Publicités médicales interdites : l’ONC serre la vis et met en garde les médias nigériens.

Publicités médicales interdites : l’ONC serre la vis et met en garde les médias nigériens.

Par Abdoulkarim Ousmane Mahamadou.

Au Niger, la régulation médiatique vient de franchir un nouveau cap. Dans une correspondance officielle datée du 19 février 2026, le président de l’Observatoire National de la Communication (ONC) a ordonné aux responsables des médias audiovisuels de cesser immédiatement la diffusion de toute publicité relative aux produits de la pharmacopée traditionnelle. Une décision ferme, motivée à la fois par le respect de la loi et par des impératifs de santé publique.
Selon l’ONC, ses services ont constaté une recrudescence préoccupante de messages promotionnels vantant des produits issus de la médecine traditionnelle sur plusieurs chaînes de radio et de télévision. Or, rappelle l’institution, ces pratiques sont strictement encadrées par le décret n°2017-052/PRN/MC du 25 janvier 2017 régissant la publicité par voie de presse.
L’article 25 de ce texte est sans équivoque : la publicité en faveur des médicaments, des produits de la pharmacopée traditionnelle ainsi que des établissements pharmaceutiques et sanitaires n’est autorisée que sous des conditions précises, fixées par arrêté du ministère en charge de la Santé publique, après avis du Conseil de l’Ordre des médecins et pharmaciens du Niger. En l’absence de ces autorisations, toute diffusion constitue une violation caractérisée des textes en vigueur.
Mais au-delà de l’illégalité, l’ONC alerte sur les dangers sanitaires liés à ces publicités. Automédication incontrôlée, promesses thérapeutiques non vérifiées, traitements présentés comme miraculeux : autant de dérives susceptibles de mettre en péril la santé des populations, souvent vulnérables et mal informées. Dans un contexte où l’accès à une information médicale fiable demeure un enjeu majeur, la diffusion de messages trompeurs peut avoir des conséquences graves.
Face à cette situation, le régulateur exige des médias audiovisuels une cessation immédiate de ces publicités, sauf présentation de justificatifs prouvant leur conformité aux dispositions légales. L’ONC rappelle par ailleurs que tout manquement expose les contrevenants aux sanctions prévues par la loi, sans complaisance.
En s’adressant directement aux responsables des médias, l’Observatoire réaffirme son attachement à la responsabilité sociale et au professionnalisme du secteur audiovisuel. Pour l’institution, la crédibilité des médias nigériens et la protection des citoyens passent par un strict respect des règles éthiques et juridiques.
Ce rappel à l’ordre sonne comme un avertissement clair : au Niger, la liberté de communiquer ne saurait se faire au détriment de la loi et de la santé publique.

LA VOIE DU SAHEL

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