Revue de presse Niger – 07/01/2026
Réaménagement technique du gouvernement : Hamadou Tinni nommé ministre du Pétrole – ANP – 06/01
Le Président de la République, Chef de l’État, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, a signé ce mardi 6 janvier 2026 un décret portant réaménagement technique du gouvernement.
Aux termes de ce décret, M. Hamadou Tinni est nommé ministre du Pétrole, en remplacement de Dr Sahabi Oumarou en poste depuis août 2024.
Rappelons que depuis leur prise de pouvoir, les autorités actuelles du Niger oeuvrent pour affirmer davantage la souveraineté du pays sur ses ressources naturelles qu’elles entendent mettre en valeur pour le grand bonheur des populations.
Niamey rend hommage au Capitaine Chaibou Mali, préfet de Torodi assassiné par des mercenaires, tandis que l’armée neutralise les assaillants – Actu Niger – 07/01
Ce mardi 6 janvier à Niamey, le Niger a rendu un dernier hommage au Capitaine Chaibou Mali, préfet de Torodi, assassiné dans la nuit du 5 janvier vers 2h du matin avec plusieurs membres de sa famille par des mercenaires, tandis que les forces nigériennes neutralisaient rapidement les assaillants.
Nommé à la tête du département de Torodi en août 2023, le Capitaine Chaibou Mali s’était rapidement imposé par sa bravoure, son sens aigu des responsabilités et son engagement sans faille en faveur de la patrie, notamment dans la lutte contre le terrorisme qui sévit dans la région. Sa disparition laisse un vide immense au sein de l’institution militaire et attriste profondément la nation entière.
La cérémonie d’hommage s’est déroulée dans un climat de gravité et de recueillement, en présence de deux ministres d’État : le Général d’Armée Salifou Mody, ministre de la Défense nationale, et le Général de Division Mohamed Toumba, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire. À travers cette commémoration, le Niger a voulu rendre hommage à un officier exemplaire et réaffirmer sa détermination à poursuivre la lutte contre le terrorisme sous toutes ses formes.
Parallèlement, les forces terrestres et aériennes du pays ont rapidement pris le relais pour faire face à cette attaque ignoble. Depuis lundi, trois suspects ont été interpellés et plusieurs armes, dont au moins trois fusils AK-47 et des dispositifs portatifs, ont été récupérées. Les colonnes des assaillants, en fuite, ont été neutralisées dans la zone, selon les autorités militaires.
Le sacrifice du Capitaine Chaibou Mali rappelle une fois de plus le prix élevé payé par les forces nigériennes pour protéger leurs concitoyens et l’intégrité territoriale du Niger. Sa mémoire restera gravée dans l’histoire militaire et nationale, et son engagement continue d’inspirer la détermination du pays à vaincre le terrorisme.
Niger: l’ancien ministre du Pétrole, Moustapha Barké, a été libéré – RFI – 07/01
Au Niger, l’ancien ministre du Pétrole Moustapha Barké, un proche du Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine, a été libéré ce mardi 6 janvier 2026, en soirée, après 11 mois de détention dans les locaux des services de la sécurité d’État. À ce jour, aucune raison officielle n’a été communiquée concernant son arrestation. Il avait été démis de ses fonctions alors qu’il était en mission a l’extérieur du pays, en août 2024. Selon des membres de sa famille, il n’a jamais été présenté à un juge.
Bénin-Niger : cinq questions pour comprendre la nouvelle escalade diplomatique – Jeune Afrique – 06/01
Diplomates déclarés « persona non grata », accusations réciproques, affrontements autour du pipeline… La crise entre Niamey et Cotonou, révélatrice des tensions entre la Cedeao et l’AES, ne cesse de s’aggraver.
Jamais les relations entre les deux pays, pourtant émaillées de tensions depuis le coup d’État qui a conduit à la chute du président nigérien Mohamed Bazoum, en juillet 2023, n’avaient été aussi délétères. Le bras de fer entre Patrice Talon et Abdourahamane Tiani a franchi un nouveau cap lorsque Niamey a déclaré persona non grata le premier conseiller à l’ambassade du Bénin, le 1er janvier. Une mesure que les autorités nigériennes ont justifié par le principe de « réciprocité » après que Cotonou a exigé, quelques jours plus tôt, le départ immédiat de deux agents rattachés à l’ambassade du Niger. Mais comment ne pas lire, dans cette nouvelle escalade entre les deux capitales, un nouveau signe de la rupture entre la Cedeao et l’Alliance des États du Sahel (AES) ?
- Comment la tentative de coup d’État contre Patrice Talon a-t-elle aggravé la crise ?
La tentative de putsch menée par le lieutenant-colonel Pascal Tigri, le 7 décembre dernier, a marqué un tournant. L’insurrection, bien que contrecarrée, a fait craindre que le Bénin, jusque-là considéré comme un îlot de stabilité, ne tombe à son tour entre les mains d’une junte. Si le président Patrice Talon n’a eu de cesse de dire que ce coup de force avait été le fait d’un groupe « d’aventuriers », réfutant toute motivation politique pour lui préférer une lecture « sociologique » des événements, il n’en reste pas moins que les autorités béninoises nourrissent de très forts soupçons à l’égard de Niamey.
Comme Jeune Afrique l’a révélé le 18 décembre dernier, les services de renseignement béninois sont persuadés que Pascal Tigri, après avoir fui le pays via le Togo – ce que Lomé n’a, pour l’heure, ni confirmé ni infirmé –, a ensuite trouvé refuge au Niger. Cet exil du « cerveau » de la tentative de putsch, dont la présence à Niamey fin 2025 a également été confirmée à JA par plusieurs sources nigériennes, est pour Cotonou la preuve que l’ancien chef des forces spéciales a bénéficié de soutiens au Niger.
- Pourquoi Kemi Seba est-il devenu un symbole du duel Tiani-Talon ?
Les soupçons des services de renseignement béninois s’appuient notamment sur l’analyse des communications de Pascal Tigri pendant la journée du 7 décembre. Pour l’heure, Cotonou s’est gardé, officiellement, d’imputer une éventuelle responsabilité au Niger voisin. Mais les autorités béninoises sont convaincues de l’implication de Kemi Seba.
Depuis le 13 décembre, Stellio Gilles Robert Capo Chichi, de son vrai nom, est sous le coup d’un mandat d’arrêt international émis par la justice béninoise, qui l’accuse d’« incitation à la rébellion » et d’« apologie de crimes contre la sûreté de l’État ». En cause, une série de vidéos diffusées par le patron de l’ONG Urgences panafricanistes dès les premières heures de la tentative de putsch.
Kemi Seba, qui s’était notamment réjoui de voir le Bénin « libéré », affirmant à tort que Patrice Talon était « tombé », a assuré depuis avoir « pris ses précautions » pour éviter toute arrestation. L’activiste a également affirmé, dans une vidéo adressée au chef de l’État béninois, qu’il avait l’intention d’aller « au bout de ce combat ». Né franco-béninois, déchu de sa nationalité française en juillet 2024, l’influenceur possède un passeport diplomatique nigérien, délivré en août 2024. Celui qui avait annoncé en janvier 2025 son intention de se porter candidat à la présidentielle d’avril prochain au Bénin est également conseiller spécial d’Abdourahamane Tiani.
- En quoi les interventions du Nigeria et de la France ont-elles accentué les tensions ?
Le 7 décembre, l’armée de l’air nigériane a mené plusieurs frappes sur le camp de Togbin, à Cotonou, où s’étaient réfugiés les mutins après l’échec de leur tentative de putsch. Cette intervention militaire, qui s’est accompagnée du déploiement, dans la nuit du 7 au 8 décembre, d’environ 200 soldats nigérians, a été présentée comme étant conduite sous l’égide de la Cedeao.
Comme Jeune Afrique l’expliquait dès le 15 décembre, elle a en réalité été décidée au terme d’intenses échanges entre Patrice Talon et ses homologues ouest-africains, le Nigérian Bola Tinubu et l’Ivoirien Alassane Ouattara. Une discussion à laquelle a aussi participé leur homologue français, Emmanuel Macron.
Paris a d’ailleurs déployé sur le terrain des éléments des forces spéciales, venus d’Abidjan, pour mener – officiellement – des opérations de « sécurisation » du camp militaire repris aux mutins après la fuite de Pascal Tigri. Une intervention qui n’a pas manqué d’être soulignée comme une preuve supplémentaire de l’ingérence française en Afrique de l’Ouest par les soutiens des juntes au pouvoir au sein de l’AES. Vue de Niamey, cette configuration Talon-Tinubu-Ouattara-Macron n’est pas sans faire écho au front anti-Tiani qui s’était constitué au lendemain du putsch qui a conduit à la chute de Mohamed Bazoum. Au sein de la Cedeao, Patrice Talon, Alassane Ouattara et Bola Tinubu étaient en effet partisans de la fermeté face à la junte d’Abdourahamane Tiani.
En plus des sanctions imposées par l’organisation ouest-africaine, les trois chefs d’État ont un temps agité la menace d’une intervention militaire de la Cedeao. Une opération qui n’a finalement jamais eu lieu. Bola Tinubu, élu quelques mois plus tôt, n’était alors pas parvenu à convaincre le Sénat nigérian, et il venait en outre de refondre en profondeur l’appareil sécuritaire du pays. Le 7 décembre, le dirigeant a cette fois tranché en faveur de l’intervention militaire sans prendre le temps de recueillir l’aval du Parlement.
4. Pourquoi le pipeline Niger-Bénin est-il devenu un enjeu central ?
Long de près de 2 000 kilomètres, le pipeline reliant les zones pétrolifères d’Agadem, dans le sud-est du Niger, au port béninois de Sèmè-Kpodji, devait être l’incarnation de l’intégration économique ouestafricaine. C’est devenu l’une des principales pommes de discorde entre Cotonou et Niamey.
Dans un contexte de crise économique et d’assèchement des finances publiques au Niger, l’oléoduc, mis en service en 2024, est crucial pour la junte. En 2025, les exportations de pétrole brut se sont élevées à 1 144 milliards de F CFA (environ 1,9 milliard de dollars), soit près de 72 % de la part totale des exportations (1 592 milliards de F CFA). Le pipeline, géré par CNPC, la compagnie pétrolière nationale chinoise, constitue également une manne financière pour Cotonou, qui prélève des droits de transit de 0,50 dollar par baril, soit environ 18 millions de dollars par an.
Mais le flux promis – 200 000 barils de pétrole brut par jour à l’horizon 2026 – est encore loin d’être atteint : en 2025, la moyenne était plutôt de 100 000 barils quotidiens. Le pipeline est ainsi devenu une arme de guerre économique. En mai 2024, Cotonou a bloqué le pétrole nigérien au port de Sèmè pour obtenir de Niamey la réouverture de la frontière. En réponse, la junte a décidé, en juin 2024, de fermer les vannes de l’oléoduc. Les deux pays sont finalement parvenus à un accord et le flux d’or noir a repris en août 2024.
Le pipeline est désormais la cible d’attaques récurrentes. La dernière en date, le 21 décembre, a été revendiquée par le Mouvement patriotique pour la liberté et la justice (MPLJ), une milice nigérienne opposée à la junte qui avait mené deux sabotages similaires au cours des semaines précédentes.
5. Comment interpréter la valse des ambassadeurs ?
Niamey et Cotonou semblaient pourtant avoir trouvé le chemin, sinon d’une réconciliation, au moins d’un apaisement. En août 2024, l’ambassade béninoise à Niamey a rouvert ses portes après plus d’une année de fermeture. L’ambassadeur béninois, Gildas Agonkan, nommé en 2023, a alors été officiellement reconnu par les autorités nigériennes.
Deux mois plus tard, en octobre 2024, Abdourahamane Tiani avait à son tour désigné le diplomate Kadade Chaibou comme nouvel ambassadeur au Bénin, en remplacement de Sidy Abdou, rappelé à Niamey en 2023, qui reprochait alors à Cotonou son activisme « anti-junte ». Mais l’accalmie n’aura été que de courte durée. En février dernier, Olushegun Bakari, le ministre béninois des Affaires étrangères, a « rappelé pour consultation » Gildas Agonkan. Depuis, c’est Imourana Seidou, premier conseiller à l’ambassade du Bénin au Niger, qui faisait office d’ambassadeur.
Déclaré persona non grata par les autorités nigériennes, qui lui ont enjoint de quitter le pays au plus tard le 1er janvier, le diplomate a annoncé dans la foulée « qu’en raison de circonstances indépendantes de sa volonté, l’ambassade du Bénin au Niger cessera[it] ses activités à compter du 5 janvier 2026 ». Une expulsion justifiée par Niamey au nom de la « réciprocité ». Fin décembre, Cotonou a en effet exigé le départ immédiat de deux agents rattachés à l’ambassade du Niger : un officier de police et un fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères. En ce début d’année 2026, si les relations entre les deux pays ne sont pas officiellement rompues, la réalité semble tout autre.
Burkina Faso: une nouvelle tentative de déstabilisation de la transition déjouée (Ministre de la Sécurité) – Actu Niger – 06/01
Des militaires aux ordres de l’ancien président Henri Damiba projetaient d’ôter la vie au Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, le 3 janvier 2026, ainsi qu’à d’autres personnalités, dans le cadre d’un plan visant à prendre le pouvoir par les armes. L’information a été donnée par le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, dans un élément vidéo diffusé dans la nuit du 6 janvier 2026 sur la télévision nationale du Burkina Faso.
Selon M. Sana, les malfaiteurs devaient débuter leur mouvement le 3 janvier 2026 à 23 heures par l’assassinat du Chef de l’État, soit à bout portant, soit en minant son domicile, avant de s’en prendre à d’autres personnalités militaires et civiles.
Les criminels prévoyaient, par la suite, de neutraliser la base de lancement des drones avant l’entrée de forces extérieures pour une opération terrestre, a ajouté le ministre.
L’opération de prise de pouvoir a été conçue par l’ex-président Henri Damiba, qui a mobilisé des militaires et des civils et procédé à la mobilisation de fonds, poursuit M. Sana.
Plusieurs financements sont venus de l’extérieur, en particulier de la Côte d’Ivoire, où un dernier transfert d’environ 70 millions de FCFA a été enregistré, a encore révélé le ministre de la Sécurité.
Mahamoudou Sana a précisé que les investigations et les interpellations se poursuivent afin de présenter les suspects devant les tribunaux.
Le ministre de la Sécurité a rassuré que la situation est sous contrôle et a exhorté les populations à ne pas se laisser entraîner, par naïveté, dans des projets funestes.
En rappel, le Président Ibrahim Traoré, qui a engagé le Burkina Faso depuis trois ans sur le chemin de la souveraineté et du développement endogène dans une vision panafricaniste, bénéficie d’un large soutien populaire à travers le monde.
Cependant, il est combattu par les impérialistes et leurs valets locaux, qui ont déjà fomenté plusieurs tentatives de prise de pouvoir, toutes déjouées grâce à la vigilance des services de renseignement.

