Revue de presse Niger – 01/04/2026

Revue de presse Niger – 01/04/2026

L’Europe doit dénoncer la situation de Mohamed Bazoum – DW – 01/04 

Lisa Tschörner de la SWP à Berlin revient sur la DW sur la résolution du parlement européen pour la libération de Mohamed Bazoum. La chercheuse se prononce aussi sur la politique sahélienne de l’Europe.

Au Niger, le mandat de Mohamed Bazoum arrive officiellement à son terme ce jeudi 2 avril. Officiellement, car le président renversé en juillet 2023 est toujours détenu par les militaires, dans une aile de la présidence, sans avoir présenté sa démission.

Dans ce contexte, le Parlement européen a adopté, il y a près de trois semaines, une résolution appelant à sa libération immédiate et inconditionnelle.

Lisa Tschörner, chercheuse à l’Institut allemand des affaires internationales et de sécurité, revient sur cette prise de position. Au micro de Reliou Koubakin, elle évoque également une étude récente consacrée à la politique européenne dans le Sahel….

DW : Bonjour, Lisa Tschörner.

Lisa Tschörner : Bonjour.

Alors, vous avez fait sortir récemment une étude sur la politique sahélienne de l’Europe. D’après ce que j’ai lu, vous parlez d’un manque de clarté. Qu’est-ce que l’Europe peut mettre sur la table selon vous, dans le Sahel ?

L’Union européenne a un grand intérêt de rester engagé dans la région parce qu’il y a des intérêts stratégiques comme combattre contre le terrorisme, mais aussi contre la migration illégale. Mais il y a quand même des considérations normatives qui font que l’Union européenne et ses Etats membres ont eu des difficultés dans le passé pour se positionner et trouver vraiment une stratégie commune : comment rester engagé dans la région ?

L’Europe s’intéresse à à stabiliser la région. Donc je pense que ce n’est ni dans l’intérêt des pays au Sahel, ni dans l’Europe que la situation sécuritaire, par exemple, se dégrade dans la région. Je pense qu’il y a quand même des intérêts communs. Par exemple, je pense que c’est aussi un consensus entre temps au Sahel, qu’il ne faut pas seulement combattre le terrorisme avec des moyens militaires, mais qu’il faut aussi, par exemple, chercher le dialogue ou promouvoir la cohésion sociale et contribuer au développement de la région, créer des emplois ou lutter, par exemple aussi, contre le changement climatique. Je pense qu’il y a quand même des domaines ou des secteurs où une collaboration avec l’Union européenne pourrait aussi être profitable pour les régimes au Sahel.

Si l’Union européenne manque de clarté dans sa politique sahélienne, on a plutôt observé une position claire du Parlement européen sur le cas Mohamed Bazoum dans cette résolution-là, qui appelle à sa libération, qu’en avez-vous pensé ?

L’Europe a un intérêt à dire clairement qu’enfermer un président sans un procès, c’est quelque chose en fait qu’il faut dénoncer. Mais d’autre part, ça n’a pas aidé à la stratégie de renouveler les relations avec les régimes au Sahel. Niamey était très irrité. Après cette résolution, Niamey a dénoncé une ingérence flagrante dans les affaires internes du pays. Mais je pense que ça montre tout ce dilemme qu’il y a entre des orientations normatives, des valeurs que l’Union européenne veut en fait mettre en avant. Et d’autre part, la realpolitik qui nécessite quelquefois qu’on trouve des compromis et aussi qu’on ne juge pas ce que les autres font.

Craignez-vous que cela complique la libération de Mohamed Bazoum, sachant que de nombreuses manifestations de protestation ont eu lieu au Niger et même en dehors ?

Non, je pense qu’on doit voir. Parce que le mandat de Mohamed Bazoum va prendre fin le 2 avril et donc on doit voir ce qui se passe après. Il y a des gens qui pensent que maintenant que le mandat a pris fin, peut-être il va être libéré, mais il ne va certainement pas être libéré parce que l’Union européenne prend une décision, une résolution. Mais c’est quand même une question où les régimes militaires vont décider ce qu’ils vont faire de leur part et ce qui semble pour eux, dans une optique stratégique, le mieux à faire.

Est-ce que vous pensez qu’au-delà du Parlement, que peut être la Commission européenne devrait prendre ce dossier à bras le corps ? Ou vous pensez qu’il vaut mieux s’en arrêter là pour l’instant et négocier en coulisse ?

Je pense que l’Union européenne devrait être claire sur ce que l’Europe veut, sur quelle direction l’Europe veut prendre dans sa politique sahélienne.

Les régimes au Sahel sont très sensibles à tout jugement qui vient de l’extérieur. Donc, je pense que ça  

Pour revenir au cas Bazoum, vous pensez que ce 2 avril, quel message l’Union européenne doit lui envoyer ? Qu’elle ne l’abandonne pas ?

L’Union européenne a toujours demandé sa libération ou à ce qu’il a au moins un processus juridique qui justifie à ce qu’il soit enfermé encore. Mais je pense quand même que le coup d’Etat, c’est quand même une réalité et que si l’Union européenne veut rester engagée dans la région, c’est aussi clair qu’il faut un dialogue et une coopération avec ces autorités qui sont effectivement en place en ce moment. Je pense que rester engagé dans la région, chercher le dialogue avec les autorités sur place, ça ne veut pas dire abandonner la cause de Bazoum.

Le mandat du président nigérien Bazoum, renversé et séquestré depuis 2023, prend fin TV5 – 31/03  

Le mandat du président nigérien Mohamed Bazoum, renversé lors d’un coup d’Etat le 26 juillet 2023 par une junte qui le détient depuis, prend fin jeudi, sans perspective immédiate de libération ou d’éventuel procès.

M. Bazoum avait été investi président le 2 avril 2021, après sa victoire à la présidentielle avec 55% des voix. Depuis le putsch qui a porté au pouvoir la junte du général Abdourahamane Tiani, il a toujours refusé de démissionner et reste détenu avec son épouse dans une aile du palais présidentiel de la capitale Niamey.

Mais pour ses avocats, cette date du 2 avril n’a plus de sens, M. Bazoum n’ayant pu exercer ses fonctions depuis juillet 2023.

« Le 2 avril ne sera pas la fin de son mandat », assure à l’AFP Me Moussa Coulibaly, membre du collectif d’avocats de Mohamed Bazoum.

« Son mandat a été interrompu et n’a pas repris. Si demain M. Bazoum reprend le pouvoir, la durée de sa détention ne sera pas prise en compte dans l’exercice de ses fonctions », estime-t-il.

Un point de vue que nuance Valéry Ntwali, chercheur en études politiques, notamment spécialiste des coups d’Etat en Afrique subsaharienne.

« Sur le plan du droit nigérien », le chef d’Etat déchu « a perdu la légalité depuis qu’on a suspendu la Constitution sur laquelle on l’avait élu » et va désormais « perdre la légitimité », explique-t-il.

Le régime militaire a suspendu la Constitution et l’a remplacée par une charte adoptée en mars 2025, qui lui permet notamment de rester au pouvoir pour cinq années de plus, renouvelables. Aucune élection n’a été organisée au Niger depuis le coup d’Etat.

Alors quel droit prévaut: celui du pouvoir militaire arrivé par la force, ou celui en vigueur avant le coup d’Etat ?

« Il n’y a pas d’autorité internationale qui impose son avis, il y a plutôt des autorités nationales qui vont discuter avec la junte et d’autres qui ne vont pas la reconnaître », répond M. Ntwali.

Car si la junte du Niger – comme celles du Mali et du Burkina Faso voisins, ses alliés – revendique une politique souverainiste et hostile à certains pays occidentaux, elle n’est pas totalement isolée sur le plan international.

Elle a par exemple récemment repris langue avec les Etats-Unis pour une coopération sécuritaire, après avoir chassé il y a deux ans les soldats américains engagés dans la lutte antijihadiste, et s’est rapprochée dès le début de Moscou.

Ses relations avec la France, restent elles glaciales, l’ex-puissance coloniale s’était très vite positionnée en faveur de la libération de Mohamed Bazoum.

« Echec »

Et celles avec l’Union Européenne sont également fraîches: mi-mars, le Parlement européen a adopté à la quasi-unanimité une résolution pour exiger la libération « immédiate » de M. Bazoum, un texte à l’initiative de l’eurodéputé français Christophe Gomart (groupe Parti populaire européen, PPE).

La résolution a provoqué l' »indignation » des juntes sahéliennes et a poussé plusieurs milliers de personnes à se rassembler en mars à Niamey, plusieurs centaines à Ouagadougou.

« C’est un échec de la communauté internationale, je ne sais pas comment on n’a pas pu obtenir la libération de ce président démocratiquement élu », exprime M. Gomart, également général et ancien commandant des opérations spéciales françaises, notamment au Sahel.

« L’Europe pèse en Afrique, donne de l’argent a un certain nombre de pays africains, l’Union européenne aurait dû faire pression », dit-il.

L’UE finance notamment des programmes de développement et la lutte antijihadiste en Afrique et le Niger est particulièrement touché par les attaques meurtrières régulières de ces groupes armés.

« On va demander à ce que la Commission européenne entre en contact avec la junte, avec des pays qui discutent avec la junte (…) c’est une négociation », juge-t-il.

Il reconnaît toutefois que « les Européens sont plus préoccupés » par les conflits en Ukraine ou au MoyenOrient.

La fin de son mandat peut-elle accélérer la tenue d’un procès pour Mohamed Bazoum, dont l’immunité présidentielle a été levée en 2024?

Peu probable selon ses avocats: « pour la junte, c’est moins une question de droit que de sécurité: ce qui l’intéresse c’est que le président Bazoum soit un bouclier humain » face à une éventuelle intervention armée, un temps envisagée par les voisins ouest-africains, considère un autre de ses conseils, Me Mohamed Seydou Diagne.

Depuis bientôt trois ans, Mohamed Bazoum est « toujours détenu au même endroit et dans les mêmes conditions », sans fenêtres, sorties, ni visites sauf celle de son médecin, rappelle Me Moussa Coulibaly.

Régulation des médias : Mme Akharbach à Niamey pour renforcer la coopération maroco-nigérienne – Aujourd’hui le Maroc 30/03

Consultations: La présidente de la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA), Latifa Akharbach, a effectué les 25 et 26 mars une visite de travail à Niamey, dans le cadre du renforcement des relations de coopération entre les instances africaines de régulation des médias.

Cette invitation effectuée par la présidente de la HACA, à l’invitation de son homologue, Ibrahim Manzo Diallo, président de l’Observatoire national de la communication (ONC) du Niger, s’inscrit dans la dynamique de consolidation du partenariat bilatéral entre la HACA et l’ONC, nouvelle institution nigérienne en charge de la régulation des médias, mise en place en septembre 2025 en remplacement du Conseil supérieur de la communication. Les consultations entre les deux instances de régulation ont porté sur plusieurs questions d’intérêt commun liées aux mutations de l’environnement médiatique, notamment l’adaptation des missions et des outils de régulation aux transformations induites par le numérique, le rôle du service public audiovisuel dans la préservation de la souveraineté médiatique des États africains, ainsi que les mécanismes de lutte contre la désinformation. Par ailleurs, Mme Akharbach et M. Manzo Diallo ont procédé à cette occasion à la signature d’une convention relative à l’installation, au sein du centre de monitoring de l’ONC, de la version mise à jour de la solution technologique HMS+ (HACA Media Solutions), développée par les ingénieurs de la HACA. Cette solution est reconnue à l’échelle internationale comme un outil performant de monitoring et de suivi des programmes audiovisuels.

LA VOIE DU SAHEL

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