DISPARITION DE MOUSSA KAKA : UN MOIS DE SILENCE, UNE FAMILLE DANS L’ANGOISSE, DES QUESTIONS SANS RÉPONSE !

DISPARITION DE MOUSSA KAKA : UN MOIS DE SILENCE, UNE FAMILLE DANS L’ANGOISSE, DES QUESTIONS SANS RÉPONSE !

Un mois après avoir quitté son bureau pour rentrer chez lui, le directeur général de Radio Télévision Saraounia reste introuvable. Sa famille a saisi la police judiciaire et pris un avocat. Mais au-delà de l’enquête attendue, une autre question s’impose : pourquoi la mobilisation nationale autour de cette disparition demeure-t-elle si peu audible ?

Par Ousmane Illo.

NIAMEY — Le 31 août 2026, vers 19 heures, Moussa Kaka quitte les locaux de Radio Télévision Saraounia (RTS), dont il est le directeur général. Comme à la fin d’une journée de travail ordinaire, il prend le chemin de son domicile. Mais cette fois, le journaliste n’arrivera jamais à destination. Depuis, plus aucun signe de vie. Ni sa famille ni ses collègues ne savent où il se trouve. Un mois après, le mystère demeure entier. Et le silence devient insoutenable.
Un mois sans nouvelles : l’angoisse au quotidien
Trente jours sans appel, sans message, sans la moindre information fiable sur le sort d’un homme qui a quitté son lieu de travail pour rentrer chez lui. Pour ses proches, l’attente se transforme en épreuve quotidienne. Chaque heure qui passe nourrit les inquiétudes, tandis que les questions s’accumulent.
Que s’est-il réellement passé sur le trajet de Moussa Kaka ? A-t-il été intercepté ? Où se trouve-t-il aujourd’hui ? Est-il en sécurité ? Autant d’interrogations auxquelles personne n’a, publiquement, apporté de réponse définitive.
À ce stade, les circonstances de sa disparition restent inconnues. Aucune hypothèse ne saurait être présentée comme un fait établi. Mais cette prudence nécessaire ne doit ni banaliser la situation ni justifier l’inaction.
Face à cette inquiétante absence, la famille a entrepris des démarches auprès de la police judiciaire et s’est attaché les services d’un avocat. Elle attend désormais des actes concrets, des informations vérifiables et une enquête capable d’établir ce qui est arrivé au journaliste.
Où sont les voix nationales ?
C’est l’autre sujet de préoccupation des proches : la faiblesse de la mobilisation qu’ils perçoivent au sein du paysage médiatique national, de la société civile et des organisations nigériennes de défense des droits humains.
Lorsqu’un journaliste disparaît dans des circonstances inexpliquées, la solidarité professionnelle ne devrait pas se limiter à quelques réactions ponctuelles. Elle devrait se traduire par des démarches publiques, des interpellations documentées et un suivi régulier des recherches.
Certes, des organisations internationales ont exprimé leur inquiétude. Reporters sans frontières (RSF) a demandé l’ouverture d’une enquête, tandis que la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) ont lancé un appel urgent. Ces interventions montrent que l’affaire dépasse désormais les frontières nigériennes.
Mais pour la famille, une interrogation demeure : où est la mobilisation nationale à la hauteur de l’épreuve traversée par les proches du journaliste ?
Cette question mérite une réponse. Elle ne préjuge pas des éventuelles démarches entreprises en coulisses par les organisations concernées. Elle traduit une attente légitime : celle d’une solidarité visible, durable et à la mesure de la gravité des faits.
Les autorités face à leur responsabilité
La disparition de Moussa Kaka intervient dans un contexte marqué par des tensions autour de la liberté de la presse au Niger. L’ancien correspondant de Radio France Internationale avait lui-même été interpellé en 2025 avec d’autres journalistes, avant d’être libéré sous caution. Ce précédent constitue un élément de contexte, mais ne permet pas, à lui seul, d’établir un lien avec sa disparition actuelle.
Il appartient aux autorités compétentes de faire toute la lumière sur cette affaire. Cela suppose de rechercher activement le journaliste, d’examiner les circonstances de sa disparition, de recueillir les témoignages utiles et d’informer sa famille des avancées de l’enquête, dans le respect des procédures.
Un mois après, le temps des simples inquiétudes ne peut suffire. La famille a engagé des démarches. Les organisations de défense de la presse ont lancé des alertes. L’urgence est désormais de retrouver Moussa Kaka et d’établir la vérité.
Un journaliste disparaît, une famille attend, une rédaction est privée de son directeur général. Combien de temps faudra-t-il encore patienter avant d’obtenir des réponses ?

La Voie du Sahel.

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