Finale du 46ᵉ Sabre National : Noura Hassane, une victoire bâtie sur la maîtrise technique et la puissance tactique.
Par Abdoulkarim Ousmane Mahamadou.
La 46ᵉ édition du Sabre National de lutte traditionnelle a livré son verdict ce dimanche 28 décembre 2025 dans l’arène Hamidan Maidaré de Tahoua. Au terme d’un combat techniquement engagé, Noura Hassane a dominé Zakirou Zakari, tous deux représentants de la région hôte, confirmant la suprématie de Tahoua sur la scène nationale de la lutte traditionnelle.
Dès l’entame, la finale s’est déroulée dans un dispositif organisationnel impressionnant, à la hauteur de l’enjeu. Sous une forte couverture médiatique – télévisions nationales et étrangères, presse écrite, créateurs de contenus numériques – et en présence des plus hautes autorités politiques et sportives, l’arène offrait un cadre propice à une confrontation de haut niveau. Le dispositif sécuritaire et sanitaire, déployé tout autour de l’enceinte, a également contribué à garantir le bon déroulement de l’événement.
Une première manche d’observation stratégique
Le combat, lancé peu après 17 heures par l’arbitre central, a d’abord été marqué par une phase d’observation active. Durant les dix premières minutes, les deux lutteurs ont privilégié la gestion de la distance, le placement corporel et la recherche de prises sans s’exposer excessivement.
Sur le plan technique, Noura Hassane s’est distingué par une stratégie claire : cibler systématiquement la jambe d’appui de son adversaire. À au moins trois reprises, il est parvenu à saisir la jambe de Zakirou Zakari, démontrant une excellente lecture des déplacements et une synchronisation efficace entre appui, déséquilibre et tentative de projection. Toutefois, Zakirou a opposé une résistance notable, grâce à une bonne explosivité et une capacité à se dégager des prises, évitant ainsi une chute prématurée.
Cette première manche s’est donc achevée sans verdict, mais avec un avantage technique latent en faveur de Noura Hassane, plus constant dans l’initiative et la pression.
La seconde manche : le facteur décisif de la puissance
Après la pause, la reprise du combat a rapidement confirmé l’usure progressive de Zakirou Zakari. Moins mobile et plus réactif que proactif, il a laissé davantage d’ouvertures à son adversaire.
C’est dans cette configuration que Noura Hassane a appliqué avec efficacité sa stratégie de prédilection. Une nouvelle saisie de la jambe, exécutée avec davantage de puissance et de continuité, a provoqué le déséquilibre décisif. En tentant de se dégager, Zakirou a perdu son centre de gravité, ouvrant la voie à une domination physique totale de Noura Hassane, qui a su exploiter son gabarit et son ancrage au sol pour conclure l’action.
Le chronomètre s’est arrêté à 11 minutes et 06 secondes, scellant la fin d’un combat où la combinaison entre endurance, lecture tactique et puissance a fait la différence.
Tahoua, capitale incontestée de la lutte nigérienne
Avec ce sacre, Noura Hassane s’impose comme le nouveau Roi des arènes et offre à la région de Tahoua son 11ᵉ Sabre National. Ce résultat conforte l’Ader comme la région la plus titrée de l’histoire de la lutte traditionnelle nigérienne, devant Maradi (10 titres), Zinder (9), Dosso (8), Niamey (4), Agadez (3) et Tillabéri (1). La région de Diffa reste, à ce jour, sans Sabre National.
Au-delà du trophée, cette finale illustre l’évolution technique de la lutte traditionnelle nigérienne, de plus en plus marquée par la préparation physique, la gestion tactique des combats et la professionnalisation de l’organisation des grandes compétitions nationales

