Tabaski sans leurs familles ? Le cri du cœur pour la libération des journalistes détenus à Kollo.
Par Abdoulkarim Ousmane Mahamadou.
À quelques semaines de la fête de la Tabaski, l’heure est à la compassion, au pardon et à la réconciliation nationale. Mais pendant que des milliers de familles nigériennes se préparent à célébrer cette fête sacrée dans la ferveur et l’unité, trois journalistes continuent de vivre derrière les barreaux de la prison civile de Kollo, loin des leurs, dans l’angoisse et l’incertitude.


Il s’agit de Ibro Chaibou, secrétaire de rédaction du groupe de presse Saraounia, d’Omar Kané du journal Le Hérisson et de Youssouf Sériba, directeur de publication du journal Les Échos du Niger. Depuis plus de six mois, ces professionnels des médias sont privés de liberté, une situation qui suscite de nombreuses interrogations au sein de l’opinion publique nationale et internationale.
Au-delà des procédures judiciaires et des débats politiques, c’est avant tout la dimension humaine de cette affaire qui interpelle aujourd’hui les consciences. Derrière ces noms se trouvent des pères de famille, des époux, des frères et des citoyens nigériens qui, comme tous les autres, aspirent à retrouver leurs proches, surtout en cette période spirituelle marquée par le pardon et la solidarité.
La Tabaski n’est pas une fête ordinaire. Elle symbolise le sacrifice, la miséricorde et le dépassement des rancœurs. Dans les traditions africaines et musulmanes, cette célébration est aussi un moment privilégié pour poser des actes forts d’apaisement et de grandeur. C’est pourquoi de nombreuses voix s’élèvent aujourd’hui pour implorer la clémence du Président de la République, Chef de l’État, le Général d’armée Abdourahamane Tiani.
Dans un contexte national où le Niger fait face à d’immenses défis sécuritaires, économiques et sociaux, un geste d’apaisement envers ces journalistes serait perçu comme un signal fort de décrispation et d’unité nationale. Une décision de pardon ou de remise en liberté provisoire permettrait non seulement à ces hommes de passer la Tabaski en famille, mais contribuerait également à renforcer le climat de confiance entre les autorités et les acteurs des médias.
Le Niger a toujours su puiser dans ses valeurs de dialogue et de cohésion pour surmonter les épreuves. Les journalistes, malgré leurs divergences éditoriales ou leurs prises de position, demeurent des acteurs essentiels de la vie démocratique et sociale du pays. Leur liberté, dans le respect des lois de la République, reste un enjeu majeur pour l’image et l’avenir de la nation.
À l’approche de cette fête sacrée, l’espoir demeure que la main du pardon l’emporte sur la rigueur des circonstances. Car parfois, la grandeur d’un homme d’État se mesure aussi à sa capacité à tendre la main au moment où tout un peuple appelle à la clémence.
La voie du Sahel.

