8 mars 2026 : Droits proclamés, justice attendue, le combat inachevé des femmes.

8 mars 2026 : Droits proclamés, justice attendue,  le combat inachevé des femmes.

Par Elhadj Papa

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes célébrée le 8 mars 2026, la question de l’accès réel à la justice pour les femmes et les filles s’impose plus que jamais comme un défi majeur à l’échelle mondiale. Dans un contexte marqué par des conflits, des tensions politiques et des restrictions des libertés dans plusieurs régions du monde, les systèmes judiciaires sont mis à rude épreuve, fragilisant ainsi l’État de droit.Selon ONU Femmes, les femmes et les filles ne disposent aujourd’hui que de 64 % des droits juridiques reconnus aux hommes. Un constat qui illustre l’ampleur des inégalités persistantes malgré les progrès enregistrés dans de nombreux pays.Dans la pratique, l’accès à la justice demeure souvent un parcours semé d’embûches pour les femmes. Dans de nombreux cas, les victimes de violences sont ignorées, mises en doute ou revictimisées. À cela s’ajoutent des obstacles financiers, notamment l’incapacité de certaines à payer une assistance juridique. « L’égalité n’est jamais atteinte », souligne l’organisation onusienne.Les chiffres sont révélateurs : dans près de 70 % des pays étudiés, les femmes rencontrent davantage d’obstacles que les hommes pour accéder aux tribunaux ou faire valoir leurs droits. La situation est encore plus préoccupante dans les zones de conflit. Environ 676 millions de femmes et de filles vivent à moins de 50 kilomètres de zones de guerre active, où les institutions judiciaires sont souvent absentes et où les agresseurs agissent fréquemment en toute impunité.Dans ce contexte, l’accès à la justice apparaît comme une condition essentielle pour transformer les droits formels en réalités concrètes. Sans justice, les droits restent des promesses. Avec elle, ils deviennent un véritable pouvoir d’émancipation.Au Niger, où les femmes représentent plus de la moitié de la population, les autorités affirment leur volonté de renforcer leur autonomisation. À l’occasion de cette journée internationale, la ministre de la Population, de l’Action sociale et de la Solidarité nationale, Sidikou Ramatou Djermakoye Seyni, a rappelé que cette célébration trouve son origine dans les mobilisations historiques de 1907 et 1908 en faveur de l’égalité des droits.Elle a également présenté plusieurs initiatives menées par l’État nigérien pour soutenir les femmes. Parmi elles figurent la facilitation de l’accès au crédit et aux intrants agricoles pour plus de 5 000 femmes rurales, la mise en place de plateformes multifonctionnelles, la distribution de 450 machines à coudre ainsi que la formation et la réinsertion socio-économique de 195 000 adolescentes.La réhabilitation de 12 Centres de Promotion de la Femme à travers le pays et des campagnes de vulgarisation des textes juridiques ayant touché plus de 150 000 personnes ont également été évoquées.S’inscrivant dans le thème international de cette année, « Droits, justice et action pour toutes les femmes et les filles », la ministre a souligné que l’égalité de genre doit être considérée comme un levier stratégique pour la paix, la cohésion sociale et la résilience nationale.Un appel a enfin été lancé à l’ensemble des acteurs, institutions, organisations et citoyens,afin de transformer les engagements en actions concrètes et mesurables.

LA VOIE DU SAHEL

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