9 février 1990 : 36 ans après, les scolaires nigériens perpétuent la mémoire et les revendications.19
Par Elhadj Papa
Le 9 février 1990 demeure une date charnière de l’histoire politique et sociale du Niger. Ce jour-là, une manifestation pacifique d’étudiants à Niamey, réclamant de meilleures conditions d’études et la reconnaissance de l’Union des scolaires nigériens (USN), a été violemment réprimée. Trois jeunes ont perdu la vie : Alio Nahantchi, Abdou Mamane Saguir et Issaka Kaina.
Trente-six ans après, cet événement reste symbolique du combat pour la démocratie et les libertés publiques, ayant ouvert la voie à la Conférence nationale souveraine de 1991 et à l’instauration du multipartisme. Chaque année, la commémoration est l’occasion de rappeler les sacrifices consentis, mais aussi l’absence persistante de vérité et de justice.
Cette édition 2026 s’inscrit dans un contexte sécuritaire particulier, obligeant l’USN à adapter ses actions. À cet effet, le comité directeur a organisé une séance de prière en mémoire des martyrs, suivie d’un point de presse animé par le secrétaire général, Alhassane Mouloul. Placée sous le thème : « À l’ère de la refondation, l’USN commémore le 9 février 1990 à travers des actions citoyennes et patriotiques », la commémoration innove par des initiatives concrètes.
Parmi celles-ci figurent la désignation d’un établissement fréquenté par l’un des martyrs comme « École de la patrie – École du 9 février 1990 », ainsi que la construction annuelle, sur fonds propres, d’une salle de classe dans une école publique.

