Revue de presse Niger – 05/03/2026

Revue de presse Niger – 05/03/2026

Fin à Dakar de la Réunion ordinaire du Comité de Politique Monétaire de la BCEAO : Baisse des taux directeurs de la Banque Centrale – ANP – 05/03

Le Comité de Politique Monétaire de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a décidé, à l’issue de sa réunion ordinaire tenue le 4 mars 2026 au siège de la Banque à Dakar (Sénégal), de baisser de 25 points de base les taux directeurs de la Banque Centrale, à compter du 16 mars 2026.

Ainsi, le principal taux directeur auquel la Banque Centrale prête ses ressources aux banques passe de 3,25% à 3,00%, et le taux d’intérêt sur le guichet de prêt marginal de 5,25% à 5,00%. Le Comité a également décidé de maintenir à 3,0%, le coefficient des réserves obligatoires applicable aux établissements assujettis de l’Union.

La baisse des taux directeurs, explique-t-on, devrait contribuer à consolider l’assouplissement des conditions de financement de l’activité économique au sein de l’UEMOA.

Ces décisions résultent de l’analyse de la conjoncture internationale, de l’évolution des prix, de l’activité économique et de la situation extérieure de l’Union ainsi que des risques à court terme.

En effet, indique-t-on, les prix à la consommation ont poursuivi leur baisse au quatrième trimestre 2025, le taux d’inflation s’établissant à -0,8%, après -1,4% le trimestre précédent. Cette évolution s’explique principalement par le recul des prix des produits alimentaires, favorisé par une bonne disponibilité des produits vivriers locaux, et la diminution des coûts des principaux produits alimentaires importés.

En perspective, le taux d’inflation devrait remonter progressivement à 1,4% en 2026 après un niveau nul sur l’ensemble de l’année 2025. Cependant, la résurgence des tensions géopolitiques et leurs effets potentiels pourraient induire une inflation plus élevée.

Le taux de croissance économique de l’Union en 2025 est ressorti à 6,7%, après 6,2% en 2024. Ce taux a bénéficié des résultats favorables de la campagne agricole et du secteur des services ainsi que de ceux des industries extractives et manufacturières.

Les perspectives de croissance pour l’Union demeurent globalement favorables, avec une progression du PIB réel qui s’établirait à 6,4% en 2026. Cette évolution serait soutenue par une demande intérieure robuste et la bonne tenue des productions extractives et agricoles.

Les crédits à l’économie ont augmenté de 5,6% en 2025 après 4,5% en 2024, alors que les échanges extérieurs de l’Union se sont améliorés au cours de la période récente, en lien avec la hausse des exportations des produits pétroliers, d’or et de cacao ainsi que la réduction des coûts des produits alimentaires et énergétiques importés. La mobilisation de ressources extérieures par les États membres a également renforcé cette tendance.

Le Comité de Politique Monétaire, apprend-on, continuera d’accorder une vigilance particulière aux risques pesant sur l’évolution des prix. Il prendra, si nécessaire, les mesures idoines pour assurer la stabilité monétaire et financière de l’Union.

La Cédéao revoit à la baisse sa force d’attente DW 05/03

La force comptera 2 000 soldats. L’organisation entend elle-même assurer son financement. Reste la question de la coopération avec les pays de l’AES.

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, la Cédéao, va créer une force militaire de 2.000 hommes pour lutter contre le djihadisme.

L’annonce a été faite le week-end dernier à Freetown, en Sierra Leone, à l’issue d’une réunion des chefs d’État-major des armées de l’organisation ouest-africaine.

2 000 soldats contre plus de 5 000 annoncés lors des précédentes réunions : à Freetown, les chefs d’État-major de la Cédéao ont donc revu à la baisse leurs ambitions au niveau de l’effectif de cette force en attente.

« Je pense qu’il faut voir le chiffre de 5 000 hommes annoncé initialement comme le but à atteindre, l’effectif final consolidé à terme. Donc, pour commencer, on débute avec 2 000 hommes pour maîtriser davantage la force. C’est peut-être pour tenir compte aussi des questions de financement. Dans le contexte mondial actuel, les États de l’Afrique de l’Ouest ne peuvent compter que sur leurs propres forces. Ils ont tiré les leçons du passé, notamment avec le G5 Sahel », explique Emery Owolabi expert en sécurité régionale et chercheur à l’université d’Abomey-Calavi, au Bénin.

Fonctionnement de la force

Concrètement, comment cette force va-t-elle fonctionner ? Selon des sources proches de l’organisation sous-régionale, la force va reposer sur des contingents militaires, policiers et civils, fournis par les États membres, identifiés à l’avance et maintenus dans leurs pays d’origine, et prêts à être déployés en cas de décision politique. Freetown devrait abriter une des bases logistiques de cette force.   

Financement local

L’autre question qui se pose, et qui apparaît sans doute comme la plus difficile, est celle du financement qui devra être assuré par l’organisation ouest-africaine elle-même.   

« La Cédéao veut elle-même financer sa force pour éviter le sort du G5 Sahel. Il y a des prélèvements qui seront faits au sein de la Cédéao. Les Nations unies, dans la résolution 2 719 de décembre 2023, avaient promis de financer à 75 % les opérations de maintien de la paix en Afrique, pour le compte de l’Union africaine. Et cette force en fait partie. En plus des financements locaux, il y aura aussi les financements qui transitent par l’Union africaine », selon Hassane Koné chercheur à l’Institut d’études de sécurité à Dakar, au Sénégal, joint par la DW.

Coopération avec les pays de l’AES  

Une autre préoccupation, enfin, est de savoir comment cette force pourrait-elle se passer d’une coopération avec les pays de l’Alliance des États du Sahel, que sont le Mali, le Burkina Faso et le Niger, des pays avec lesquels les relations se sont dégradées ces dernières années.   

Emery Owolabi, expert en sécurité régionale estime « qu’il y aura, à terme, une collaboration entre la force de la Cédéao et les États de l’AES, au moins pour le partage de renseignements militaires. Cela va de l’intérêt des uns et des autres. Cette difficulté n’est pas insurmontable. Ensemble, ils finiront par trouver un modus vivendi. »La force en attente devrait également servir d’instrument pour préserver un retour à l’ordre constitutionnel, c’est-à-dire faire échec aux coups d’Etat, comme ce fut le cas au Bénin, le 7 décembre 2025. En revanche, aucune réaction n’a suivi le coup d’État de novembre 2025, en GuinéeBissau, contre le président Umaro Sissoko Embalo.    

Pour le chercheur Gilles Yabi, « le déploiement de la force en attente est toujours une décision politique, relevant de la lecture d’une situation donnée par les chefs d’État de la région. »

Force en attente de la Cedeao : 2 000 hommes pour lutter contre le jihadisme Jeune Afrique – 04/03

Les pays membres de l’organisation régionale ont « dressé les contours d’une force en attente » destinée à être déployée dans le cadre de la lutte antiterroriste. La coopération sécuritaire pourrait s’étendre à l’Alliance des États du Sahel (AES).

Maintes fois annoncée, la Force en attente de la Cedeao semble désormais passer une étape supplémentaire vers l’opérationnalisation. Sa mise en place effective a été décidée à l’issue d’une réunion de haut niveau de l’organisation sous-régionale, qui s’est tenue les 28 février et 1er mars à Freetown, au lendemain d’une rencontre qui a rassemblé les chefs d’état-major ouest-africains dans la capitale libérienne.

« Nous avons dessiné les contours d’une force pour lutter contre le terrorisme », a affirmé à l’AFP un haut responsable militaire nigérian. « Plusieurs pays ont annoncé des chiffres [sur la participation de leurs soldats à la force en attente]. Dans un premier temps, nous serons environ 2 000 hommes pour lutter contre le terrorisme [et] l’insécurité dans la région ouest-africaine », a-t-il ajouté.

Faire face à « la montée en puissance de la menace terroriste »

Cette force antijihadiste, dite « d’attente », sera composée d’hommes stationnés dans leurs pays d’origine et disponibles pour être déployés en cas de besoin. Elle est évoquée depuis des années par les 12 pays membres de la Cedeao, où différents groupes jihadistes étendent leurs actions.

Stationnées dans leurs pays d’origine, les troupes disposeront d’une base logistique en Sierra Leone, selon une source officielle sierra-léonaise. Les discussions sur le financement de cette force étaient toujours en cours, selon des informations recueillies par l’AFP. La Cedeao n’a pas encore publié de déclaration officielle. Aucun de ses responsables n’a répondu aux demandes d’informations complémentaires.

Associer l’AES : « Tous les chefs d’État sont d’accord »

Lors des discussions, les chefs des armées ouest-africains ont « dressé un état des lieux préoccupant du paysage sécuritaire régional », a affirmé à l’AFP une source ayant requis l’anonymat. « Les échanges se sont concentrés sur la montée en puissance de la menace terroriste, l’expansion de la criminalité transnationale organisée et les défis persistants liés à l’insécurité maritime. Il faut lutter contre tout ça et redoubler de vigilance pour éviter des ruptures de l’ordre constitutionnel. »

Quant aux trois États sécessionnistes de la Cedeao (Mali, Burkina Faso et Niger), ayant ensuite créé une confédération, l’Alliance des États du Sahel (AES), leur coopération avec la Cedeao a été encouragée, a indiqué un chef d’état-major ouest-africain. « Les pays de l’AES sont dans un espace dans le Sahel [qui est] l’épicentre de la lutte contre les jihadistes. Il faut les associer [à la force en attente]. Tous nos chefs d’État sont d’accord », a-t-il dit.

LA VOIE DU SAHEL

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