Revue de presse Niger – 28/01/2026

Revue de presse Niger – 28/01/2026

Niamey : Le Premier Ministre reçoit l’ambassadeur de Chine au Niger – ANP – 27/01 

Le Premier Ministre, M. Ali Mahaman Zeine a reçu, ce Mardi 27 janvier 2026, l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République populaire de Chine au Niger, Lyu Guijun.

A sa sortie d’audience, le diplomate chinois a déclaré être venu «  présenter au Premier ministre et au ministre des Affaires étrangères, la politique tenue par la Chine à l’égard du Niger. Sur la voie de la modernisation, la Chine restera résolument engagée aux côtés du Niger pour avancer main dans la main vers la modernisation ».

Le diplomate a fait savoir que « La Chine soutiendra résolument le Niger dans l’exploration d’une voie de développement adaptée à ses conditions nationales, dans sa lutte contre le terrorisme et les ingérences extérieures, dans son effort pour défendre sa souveraineté, sa sécurité et ses intérêts de développement ».

Lyu Guijun a également remercié le Niger pour le soutien résolu qu’il a apporté à la Chine sur les questions liées à Taïwan et aux droits de l’homme.

L’ambassadeur chinois de souligner que « Cette année marque une année importante pour les relations sino-nigériennes et pour les relations sino-africaines, on célèbre le 70e anniversaire de l’ouverture des relations diplomatiques entre la Chine et les pays africains ».

Lyu Guijun de rassurer que « la Chine travaillera aux côtés du Niger  pour renforcer la coopération dans tous les domaines afin d’apporter de plus grands bénéfices au peuple nigérien ».

Niamey : une délégation de la Banque Mondiale au cabinet du Premier ministre ANP – 27/01

Le Premier Ministre, M. Ali Mahamane Zeine a reçu, en fin d’après-midi de ce Mardi 27 janvier 2026, une délégation de la Banque Mondiale, conduite par le représentant résident au Niger, Affouda Leon Biaou.

A l’issue de cette audience le représentant résident de la BM, Affouda Leon Biaou a déclaré que cet entretien s’inscrit dans « le cadre de la préparation d’un projet d’appui au secteur financier et de financement des petites et moyennes entreprises ».

Affoufa Leon de souligner que « c’est un projet de la Banque mondiale d’un montant total de 250 millions de dollars en dons pour la République du Niger’’ a  précisé M. Leon Biaou.

« Nos discussions ont porté sur la restitution des discussions techniques qui ont eu lieu avec les différentes parties présentes du projet » a-t-il poursuivi, soulignant être « rassurés par les propos du Premier ministre qui nous a dit que le gouvernement prend à bras-le-corps  les problèmes du secteur financier  et veut leur donner ce taux d’hygiène  pour permettre au secteur de rebondir  et de soutenir l’économie nationale ».a-t-il conclu.

Niger: le Premier ministre Ali Mahamane Lamine Zeine perd le portefeuille des Finances RFI 28/01  

Au Niger, un léger réaménagement du gouvernement a été annoncé lundi 26 janvier 2026, sur décret d’Abdourahamane Tiani. Ali Mahamane Lamine Zeine perd le portefeuille de l’Économie et des finances, mais conserve la fonction de Premier ministre qu’il occupe depuis aout 2023. Les clés du ministère de l’Économie et des Finances sont désormais confiées à Mamane Laouali Abdou Rafa, qui a dirigé la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) au Niger.

« Sanction déguisée ou simple délestage ? », s’interroge le quotidien nigérien L’Enquêteur.  

Ali Mahamane Lamine Zeine cumulait le portefeuille de l’Économie et des Finances à sa fonction de Premier ministre depuis sa nomination en aout 2023, dans la foulée du coup d’État qui a porté le CNSP au pouvoir. Il perd donc le premier. Aucune explication n’a été donnée officiellement.

Ali Mahamane Lamine Zeine, économiste de formation, a déjà été ministre des Finances sous la présidence de Mamadou Tandja au début des années 2000. Il a ensuite travaillé pour la Banque africaine de développement. Sa politique de redressement du pays a-t-elle été bien acceptée par les militaires au pouvoir ? Des rumeurs persistantes le donnaient un temps sur le départ. Ce n’est plus d’actualité, selon son entourage.

Pour lui succéder aux Finances, le choix du pouvoir s’est porté sur Mamane Laouali Abdou Rafa qui a dirigé la BCEAO (Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest) au Niger. « Ces ministres sont des outils pour les militaires, mais sans réel pouvoir de décision », estime un analyste nigérien pour qui le nouveau ministre arrive dans un contexte économique et financier difficile au Niger, mais dans un ministère dont il est déjà familier.

Niger : Laouali Abdou Rafa, expert de la BCEAO, prend les rênes de l’Économie et des Finances Agence Ecofin 28/01  

A la tête de ce ministère, l’ancien directeur national pour le Niger de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest devra consolider les performances économiques du pays tout en gérant les contraintes d’un environnement marqué par l’insécurité.  

Par décret signé le lundi 26 janvier 2026 par le président nigérien, Abdourahamane Tiani (photo), Maman Laouali Abdou Rafa a été nommé ministre de l’Économie et des Finances. Cette nomination met fin au cumul de ce portefeuille stratégique depuis août 2023 par le Premier ministre, Ali Mahaman Lamine Zeine.

Jusqu’à sa désignation, M. Abdou Rafa occupait la fonction de directeur national pour le Niger de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Un poste clé qui lui a permis d’être au cœur des questions monétaires, financières et macroéconomiques, tant au niveau national que régional.

Formé en sciences économiques à l’Université de Ouagadougou, il a intégré la BCEAO en 2005 comme macroéconomiste. Il a par la suite occupé les postes de chef de section, chef de service des Études et de la Statistique, avant de devenir conseiller du directeur national puis directeur national. Il a ainsi contribué à l’élaboration du cadrage macroéconomique, au suivi des finances publiques, à la production des statistiques monétaires et à l’intégration économique régionale au sein de l’UEMOA et de la CEDEAO.

Une longue expérience au cœur des politiques économiques et financières

Maman Laouali Abdou Rafa connaît bien l’appareil d’État nigérien. Il a occupé plusieurs postes de haut niveau au sein du ministère des Finances, dont ceux de directeur général des opérations financières et des réformes, secrétaire général adjoint, puis secrétaire général du ministère. Entre 2015 et 2021, il a exercé comme secrétaire permanent du Comité interministériel de suivi de la politique d’endettement de l’État et de négociation des aides budgétaires (CISPEENAB), avec rang de conseiller principal du Premier ministre. À ce titre, il a joué un rôle central dans le suivi de la dette publique, la coordination des appuis budgétaires et les relations financières entre le Niger et le FMI, la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD), l’Union européenne et l’Agence française de développement (AFD).

Son parcours académique et professionnel lui a permis de développer une solide maîtrise des concepts de macroéconomie et microéconomie, gestion du développement ainsi que des techniques quantitatives, en statistiques et en économétrie.

À la tête du ministère de l’Economie et des Finances, il aura pour mission de préparer la croissance économique tout en gérant les enjeux actuels, dans un contexte où l’économie nigérienne montre une certaine résilience face à l’instabilité politique, aux conflits et aux phénomènes climatiques extrêmes.

Selon le Fonds monétaire international, le Niger a enregistré une reprise de 10,3 % en 2024, portée par le secteur extractif, et devrait maintenir une croissance de 6,6 % en 2025. L’institution de Bretton Woods appelle les autorités à maintenir une discipline budgétaire rigoureuse, renforcer la mobilisation des recettes, améliorer la qualité des dépenses publiques et mettre en œuvre une gestion transparente des revenus pétroliers. Elle recommande également une politique d’endettement prudente, privilégiant les financements concessionnels afin de limiter les risques de surendettement.

La lutte contre le changement climatique au Sahel aggrave les conflits : une nouvelle étude montre comment The Conversation 27/01  

Le Sahel, région semi-aride d’Afrique qui s’étend de l’océan Atlantique à l’ouest à la mer Rouge à l’est, est devenu l’épicentre du terrorisme mondial, en raison du nombre élevé d’attaques perpétrées par des groupes armés et des pertes humaines qui en résultent, y compris parmi les civils. Cette évolution trouve son origine dans un enchevêtrement complexe de facteurs. Parmi ceux-ci figurent la fragilité des États, les économies illicites, la présence limitée du gouvernement dans les zones rurales et les conflits liés à la raréfaction des ressources due aux chocs climatiques.

Je suis politiste et spécialiste des conflits, de la sécurité et du développement en Afrique de l’Ouest. Dans une récente note d’orientation rédigée pour un programme de recherche, j’ai exposé comment les efforts d’atténuation du changement climatique dans les communautés sahéliennes ont intensifié les tensions préexistantes.

La recherche a donné lieu à un travail de terrain approfondi et à des entretiens menés en juillet et août 2025 auprès de membres de communautés au Burkina Faso, au Mali, au Niger et au Nigeria. L’objectif était de comprendre l’interaction entre divers points de tension et les crises auxquelles ils font face.

Les moyens de subsistance sont mis à rude épreuve en raison du changement climatique. Les ressources deviennent rares et réparties de manière inégale. Les structures de gouvernance sont faibles et les groupes armés se disputent le contrôle des territoires.

Les conclusions de l’étude sont claires : l’action climatique peut soit exacerber les crises, soit contribuer à les atténuer.

De nombreux projets de lutte contre le changement climatique prennent la forme d’initiatives de grande ampleur. Il s’agit de parcs solaires, de vastes programmes de reboisement ou de plantations de biocarburants. L’initiative de la « Grande Muraille Verte »  et le projet de développement de chaînes de valeur agricole résiliente au climat au Niger en sont des exemples.

Ces projets sont considérés comme essentiels pour réduire l’empreinte carbone. Mais leur mise en œuvre dans des États fragiles présente un risque. Au Sahel, une élaboration de politiques de sécurité environnementale mal conçue peut avoir des effets néfastes et même alimenter l’insécurité qu’elle vise à prévenir. Les approches imposées d’en haut entrent souvent en contradiction avec les réalités sociales et écologiques locales.

A partir de ces constats, je suis arrivé à la conclusion que l’approche des Nations unies en matière d’atténuation du changement climatique au Sahel nécessite une réévaluation. Il faut privilégier des actions d’adaptation : sensibles aux conflits menées par les communautés et adaptées au contexte

conçues dans le cadre d’un processus transfrontalier. En effet, les interventions sont susceptibles d’influer sur les économies politiques, les dispositifs de sécurité et les relations communautaires audelà des frontières, et pas seulement à l’intérieur de celles-ci.

Un environnement fragile

Mes recherches confirment que le changement climatique dans les communautés sahéliennes a exacerbé les tensions préexistantes. Parmi celles-ci, on peut citer :

Insécurité : Les populations locales sont exposées à des conflits aggravés par les pressions induites par le climat. Il s’agit notamment des conflits entre agriculteurs et éleveurs liés à la diminution des pâturages, des affrontements intercommunautaires pour l’accès aux ressources en eau limitées et des tensions ethniques et religieuses aggravées par la concurrence pour les moyens de subsistance.

Les entretiens menés avec des agriculteurs, des éleveurs et des chefs de communauté, entre autres, ont mis en évidence la manière dont les changements dans les régimes pluviométriques, les longues sécheresses et les récoltes imprévisibles compromettent directement les moyens de subsistance. Les populations sont contraintes d’adopter des stratégies de survie au quotidien qui accentuent parfois les conflits locaux.

Fragilité de l’État : Les entretiens menés avec des informateurs clés, notamment des membres des milices locales, montrent l’incapacité des gouvernements à assurer la sécurité, à fournir des services de base ou à servir de médiateurs dans les conflits de plus en plus nombreux.

En conséquence, les communautés sont obligées de se tourner vers d’autres formes de gouvernance et de protection. Il s’agit notamment des milices locales, des autorités traditionnelles et des comités informels de gestion des ressources.

Réseaux criminels : La vulnérabilité climatique et la fragilité de l’État ont créé un environnement qui permet à des organisations extrémistes violentes d’opérer et d’étendre leur influence.

Ces groupes vont de simples bandits armés aux organisations extrémistes violentes telles que Boko Haram et Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM). Ils ne sont pas seulement le résultat d’une idéologie. Ils sont le produit d’un système en crise. Ils exploitent stratégiquement l’insécurité et les griefs créés par le changement climatique et la fragilité de l’État.

Un leader communautaire malien l’a parfaitement exprimé. Il a averti que si une communauté devient une terre aride … le groupe armé peut profiter de cette occasion pour s’y implanter.

Vers une approche sensible aux conflits

Les propos recueillis lors des entretiens mettent en avant des solutions simples, mais profondes.

Le message principal est clair. Il faut une appropriation locale et une implication de la communauté.

Un chef traditionnel du Burkina Faso, par exemple, a insisté sur le fait que :

si des projets sont mis en place, ils doivent inclure la communauté dès le début, afin que les gens se sentent respectés, que la confiance s’instaure et que les solutions répondent aux besoins réels.

Une personne interrogée au Nigeria a également expliqué que « lorsque les habitants s’engagent auprès du gouvernement, de nombreuses solutions voient le jour ». Au Niger, un acteur local a souligné la nécessité « d’impliquer davantage la population dans le processus décisionnel qui la concerne ».

Ces témoignages plaident pour de nouvelles orientations politiques. Ils militent en faveur d’un abandon du modèle de développement imposé d’en haut, et piloté par les experts.

Pour que l’atténuation du changement climatique soit un facteur de paix, elle doit être intégrée aux efforts de consolidation de la paix et de renforcement de l’État. La participation des autorités locales et des institutions communautaires à la prise de décision peut conduire à des interventions adaptées au contexte, plus légitimes et plus en phase avec les réalités locales.

Cela veut dire concrètement relier le financement climatique à des projets qui ne se limitent pas à des infrastructures d’énergie renouvelable, mais s’étendent aussi à des écoles, des centres de santé et des moyens de subsistance durables. Cela implique un dialogue transparent, mené par la communauté, afin de résoudre les conflits avant qu’ils ne s’étendent à toute la région du Sahel.

Quelques pistes de sortions

La situation critique du Sahel est une leçon importante pour la communauté internationale. L’interconnexion entre le changement climatique, la fragilité des États et les conflits constitue un système complexe et interdépendant. Elle ne peut être résolue par des interventions sectorielles isolées. Les défis sont trop étroitement liés et les enjeux trop importants.

Les politiques internationales en matière de développement et de climat doivent évoluer. L’atténuation du changement climatique n’est pas un exercice technique, mais une occasion de reconstruire les contrats sociaux rompus, de renforcer la résilience des communautés et de promouvoir un développement équitable.

S’attaquer aux causes profondes plutôt qu’aux symptômes peut transformer un cercle vicieux de fragilité en un cercle vertueux de paix et de développement.

LA VOIE DU SAHEL

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