Revue de presse Niger – 27/03/2026

Revue de presse Niger – 27/03/2026

Résolution de l’UE pour la libération de Bazoum : les organisations de la société civile nigérienne appellent à une grande mobilisation générale le samedi 28 mars – ANP – 26/03  

En prélude au grand meeting qui aura lieu le samedi 28 mars 2026, les organisations de la société civile nigérienne ont animé,  ce jeudi 26 mars 2026 au siège de l’Union des scolaires nigériens, un important Point de presse au cours duquel elles ont invité l’ensemble des forces vives de la nation à une grande mobilisation générale.

Au cours de cette sortie médiatique, le président de l’urgence Panafricaniste du Niger, M. Abdourahamane Oumarou, a annoncé la tenue le samedi 28 mars le grand meeting qui  “s’inscrit dans une mobilisation simultanée  dans les 3 capitales de l’espace de la Confédération des Etats du Sahel,  mais aussi dans plusieurs grandes localités de nos pays’’.

Selon Abdourahamane oumarou “ Il s’agit d’un acte de souveraineté populaire, d’un mouvement où les peuples prennent la parole  pour rappeler que leur dignité n’est pas négociable et que leur avenir ne peut être décidé ailleurs”.  

Ajoutant que “nous voulons affirmer la solidarité indéfectible  entre les peuples de l’Alliance des Etats du Sahel, soutenir les efforts engagés pour la sécurisation et la refondation de nos nations, et dénoncer toute tentative d’ingérence  visant à fragiliser notre marche collective, mais surtout pour consolider la dynamique de veille citoyenne  engagée par les forces vives’’.

Il a, à cet effet,  appélé  la population ‘’ à la mobilisation générale et citoyenne, afin de faire de ce meeting une démonstration éclatante de l’unité,  de la détermination de notre peuple’’

‘’Il doit permettre de démontrer à la face du monde l’adhésion et le soutien constant et indéfectible au processus de la refondation et à la vision du leader de la révolution sahélienne au Niger, son Excellence le camarade général Abdrahmane Tiani’’ a-t-il conclu.

Niger : les organisations de la société civile et syndicales en sit-in devant la représentation de l’UE à Niamey ANP 26/03  

L’Administrateur Délégué de la Ville de Niamey le Col.  Boubacar Soumana Garanké a assisté, ce jeudi 26 mars 2026,  au sit-in organisé par le cadre de réflexion des Organisations de la Société Civile et des Organisations Syndicales devant le siège de l’Union Européenne à Niamey.

Cette mobilisation citoyenne, note t-on,  s’inscrit dans une dynamique d’expression responsable et de réaffirmation des aspirations profondes du peuple nigérien à la souveraineté, à la dignité et à la libre détermination de son avenir.

Ainsi, à travers cette initiative, les acteurs de la société civile et du monde syndical ont souligné que, “dans  ce moment crucial de l’histoire du Niger, le dialogue respectueux et constructif doit s’appuyer sur le respect mutuel, la non-ingérence et la prise en compte des réalités nationales, au temps où la Refondation se confirme comme un processus collectif exigeant l’engagement de tous, dans un esprit d’unité, de cohésion et de responsabilité, pour un Niger souverain, résilient et orienté vers un avenir maîtrisé”.

Le Premier ministre Lamine Zeine visite la base 101 de l’armée de l’Air nigérienne à l’occasion de la Journée de la Refondation ANP 26/03  

Le Premier ministre, M. Ali Mahaman Lamine Zeine, a effectué, ce jeudi 26 mars 2026, dans le cadre de la Journée nationale de la Refondation, une visite à la base 101 de l’armée de l’Air nigérienne.  

Cette visite, qui s’inscrit dans le cadre de l’an I de la Refondation de notre pays, a été consacrée à un recueillement au Carré des Martyrs, accompagné d’une Fatiha, un lieu où reposent les Forces de défense et de sécurité tombées sur le front et au niveau de l’État-major intégré de la Force unifiée de l’Alliance des États du Sahel.

Au terme de cette visite, le Premier ministre a indiqué que « à l’ occasion de cette journée, nous avons pu faire une visite au carré des martyrs où logent des militaires, des patriotes qui, au péril de leur vie, ont défendu la patrie. »

« Nous nous sommes inclinés devant leur tombe et nous avons formulé des prières pour que celui entre les mains duquel se trouve l’âme de chacun d’entre nous, leur réserve le paradis. » a souligné M.Ali Mahaman lamine.  

Par la suite, « nous avons fait un déplacement pour voir un peu le quartier général de la force unifiée de notre confédération. C’est un outil stratégique que, au plus haut niveau de notre confédération, les trois chefs d’État ont mis en place » a-t-il indiqué, expliquant que « Cet outil stratégique permet d’assurer la mise en œuvre effective de l’un des piliers de notre stratégie confédérale, qui est la défense et la sécurité. »

Au cours de cette visite, le Premier Ministre Zeine a suivi une projection, sommaire, de ce qu’ils sont en train de faire.  

 »Cela nous a inspiré respect, confiance et, je dirais nécessité pour nous de renouveler tous les soutiens que ces militaires, ces officiers méritent d’avoir dans l’exercice de leurs fonctions » a-t-il laissé.  

Notons que cette visite s’est déroulée en présence des membres du gouvernement, du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie(CNSP), et des ambassadeurs du Mali et du Burkina Faso accrédités au Niger.

An I de la Refondation : le Président Tiani se félicite des progrès malgré des défis Actu Niger – 27/03  

26 mars 2025 – 26 mars 2026 : le régime de la Refondation a un an ! Un anniversaire qui coïncide avec celui de l’adoption de la Charte de la Refondation nationale qui a tourné la page de la Transition ouverte suite aux évènements du 26 juillet 2023 et l’avènement du CNSP au pouvoir. À cette occasion et conformément aux usages en pareille commémoration, le Président de la République, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, a adressé, dans la soirée du mercredi, un message à la Nation dans lequel il a dressé le bilan du chemin parcouru. À cette occasion, le Chef de l’État s’est félicité des « progrès accomplis » malgré des « défis » avant d’annoncer de nouvelles perspectives pour le développement du pays et la prospérité des populations. Le Président s’est particulièrement félicité de la nouvelle dynamique impulsée à la marche de la Nation, celle de l’affirmation de la « souveraineté véritable », du « nouveau contrat politique » entre gouvernants et citoyens ainsi que des grandes réalisations enregistrées dans les domaines de la défense et de la sécurité, de la gouvernance et de l’économie, des secteurs sociaux de base, notamment l’éducation et la santé, des infrastructures et de l’industrie ainsi que de l’exploitation des ressources naturelles et de la mise en œuvre de certaines mesures socioéconomiques à fort impact pour les citoyens. Le Président Tiani a fait quelques annonces pour la suite du mandat de cinq (05) ans modulables et a surtout insisté sur la nouvelle donne politique nationale et sous-régionale avant d’aborder la situation internationale marquée par la situation au Moyen-Orient, ses répercussions et les leçons à tirer pour le Niger et ses alliés de la Confédération AES.

C’est un message à la Nation que le Président Tiani a choisi pour marquer la commémoration de sa première année de mandat, plutôt qu’un long entretien comme il en a désormais habitué ses compatriotes ! Dans le discours-bilan qu’il a prononcé, dans la soirée du mercredi 25 mars 2026, le Chef de l’État a brossé la situation du pays avec un brin de satisfaction sur le chemin parcouru.

L’allocution, qui a été retransmise en direct sur les chaînes publiques (RTN), a débuté avec la genèse qui a conduit à la gestation de la Refondation, consacrée par la Charte adoptée le 26 mars 2025 par les forces vives de la Nation, à l’issue des Assises qui se sont tenues fin février à Niamey. Une étape « historique » de l’histoire du Niger, dira le Président, qui a mis en avant le nouveau cap qui a été fixé à la marche de la Nation, en tirant les leçons du passé et en s’appuyant sur l’élan pour une « souveraineté véritable » que s’est donné le peuple nigérien, au lendemain des évènements du 26 juillet 2023 et de l’avènement du CNSP au pouvoir.

La Refondation en marche, dans une dynamique de souveraineté

C’est du reste pourquoi le Général Tiani a entamé son bilan par les réalisations faites au plan politique et institutionnel avec la mise en place effective des institutions de la Refondation. « Nous avons réussi à normaliser la situation politique de notre pays avec l’installation de toutes les institutions prévues par la Charte mais également fait reposer l’exercice du pouvoir d’État sur le droit », a déclaré le Chef de l’État qui s’est félicité des acquis enregistrés dans la dynamique d’affirmation de la souveraineté. En ce sens, il a évoqué la souveraineté sous toutes ses dimensions, notamment en matière d’exploitation des ressources naturelles afin qu’elles puissent « profiter aux Nigériens », mais aussi et surtout dans le domaine de la défense et de la sécurité. L’occasion pour le Président de mettre en avant la fin de la présence des forces étrangères sur le territoire national et une stratégie sécuritaire parfaitement assumée et assurée par les autorités nigériennes.

Selon le Chef de l’État, la Charte, qui consacre les institutions de la République et organise les pouvoirs publics, définit un « nouveau contrat politique entre le peuple souverain et ceux qui ont la lourde responsabilité de présider aux destinées du Niger et de sa refondation ». Et qu’en vertu de ce contrat, « chacun, dirigeant ou citoyen, a un rôle à jouer et doit l’assumer pleinement car c’est la condition de base de la réussite de notre grande ambition de faire du Niger un pays véritablement souverain et prospère

».

Dans son message à la Nation prononcé à la veille du premier anniversaire de la promulgation de la Charte de la Refondation, le Général Tiani a appelé les gouvernants à gouverner avec « probité, transparence, efficacité » et à incarner toujours « le principe de redevabilité vis-à-vis des populations qui se sont mobilisées pour soutenir la refondation du Niger ».

Le Chef de l’État a mis un accent particulier à saluer « la mobilisation historique » de la population lors de la tournée en profondeur dans les régions du Niger qu’il avait effectuée du 4 au 5 octobre puis du 8 au 20 novembre 2025 sur l’ensemble du territoire national.

Pour le Chef de l’État, avec une telle mobilisation qui traduit en même temps leur niveau de soutien et d’engagement pour la Refondation, « il n’y a aucun doute que nous réussirons, ensemble, à relever tous les défis auxquels nous faisons courageusement face ».

La défense et la sécurité assurées en toute souveraineté

Abordant plus succinctement le bilan de cette première année de mandat, le Président de la République a évoqué l’un des aspects qui ont poussé le CNSP à mettre fin au régime de Bazoum Mohamed avec le coup d’État militaire du 26 juillet 2023 et la prise en charge du pouvoir par le Conseil national pour la sauvegarde de la Patrie (CNSP) qu’il dirige. Il s’agit de la défense et de la sécurité, un registre sur lequel le Président se savait très attendu. Le Général d’armée Abdourahamane Tiani a tenu, tout d’abord, à rendre hommage aux Forces de défense et de sécurité (FDS) qui œuvrent au quotidien à défendre l’intégrité du territoire et à sécuriser les populations et leurs biens.

Gouvernance, transparence et redevabilité

Le Général Tiani n’a pas manqué d’aborder la question de la gouvernance, de la transparence ainsi que de la reddition des comptes dans la gestion des affaires publiques. À cette occasion, il a rappelé aux « gouvernants » leur devoir, qui est de gouverner par l’exemple, en gérant les affaires publiques avec « probité, dans la transparence et l’efficacité ». Dans ce cadre, a plaidé le Chef de l’État, « il leur incombe d’intérioriser le principe de redevabilité qui oblige les gouvernants à rendre régulièrement compte au peuple de la mise en œuvre des politiques publiques et de l’exécution de leurs missions respectives »

À ce propos, annoncera par la suite le Président Tiani, « j’ai instruit le Gouvernement de s’atteler à cet exercice dans les prochains jours pour permettre aux Nigériens de mieux saisir, non seulement, les défis auxquels nous faisons face, mais également les progrès effectivement réalisés et les perspectives à venir pour notre pays ».

Des grandes réalisations accomplies selon le Général Tiani

Appuyant son bilan avec des détails pour servir de preuve, le Chef de l’État a mis en avant « quelques grandes réalisations accomplies » et mises en œuvre par le Gouvernement de la Refondation, « sous l’égide du CNSP », promettant de « redoubler d’efforts pour répondre aux attentes nombreuses et légitimes des Nigériens ».

Dans le chapitre éducatif et sanitaire, par exemple, le Président Tiani a relevé « d’importants efforts » qui sont en train d’être fournis pour améliorer la qualité de ces systèmes avec la création des collèges scientifiques, d’un lycée scientifique de jeunes filles, mais aussi la dotation de plusieurs de nos centres de santé en matériels de dernière génération, participe de ces efforts.

Le Chef de l’État a confirmé le processus de recrutement en cours de plus de onze mille (11 000) contractuels de l’éducation et le projet d’engagement de six mille (6 000) agents de santé, « dès que la situation financière le permet ». Dans cette même dynamique, le Président de la République a annoncé que « d’autres recrutements suivront, dans tous les domaines de la fonction publique de l’État, pour, non seulement, donner un emploi à notre jeunesse engagée et dynamique, mais également assurer un service public de qualité, à la hauteur des attentes de nos vaillantes populations dès que les conditions financières le permettront ».

S’agissant des infrastructures, le Général a fait état « de nombreuses infrastructures en cours de réalisation », notamment des classes, des amphithéâtres, des centres de santé, des aménagements hydrauliques ou hydro-agricoles, des pistes, des routes et des logements sociaux. Et d’estimer que « ces équipements sont importants, surtout dans notre contexte, où certaines puissances cherchent à asphyxier notre pays, économiquement et financièrement ».

Des mesures sociales à fort impact pour les citoyens et des succès socioéconomiques

Au titre des mesures socio-économiques, le Chef de l’État a rappelé la reconduction ou le maintien des mesures de réduction des prix du ciment, du prix de vente de l’essence à la pompe, des frais médicaux et chirurgicaux, entre autres. « Il ne s’agit pas d’une simple mesure sociale de bienfaisance. Il s’agit plutôt, suivant notre nouvelle approche politique, de mieux soigner le plus grand nombre de nos compatriotes et d’en faire des agents économiques. C’est un changement important de paradigme, quand on sait que toutes les politiques publiques jusqu’ici mises en œuvre ont consisté à mobiliser les ressources de l’État pour principalement les orienter vers les agents publics », a souligné le Chef de l’État.

Un aspect qui a particulièrement été mis en évidence lors de cette allocution télévisée, c’est le Programme Grande Irrigation (PGI) pour lequel le Chef de l’État n’a pas tempéré sa satisfaction, évoquant même une « réussite indiscutable ». Cette réussite, a mis en avant le Président, se traduit par « la disponibilité de produits vivriers en qualité et en quantité suffisantes sur nos marchés et dans nos foyers, à la grande satisfaction de tous les Nigériens ».

Selon le Chef de l’État, la réussite de ce programme (PGI) est la preuve que « la première richesse du Niger demeure ses terres agricoles et de pâturages ; à rebours des thèses calamiteuses qui nous présentent comme un pays aride et non propice à l’agriculture pour ainsi nous réduire éternellement à vivre des périodes de soudure et à tendre la main pour nourrir nos populations ». Et d’ajouter qu’il s’agit là également d’un « changement politique majeur qui fait désormais de l’agriculture une base essentielle de notre développement économique ». Cela est d’autant une réalité que la production agricole est accompagnée de la création d’entreprises à tous les niveaux du processus, qu’il s’agisse de la production à proprement parler ou de la transformation et de la commercialisation, a poursuivi le Général Tiani.

Dans le domaine de l’industrie, le Président a tenu à saluer les efforts de tous ceux qui ont permis la création de nouvelles entreprises. En effet, a-t-il dit, aussi bien dans le domaine agroalimentaire que de la métallurgie et des autres secteurs économiques, soixante-quatre (64) unités industrielles ont été agréées pour plus de sept mille (7 000) emplois.

Dans le secteur minier et pétrolier, le Chef de l’État nigérien a aussi fait savoir que, sur le plan de l’exploitation des ressources naturelles, « nous avons engrangé le plus de progrès ».

Offensive diplomatique et retour en puissance du Niger sur la scène internationale

Abordant la diplomatie, il a mis en avant « d’importants résultats qui méritent d’être soulignés » avec notamment l’accréditation de vingt-six (26) ambassadeurs de tous les continents et l’ouverture de quatre (04) nouvelles ambassades. « Dans toutes les instances internationales, y compris aux Nations unies, nous avons clairement exposé la nouvelle vision politique du Niger qui consiste dans le respect de notre souveraineté et de la défense des intérêts de notre pays », a affirmé le Chef de l’État qui n’a pas également manqué de relever la stratégie commune et d’ensemble mise en œuvre avec les autres États alliés de la Confédération des États du Sahel (AES). « Nous avons œuvré, ensemble avec nos frères du Burkina Faso et du Mali, à rendre opérationnelle notre Confédération AES », a mis en avant le Président de la République. À juste titre, a-t-il mentionné, la création de la Banque d’Investissement de la Confédération (BCID-AES) ainsi que le lancement de « notre force unifiée » (FU-CAES), en décembre dernier, constituent, sans aucun doute, « des avancées majeures pour notre Confédération ».

Last but not least, la situation internationale a été au rendez-vous du discours-bilan du Chef de l’État qui a abordé le conflit en cours au Moyen-Orient. Sans citer de nom, il a appelé les belligérants de la guerre qu’ils se livrent, depuis quelques semaines, « au respect de l’ordre international ». Surtout, le Général Tiani a exprimé sa profonde préoccupation quant aux répercussions de cette guerre sur la situation économique et sécuritaire du pays. « Elle nous préoccupe également car elle touche des peuples frères confrontés à l’injustice et à des guerres meurtrières et destructrices qu’ils n’ont pas choisies », a-t-il ajouté, assurant avoir « une pensée pieuse pour toutes les victimes causées par cette barbarie », a-t-il déclaré, estimant toutefois que « ces drames peuvent être évités pour autant que tous les acteurs de la scène internationale fassent preuve de retenue et se conforment au droit international ».

Selon le Président nigérien, ces drames montrent aussi le besoin impérieux de « repenser profondément l’ordre international si nous voulons un monde juste, pacifique et consacré à la seule lutte qui vaille : celle pour le bonheur des peuples ».

Le Président Tiani a d’ailleurs saisi l’occasion pour appeler les Nigériens et les populations de la Confédération AES, en général, à tirer les enseignements de cette situation pour laquelle il conseille de « ne jamais sous-estimer la malveillance de certaines puissances capables de tout pour défendre leurs intérêts, ne jamais permettre à nos ennemis d’infiltrer notre pays et de nous diviser pour ensuite nous soumettre, renforcer notre unité nationale et rester mobilisés pour notre pays, renforcer notre Confédération AES qui constitue un véritable rempart contre toute velléité de nous agresser, et enfin nouer des partenariats stratégiques efficaces ».

Et de conclure en assurant que « sur tous ces points, je peux vous assurer que nous sommes déjà à pied d’œuvre pour engager les actions stratégiques nécessaires à la préservation de notre souveraineté et de nos intérêts nationaux ».

Ce discours-bilan s’annonce comme le premier d’une série puisqu’il sera réédité chaque année à la même occasion et sera l’occasion pour le Président de présenter son bulletin de gouvernance à la tête de l’État, pour que les citoyens puissent en apprécier.

La guerre d’Iran vue d’Afrique : un choc systémique aux mille visages Conflits – 24/03  

Depuis le 28 février 2026, la guerre déclenchée par Washington et Tel-Aviv contre Téhéran a verrouillé le détroit d’Ormuz et rouvert les hostilités en mer Rouge, piégeant l’Afrique entre deux verrous maritimes qu’elle ne contrôle pas.

La menace la plus profonde n’est pas pétrolière mais alimentaire : un tiers du commerce mondial d’engrais transite par Ormuz, et le cours de l’urée a bondi de 100 à 570 dollars la tonne, menaçant directement les récoltes sahéliennes.

Au-delà du choc économique, la guerre fracture l’architecture sécuritaire du Sahel : Téhéran, engagé pour sa survie, ne peut plus honorer ses engagements envers Bamako, Ouagadougou et Niamey, laissant le JNIM et l’EIGS dans une position d’opportunité.

À Bamako, les files s’allongent devant les stations-service. La scène rappelle l’automne 2025 – quand le JNIM paralysait les convois de carburant vers la capitale malienne, brûlant les camions-citernes un par un sur les pistes du Sahel. Mais cette fois, le blocus ne vient pas du désert. Il vient d’un détroit long de soixante kilomètres, à six mille kilomètres de là, quelque part entre les côtes iraniennes et omanaises.

Depuis le 28 février 2026, la guerre que Washington et Tel-Aviv ont déclenchée contre Téhéran a verrouillé le détroit d’Ormuz, tué plus de 2 300 personnes en dix-sept jours et envoyé une onde de choc planétaire qui arrive aujourd’hui à Lagos, Dakar, Nairobi et Cotonou. L’Afrique ne s’est battue contre personne. Elle paie quand même.

Le 28 février, ou la fin d’un équilibre précaire

Tout commence par des frappes. Des dizaines, coordonnées, surprises. Les avions américains et israéliens frappent simultanément des sites militaires, des infrastructures nucléaires, des centres de commandement. Ali Khamenei est tué dans les premières heures, avec lui plusieurs hauts responsables des Gardiens de la Révolution. L’Iran réplique immédiatement – missiles balistiques sur Tel-Aviv, drones sur les bases du Golfe, fermeture proclamée du détroit.

Le choc est total. En moins d’une semaine, le trafic pétrolier dans le détroit s’effondre de près de 70 %, cent cinquante navires restant à l’ancre, immobiles, attendant une accalmie qui ne vient pas

L’Agence internationale de l’énergie est sans détour : c’est la plus grande perturbation de l’offre pétrolière de toute l’histoire du marché mondial. Plus grave qu’en 1973. Plus soudain qu’en 2022.

Le Brent frôle 120 dollars le baril dans les premiers jours, avant de se stabiliser – si l’on peut appeler ça de la stabilité – autour de 103 dollars au moment de ces lignes. Vingt dollars de plus qu’avant les frappes. Les Houthis, eux, n’attendent pas : dès le 28 février, ils annoncent la reprise de leurs attaques en mer Rouge. Le canal de Suez devient impraticable. Les armateurs opèrent un demi-tour vers le cap de Bonne-Espérance. D’un seul coup, l’Afrique se retrouve coincée entre deux verrous fermés en même temps, Ormuz à l’est, Suez au nord, comme dans un étau dont elle ne tient aucun des leviers.

Quand Ormuz affame le Sahel

Le pétrole, tout le monde en parle. Les engrais, personne. C’est pourtant là que se niche la menace la plus profonde pour le continent africain – silencieuse, différée, et potentiellement dévastatrice. Un tiers du commerce maritime mondial d’engrais transite par Ormuz. Un tiers. Et l’Afrique subsaharienne importe une part considérable de ses intrants agricoles depuis les pays du Golfe.

Depuis le début du conflit, la moitié de la production mondiale d’urée est désorganisée. Environ 570 000 tonnes sont bloquées dans le Golfe. Le cours américain de l’urée – intrant de base pour le maïs et le sorgho – a bondi de 100 à 570 dollars la tonne, pulvérisant le record d’octobre 2022.

Le chef des affaires humanitaires de l’ONU, Tom Fletcher, a explicitement demandé des corridors humanitaires dans le détroit pour que les secours puissent atteindre les zones de besoin critique en Afrique subsaharienne. Cary Fowler, du Food Security Leadership Council, résume la situation avec une formule qui dit tout : « Il y a de nombreux maillons entre la fermeture du détroit d’Ormuz et l’alimentation d’un enfant au Malawi. » Mais ces maillons sont en train de se rompre les uns après les autres. Et en toile de fond, l’USAID a été dissoute par Trump en 2025, emportant avec elle les derniers filets d’urgence que les pays les plus fragiles pouvaient encore espérer activer. Le spectre des émeutes alimentaires de 2007-2011 n’est pas une métaphore rhétorique. Il revient, concrètement, dans les calculs des capitales sahéliennes.

Le paradoxe des pétro-États

On pourrait croire que la hausse des cours profite au moins aux exportateurs africains d’hydrocarbures. La réalité est plus cruelle. Le Nigeria et l’Angola engrangent effectivement des recettes supplémentaires sur le papier – mais dans le même temps, l’inflation importée sur les produits alimentaires, les biens de consommation et les matières premières ronge ces gains par la base.

Le budget 2026 du Nigeria avait été construit sur un baril à 60-65 dollars. À Lagos, les prix à la pompe ont déjà dépassé les 1 300 nairas (0.83 euro) le litre dans plusieurs États contre moins de la moitié avant la crise. La raffinerie Dangote a dû revoir ses prix de sortie à la hausse. La monnaie subit une pression constante.

Pour les quarante et quelques pays africains qui importent net leur pétrole – du Maroc à l’Éthiopie, du Sénégal au Mozambique – il n’y a pas d’ambiguïté : une inflation énergétique de deux à cinq points supplémentaires est en marche, dans des économies qui n’ont plus guère de marge budgétaire pour amortir quoi que ce soit. Le FMI tablait encore en janvier sur un reflux de l’inflation mondiale. Cette prévision appartient désormais à une autre époque.

Le Sahel orphelin

Ce qui se passe dans la dimension sécuritaire est peut-être encore plus structurant sur le long terme. Depuis 2023-2024, l’Iran avait construit une présence discrète, mais réelle dans l’espace AES – Burkina Faso, Mali, Niger. Des accords de coopération signés, des offres de soutien dans la lutte contre les groupes armés, des MOU couvrant l’énergie, l’éducation, la construction. L’équipement des forces de l’AES repose sur un portefeuille délibérément diversifié : Russie, Turquie, Iran, Chine. Une façon de ne dépendre d’aucun partenaire unique – et donc de conserver une liberté de manœuvre.

La guerre d’Iran fracture cette architecture. Téhéran, engagé dans une lutte pour sa propre survie institutionnelle, ne peut plus honorer ses engagements envers Bamako, Ouagadougou ou Niamey. Les livraisons d’armes promises, les formations techniques, le soutien diplomatique : tout cela est suspendu, différé, peut-être abandonné. Le vide ainsi créé est immédiatement lisible sur le terrain sécuritaire. L’attention occidentale se détourne encore davantage du Sahel – les États-Unis avaient pourtant récemment repris un semblant de soutien antiterroriste dans la région. Ce reflux conjugué, iranien et américain, laisse le JNIM et l’EIGS dans une position d’opportunité qu’ils ne manqueront pas d’exploiter.

L’hiver 2025 avait déjà donné le ton : le JNIM avait mis Bamako à genoux avec un blocus de carburant, brûlant les convois un par un sur les routes du Sahel. Le Burkina Faso combat simultanément sur plusieurs fronts. L’AES, privée d’un contrepoids iranien, se retrouve encore plus dépendante d’une Russie dont les ressources sont elles-mêmes contraintes par la guerre en Ukraine. Le cercle se resserre.

Il y a enfin une dimension que les analystes commencent à évoquer à voix basse : selon l’ACLED, des groupes liés à l’Iran pourraient frapper des cibles israéliennes, américaines ou alliées sur le continent. L’Égypte, Djibouti, la Somalie – où Téhéran entretient des liens documentés avec al-Shabaab – sont en première ligne de cette menace diffuse. À Lagos, des manifestants pro-iraniens ont déjà battu le pavé après l’assassinat de Khamenei. L’ambassade américaine au Nigeria a mis en garde contre des risques d’attaques.

Le cap de Bonne-Espérance : une ironie géopolitique

Il y a quelque chose d’ironique à voir le cap de Bonne-Espérance redevenir soudainement une route stratégique. Les armateurs ajoutent dix à quinze jours de traversée pour éviter Ormuz et Suez. Mécaniquement, les ports africains de la façade atlantique et de la côte est – Tanger Med, Durban, Mombasa, Cotonou – voient leur position valorisée : plus de soutage, plus d’escales techniques, plus de demandes de services portuaires. C’est réel.

Mais cette opportunité ne compense en rien le choc subi par les importateurs.

Les frais de fret ont explosé pour toutes les cargaisons à destination du continent. Djibouti, le Kenya, la Tanzanie, le Soudan – dont jusqu’à 34 % du commerce extérieur passe par Suez – subissent un double coup : détournement du fret et renchérissement brutal des coûts unitaires. Le bénéfice est marginal. Le préjudice est structurel.

Le silence calculé de l’Union africaine

La réponse politique du continent dit beaucoup sur son état. Ramaphosa a déclaré que l’Afrique subissait déjà les effets du conflit. L’Égypte a appelé à la diplomatie. Le Nigeria et l’Afrique du Sud ont réclamé un cessez-le-feu immédiat. L’Union africaine, elle, n’a toujours pas de position commune. C’est révélateur – l’institution reste paralysée par ses fractures internes entre membres pro-occidentaux et membres engagés dans l’axe alternatif Russie-Chine-Iran.

Quant aux juntes sahéliennes, leur posture est celle d’un équilibriste sous tension. Leur antiaméricanisme est une marque identitaire, un carburant politique intérieur. Condamner Washington serait parfaitement cohérent avec leur rhétorique. Mais le faire trop fort, dans le contexte d’une administration Trump déjà irritable à leur égard, pourrait coûter cher. Alors ils se taisent. Les trois pays de l’AES avaient dénoncé le « comportement agressif » des États-Unis en janvier 2026, lors de l’affaire vénézuélienne. Sur l’Iran, rien. Ce silence-là est une position.

Ce que cette guerre révèle

Au fond, la guerre d’Iran ne fait que rendre visible ce qui était déjà là. L’Afrique est intégrée aux chaînes de valeur mondiale juste assez pour subir chacun de leurs chocs – mais pas assez pour peser sur leur cours. Le paradoxe est brutal. Tant que le continent importera ses engrais du Golfe, ses céréales des marchés mondiaux et ses hydrocarbures de fournisseurs lointains, chaque guerre au Moyen-Orient sera une guerre africaine par ricochet. Sans que l’Afrique ait tiré un seul coup de feu. Et sans qu’elle ait eu voix au chapitre.

LA VOIE DU SAHEL

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