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	<title>Russie Archives - La Voie du Sahel</title>
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	<description>La voie de la Démocratie, de la Paix et du Développement</description>
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		<title>Niamey-Moscou : l’AES verrouille l’axe russe, au risque d’un nouveau tête-à-tête sans garde-fous.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[LA VOIE DU SAHEL]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Jul 2026 11:08:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités du Sahel]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Par Abdoulkarim Ousmane Mahamadou. À Niamey, le décor était celui des grandes annonces diplomatiques. Poignées</p>
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<p></p>



<p><strong>Par Abdoulkarim Ousmane Mahamadou.</strong></p>



<p>À Niamey, le décor était celui des grandes annonces diplomatiques. Poignées de main, déclarations solennelles, vocabulaire de « partenariat stratégique » et promesse d’une coopération appelée à durer. Mais derrière la mise en scène de cette deuxième session de consultations ministérielles entre la Confédération des États du Sahel et la Russie, une question s’impose : l’AES est-elle en train de construire une alliance souveraine équilibrée, ou de glisser vers une nouvelle dépendance politique, militaire et économique maquillée en partenariat d’égal à égal ?</p>



<p>La signature, le 8 juillet à Niamey, d’un mémorandum entre les ministères des Affaires étrangères de l’AES et de la Fédération de Russie marque une étape politique importante.                         Le Burkina Faso, le Mali et le Niger affichent désormais sans détour leur volonté d’inscrire Moscou au cœur de leur architecture stratégique.                    L’objectif est clair : consolider un axe diplomatique, militaire et économique avec une puissance qui, depuis plusieurs années, avance méthodiquement ses pions sur le continent africain, profitant du recul de l’influence occidentale et de la rupture assumée entre les régimes sahéliens et leurs anciens partenaires.</p>



<p>Sur le papier, l’accord a tout d’un partenariat global : sécurité, coopération militaro-technique, diplomatie, investissements, projets structurants. Dans les faits, c’est d’abord la dimension sécuritaire qui domine. Et c’est là que réside la première zone d’ombre. L’AES continue de faire de la réponse militaire la colonne vertébrale de sa stratégie régionale, comme si l’accumulation d’armes, de conseillers, d’équipements et de dispositifs de défense suffisait à régler une crise sahélienne dont les racines sont aussi politiques, sociales, économiques et communautaires.</p>



<p>En réaffirmant son soutien au renforcement des capacités opérationnelles des armées de l’AES et de la Force unifiée, la Russie apporte aux régimes sahéliens ce qu’ils recherchent d’abord : un appui sécuritaire rapide, visible, sans conditionnalité démocratique et sans sermon sur les droits humains. C’est précisément ce qui rend ce partenariat politiquement séduisant pour les autorités de l’AES. Moscou offre des armes, de la formation, du renseignement et un soutien diplomatique. En retour, l’AES lui offre un espace d’influence géopolitique considérable au cœur du Sahel. La relation est moins idéologique qu’éminemment transactionnelle.</p>



<p>Mais c’est là que le discours souverainiste de l’AES se heurte à ses propres contradictions. À force de dénoncer l’ingérence des anciennes puissances partenaires tout en s’adossant massivement à une nouvelle puissance extérieure, les dirigeants sahéliens prennent le risque de remplacer une tutelle par une autre. Certes, la Russie ne se présente pas avec les mêmes méthodes ni les mêmes exigences que les partenaires occidentaux. Mais elle poursuit, elle aussi, ses intérêts stratégiques, militaires, diplomatiques et économiques. Aucun État n’investit durablement dans une zone aussi instable sans contreparties. Et au Sahel, ces contreparties peuvent toucher à tout : accès aux marchés, influence diplomatique, contrats miniers, positionnement militaire, voire contrôle indirect de secteurs névralgiques.Le second angle mort de ce rapprochement concerne l’économie. Le communiqué officiel met en avant la future mobilisation de la Banque confédérale pour l’Investissement et le Développement et des institutions russes pour financer des projets structurants. L’intention est politiquement habile : donner au partenariat une façade de développement et ne pas le réduire à une simple alliance militaire. Mais pour l’instant, l’équation reste largement théorique.                      Quels projets ?                                          Avec quels financements réels ?                    À quelles conditions ?                               Pour quels secteurs prioritaires ?             Avec quels mécanismes de transparence, de contrôle et d’évaluation ?</p>



<p>Le danger, ici, est celui des annonces spectaculaires sans effets tangibles sur la vie des populations. Les habitants du Sahel n’attendent pas des mémorandums à rallonge ni des slogans sur l’égalité souveraine. Ils attendent des résultats : plus de sécurité sur les routes, moins d’attaques contre les villages, des prix stables, de l’électricité, des emplois, des écoles qui fonctionnent, des centres de santé équipés. Or, jusqu’ici, la diplomatie de rupture de l’AES produit davantage de symboles politiques que de preuves concrètes d’amélioration du quotidien.</p>



<p>L’autre élément préoccupant est l’absence de débat public réel autour de cette orientation stratégique. Un partenariat aussi structurant avec la Russie engage l’avenir diplomatique, sécuritaire et économique des trois pays de l’AES. Il devrait donc faire l’objet d’un minimum de transparence politique : publication des engagements, clarification des contreparties, information des opinions publiques. À défaut, ce virage risque d’être perçu comme une politique d’État conduite à huis clos, entre cercles de pouvoir, loin des citoyens au nom desquels on invoque pourtant la souveraineté.</p>



<p>Il serait simpliste de nier que l’AES cherche à redéfinir son espace de manœuvre dans un contexte de fortes pressions régionales et internationales. Il serait tout aussi naïf de croire que Moscou agit par pure solidarité anticoloniale. À Niamey, l’AES et la Russie ont scellé bien plus qu’un mémorandum diplomatique : elles ont officialisé une convergence d’intérêts dans un moment de bascule géopolitique. Reste à savoir si cette convergence servira réellement les peuples sahéliens ou si elle ne fera qu’installer, sous d’autres drapeaux, une dépendance nouvelle habillée du mot souveraineté.</p>



<p>Car au fond, la vraie question n’est pas de savoir si l’AES a le droit de choisir ses partenaires. Elle l’a. La vraie question est de savoir si ce choix renforcera durablement les États, protégera réellement les populations et ouvrira un horizon de développement crédible. À ce stade, le partenariat AES-Russie ressemble surtout à un pari politique majeur. Et comme tous les paris géopolitiques noués dans l’urgence, il pourrait coûter très cher si la promesse de souveraineté se transforme, une fois encore, en mirage stratégique.</p>



<p>La voie du Sahel.</p>
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