Revue de presse Niger – 02/02/2026

Revue de presse Niger – 02/02/2026

Attaque de l’Aéroport de Niamey : Les forces vives de la région de Tillabéri réaffirment leur soutien auxautorités et aux FDS – ANP – 01/02

Suite à l’attaque de l’aéroport de Niamey, survenue dans la nuit du 28 au 29 janvier dernier, les collectifs des forces vives de la région de Tillabéri sont sortis massivement à la tribune officielle, ce dimanche 1er février, pour exprimer leur soutien aux autorités de la Refondation ainsi qu’aux Forces de défense et de sécurité (FDS).

C’est à travers un meeting populaire suivi de déclarations ayant rassemblé l’ensemble des couches socioprofessionnelle de la région, que la population de Tillabéri, avec à sa tête le Gouverneur Maina Boukar, a répondu à cet appel de soutien.

À cette occasion, les forces vives de la région de Tillabéri ont condamné avec la plus grande fermeté l’attaque perpétrée contre la base aérienne 101 de l’escadrille de Niamey, survenue dans la nuit du 28 au 29 janvier 2026.

Dans une déclaration, lue par Mme Laki Ousseini Kadija, les collectifs des forces vives de la région de Tillabéri dénoncent les campagnes de dénigrement et d’instrumentalisation menées par certains ennemis internes et externes, qui tentent ouvertement ou de manière insidieuse de remettre en cause les choix souverains du Niger.

Ils ont également salué les efforts constants du Président de la République et du Gouvernement dans la lutte pour l’avènement d’un Niger nouveau, porté par des citoyens aux attitudes renouvelées, engagés dans la construction d’un avenir radieux au sein d’un espace confédéral unifié, stable et pacifique, pour le bonheur des peuples de l’AES.

Les autorités administratives régionales et déconcentrées ont été vivement remerciées, tout comme le Gouvernement, pour leur engagement et leur disponibilité permanente au service de la région. Un hommage appuyé a également été rendu à l’ensemble des forces de défense et de sécurité, saluées pour leur bravoure, leur professionnalisme et leur détermination dans la défense de l’intégrité du territoire national et confédéral.

Les forces vives ont aussi exprimé leur reconnaissance aux populations qui, avec patriotisme et admiration, accompagnent les FDS dans ce combat imposé par ceux qui cherchent à maintenir le pays dans la misère et la précarité, afin de l’éloigner de tout objectif de développement et d’indépendance véritable.

Le gouverneur de la région, le Lieutenant-colonel Maina Boukar, parrain de ce grand rassemblement, a salué cette initiative qui traduit le fort engagement et le soutien clair aux côtés des autorités du pays.

À travers cette mobilisation, selon Maina Boukar, « la population réaffirme son attachement aux valeurs de paix, de sécurité, d’unité nationale et de cohésion sociale ». Il a exhorté les citoyens à rester debout, à renforcer et dynamiser les comités de veille, à occuper les points stratégiques, à demeurer vigilants et à collaborer étroitement avec les forces de défense et de sécurité en signalant toute situation suspecte.

Le Gouverneur de Tillabéri a rassuré que la déclaration du collectif des forces vives de la région sera transmise aux autorités compétentes.

Il faut noter qu’à la suite de cette déclaration, des Fatiha ont été prononcées pour la prospérité du Niger et des pays de l’AES, ainsi que pour le repos éternel des victimes du terrorisme.

Attaque terroriste à Niamey : La Confédération AES promet que les soutiens répondront de leurs actes – ANP 01/02  

La Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES) a, dans un communiqué publié, ce samedi 31 janvier 2026, promis que les soutiens de l’attaque perpétrée à la base 101 de l’aéroport international Diori Hamani de Niamey, répondront de leurs actes, avant de réaffirmer que les trois pays de l’AES demeurent unis, vigilants et résolument engagés dans une lutte coordonnée, souveraine et déterminée contre le terrorisme et ses soutiens.

Soutien au terrorisme : Abidjan proteste suite aux nouvelles accusations de Niamey Actu Niger 01/02  

Déjà en froid depuis plus de deux années maintenant, les relations entre le Niger et la Côte d’Ivoire ont connu une nouvelle crise, la semaine dernière, suite aux nouvelles accusations portées par le Chef de l’État nigérien contre son homologue ivoirien, au lendemain de l’attaque menée, dans la nuit du mercredi 28 au jeudi 29 juillet 2026, contre la base aérienne 101 de Niamey. En visite sur les lieux de l’assaut, le Général Tiani avait, en effet, indexé puis mis en garde les présidents Macron de la France, Talon du Bénin et Ouattara de la Côte d’Ivoire, comme des « sponsors du terrorisme » au Sahel. Des accusations qui ne passent pas à Abidjan où, dès vendredi dernier, l’Ambassadrice du Niger en Côte d’Ivoire a été convoquée au cabinet de la nouvelle Cheffe de la diplomatie ivoirienne, Nialé Kaba, pour des protestations officielles.

Comme un air de déjà-vu : Niamey qui accuse et Abidjan qui proteste officiellement ! Les tensions diplomatiques entre le Niger et la Côte d’Ivoire ne sont pas prêtes de s’estomper alors qu’elles traversent des zones de turbulences depuis juillet 2023 et le coup d’État militaire contre l’ancien président Bazoum par les officiers du CNSP, avec à leur tête le Général Abdourahamane Tiani.

La semaine dernière a connu un nouvel épisode de cette crise qui n’arrange en rien les relations entre les deux pays ouest-africains. Suite à l’attaque terroriste perpétrée contre la base aérienne de l’armée de l’air de Niamey, dans la nuit du 28 au 29 janvier dernier, le Président nigérien a nommément mis en cause les présidents Emmanuel Macron de la France, Patrice Talon du Bénin et Alassane Ouattara de la Côte d’Ivoire. Ce n’est certes pas la première fois que le Général Tiani accuse le Président français Macron de vouloir déstabiliser le Niger ainsi que les pays de la Confédération AES, en se servant de certains « relais » africains, notamment ses homologues béninois Talon et ivoirien Ouattara, mais cette fois l’accusation a été accompagnée d’une sorte de mise en garde qui sonne comme une promesse de réponse à l’affront. « Nous rappelons aux sponsors de ces mercenaires, notamment Emmanuel Macron, Patrice Talon et Alassane Ouattara, que nous les avons suffisamment écoutés aboyer, qu’ils s’apprêtent, eux aussi à leur tour, à nous écouter rugir », avait déclaré à chaud le Président Tiani, lors de sa visite sur les lieux, quelques heures après l’attaque.

Protestation officielle d’Abidjan et convocation de l’Ambassadrice du Niger

Des propos qui ne passent pas à Abidjan et les autorités ivoiriennes ont tenu à le faire savoir officiellement. Dans un communiqué, vendredi 30 janvier, le ministère ivoirien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a annoncé la convocation, le même jour à Abidjan, de l’ambassadeur de la République du Niger en Côte d’Ivoire, Mme Alfari Sita Sahida Badamassi Djariri, à la suite des « déclarations jugées graves » tenues récemment par les plus hautes autorités nigériennes à l’endroit du Président de la République de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara.

Selon le communiqué officiel, l’entretien s’est tenu au cabinet de la nouvelle ministre d’État chargée des Affaires étrangères, Nialé Kaba. À cette occasion, le gouvernement ivoirien a exprimé « sa vive indignation » et a condamné avec « la plus grande fermeté » ces propos, estimant qu’ils contreviennent aux usages diplomatiques et portent « une atteinte grave à l’honneur et à la dignité » du Chef de l’État ivoirien, ainsi qu’au peuple de Côte d’Ivoire.

Selon le communiqué, la Cheffe de la diplomatie ivoirienne a saisi l’occasion pour rappeler que « la Côte d’Ivoire, fidèle à sa tradition de dialogue, de paix et de bon voisinage, a toujours œuvré au maintien de relations d’amitié et de fraternité avec les pays de la sous-région ». Toutefois, est-il précisé dans le communiqué, « elle ne saurait tolérer des agissements ou des déclarations de nature à compromettre sérieusement la qualité des relations bilatérales ou à porter atteinte à ses institutions ».

Dans ce cadre, a fait savoir la diplomatie ivoirienne, une note de protestation formelle a été remise à l’ambassadeur du Niger pour transmission à ses plus hautes autorités. « Le gouvernement ivoirien indique rester attentif à la suite qui sera donnée à cette démarche diplomatique et se réserve le droit de tirer toutes les conséquences qui s’imposent, en fonction de l’évolution de la situation », poursuit le communiqué, dans lequel il est précisé que « cette convocation s’inscrit dans le respect des pratiques diplomatiques en vigueur et traduit la volonté des autorités ivoiriennes de défendre la souveraineté, l’honneur de l’État et la dignité de ses institutions, tout en privilégiant, lorsque cela est possible, la voie du dialogue pour la préservation de la paix et de la stabilité dans la sous-région ».

Ce n’est pas la première fois que le ton monte entre Niamey et Abidjan et que les autorités ivoiriennes convoquent le représentant diplomatique du Niger suite à des accusations de leurs homologues nigériens. Au Niger comme en Côte d’Ivoire, ces déclarations sont diversement appréciées et les tensions diplomatiques scrutées à la lettre, d’autant que la Côte d’Ivoire accueille une importante diaspora nigérienne qui risque de payer les frais de cette crise qui ne fait que s’envenimer depuis l’avènement du CNSP au pouvoir, en juillet 2023. Les deux pays restent tout de même membres de l’UEMOA et continuent d’entretenir des relations économiques et culturelles assez fortes.

Base 101, renseignement, influence : ce que font les Russes d’Africa Corps au Niger – Jeune Afrique – 30/01  

Après l’attaque jihadiste du 29 janvier à Niamey, le président nigérien, Abdourahamane Tiani, a salué l’action des forces russes. Jeune Afrique fait le point sur la présence et le rôle d’Africa Corps au Niger.

L’attaque jihadiste menée le 29 janvier contre l’aéroport de Niamey et la base militaire 101 marque sans doute un tournant symbolique à plus d’un titre. Dans les heures qui ont suivi, le président de la transition, le général Abdourahamane Tiani, a ainsi salué la réaction des forces de défense nigériennes, mais aussi celle de leurs alliés russes, explicitement félicités pour avoir contribué à repousser l’assaut.

Une reconnaissance publique rare, alors que le Niger restait jusqu’ici assez discret sur les contours exacts du partenariat avec Moscou et son bras armé, Africa Corps, successeur du groupe Wagner. Plusieurs éléments recueillis par Jeune Afrique permettent de dresser un état des lieux relativement précis de l’implantation russe dans le pays.

Des effectifs limités

Africa Corps présents compte environ 200 hommes sur le sol nigérien, les plus hautes estimations évoquant un maximum de 300 éléments. Selon nos informations, ceux-ci sont donc majoritairement stationnés sur la base 101, à proximité de l’aéroport de Niamey, où ils ont même aménagé une petite église dans un container.

Mais certains éléments disposent également de logements dans l’enceinte de la présidence nigérienne, à proximité immédiate de la garde présidentielle. Des déploiements ponctuels sur la base militaire d’Agadez, dans le nord du pays, anciennement occupée par les forces américaines, sont aussi évoqués.

Un travail de formation et de renseignement

À ce stade, selon nos sources, les Russes ne participent pas aux combats. Leurs missions sont centrées sur la formation, le conseil et le partage de renseignements, notamment techniques. La coopération s’effectue en lien direct avec la Direction générale de la documentation et de la sécurité extérieure (DGDSE).

En outre, des agents nigériens sont envoyés en Russie pour y suivre des formations spécialisées. Côté nigérien, Souleymane Balla-Arabé, patron de la DGDSE, est en première ligne. Intime de Tiani, il est l’un des éléments centraux du dispositif sécuritaire – et idéologique – du chef de la junte au pouvoir à Niamey depuis la chute de Mohamed Bazoum.

Des opérations d’influence

Africa Corps mène également des actions de communication, notamment sur les réseaux sociaux, et participe à des opérations dites de « conquête des cœurs » dans plusieurs régions du pays. Une activité à l’image de ce que Wagner a pu faire en Centrafrique et qui rentre dans la stratégie globale d’implantation des Russes sur le continent.

Un ordre de mission officiel du ministère nigérien de la Défense, daté de janvier 2026, en précise les contours. Le document, signé du chef d’état-major des armées, Moussa Salaou Barmou, atteste du « lancement de travaux sociaux » en partenariat avec la Russie à partir du 24 janvier autour de la capitale. Une évolution en discussion

Le 27 janvier, soit deux jours avant l’attaque, le vice-ministre russe de la Défense, Iounous-bek Evkourov, a été reçu à Niamey par le président Tiani, en présence du ministre de la Défense, le général Salifou Modi. Les deux hommes s’étaient rencontrés dès décembre 2023, au moment du réalignement stratégique du Niger après le coup d’État contre Mohamed Bazoum, toujours en détention aujourd’hui.

Lors de la visite d’Evkourov, la question d’une augmentation des effectifs et d’une implication plus directe d’Africa Corps dans les combats contre les jihadistes aurait été évoquée par les autorités nigériennes, sur le modèle malien. Ce partenariat coûte à Bamako environ 10 millions de dollars par mois. Un montant que le Niger pourrait avoir du mal à assumer.

Le Nigérien Abdourahamane Tiani remercie le grand frère russe Jeune Afrique 01/02  

Après l’attaque de l’aéroport de Niamey par des hommes armés, le président du Niger a salué l’action de la Russie, qui a, dit-il, aidé à mettre ces « mercenaires » en déroute.

Le néosouverainisme sahélien s’inspire largement des castings de l’univers du cinéma : dans les scénarios échafaudés par les régimes politico-militaires au pouvoir, certains pays jouent le rôle de « méchant » et d’autres, celui de « gentil ».

Après l’attaque de l’aéroport de Niamey par des hommes armés, dans la nuit du 28 au 29 janvier, Abdourahamane Tiani, le président nigérien, a ainsi désigné les Français, les Béninois et les Ivoiriens comme étant les « soutiens » et les « sponsors » de la trentaine de « mercenaires » – officiellement vingt

« neutralisés » et onze arrêtés – responsables de cette agression. Un reportage de la télévision d’État RTN a indiqué qu’un Français figurait parmi les assaillants tués…

Le général avait déjà accusé l’ancienne puissance coloniale de livrer une « guerre totale » à son pays. Il s’en est pris, cette fois, aux présidents Emmanuel Macron, Patrice Talon et Alassane Ouattara, qu’il a, dit-il, « suffisamment entendu aboyer ». À eux, désormais, « d’écouter les Nigériens rugir ».

La conférence de Sergueï Lavrov

Dans le rôle du gentil étranger, en revanche, il a une nouvelle fois cité un pays, la Russie, dont certains jugent l’action en Afrique de l’Ouest peu convaincante et qui passe pour essoufflé, voire désabusé. Le général Tiani a ainsi salué la bravoure des partenaires russes, qui, aux côtés des militaires nigériens, ont « mis en déroute l’ennemi en l’espace de vingt minutes ».

Hasard du calendrier, lors de sa conférence annuelle sur le bilan diplomatique de son pays, Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, a réaffirmé le soutien de Moscou aux régimes du Sahel. Après avoir exposé les grandes lignes de la politique africaine de la Russie, il a affirmé respecter les choix souverains du Mali, du Burkina Faso et du Niger dans le domaine de la politique, de la diplomatie et de la sécurité.

Tout à sa logique de non-ingérence et de coopération bilatérale, Moscou signe des accords-cadres, préconise une reconfiguration des alliances régionales et soutient les initiatives africaines de dialogue régional qui seraient gage, selon Sergueï Lavrov, de stabilité pour le Sahel et l’Afrique de l’Ouest.

Le ministre russe a également évoqué l’ouverture progressive de nouvelles ambassades en Afrique et la tenue, en 2026, d’un troisième sommet Russie-Afrique, après ceux de Sotchi (2019) et de SaintPétersbourg (2023).

L’oléoduc entre le Niger et le Bénin, victime de la bataille diplomatique entre Tiani et Talon ? – Jeune Afrique 31/01  

L’oléoduc reliant les puits de pétrole d’Agadem, au Niger, au port de Sèmè, au Bénin, n’a atteint que la moitié des objectifs annoncés. Si les tensions diplomatiques entre Niamey et Cotonou et les attaques menées par des rebelles sur le pipeline ont joué, c’est surtout le bras de fer entre les autorités nigériennes et la China National Petroleum Corporation (CNPC) qui a pesé. Décryptage en infographies.

Lors de la mise en service du plus long oléoduc d’Afrique, qui relie les champs pétrolifères nigériens au port béninois de Sèmè, l’objectif affiché était plus qu’ambitieux, la promesse étant d’atteindre les 200 000 barils par jour à l’horizon 2025. Le pipeline n’en a en réalité transporté que la moitié au cours de l’année passée.

Faut-il y voir les conséquences des tensions entre Niamey et Cotonou ? Les relations diplomatiques entre les deux capitales sont en effet plus que polaires. Et n’ont cessé de se tendre, ces dernières semaines. Tandis qu’à Cotonou la majeure partie des responsables politiques estiment que le Niger a joué un rôle dans la tentative de coup d’État du 7 décembre dernier contre Patrice Talon, le général Abdourahamane Tiani multiplie les déclarations belliqueuses. Dernière saillie en date du chef de la junte au pouvoir au Niger, ses propos accusant « Emmanuel Macron, Patrice Talon, Alassane Ouattara » d’être les « sponsors » des « mercenaires » qui ont, selon lui, mené l’attaque jihadiste sans précédent sur l’aéroport de Niamey et la base 101, dans la nuit du 28 au 29 janvier.

« Au départ, il y a eu des velléités de la part du gouvernement du Bénin d’utiliser le pipeline, et le port de Sèmè-Kpodji, comme un levier dans les négociations au moment des tensions avec le Niger« , relève Charles Thiémélé, directeur du développement en Afrique d’AOT Trading. La crise avait déjà atteint un premier cap, début juin 2024, lorsque les autorités nigériennes avaient fermé les vannes, installant littéralement des cadenas et des scellés, pour protester contre l’arrestation, au port de Sèmè-Kpodji, de cinq salariés nigériens de la société Wapco–Niger. « Mais finalement, un accord a été trouvé [en août 2024] et le pipeline fonctionne de nouveau », constate Charles Thiémélé, qui souligne que « le Niger a tout à perdre en fermant les vannes ».

Le bras de fer Niamey – Cotonou, dans lequel l’ouverture et la fermeture des vannes – qu’elles soient réelles ou relèvent de menaces – constitue l’un des axes, ne serait en fait que l’arbre qui cache la forêt des difficultés face auxquelles le Niger du général Abdourahamane Tiani est confronté : dans un contexte d’inflation galopante, les sabotages du pipeline par les groupes rebelles pro-Bazoum (Front populaire de Libération (FPL) et le Mouvement patriotique pour la liberté et la justice (MPLJ), les attaques jihadistes sur les sites pétrolifères, et les enlèvements d’employés chinois ont beaucoup pesé sur l’activité de l’oléoduc.

Au-delà de ces facteurs conjoncturels, certes lourds, le principal frein à l’atteinte des objectifs annoncés lors du lancement du projet de ce pipeline est le mécontentement croissant de la China National Petroleum Corporation (CNPC), société d’État via laquelle Pékin a consenti de très lourds investissements. « L’industrie pétrolière nigérienne est complètement phagocytée par les Chinois. Si le gouvernement n’arrive pas à trouver un terrain d’entente avec la Chine, leur industrie pétrolière n’évoluera pas, car la raffinerie de Soraz ne pourra pas voir ses capacités de production augmenter », préviens le directeur du développement en Afrique d’AOT Trading.

Il aura fallu trois ans et 2,3 milliards de dollars de dollars à la CNPC pour parvenir aligner 1950 kilomètres de tuyaux nécessaires à travers le désert nigérien, avant que les travaux ne soient officiellement terminés, en mai 2024. La CNPC a également investi 4 milliards de dollars dans l’exploitation des champs pétrolifères d’Agadem. Mais, un an après la mise en fonction de cet oléoduc aussi stratégique, le pipeline atteint à peine la moitié des objectifs promis.

Non seulement le retour sur investissement n’est toujours pas au rendez-vous pour Pékin, mais Niamey s’est en outre lourdement endetté auprès de la CNPC, qui a accordé un prêt de 400 millions de dollars, à un taux de 7 % d’intérêt. Or, les délais de remboursement de cette dette, initialement fixée à avril dernier, sont d’ores et déjà dépassés. La situation est d’autant plus tendue que le système prévoyait que la CNPC se rembourse sur les exportations de pétrole qui sont en deçà des espérances.

Malgré ces nombreux écueils, le pipeline fonctionne, bon gré, malgré. Jeune Afrique a pu consulter en exclusivité le relevé des navires embarquant du pétrole nigérien depuis la plateforme béninoise du port de Sèmè-Kpodji, dont le détail est présenté dans l’infographie ci-dessous. En 2025, un seul navire a enregistré un léger retard – de 10 jours, en mai – , contre une moyenne de deux jours d’escale pour les pétroliers. Un constat qui souligne que les aléas de la bataille diplomatique, tout comme les attaques menées par les rebelles nigériens sur le pipeline, ne semblent pas avoir d’impact immédiat et direct.

Côte d’Ivoire : l’ambassadeur du Niger convoqué après les propos du général Tiani AA 31/01  

– Depuis son arrivée au pouvoir, le chef d’état Nigérien entretient des relations tendues avec la France et plusieurs pays alliés, régulièrement accusés de tentatives de déstabilisation

Les autorités ivoiriennes ont convoqué, vendredi, l’ambassadeur du Niger à Abidjan, Badamassi Alfari Sita Sahida Djarori, à la suite de propos tenus récemment par le général Abdourahamane Tiani, chef d’Etat du Niger, mettant en cause le président ivoirien, Alassane Ouattara, a indiqué un communiqué officiel.

Selon le ministère ivoirien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, le gouvernement a exprimé « sa vive indignation » et condamné « avec la plus grande fermeté » des déclarations jugées contraires aux usages diplomatiques et portant atteinte « à l’honneur et à la dignité du chef de l’État ivoirien ainsi qu’au peuple ivoirien ».

Ces tensions diplomatiques font suite à une attaque survenue dans la nuit de mercredi à jeudi contre l’aéroport international Diori-Hamani et la base militaire 101 à Niamey, au Niger. Des détonations ont été entendues peu après minuit, selon des sources locales.

Les autorités nigériennes on fait état de 20 assaillants tués lors de cette attaque visant l’aéroport et la base militaire située à une dizaine de kilomètres de la présidence.

Le général Abdourahamane Tiani, président du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), au pouvoir depuis le coup d’État de juillet 2023 ayant renversé le président élu Mohamed Bazoum, a accusé les présidents français, béninois et ivoiriens – Emmanuel Macron, Patrice Talon et Alassane Ouattara – d’en être les « sponsors » de l’attaque.

« Nous rappelons aux sponsors de ces mercenaires (…) qu’ils s’apprêtent, eux aussi, à leur tour, à nous écouter », a déclaré le général Tiani dans une allocution diffusée sur la radio publique La Voix du Sahel.

Au cours de l’entretien avec l’ambassadeur nigérien, la Côte d’Ivoire a réaffirmé son attachement au dialogue et à la paix dans la sous-région, tout en soulignant qu’elle ne saurait tolérer des actes de nature à compromettre ses relations bilatérales.

Le Bénin a également rejeté les accusations portées par le général Tiani. Son porte-parole, Wilfried Léandre Houngbédji, a estimé que ces allégations manquaient de crédibilité, affirmant que « même les Nigériens n’y croient pas ».

Depuis son arrivée au pouvoir, le chef d’état Nigérien entretient des relations tendues avec la France et plusieurs pays alliés, régulièrement accusés de tentatives de déstabilisation.

L’insécurité alimentaire monte en Afrique de l’Ouest et au Sahel, la FAO appelle à l’aide RFI – 31/01  

En Afrique de l’Ouest et au Sahel, près de 42 millions de personnes sont déjà en situation d’insécurité alimentaire. C’est-à-dire qui ne sont pas en mesure de se nourrir correctement. Le chiffre pourrait grimper à près de 53 millions de personnes d’ici le mois d’août 2026 si rien n’est fait. Dans un contexte de réduction des financements, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) appelle donc à une réponse collective d’urgence pour renforcer l’assistance humanitaire mais aussi mettre en place des solutions durables pour renforcer la production alimentaire.

Le Nigeria, le Tchad, le Cameroun, le Niger, le Mali, le Ghana et la Sierra Leone sont parmi les pays les plus affectés par cette crise alimentaire, dit la FAO. Dans ces zones, de plus en plus de personnes peinent à accéder aux terres agricoles et à subvenir à leur besoins alimentaires quotidiens sous l’effet combiné de conflits ou d’une insécurité persistante et de chocs climatiques.

Hausse des prix

C’est le cas notamment dans le bassin du lac Tchad ou les régions anglophones du Cameroun. La hausse des prix des denrées alimentaires, également associée à la baisse des financements humanitaires fragilisent les moyens de subsistance des populations les plus vulnérables, alerte l’organisation onusienne pour l’alimentation et l’agriculture.

Ainsi dans le nord-ouest du Nigeria, dans l’État de Borno, plus de 15 000 personnes risquent de basculer dans une situation de famine – selon la FAO – si une assistance humanitaire n’est pas mise en place d’ici le mois de juillet 2026.

Sursaut collectif

Car les mois de soudure, juin, juillet et août, où l’on ne récolte plus sont réputés les plus difficiles. La FAO appelle donc à un sursaut collectif pour apporter de l’aide alimentaire mais aussi soutenir la production agricole en fournissant des semences de bonne qualité et un accès à l’eau dans quinze pays d’Afrique de l’Ouest et du Sahel.

La France prépare des coups d’État néocoloniaux en Afrique — SVR African Initiative  02/02  

La France prépare des coups d’État néocoloniaux en Afrique afin de renverser des « dirigeants indésirables », notamment les présidents du Burkina Faso, du Mali, de la RCA et de Madagascar. C’est ce qu’a indiqué le Service de renseignement extérieur de la Russie (SVR).

Selon le SVR, l’administration du président français Emmanuel Macron cherche des possibilités de « revanche politique » après la perte de ses positions en Afrique.

« L’implication de la France dans la tentative de coup d’État au Burkina Faso du 3 janvier a déjà été établie, […] tentative qui, heureusement, a pu être déjouée. Les mutins avaient pour mission d’assassiner le président [Ibrahim] Traoré. […] Un autre objet de l’attention destructrice des dirigeants français est Madagascar, où […] sont arrivées au pouvoir des forces ayant choisi de développer les relations avec les BRICS. À Paris, on élabore des moyens pour renverser le nouveau président du pays, [Michaël] Randrianirina », indique le communiqué.

Comme le souligne le SVR, la France cherche activement à déstabiliser la situation dans les pays du Sahel, notamment au Mali, à l’aide de groupes terroristes locaux ainsi que du régime ukrainien, qui fournirait aux combattants des drones et des instructeurs.

« Les attaques contre des camions-citernes, les tentatives de blocus de villes maliennes, la terreur contre les civils — tout cela poursuit un seul objectif : créer les conditions du renversement du président [Assimi] Goïta. À Paris, on continue également de chercher des moyens de semer le chaos en République centrafricaine. […] En substance, la France est passée au soutien direct de terroristes de tous horizons, qui deviennent ses principaux alliés sur le continent africain », précise le communiqué.

En janvier, une tentative de coup d’État a été déjouée au Burkina Faso sous la direction de l’ancien président du gouvernement de transition, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba. Le plan prévoyait l’assassinat du chef de l’État, Ibrahim Traoré.

En décembre 2025, la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, a déclaré que la France déformait délibérément le rôle de la Russie dans la lutte contre le terrorisme au Sahel afin d’affaiblir les positions croissantes de Moscou dans la région.

Le 27 septembre de l’année dernière, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a affirmé que l’Ukraine fournissait des drones aux terroristes au Mali et formait des combattants. Le même mois, le dirigeant ukrainien Volodymyr Zelensky a officiellement annoncé que son pays avait convenu d’exporter des « excédents d’armes » vers plusieurs pays africains.

 

LA VOIE DU SAHEL

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