Populations précarisées : Les orphelins de la Refondation

Populations précarisées : Les orphelins de la Refondation

Les partis politiques dissouts et les structures de la société civile parties à la fête, la population est désormais livrée à son sort. Plus personne pour remonter les bruits des populations des périphéries. Les temps sont désormais loin où le M62 pouvait courir sur place pour vérifier les accidents d’intervention militaire ou les dégâts collatéraux dans la proximité d’une communauté. Plus aucune publication des webactivistes sur les victimes d’insécurité. Les lanceurs d’alertes ont tous disparu. Tous à la fête. Les murmures et soupirs des sinistrés restent désormais inaudibles. Jamais pourtant les conditions de vie de la population n’ont connu un niveau de précarité aussi sévère. Une précarité accentuée par un vide général, une absence de tout interlocuteur.

La société civile, une soupape de soulagement

Lorsqu’elle existe et qu’elle joue pleinement son rôle, la société civile est un recours privilégié pour les couches démunies qui trouvent en elles des interlocuteurs pour les écouter et porter leurs doléances. La société civile est source d’espoir, elle constitue une sentinelle ou une protection contre les abus. La flambée des prix sur les marchés des produits de premières nécessité ou le poids des mesures administratives sur les usagers peuvent peser sur la population qui n’a aucun recours. Il n’existe plus aucune interface de prise en charge pour évaluer la pertinence de l’action publique. La suppression des partis politiques a créé un vide entre le pouvoir public et la population. Et le rôle d’interface assumé par la société civile a aussi été supprimé par les autorités de la Refondation. Les autorités de la Refondation ne se sont pas contentées de la dissolution des partis politiques, elles ont altéré le rôle de la société civile qui a abandonné la population pour participer au gouvernement. De plus en plus aujourd’hui des voix s’élèvent pour condamner la corruption de la société qui a quitté son rôle traditionnel pour participer à la fête aux côtés autour des banquets du gouvernement. Mais quelle est la faute de la société civile ? Le seul tort des acteurs de la société civile c’est celui d’avoir un ventre. Mais la première faute incombe à la refondation qui lance les invitations.

Ibrahim Elhadji dit Hima

LA VOIE DU SAHEL