important tonnage de l’Uranate d’Arlit sur Niamey et son éventuel acheminement vers une autre destination a vraisemblablement mis le feu aux poudres côté ORANO.

La décision souveraine du Niger de vendre son uranium à qui il veut dans le respect des regles en la matière n’a pas été du goût de Paris. Ainsi, le parquet de Paris dit avoir ouvert une enquête sur ce qu’ORANO a qualifié de « vol d’uranium » au Niger dans les gisements exploités, il y a de cela quelques années par la multinationale française Areva, ancêtre d’ORANO.

L’ouverture de cette enquête continue de faire couler beaucoup d’encre et de salive tant sur le plan national qu’international. Pour les uns, bien que le Niger soit souverain sur ses ressources naturelles, il doit respecter les principes du droit international. Ce droit consacré par la Résolution 1803 de l’ONU qui est le même pour tous les Etats sans exception. Selon les défenseurs de la position adoptée par le Niger, les agissements de la France se justifient tout simplement par la perte d’un privilège qui est celui de faire main basse sur l’uranium du Niger.

Silence radio des autorités nigériennes

Depuis le début de ce bras de fer, les autorités nigériennes parlent rarement. La dernière sortie d’un officiel nigérien remonte d’il y a deux (2) semaines, lorsque le Ministre de la justice garde des sceaux a révélé la découverte de 400 tonneaux de déchets toxiques laissés par ORANO dans la région d’Agadez. Le Ministre Alio Daouda a dans sa sortie médiatique annoncé que le Niger portera plainte à son tour aussi pour exposition des populations aux produits toxiques qui nuisent gravement à la santé des populations et à l’environnement.

Quoi qu’il en soit, le gouvernement nigérien reste sur sa position d’utiliser son uranium comme bon lui semble. Sauf qu’à la date d’aujourd’hui, des sources proches du dossier indiquent que les camions transportant les tonnes d’uranate n’ont pas encore quitté la ville de Niamey.

D’autres spéculations font état de difficultés sur le débouché à partir duquel, la marchandise doit transiter pour atteindre sa destination finale.

En attendant la réaction officielle des autorités nigériennes sur le sort réservé à l’uranate acheminé depuis Arlit, les analystes et autres spécialistes du droit et relations internationales en matière de commerce international multiplient les réactions à travers des sorties médiatiques et autres plateformes d’échanges.

Qui de l’Etat du Niger et d’ORANO remportera la manche dans ce bras de fer ? Autant dire qu’un duel à mort vient de débuter entre le Niger et la France.

Ibrahim Moussa

LA VOIE DU SAHEL