Revue de presse Niger –08/01/2026

Revue de presse Niger –08/01/2026

Projet d’ordonnance relatif à la mobilisation générale pour la défense de la patrie : l’Union des Journalistes pour le Patriotisme en Afrique UJPA salue et félicite les autorités de la Refondation – ANP – 08/01

L’Union des Journalistes pour le Patriotisme en Afrique (UJPA),   salue et félicite les plus hautes autorités de la Refondation pour la décision prise, relative à la mobilisation générale pour la défense de la patrie,  lors du Conseil des Ministres en date du 26 Décembre 2025.

L’union l’a fait savoir, à travers un communiqué signé ce mercredi 7 janvier 2026, par sa présidente, Mme Rachida Seyni Diori. Le communiqué rappelle que L’UJPA en tant que structure qui œuvre dans la promotion du Patriotisme et de la citoyenneté responsable ‘’saisie cette occasion pour appeler toutes les filles et fils de la nation épris de Patriotisme à rester unis, déterminés et prêts à défendre notre pays’’.

La trajectoire de reconquête de notre souveraineté enclenchée depuis le 26 juillet 2023 par les autorités de la Refondation à leur tête le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, Président de la République Chef de l’État, ‘’mérite tout notre soutien à travers un engagement ferme pour défendre l’honneur du Niger, pays indépendant et souverain face à l’impérialisme et au néo-colonialisme’’.

L’UJPA présente sa compassion aux familles des victimes du terrorisme, et particulièrement à celle du Préfet de Torodi et sa famille, assassinée lors de l’attaque lâche et barbare perpétrée par les forces du mal le lundi 05 Janvier 2026.

Niger: l’ancien ministre Moustapha Barké discrètement libéré RFI 07/01  

Des proches de l’ancien ministre du Pétrole, Mahaman Moustapha Barké, ont confirmé sa libération ce mardi 6 janvier 2026. Détenu au secret depuis son arrestation en janvier 2025, aucune procédure judiciaire n’avait été enclenchée à son encontre. La junte au pouvoir n’a d’ailleurs jamais communiqué sur cette arrestation.

Pour des raisons de sécurité, c’est en requérant l’anonymat qu’un membre de la famille et un excollaborateur de l’ancien ministre ont confirmé sa libération. Mahaman Moustapha Barké est présenté comme un proche de l’actuel Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine. Les deux hommes ont d’ailleurs été nommés ensemble, le 9 août 2023, au sein du gouvernement, le premier mis en place à la suite du coup d’État contre le président Mohamed Bazoum.

Mahaman Moustapha Barké a été démis de ses fonctions un an plus tard, en août 2024, alors qu’il était en mission à l’étranger avant d’être arrêté, de nuit, à son domicile par des agents non identifiés, le 13 janvier 2025.

Alors qu’il était détenu dans les locaux de la Sûreté de l’État, ses proches et ses avocats n’ont pas eu accès à lui. Il n’a jamais été présenté à un juge et aucune charge ne lui a donc été notifiée. La junte n’a en effet jamais communiqué sur cette affaire. Ce 7 janvier, L’Enquêteur, quotidien privé du Niger titre d’ailleurs : « Après la prison sans motif, la libération sans explication ».

Dans les dossiers qu’il a suivis lorsqu’il était ministre, Mahaman Moustapha Barké a géré la crise diplomatique entre le Niger et le Bénin, notamment lorsque Cotonou a perturbé les chargements du pétrole acheminé via oléoduc depuis le nord-est du Niger jusqu’au port béninois de Sèmé-Kpodji.

Niger: l’armée mène de nouvelles frappes de drones sur un marché faisant des victimes civiles – RFI – 08/01  

Dans sa lutte contre les groupes jihadistes, l’armée nigérienne a multiplié ces dernières semaines des frappes de drones dans la zone de Tillabéri, à la frontière avec le Mali et le Burkina Faso. Notamment sur des marchés hebdomadaires. La commune de Kokoloko a été la dernière visée, mardi 6 janvier, dans des frappes qui ont fait des victimes civiles, dénoncent les populations locales.

Étals en banco et en bois en flammes, matériel et stock ravagés par le feu : Dans la vidéo qu’il a diffusée sur les réseaux sociaux, un habitant de Kokoloko, commune située à l’ouest de Niamey et collée à la frontière avec le Mali et le Burkina Faso, donne la date du 6 janvier puis, en langue zarma, condamne ces frappes menées « sur des commerçants ».

Aucun bilan de ses opérations menées par l’armée du Niger n’est connu. Les habitants évoquent toutefois la mort de femmes et d’enfants.

Pour les autorités, les marchés sont des lieux de rendez-vous pour les éléments des groupes jihadistes où ils se mêlent aux populations.

Les 21 et 25 décembre, le marché de la commune de Tangounga a été visé par des frappes de drones, dans des attaques dénoncées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) sur ses réseaux de propagande terroriste. Avant cela, 17 personnes avaient perdu la vie lors du marché hebdomadaire de Tchinberkaouane le 27 octobre dernier.

La junte à la tête du pays et l’armée nigérienne n’ont pas commenté ses frappes. Les forces de défense et de sécurité possèdent deux types de drones, notamment l’Aksungur de fabrication turque. Mis en service en septembre dernier et piloté depuis la base aérienne 101, ce drone a une autonomie de 40 heures et peut transporter 750 kilos de bombes.

Au Niger, comment le stock d’uranium convoité par la Russie s’est retrouvé dans une impasse Le Monde – 08/01  

Un convoi de camions chargés de 1 000 tonnes de concentré d’uranium avait quitté la mine d’Arlit, au Niger, le 27 novembre. Alors qu’elle devait rejoindre le port de Lomé pour transiter vers un vraquier russe, d’après des sources étatiques françaises, la cargaison demeure bloquée à l’aéroport de Niamey.

Voilà plus d’un mois qu’ils sont alignés dans un coin de la base aérienne 101, la zone militaire de l’aéroport de Niamey. En tout, 34 camions, transportant deux conteneurs chacun, forment une rangée bien visible sur différentes images satellites. A leur bord, environ 1 000 tonnes de yellow cake (du concentré d’uranium) produit dans la mine d’Arlit, dans le nord du Niger, par le groupe nucléaire français Orano, avant qu’il n’en soit chassé par la junte du général Abdourahamane Tiani, arrivée au pouvoir par un coup d’Etat, en juillet 2023.

Début novembre, plusieurs sources étatiques françaises avaient expliqué au Monde qu’elles s’inquiétaient de l’acquisition de ce stock d’uranium par la Russie et, surtout, de son possible convoyage par la route à travers des zones sous emprise de groupes djihadistes. Selon elles, les autorités nigériennes et le géant du nucléaire russe Rosatom venaient en effet de conclure un accord pour l’acquisition de 1 000 tonnes de yellow cake – sur les 1 400 stockées à Arlit – au prix de 170 millions de dollars (145 millions d’euros). Une transaction démentie par les deux parties concernées.

A en croire les sources françaises, l’uranium devait être transporté jusqu’au port de Lomé, au Togo, pour être ensuite acheminé par bateau en Russie. Un trajet périlleux, passant par l’ouest du Niger puis le nord et l’est du Burkina Faso, où le risque d’embuscades de djihadistes du Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (GSIM), la filiale sahélienne d’Al-Qaida, ou de l’organisation Etat islamique au Sahel est élevé.

Courant octobre, des responsables militaires, des douaniers et des services de renseignement nigériens s’étaient d’ailleurs entretenus avec certains de leurs homologues burkinabés et togolais afin de prévoir la sécurisation de ce convoi.

Selon une source sécuritaire couvrant la région, deux routes, bien que dangereuses, étaient envisagées pour un tel trajet. La première, plus longue mais en meilleur état et plus fréquentée, rallie Niamey à Téra, au Niger, puis Dori et Kaya, au Burkina Faso, jusqu’au poste-frontière de Cinkassé, au Togo.

La seconde, plus courte mais plus risquée, car passant dans des zones considérées comme des fiefs djihadistes, part de Niamey jusqu’à Kantchari puis Fada N’Gourma, au Burkina Faso, pour ensuite rejoindre la frontière togolaise à Cinkassé. Dans la nuit du 4 au 5 janvier, c’est sur cet axe, à Torodi, dernière ville nigérienne avant la frontière, que le préfet local et sa famille ont été tués par des djihadistes du GSIM.

Escorte de l’armée

Malgré ces risques, la junte d’Abdourahamane Tiani, confrontée à d’importantes difficultés financières, est décidée à tirer profit de ce yellow cake. Le 14 novembre, le général putschiste s’était rendu sur le site d’Arlit. L’occasion de rappeler sa position souverainiste, qui alimente les tensions entre son pays et la France.

« Nous allons produire plus d’uranium, le mettre sur le marché international et le vendre au profit des Nigériens », avait-il alors déclaré. Il s’était notamment attardé dans une zone de stockage où se trouvaient plusieurs dizaines de conteneurs remplis de fûts bleus contenant du yellow cake.

Située au centre du complexe minier, c’est cette même zone qui a été vidée d’une soixantaine de conteneurs entre le 24 novembre et le 1er décembre, comme le montrent des images satellites obtenues par Le Monde.

Le 27 novembre à l’aube, une vingtaine de camions, suivis d’une dizaine d’autres, quittent la mine d’Arlit. La veille, des employés de la Société des mines de l’Aïr (Somaïr), l’ancienne filiale locale d’Orano, se sont étonnés de devoir charger 1 000 tonnes de yellow cake sans aucun bon de livraison ni plan de route – des documents officiels habituellement inhérents à tout convoi.

La trentaine de camions, appartenant aux sociétés BM Trans et Oyama, prend la direction d’Agadez, à plus de 230 kilomètres vers le sud, sous bonne escorte de l’armée nigérienne. Ils roulent ensuite jusqu’à Abalak, puis Tahoua, pour enfin arriver à la base aérienne 101, dans l’enceinte de l’aéroport international Diori-Hamani de Niamey, le 3 décembre.

« Ils n’auraient jamais déplacé ces 1 000 tonnes s’ils n’avaient pas conclu un marché avec les Russes, lesquels ont donc probablement aussi versé une avance », estime un homme d’affaires nigérien au fait du dossier, qui a requis l’anonymat. Arrivé dans la capitale, pourtant, le convoi ne bouge plus.

Au Bénin voisin, le 7 décembre, un groupe de militaires tente de renverser le président, Patrice Talon. Leur putsch échoue. Mais les enquêteurs béninois soupçonnent la junte nigérienne, qui entretient des relations exécrables avec leur gouvernement, de les avoir soutenus. Si le coup d’Etat avait fonctionné, une des premières mesures décidées par les putschistes béninois aurait été, assurent différentes sources dans les deux pays, de rouvrir dès que possible leur frontière commune, fermée depuis le putsch au Niger, en juillet 2023.

La route reliant Niamey au port de Cotonou, plus courte et surtout plus sûre que celle menant jusqu’à Lomé, qui était à l’époque utilisée par Orano pour exporter ses cargaisons de yellow cake vers la France, se serait alors rouverte. Mais il n’en a finalement rien été : les putschistes béninois ont été repoussés et la frontière est restée fermée.

Dans les jours qui ont suivi, les responsables nigériens ont multiplié les rencontres avec leurs homologues burkinabés et togolais pour évoquer le convoi d’uranium. Le 10 décembre, Faure Essozimna Gnassingbé, le président du conseil togolais, a effectué un discret aller-retour à Niamey pour s’entretenir avec le général Tiani. Puis, à la mi-décembre, le directeur général de la Somaïr s’est rendu à Ouagadougou et à Lomé.

Critiques croissantes

Mais les autorités nigériennes sont aussi soumises à diverses pressions, qui semblent avoir fonctionné, du moins jusqu’à présent. Fin novembre, l’Agence internationale de l’énergie atomique, le gendarme du nucléaire mondial, a officiellement rappelé au Niger ses obligations en matière de transport sécurisé d’uranium. Les Etats-Unis ont également fait savoir aux responsables nigériens qu’ils suivaient de près cette affaire et que tout incident avec ces 1 000 tonnes de yellow cake serait fâcheux.

De son côté, Orano a déposé plainte auprès du parquet de Paris, qui a ouvert, à la mi-décembre, une enquête pour « vol en bande organisée dans le but de servir les intérêts d’une puissance étrangère ». Une procédure qui, selon une source diplomatique française, aurait eu un effet dissuasif, autant à Niamey qu’à Lomé. « Le Togo n’est pas un Etat voyou. Ces camions sont toujours au Niger et ne sont jamais venus jusque chez nous. Le reste n’est que pure spéculation, voire accusations fallacieuses », affirme une source ministérielle togolaise.

Au sein de la junte du général Tiani, le dossier suscite des dissensions. Certains de ses cadres, dont le général Salifou Mody, le ministre de la défense, ont exprimé des réticences sur une exportation via le Burkina Faso, estimant que cette opération était trop risquée et qu’elle pourrait, in fine, être dommageable pour le Niger.

Quant au vraquier russe Matros Shevchenko, suspecté par des sources françaises d’être le convoyeur désigné de l’uranium nigérien vers la Russie, il a quitté son mouillage au large de Lomé le 25 décembre. Il y était arrivé le 14 novembre et avait effectué deux séjours à quai, du 1er au 8 et du 16 au 25 décembre – date à laquelle il a déchargé ses cales, probablement pleines de blé ukrainien, selon l’expert maritime turc Yorük Isik, avant de repartir à vide vers la Russie.

En attendant de trouver une solution, la junte nigérienne conserve son uranium à Niamey. Mais ces 1 000 tonnes de yellow cake entreposées dans l’enceinte de l’aéroport, situé en pleine ville, suscite des critiques croissantes. « Lorsque l’uranium quitte la mine, il n’est pas censé rester plus de vingt-quatre heures au même endroit. Ce n’est pas une marchandise lambda transportable comme ça. En stocker dans de telles conditions depuis plus d’un mois, c’est une folie », met en garde un opposant à la junte du général Tiani.

Nouvelle escalade diplomatique entre le Bénin et le Niger DW 07/01

Les deux pays ont procédé coup sur coup à l’expulsion de diplomates, nouvel épisode dans des relations déjà fortement dégradées. Analyse.

Une nouvelle escalade diplomatique s’observe depuis quelques jours entre le Bénin et le Niger. Les deux pays ont procédé, coup sur coup, à l’expulsion de diplomates. Cotonou a d’abord demandé à deux fonctionnaires de l’ambassade nigérienne de quitter le territoire béninois. En riposte, Niamey a déclaré persona non grata le chargé d’affaires du Bénin. Un nouvel épisode dans des relations déjà fortement dégradées.

Depuis le coup d’Etat militaire au Niger qui a chassé le président Mohamed Bazoum, les relations entre les deux pays voisins se sont progressivement tendues.  

Pour l’analyste géopolitique Amzath Abdoulaye, « ce à quoi on assiste est dû déjà aux différends entre les deux chefs d’État. C’est dû également à la position que tient l’AES (Alliance des Etats du Sahel, ndlr) vis-à-vis de la communauté internationale et de la Cédéao. L’AES est dans une dynamique de rupture avec tout ce qui s’est fait depuis 1960 et ça se ressent directement sur le Bénin. »

La portée de la tentative de putsch au Bénin

Cette nouvelle tension intervient aussi dans un contexte sécuritaire sensible pour le Bénin, près d’un mois après la tentative de putsch, déjouée le 7 décembre dernier.  

Un événement qui, selon certains observateurs, au nombre desquels le politologue Eugène Allossoukpo, a renforcé la méfiance entre les deux capitales. Pour lui, « la veille de ce coup d’État, il y a un Béninois, opposé à Patrice Talon et à son régime, qui serait au Niger et qui a posté des informations très graves annonçant le coup d’État. Ces recoupements ne sont pas de nature à améliorer les choses puisque le Niger est considéré aujourd’hui comme une base qui pourrait concourir à l’instabilité politique au Bénin. »

Dans ce climat, les accusations indirectes, les déclarations de part et d’autre et les désaccords géopolitiques profonds compliquent toute tentative de désescalade.  

Côté béninois, des signaux d’apaisement auraient pourtant été envoyés, selon l’analyste Amzath Abdoulaye, qui note que « le chef de l’État béninois a tenté la carte de l’apaisement. Et cette carte de l’apaisement n’a malheureusement pas fonctionné puisqu’on constate, effectivement, que le Niger est dans une dynamique commune avec le Burkina Faso, le Mali… Une dynamique de rupture, basée bien sûr sur cette méfiance. »

Circulation restreinte des personnes et des biens

Au-delà des chancelleries, cette crise diplomatique a déjà des conséquences concrètes. Les échanges économiques et la circulation des personnes sont affectés, notamment sur l’axe stratégique NiameyCotonou.

« Il n’y a pas de rupture entre deux États qui n’impacte pas les voisins, rappelle Amzath Abdoulaye. C’est une certitude. Le corridor Niamey-Cotonou est aujourd’hui impacté, justement à cause de la complexité de la relation entre les deux États… Et bien sûr, ce sont les populations qui payent aujourd’hui les pots cassés. »

Alors que les lignes diplomatiques restent figées, cette nouvelle crise entre le Bénin et le Niger pose, une fois de plus, la question du dialogue régional, dans un Sahel fragilisé par les tensions politiques et sécuritaires.

LA VOIE DU SAHEL