Revue de presse Niger – 25/03/2026
Niamey : Pose de la 1ère pierre d’une centrale électrique de ‘’ Solidarité Algero-Nigérienne’’ de 40
Mégawatts – ANP – 24/03
Le premier ministre nigérien, M. Ali Mahaman Lamine Zeine et son homologue Algérien M. Sifi Ghrieb ont procédé, ce mardi 24 mars 2026 à Niamey sur le site de Gourou banda, à la pose de la première pierre de construction d’une centrale électrique de 40 mégawatts, fruit de la coopération algéronigérienne.
Cette activité s’inscrit dans le cadre de la tenue à Niamey des travaux de la deuxième session de la Grande Commission mixte algéro-nigérienne de coopération.
Ce projet rentre dans le cadre de la matérialisation des projets conjoints découlant de la récente visite de travail à Alger du président de la république du Niger le général d’armée Abdourahamane Tiani.
Le projet dont la mise en service est projetée pour fin juin 2026, consiste à l’installation de deux turbines à gaz d’une capacité de 20 mégawatts chacune, portant ainsi la capacité totale à 40 mégawatts.
‘’Nous considérons ce geste non pas comme de la charité, mais une contribution à un engagement de l’État du Niger de s’affranchir et de réaliser son indépendance totale sur l’énergie’’, a déclaré M. Ali Mahaman Lamine Zeine.
Le premier ministre nigérien de rappeler que quand il y a eu l’embargo contre le Niger, il a été question que le pays renverse la tendance et que plus de ‘’70% que nous apportions d’énergie soient résolus et que les années prochaines, nous puissions être à mesure nous-mêmes de produire notre propre consommation’’.
Ali Mahaman Lamine Zeine de saluer et de soutenir cette coopération qui est en train de s’intensifier, ‘’nous avons beaucoup de choses à partager ensemble. Nos pays recèlent d’énormes potentialités économiques. L’Algérie a une expertise et une expérience ensemble, je pense que nous pourrions faire de très belles choses pour nos deux populations’’, a-t-il conclu.
Niger : Le Premier Ministre algérien reçu par le Président de la République – ANP – 24/03
Le Président de la République, Chef de l’État, le Général d’armée Abdourahamane Tiani, a reçu, ce mardi 24 mars 2026, M. Sifi Ghrieb Premier Ministre de la République Algérienne Démocratique et Populaire, qu’accompagne une importante délégation.
Le Premier ministre Algérien M. Sidi Ghrieb est venu rendre compte au Chef de l’Etat nigérien des résultats des trois jours de travaux de la 2ème session de la Commission mixte de coopération NigerAlgérie
Au terme de cette rencontre avec le Chef de l’État, le Premier ministre algérien a tenu à exprimer ses remerciements à son homologue du Niger, M. Ali Mahamane Lamine Zeine, et au peuple nigérien pour l’accueil chaleureux qui leur a été reversé tout au long de leur séjour à Niamey.
Il s’est à cette occasion félicité des résultats importants, notamment ‘’ la consolidation du cadre juridique et la signature de plusieurs textes au cours de cette session qui reflètent la solidité de notre partenariat ‘’, rappelant que la rencontre de Niamey a été organisée suite à la volonté commune des deux Présidents M. Abdel Majid Tabounne de la République Algérienne Démocratique et Populaire et du Général d’armée Abdourahamane Tiani Président de la République du Niger, exprimée lors de la visite en Algérie les 15-16 février 2026, une étape importante pour les relations bilatérales avec des perspectives politiques et économiques prometteuses ».
Selon le Premier Algérien ‘’ cette dynamique des relations entre les deux pays trouve sa force dans les liens de solidarité historique entre nos deux pays à travers leur histoire et la nécessité de la coopération et du partenariat entre les deux pays et l’importance de donner des réponses aux grands défis que connaît notre région ‘’.
‘’ Partant de ces principes, de notre souci à travers nos discussions pour faire une évaluation globale du niveau de coopération des deux pays, de notre recherche des moyens, nous entendons dynamiser plusieurs secteurs, notamment le secteur des hydrocarbures, de l’énergie, de l’agriculture, de la santé, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur, de la jeunesse, de la culture, en plus des domaines de la télécommunication numérique qui constituent tous des domaines vitaux qui vont consolider nos acquis et tracer des nouvelles horizons de la coopération bilatérale ‘’ a-t-il laissé entendre.
Aussi ‘’ au niveau de l’avancée sur les grands projets en tête desquels le projet de gazoduc transsaharien et la route transsaharienne, mais aussi le projet de la fibre optique ‘’ pour lesquels M. Sifi Ghrieb a réaffirmé ‘’notre engagement commun pour donner un nouvel élan à leur réalisation et à les considérer comme des bases solides pour notre intégration régionale ‘’.
Parmi les domaines importants, a poursuivi le Premier ministre algérien, les discussions ont porté sur ‘’ le domaine économique qui constitue un domaine important de notre volonté politique forte à étendre les échanges économiques et les initiatives d’investissement ‘’.
Dans ce cadre, il a insisté ‘’sur la tenue du forum économique Algéro-Nigérien qui est considéré comme un espace de dialogue direct entre les opérateurs économiques et les hommes d’affaires des deux pays, pour construire un partenariat économique solide basé sur sur notre approche solidaire et complémentaire ‘’.
Dans ce même cadre, a-t-il affirmé, ‘’ nous avons convenu de poursuivre les travaux en vue de faciliter les échanges commerciaux et économiques dans les zones frontalières ‘’.
‘’ Cette commission mixte des relations était l’occasion pour continuer la consultation et la coordination des questions et des défis dans nos régions, notamment au vu des menaces terroristes et des activités criminelles transfrontalières, et aussi de l’expansion du commerce illicite ‘’ a-t-il expliqué.
Abordant la question sécuritaire, »nous avons réaffirmé notre engagement commun pour renforcer la coopération sécuritaire partant de notre conviction, de notre responsabilité commune à faire face à ces défis pour concrétiser notre vision, la vision de nos deux chefs d’État qui ont toujours considéré que la sécurité de l’Algérie est la sécurité du Niger ‘’ a martèlé M.Sifi Ghrieb.
Il s’est enfin dit satisfait des résultats de cette session qui constitue une étape supplémentaire sur le chemin de la construction d’un partenariat fructueux et diversifié entre les deux pays frères ‘’, tout en soulignant ‘’ l’importance du suivi de l’exécution des conclusions, de tous les axes convenus pour réaliser notre aspiration et l’aspiration des deux pays frères à plus de solidarité, plus de complémentarité et plus de développement ‘’.
Niger-Algérie: relance de la coopération lors d’une visite du Premier ministre algérien à Niamey – RFI – 25/03
La page de la crise diplomatique est bel et bien tournée entre le Niger et l’Algérie. Les deux voisins affichent la relance et le renforcement de leur coopération apres plusieurs mois d’une crise diplomatique à laquelle a mis fin la visite à Alger du général Abdourahamane Tiani le mois dernier. Ces 23 et 24 mars, c’était au tour du Premier ministre algérien de se rendre à Niamey, accompagné d’une importante délégation ministérielle. Accueilli par Ali Mahamane Lamine Zeine, Sifi Ghrieb a passé deux jours dans la capitale nigérienne pour la 2ème session de la comission mixte algéro-nigérienne. La capitale nigérienne qu’il a quitté ce mardi soir après avoir été reçu par le président de transition.
« Après le rapprochement politique, place aux réalisations tangibles », affirment les deux voisins. Une vingtaine d’accords ont été signés dans de multiples secteurs : énergie, infrastructures, économie, agriculture. Niamey et Alger mettant en avant une coopération sud-sud.
Le Premier ministre algérien a affirmé, dans son discours, vouloir revitaliser le partenariat économique, accélérer les grands projets, comme la route transsaharienne ou le gazoduc transsaharien. Une réunion entre le Nigeria, le Niger et l’Algérie est d’ailleurs prévue à Alger le mois prochain.
Sifi Ghrieb a aussi évoqué la situation sécuritaire, les défis croissants dans la région sahélo-saharienne notamment confrontée au terrorisme. « La sécurité de l’Algérie est la sécurité du Niger et vice et versa », a-t-il déclaré, promettant de renforcer les mécanismes de coordination sécuritaire entre les deux pays.
Parmi les secteurs au coeur de la visite algérienne à Niamey : l’énergie, comme l’illustre la pose, par les deux Premiers ministres, de la première pierre d’une centrale électrique prévue pour une capacité de 40 mégawatts, dans la zone de Gorou Banda. Des discussions ont aussi été engagées autour de l’exploitation du bloc pétrolier de Kafra par la compagnie algérienne Sonatrach.
Premier ministre algérien à Niamey : « La sécurité de l’Algérie est la sécurité du Niger et la sécurité du Niger est la sécurité de l’Algérie » – Jeune Afrique – 25/03
En renforçant sa coopération sécuritaire et économique avec Abdourahamane Tiani, Abdejmadjid Tebboune espère maintenir le contact avec les juntes militaires au pouvoir dans le Sahel, notamment le Mali.
Le Premier ministre algérien Sifi Ghrieb est arrivé à Niamey le 23 mars accompagné d’une délégation d’une dizaine de ministres et d’hommes d’affaires pour coprésider la commission mixte de coopération Niger-Algerie.
« Les deux parties ont réaffirmé leur volonté commune de visser leur partenariat à un niveau stratégique encore plus élevé, en accordant une priorité particulière à leur coordination sécuritaire », ont-elles dit dans un communiqué.
L’Algérie et le Niger, qui partagent une frontière longue de 959 km en plein désert, entendent notamment renforcer leur coopération dans la lutte contre « la menace terroriste », la criminalité transfrontalière et l’essor du commerce illicite.
« Nous avons considéré que la sécurité de l’Algérie est la sécurité du Niger et la sécurité du Niger est la sécurité de l’Algérie », a déclaré Sifi Ghrieb lors de la clôture des travaux de la Commission de coopération.
La ville nigérienne d’Assamaka (nord) subit des attaques jihadistes à seulement 15 kilomètres de l’Algérie. Important carrefour migratoire, la zone est une plaque tournante de la criminalité transfrontalière et du commerce illicite.
Gazoduc et AES
Les deux pays veulent également développer leurs relations économiques et commerciales, en « accélérant » les projets de gazoduc transsaharien, de la route transsaharienne ou de liaison par fibre optique transfrontalière.
Alger a également offert au Niger une nouvelle centrale électrique de 40 MW, prévue pour le 30 juin 2026, dont les travaux de construction ont été lancés par les Premiers ministres des deux pays.
Les relations entre Alger et le Mali, le Burkina Faso et le Niger, trois pays gouvernés par des juntes et alliés au sein d’une confédération s’étaient détériorées après qu’un drone malien a été abattu par l’armée algérienne en avril 2025.
Les chefs des juntes des trois pays avaient alors rappelé « pour consultations » leurs ambassadeurs à Alger, ce à quoi l’Algérie avait répliqué en retirant ses représentants à Bamako et Niamey, retardant l’arrivée de son ambassadeur au Burkina.
Mais en février le président algérien avait décidé du retour de l’ambassadeur d’Algérie au Niger pour favoriser la « relance » du dialogue bilatéral, juste après une reprise des activités de l’ambassadeur nigérien à Alger. Le 24 mars, l’ambassadeur algérien est à son tour entré officiellement en fonction à Niamey.
En février, le chef du régime militaire nigérien, le général Abdourahamane Tiani, et le président algérien Abdelmadjid Tebboune avaient entamé à Alger le dégel de leurs relations bilatérales crispées depuis des mois.
TSGP, centrale électrique… : l’Algérie et le Niger passent aux actes – TSA – 24/03
Après avoir rétabli leurs relations diplomatiques, l’Algérie et le Niger passent aux actes dans leur coopération, avec la part du lion au secteur de l’énergie.
Déjà scellé lors de la visite du général Tiani à Alger à la mi-février, le retour à la normale entre l’Algérie et le Niger est concrétisé par le lancement de plusieurs projets communs à l’occasion de la tenue à Niamey, les 23 et 24 mars 2026, de la deuxième session de la Grande commission mixte entre les deux pays. La part du lion est revenue sans surprise au secteur de l’énergie.
Les travaux de la session ont été présidés par les Premiers ministres des deux pays, Sifi Ghrieb et Ali Mahmane Amin Zine.
Des hommes d’affaires en prospection au Niger
Dans un communiqué conjoint, les deux parties ont réaffirmé leur volonté commune d’élever leur partenariat à “un niveau stratégique supérieur, en accordant une priorité particulière à la coordination en matière de sécurité et au développement des relations économiques et commerciales”.
Elles se sont félicitées à cet égard des résultats, qualifiés de “prometteurs”, du forum économique tenu en marge de la session, ainsi que des résultats des travaux du conseil d’affaires algéro-nigérien.
De nombreux chefs d’entreprises algériens ont accompagné Sifi Ghrieb à Niamey pour discuter avec leurs homologues nigériens de partenariats dans de divers domaines.
Le communiqué a souligné l’importance d’accélérer la mise en œuvre des projets d’infrastructure reliant les deux pays.
Le projet commun phare est le gazoduc transsaharien TSGP (Trans Saharan Gas Pipeline), devant acheminer le gaz Nigérian vers l’Europe via le Niger et l’Algérie.
Plusieurs actions concrètes ont été annoncées récemment concernant la concrétisation du projet. La semaine passée, Sonatrach a annoncé l’envoi d’une équipe de techniciens au Niger avec pour mission de recueillir les données techniques afférentes au tracé du projet du TSGP sur le sol nigérien.
Dans la déclaration de ce mardi 24 mars, l’Algérie et le Niger ont qualifié le projet de gazoduc, ainsi que la route transsaharienne et la connexion par fibre optique transfrontalière, de “leviers essentiels de l’intégration économique et de la connectivité régionale”.
L’Algérie lance la construction d’une centrale électrique au Niger
À Niamey, les deux Premiers ministres algérien et nigérian ont procédé ce mardi à la pose de la première pierre de “la centrale électrique de la solidarité algéro-nigérienne”, d’une capacité de 40 mégawatts.
Le projet comprend également le développement du réseau de transport et de distribution d’électricité, dans le cadre du partenariat entre Sonelgaz et la Société nigérienne de l’électricité.
Cela, outre la signature d’une série d’accords et de protocoles d’accord dans les hydrocarbures, l’énergie, les énergies renouvelables, l’industrie, l’industrie pharmaceutique, la santé, le sport, les travaux publics, la culture et les micro-entreprises.
Les deux parties ont aussi convenu de renforcer leur coopération dans les secteurs à “fort potentiel”, citant l’énergie, l’agriculture, les infrastructures, la santé, la formation professionnelle, la numérisation, l’entrepreneuriat et l’innovation.
La nécessité de créer un environnement propice aux investissements et aux échanges a été également soulignée. Ceci, en simplifiant les procédures administratives et douanières, en développant les corridors commerciaux et en améliorant les espaces de coopération frontalière, “ce qui contribuera au développement local et à la stabilité des zones frontalières”, lit-on dans le communiqué.
Le rapprochement entre l’Algérie et le Niger n’est pas qu’économique et énergétique. Il est surtout politique après la crise qui a duré depuis le coup d’Etat à Niamey en juillet 2023.
Dans le communiqué de ce mardi, les deux pays ont réaffirmé le caractère “stratégique et irréversible” de leurs relations, “conformément aux exigences d’un partenariat entièrement renouvelé et en accord avec les potentialités de chaque partie”, et souligné “la solidité des liens de fraternité, de bon voisinage et de solidarité historiques” qui les unissent.
Lutte contre le terrorisme
Tout en réaffirmant leur attachement indéfectible aux principes du “respect de la souveraineté des États et de l’intégrité de leur territoire, de la non-ingérence dans les affaires intérieures et du règlement pacifique des différends”, Alger et Niamey ont mis en avant la convergence de leurs points de vue sur les développements régionaux et internationaux, estimant que “les défis auxquels est confrontée la région du Sahel et du Sahara exigent des réponses concertées et ancrées dans la réalité locale”.
L’Algérie et le Niger ont indiqué prendre note des “dynamiques en cours” dans la région et réaffirmé leur engagement en faveur d’une Afrique sûre, stable et prospère” ainsi que leur attachement à “la défense des causes justes”.
Soulignant que leur sécurité et leur stabilité sont “étroitement liées” les deux pays ont convenu de renforcer leur coopération en matière de lutte contre “le terrorisme, l’extrémisme violent et la criminalité transfrontalière organisée”, notamment par le biais d’une “coordination accrue et de la mise en œuvre des mécanismes bilatéraux pertinents”.
Au Niger, la flambée des prix du carburant – DW – 24/03
Les répercussions du conflit au Moyen-Orient se font sentir jusque dans les stations-service de Maradi, au Niger.
Les répercussions du conflit au Moyen-Orient se font sentir bien au-delà de la région. En Afrique, plusieurs pays sont touchés par la hausse des prix des hydrocarbures, et le Niger n’y échappe pas.
À Maradi, troisième ville du pays, un début de pénurie s’installe dans les stations‑services tandis que le marché noir voit ses tarifs s’envoler. Face à l’afflux de clients, les stations pratiquent désormais le rationnement.
Une dépendance accrue au carburant de contrebande
À Maradi, la majorité des habitants s’approvisionne traditionnellement auprès de vendeurs non agréés, installés au bord des routes. Ce carburant de contrebande, transporté à moto depuis la frontière nigériane distante d’environ 40 kilomètres, alimente l’essentiel de la consommation locale.
Mais la situation se dégrade rapidement. Pour les habitants, trouver de l’essence est devenu un véritable parcours du combattant. Un consommateur témoigne :
« Sur les routes il n’y a plus d’essence, et dans les stations-services si par exemple le plein est à 3 500 francs, on ne te sert que pour mille francs. Certains pompistes disent que le carburant n’est pas encore acheminé, d’autres disent que ce sont des consignes qui ont été données afin de rationner l’essence, mais nous n’avons pas le choix. Chez les revendeurs en ville, le litre a atteint 600 voire 700 francs CFA. On est obligé de l’acheter sinon, c’est pour aller trouver une longue file d’attente à la station. » Pénurie et files d’attente
Avant le déclenchement de la guerre dans la région du Proche et du Moyen-Orient, le litre au marché noir valait environ 450 francs CFA. Désormais, il s’échange parfois jusqu’à 750 francs. Cette hausse renvoie les automobilistes et motocyclistes vers les stations officielles, créant des ruptures de stock et de longues files d’attente.
Abdoulaye Moussa, gérant d’une station-service, confirme
« Depuis que l’essence se fait rare en ville, tout le monde a convergé vers les stations-services. L’essence vendue en ville est devenue trop chère. Ils sont tous revenus dans les stations. Ici, le prix n’a pas changé, c’est 499 francs CFA le litre. Les gens sont impatients, ils ne veulent pas respecter la file. Tout le monde veut être servi en premier. »
Cette impatience explique pourquoi certains usagers préfèrent continuer à s’approvisionner chez les vendeurs informels malgré l’explosion des prix.
Les revendeurs eux aussi en difficulté
L’autre conséquence de la crise est visible chez les revendeurs eux-mêmes, qui ne parviennent plus à s’approvisionner régulièrement. Au Nigeria, les tarifs du carburant ont bondi, provoquant un ralentissement des livraisons vers le Niger.
Oumar, vendeur d’essence, raconte :
« Cela fait une semaine que je n’ai pas vendu une goutte d’essence, parce que du jour au lendemain, le bidon de 25 litres est passé de 10 000 à 15 000 francs, prix revendeur. Ce bidon que tu vois, je ne m’y attendais pas quand mon fournisseur m’a appelé pour me dire qu’il a du carburant pour moi. Ils avaient arrêté de nous fournir depuis une semaine, parce que les prix se sont envolés au Nigeria. Selon le prix qu’il me propose, je suis obligé de revendre le litre à 700 francs. Depuis l’attaque sur les installations d’Aramco en Arabie Saoudite, l’essence est passée à 1 000 nairas le litre, au Nigeria, puis à 1 300 nairas.
»
La production nationale insuffisante
La forte demande ne concerne pas uniquement Maradi. Le pays entier est touché. Malgré les quelque 20 000 barils de brut raffinés quotidiennement à la raffinerie de Zinder, la production ne couvre plus les besoins nationaux.
Au Mali, un journaliste condamné à deux ans de prison pour un article critiquant la junte au Niger – Le Monde – 25/03
L’article, publié le 2 février, reprochait à Abdourahamane Tiani d’avoir accusé la France, la Côte d’Ivoire et le Bénin d’être impliqués dans une attaque contre l’aéroport de Niamey à la fin de janvier. Cette attaque a été revendiquée par le groupe djihadiste Etat islamique.
Un journaliste malien a été condamné, lundi 24 mars, à deux ans de prison ferme par un tribunal de Bamako pour avoir publié un article critiquant le chef de la junte au pouvoir au Niger, voisin, dans un contexte de rétrécissement des libertés dans ce pays dirigé d’une main de fer par des militaires.
Youssouf Sissoko, chef de la publication du journal malien L’Alternance, a publié un article le 2 février reprochant au chef de la junte du Niger, Abdourahamane Tiani, d’avoir accusé la France, la Côte d’Ivoire et le Bénin d’être impliqués dans une attaque contre l’aéroport de Niamey à la fin de janvier, revendiquée par le groupe Etat islamique.
L’article, signé par un autre journaliste, accusait M. Tiani de mensonge et de faire du Niger, où une junte a pris le pouvoir en 2023 et s’est rapprochée de la Russie, un « laboratoire pour une expérimentation politique toxique ». M. Sissoko a été arrêté le 5 février et placé en détention pour « diffusion de fausses informations, atteinte à la réputation de l’Etat et insulte à l’égard d’un chef d’Etat étranger », avait fait savoir l’Association de la presse privée.
Liberté de la presse
Lundi, le tribunal du pôle national de lutte contre la cybercriminalité a condamné le journaliste à deux ans de prison ferme et au paiement d’un million de francs CFA (1 500 euros) de dommages et intérêts. « Le verdict n’est pas du tout en faveur de l’apaisement. Nous allons faire appel », a déclaré à l’Agence France-Presse Boubacar Yalkoué, président de l’Association des éditeurs de presse privée du Mali.
Le Mali, le Niger et le Burkina Faso, qui sont dirigés par des juntes issues de coups d’Etat commis entre 2020 et 2023, ont formé l’Alliance des Etats du Sahel (AES). Ancienne puissance coloniale, la France entretient des relations glaciales avec les régimes militaires de l’AES, les trois pays ayant fait partir les troupes françaises de leur sol. Ces juntes sahéliennes ciblent régulièrement la France de leurs invectives.
Le Mali occupe la 119e place sur 180 pays et territoires au classement 2025 de la liberté de la presse de Reporters sans frontières.
Du Sahel au golfe de Guinée, le jihadisme se propage vers le sud – Jeune Afrique – 24/03
Si le nombre d’attaques est en recul dans le Sahel, elles se font sans cesse plus meurtrières, et la région reste l’épicentre du terrorisme en Afrique, selon le dernier classement de l’Indice mondial du terrorisme. Les groupes jihadistes, qui renforcent leurs positions au Mali, au Niger et au Burkina Faso, étendent de plus en plus leurs opérations vers le sud. Décryptage en infographies.
« Cette guerre, nous allons la gagner. Nous allons vaincre l’impérialisme qui active le terrorisme dans notre région pour nous maintenir sous son joug, nous exploiter. L’Afrique est en train de se réveiller et personne ne pourra nous diviser pour imposer ce qu’il veut. » Un an après avoir prononcé ce discours, le 7 janvier 2025, devant les Burkinabè vivant au Ghana, où il était venu assister à l’investiture de John Dramani Mahama, le capitaine Ibrahim Traoré est encore loin d’avoir remporté cette victoire sur les jihadistes, qu’il promettait dès le lendemain de sa prise de pouvoir, en octobre 2022.
La dernière livraison de l’Indice mondial du terrorisme, un classement réalisé par l’Institut pour l’économie et la paix, place même le Burkina Faso en tête des pays africains les plus fortement impactés, et en seconde position sur le plan mondial (voir graphiques ci-dessous).
Les données recensées par les auteurs du rapport laissent cependant entrevoir une – relative – lueur d’espoir : le Burkina Faso, qui était en tête de ce triste classement en 2023 et 2024, a enregistré au cours de l’année 2025 « la plus forte baisse du nombre de morts au monde, avec 686 décès en moins, soit une diminution de 45 % ». Mais ce recul en valeur absolue cache une autre réalité : les attaques jihadistes, moins nombreuses que les années précédentes, ont été plus meurtrières. Et d’abord pour les soldats burkinabè et leurs supplétifs des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP). « La principale raison de cette baisse est la forte diminution du nombre de victimes civiles, qui a chuté de 84 % », relèvent notamment les experts.
Une tendance qui semble en outre se confirmer. Plusieurs dizaines d’attaques ciblant des positions militaires ont été recensées depuis le début de l’année 2026. L’Acled, organisation indépendante qui collecte et analyse les données sur les conflits violents, fait en outre état d’une importante offensive, lancée en février par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) au Burkina Faso, mais aussi au Bénin.
Le terrorisme, « menace existentielle » pour l’Afrique de l’Ouest
Le Jnim « a ciblé l’armée burkinabè et les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) » dans l’Est, le Centre-Nord et le Nord. Au cours du seul mois de février, « l’offensive a impliqué plus de 30 attaques au Burkina Faso et a entraîné la mort de plus de 120 soldats, agents des eaux et forêts et combattants VDP », souligne l’Acled. Le groupe dirigé par le Malien Iyad Ag Ghaly semble avoir ainsi voulu faire une démonstration de force après la défection de l’un de ses principaux cadres au Burkina Faso : Sadou Samahouna, frère cadet d’Abou Hanifa, chef du Jnim au Niger, qui aurait rejoint l’État islamique.
Les chiffres de l’Institut pour l’économie et la paix confirment également l’alerte lancée en novembre dernier devant le Conseil de sécurité de l’ONU par le président sierra-léonais, Julius Maada Bio, également président en exercice de la Cedeao. Le « terrorisme représente aujourd’hui une menace existentielle pour l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest », mettait-il alors en garde, prévenant que « le Sahel pourrait devenir un sanctuaire permanent pour les enclaves extrémistes, à quelques heures seulement des grandes métropoles mondiales ».
De fait, l’Institut pour l’économie et la paix confirme que le Sahel reste l’épicentre du terrorisme sur le continent. Le Niger est en seconde position derrière le Burkina Faso, tandis que le Mali est quatrième. Comme le Burkina Faso, Niamey a certes enregistré « une baisse à la fois du nombre d’attaques terroristes et du nombre de morts en 2025 », mais si « le nombre de morts a également diminué de 26 %, passant de 944 en 2024 à 703 en 2025 », la part des victimes civiles a « dépassé les pertes militaires et représente plus de la moitié des morts liées au terrorisme dans le pays ».
L’année dernière a également été celle d’un renforcement de la présence jihadiste dans le Tillabéri, dans la zone dite des « trois frontières », région « concentrant 56 % des attaques terroristes du pays et 62 % des morts ». Au Mali, la situation sécuritaire a sensiblement évolué au cours de l’année, notamment du fait de la stratégie de guerre économique amorcée par le Jnim depuis le mois de septembre dernier, par le biais du blocus imposé sur les carburants. « La région de Sikasso est celle où l’activité terroriste a le plus augmenté cette année, avec un nombre de morts et d’attaques qui a plus que doublé depuis 2024 », notent les auteurs du rapport.
Recrudescence des attaques au Nigeria et au Bénin
Au Nigeria, en troisième position des pays africains les plus fortement touchés par le terrorisme, la situation s’est fortement dégradée au cours de l’année 2025. Le nombre d’attaques a fortement augmenté, de même que le nombre de victimes, avec 750 morts. « Il s’agit du bilan le plus élevé depuis 2020, en raison à la fois de l’instabilité interne et du conflit persistant entre l’État islamique en Afrique de l’Ouest [Iswap] et Boko Haram », analysent les chercheurs de l’Institut pour l’économie et la paix. Le Nigeria a également dû faire face à l’émergence d’un nouveau groupe terroriste, Lakurawa, notamment formé de jihadistes venus du Mali, du Niger et du Burkina Faso.
Cette expansion du risque jihadiste, qui inquiète les voisins immédiats des pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), a tout particulièrement concerné le Bénin, qui a « connu une forte hausse des attaques du Jnim en 2025, avec 70 % de morts en plus entre janvier et décembre 2025 par rapport aux onze premiers mois de 2024 ».
Les incursions jihadistes dans le nord du pays se sont en outre multipliées encore au cours des premiers mois de l’année 2026. Un phénomène contre lequel les auteurs de l’Indice mondial du terrorisme mettent en garde. « Ces incursions ont été délibérément progressives : le Jnim a d’abord déployé des équipes de reconnaissance et des intermédiaires religieux plutôt que de grandes unités de combat, expliquent les auteurs du rapport. Cette approche reprend les stratégies que le groupe avait déjà utilisées dans le centre du Mali et le nord du Burkina Faso. »

