Revue de presse Niger – 12/01/2026

Revue de presse Niger – 12/01/2026

Uranium : la HANEA outille un groupe d’acteurs de la société civile et des médias sur les applications pacifiques de l’Energie Atomique – ANP – 11/01  

La Haute Autorité Nigérienne de l’Energie Atomique (HANEA), a organisé du 09 au 10 janvier 2025 à Niamey, un atelier de sensibilisation et d’information sur les applications pacifiques de l’Energie Atomique au profit des acteurs des médias et de la Société Civile.

A travers cette rencontre la HANEA souhaite développer avec ces acteurs, qui jouent un rôle clé dans  l’opinion publique Nationale, un partenariat dynamique sur la contribution des sciences, la  technologie et les applications nucléaires pacifiques à la souveraineté et au développement socio –économique et industriel du Niger.  

Ouvrant les travaux, la présidente de la HANEA, Dr. Mindaoudou Zeinabou a souligné que « cet atelier se veut une approche de proximité pour le dialogue dans un climat de confiance indispensable pour comprendre les problématiques et dissiper les craintes liées au nucléaire de manière saine et efficace

».

Deux jours durant, les participants ont été édifiés par des spécialistes sur plusieurs thématiques allant du domaine sanitaire à l’Alimentaire, en passant par la Radioprotection.  

Aussi, les autres communications ont porté sur la sécurité nucléaire, le désarmement et la lutte contre la prolifération nucléaire, ainsi que les mines et industries.  

Le programme électronucléaire du Niger a été largement développé par la présidente de ladite institution. Ce qui a permis  aux participants de cerner les différentes stratégies mises en œuvre dans le cadre de la production de l’énergie nucléaire.

Au terme de ces communications suivies d’échanges interactifs, les participants ont compris que le nucléaire a un avantage comparable surtout pour le Niger qui  produit de l’uranium.

Ainsi,  il ressort des différentes  interventions que  si les applications pacifiques de l’énergie atomique sont  utilisées avec les mesures idoines de sureté et de sécurité et avec toutes les garanties nécessaires, elles permettent  de relever les défis surtout de sécurité alimentaire et de souveraineté énergétique, la modernisation des plateaux techniques de nos structures sanitaires.

En perspectives, la HANEA envisage de créer un réseau de communication avec des points focaux désignés pour prendre en charge la communication nucléaire de façon professionnelle.

Niger : le Président Abdourahamane Tiani reçoit des journalistes et cinéastes nigériens récemment primés à l’international en compagnie du Ministre de la communication ANP – 10/01  

Le Président de la République du Niger, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani a reçu, ce samedi 10 Janvier 2026, des journalistes et cinéastes nigériens ayant récemment gagné des prix lors des concours à l’international, ainsi que l’entreprise MSI auteure du logo de l’Alliance des Etats du Sahel (AES).  

Cette délégation a été conduite par le Ministre de la communication et des nouvelles technologies de l’information, M. Adji Ali Salatou, accompagné de la directrice de la communication au sein de son département ministériel.

 Au total, 10 distinctions ont été présentées aux Président de la République, à savoir 4 prix en presse écrite ; 2 en presse radiophonique ; 3 en cinéma, ainsi que la distinction récoltée par l’entreprise MSI reçue suite à la conception du logo de l’AES.

Au terme de l’audience, le Ministre de la communication a indiqué que le but de cette rencontre avec le Chef de l’Etat était de lui présenter, ainsi qu’aux autres membres du conseil national pour la sauvegarde de la Patrie (CNSP), et à toute la population nigérienne, tout le potentiel dont dispose le Niger dans les secteurs de la presse et de la cinématographie.

« Il est grand temps que toute la population découvre tout le potentiel qu’on a dans le monde de la communication et des médias », de même que « tous les efforts fournis et la qualité de nos différentes productions et réalisations », mais aussi « qu’on a des compétences,  un capital humain épanoui très riche et varié  qui ont eu à remporter des prix dans des concours à l’international », s’est réjoui le Ministre en charge des médias dans le Gouvernement nigérien.

« Ils  sont vraiment à féliciter et à encourager en espérant que d’autres pourront leur emboiter le pas », a-t-il ajouté.

Selon toujours le Ministre Adji, le Président de la République a bien suivi, écouté ces lauréats et pris acte de leurs doléances, tout en leur promettant son soutien pour l’épanouissement de leurs activités.

« L’Etat mettra tous les moyens pour créer un cadre, un environnement propice pour l’épanouissement de ces grands talents », a-t-il promis.

S’exprimant sur l’apport des médias dans le cadre du programme présidentiel de la ‘’Refondation du Niger’’, le Ministre de tutelle a déclaré : « la communication et les médias, c’est une arme. Actuellement [au niveau de l’AES, ndlr] nous sommes sur l’opérationnalisation de la chaine de télévision, la chaine de la Radio et le journal en ligne de l’AES. Et c’est le Niger qui va abriter le siège du média en ligne ».

« Les médias sont aussi des outils de souveraineté », a-t-il conclu.

Niger : le ministère de l’Intérieur dissout des centaines d’ONG et Associations de Développement, seules 1 809 structures autorisées à poursuivre leurs activités Actu Niger 10/01  

Par arrêté en date du 7 janvier 2026, plusieurs ONG et Associations de Développement ont été dissoutes par le ministère de l’Intérieur pour non-respect de la réglementation, notamment le défaut de production des documents comptables malgré les mises en demeure consécutives aux contrôles menés entre le 14 novembre et le 15 décembre 2025. Sur plus de 3 000 structures recensées à l’échelle nationale, seules 1 684 ONG nationales et 125 ONG internationales, dont la liste figure en annexe de l’arrêté, sont reconnues conformes et autorisées à poursuivre légalement leurs activités.

La liste officielle des structures conformes est à découvrir dans le document intégral de l’arrêté, publié en annexe, pour connaître les ONG et Associations de Développement autorisées à poursuivre légalement leurs activités.

« Détruire le pipeline, c’est détruire Tiani » : Moussa Kounaï, le rebelle qui veut faire tomber le chef de la junte au Niger Jeune Afrique 12/01  

L’oléoduc reliant les champs de pétrole nigériens d’Agadem au port béninois de Sèmè-Kpodji est la cible de sabotages à répétition menés par le MPLJ. Moussa Kounaï, chef de cette rébellion anti-Tiani, dévoile à Jeune Afrique ses objectifs.

Une explosion déchire la nuit et des milliers de litres de pétrole s’écoulent dans le désert nigérien. Le 21 décembre 2025, le plus grand pipeline d’Afrique reliant les champs d’Agadem au port béninois de SèmèKpodji est victime, pour la troisième fois en trois mois, d’un attentat le mettant hors service. Des attaques revendiquées par un seul et même groupe armé : le Mouvement patriotique pour la liberté et la justice (MPLJ), et son chef, Moussa Sallah, dit « Kounaï ».

Sur les vidéos de revendication, le chef de guerre quadragénaire natif de Tesker dans la région de Zinder au Niger, se présente encadré de ses hommes, en turban vert et treillis camouflage. « Nous lançons un dernier avertissement à toutes les entreprises étrangères, particulièrement chinoises, coopérant avec la junte de Tiani. Vous devez immédiatement quitter le territoire nigérien, sinon vous en payerez le prix », lance-t-il dans celle publiée le 2 septembre, après l’attaque d’Abalama, dans la région d’Agadez. Ses troupes avaient alors ciblé une patrouille de la garde nigérienne, faisant plusieurs morts et saisissant des armes et des équipements.

Un mouvement armé pro-Bazoum

En deux années d’existence, cette milice issue d’une scission avec le Front patriotique de libération (FPL), un mouvement rebelle établi dans le nord-est nigérien, a progressivement pris l’ascendant sur son aîné. Profitant de la désorganisation du FPL provoquée par l’arrestation par l’armée libyenne de son chef, Mahmoud Sallah, en février 2025, le MPLJ a multiplié les attaques contre les infrastructures pétrolières.

Si le plus grand oléoduc d’Afrique est la cible privilégiée des rebelles nigériens, c’est qu’il représente la première manne économique de la junte du général Abdourhamane Tiani, indispensable au financement d’un régime que le MPLJ qualifie d’ « illégitime et dictatorial » pour avoir renversé en juillet 2023 le président élu Mohamed Bazoum, toujours en détenu par les autorités nigériennes.

« Détruire le pipeline, c’est détruire le général Tiani« , martèle Moussa Kounaï à l’occasion d’un entretien exclusif accordé à Jeune Afrique. Joint par téléphone, le chef rebelle affirme vouloir stopper toute production de l’or noir nigérien « jusqu’à ce que cela profite d’abord aux populations locales et que le président Bazoum soit libéré et rétabli dans ses fonctions ». Implanté dans les espaces désertiques entourant les champs pétrolifères d’Agadem, dans la région de Diffa, dans le nord-est du Niger, le MPLJ se présente comme une émanation des clans d’éleveurs et de nomades parcourant ces étendues, dont une majorité est issue de la communauté toubou.

Des promesses non tenues

« Ce pétrole est le nôtre, mais nous n’en profitons pas », poursuit Moussa Kounaï. Selon ces insurgés, lorsque l’oléoduc a été bâti sur leurs terres, un certain nombre de conditions devaient être satisfaites. Les deux entreprises chinoises actives dans ce secteur, la China National Petroleum Corporation (CNPC) et la West African Oil Pipeline Company (Wapco), avaient promis de recruter un quota de personnels locaux.

Si des Nigériens ont bien été engagés au sein de ces compagnies, « ce ne sont presque jamais des habitants de la région, tance Brahim Mohamed Hagar, vice-président et numéro 2 du MPLJ. Les Chinois préfèrent faire venir leur personnel de Chine et recruter quelques Nigériens de Niamey. »

Un constat que partage Lol Oumar Arami, directeur exécutif de l’ONG nigérienne Initiative pour la participation citoyenne sur les industries extractives (IPCIE), et ancien adjoint à la sécurité du pipeline d’Agadem : « Depuis le début de l’exploitation du pétrole nigérien par les Chinois en 2011, les promesses de recrutement au sein des communautés nomades de la zone n’ont jamais été tenues. En outre, des sommes d’argent qui étaient destinées aux populations ont été détournées par les mairies. Même les emplois subalternes de manutention ou de gardiennage sont assurés par des étrangers. »

L’exploitation du Melek (le pétrole nigérien) qui devait nourrir le développement local, l’a en réalité asséché. « Ici, il manque de tout, martèle Moussa Kounaï. Il manque des hôpitaux, il manque des forages d’eau, il manque des écoles. Les enfants étudient dans des paillotes. Les troupeaux meurent à cause de la pollution, sans que les propriétaires ne reçoivent aucune compensation. Et depuis que Tiani est au pouvoir, la situation a empiré. Les militaires agressent les autochtones. Ils les fouillent, les menacent, les traitent comme des ennemis. Des familles qui étaient sur ces terres depuis des centaines d’années sont obligées de partir. »

Le FPL et le MPLJ se sont nourris de ces frustrations pour croître, usant de méthodes violentes, qualifiées de « terroristes » par le gouvernement, dont les forces sont régulièrement la cible d’embuscades, d’assassinats et d’enlèvements dans ce nord-est nigérien.

En septembre 2024, le groupe armé a revendiqué l’assaut d’un camp militaire et d’un poste de gendarmerie à Chirfa, dans l’extrême Nord, faisant seize victimes parmi les soldats. « Tuer des militaires n’est pas notre objectif, mais quand des militaires nous empêchent d’atteindre nos objectifs, nous les tuons », balaie Brahim Mohamed Hagar.

De l’UFPR au FPL

Moussa Kounaï et ses proches ont aussi été victimes de la politique répressive de Tiani contre les populations nomades. Issu de la communauté Toubou Teda, plus particulièrement de la tribu Gunna, Kounaï est marié et père de plusieurs enfants. Aujourd’hui, sa famille réside dans le sud de la Libye, tandis que ses parents vivent au campement de Dolé, dans la zone d’Agadem.

Avant de devenir un combattant, au début des années 2020, il occupait des fonctions de commerçant importateur dans cette zone frontalière désertique parcourue de trafics, qui relie la Libye, le Tchad et le Niger.

En 2021, il rejoint Mahmoud Salah au sein de l’Union des forces patriotiques pour la refondation (UFPR). Le mouvement signera des accords de paix avec le gouvernement du président Bazoum en mai 2023. Mais la prise de pouvoir par le général Tiani, en juillet 2023, rebat les cartes. Moussa Kounaï, Mahmoud Salah et plusieurs fidèles se retirent en Libye. Le FPL est fondé en remplacement à l’UFPR, afin de mener des actions armées visant la junte au pouvoir : attaques contre des postes des Forces de défense et de sécurité (FDS), braquages d’orpailleurs et sabotages du pipeline.

« Quand des militaires nous empêchent, nous les tuons »

Face à l’ampleur prise par cette insurrection, le général Tiani a augmenté le nombre de patrouilles le long des 1 300 km de pipeline sur le territoire nigérien, sans parvenir à endiguer les sabotages. Il a déchu Moussa Kounaï de sa nationalité nigérienne en novembre 2024. Ce que l’intéressé prend avec dédain : « Je suis né au Niger. Je suis de sang nigérien. Le sang importe plus que les papiers. » Depuis sa scission du FPL en août 2024, à la suite de différends liés au partage du butin d’un braquage, Moussa Kounaï, qui en était le chef d’état-major, a emporté avec lui une part importante des capacités opérationnelles et des hommes, promettant de mener un « véritable combat » contre les autorités nigériennes.

Si la faction se présente désormais comme « un mouvement politico-militaire », son agenda politique se structure, au-delà de ses exigences de redistribution sociale, autour de quatre revendications : le départ des entreprises chinoises exploitant le pétrole, le départ du général Tiani, la libération du président Bazoum et des prisonniers politiques ainsi que le rétablissement de l’ordre constitutionnel.

« Couper le souffle à Tiani »

« Ce régime illégitime a rendu la situation plus instable et plus précaire pour tous les Nigériens, poursuit Moussa Kounaï. S’il survit aujourd’hui, c’est uniquement grâce à l’argent du pétrole. Nous avons donc demandé aux partenaires chinois d’arrêter de financer ce régime, mais ils n’écoutent pas. » Chaque jour d’arrêt conséquent à un sabotage de l’oléoduc, le gouvernement nigérien et les exploitants chinois perdent environ dix millions de dollars de recette.

La dette de Niamey auprès de Pékin s’accroît. Les autorités ont contracté une avance de 400 millions de dollars, à 7 % d’intérêt, sur les ventes de brut en avril 2024. Les sabotages répétés de l’oléoduc en retardent le remboursement.

Dans le vaste désert saharien, les compagnies chinoises et les militaires nigériens ne sont pas les seuls ennemis du MPLJ. En avril 2025, lors d’un accrochage avec des rebelles tchadiens du Conseil de commandement militaire pour le salut de la République (CCMSR) dans le sud libyen, Moussa Kounaï a perdu de nombreux hommes et a failli y laisser la vie. Aujourd’hui, son groupe de guérilléros s’est retranché dans le Sahara.

Affaibli, mais toujours combattif, Moussa Kounaï refuse de donner l’ordre de grandeur de ses forces. Se comptent-elles en dizaines ou centaines de combattants ? Aujourd’hui traqué sur plusieurs fronts, son mouvement cherche à se reconstruire et à recruter plus largement. « Je demande à tous les Nigériens de rejoindre la lutte : notre combat est votre combat », lance Moussa Kounaï, qui assure : « Nous allons couper le souffle à Tiani ».

Les Dendi affectés par la crises entre le Niger et le Bénin DW – 09/01  

Les Dendi vivent entre le Niger, le Bénin et le Nigeria. Les tensions politiques actuelles influent sur la vie de cette communauté.

La ville de Gaya, au Niger, va vibrer, du 10 au 12 janvier, au rythme du festival du Dendi. Une occasion pour le peuple dendi de revaloriser sa culture et ses traditions. En effet, la communauté dendi, qui représente environ 200 000 personnes, est répartie entre trois pays : le Bénin, le Nigeria et le Niger, où 4 500 membres de ce groupe ethnique vivent autour de la ville de Gaya.

Mais les tensions politiques actuelles, depuis le coup d’État militaire au Niger de juillet 2023, ont entrainé la fermeture des frontières et les Dendi sont les premiers à en souffrir.

La DW a rencontré, comme ils aiment se désigner, des « Dendi du Bénin » et des « Dendi du Niger ».

Au début, la fermeture de la frontière entre les deux pays a souligné la solidité des liens de fraternité et de solidarité entre les communautés dendi du Niger et du Bénin. Mais aujourd’hui, ces liens se fragilisent.

La traversée du fleuve Niger, un gouffre financier

En raison des tracasseries et de la corruption au niveau du fleuve Niger, qui marque la frontière avec le Bénin, Rakia et Moussa ont réduit leurs visites à leur famille de Malanville, une ville située de l’autre côté de la frontière.

« Aujourd’hui, la police des frontières nous oblige à payer des sommes que nous n’avons pas, explique Rakia. Alors que nous étions plus d’une vingtaine à nous rendre régulièrement à Malanville, il nous est désormais impossible d’y circuler. Les difficultés ne s’arrêtent pas là. Une de nos amies, en traversant pour rendre visite à sa propre mère, a perdu plus de 140 000 francs CFA. C’est vraiment difficile pour venir à Gaya ou pour en repartir. »

Moussa raconte que « la situation est telle que je peux passer un mois, voire un mois et demi, sans pouvoir me rendre à Malanville. Là, j’en reviens parce que mon meilleur ami s’est marié et je ne pouvais pas manquer les festivités du mariage. »

En effet, les habitants de Malanville et de Gaya se sentent toujours concernés par un évènement familial se déroulant de l’autre côté de la frontière.

Des familles séparées

Il est aussi très courant de retrouver des membres d’une même famille domiciliés de part et d’autre. C’est le cas d’Issoufou Idrissou, âgé de 22 ans. Cet élève inscrit à l’école de Gaya note que « mes frères et sœurs qui se trouvent au Bénin, c’est impossible pour moi d’aller les voir. L’année passée, j’ai subi le risque que les gens encourent en ce moment même, en traversant. Maintenant, en tant qu’élève, c’est impossible. Si tu veux traverser, il faut beaucoup d’argent… Ah oui, pour un élève ça fait mal. Comme on n’a pas le choix, je suis obligé de rester à Gaya et d’attendre ce que le pouvoir va faire. »

Hamsou, mère de six enfants, va bientôt marier sa fille à un homme vivant à Kandi, au Bénin. Elle espère une amélioration rapide des relations entre le Niger et le Bénin, afin que la frontière soit réouverte.

« Je suis de la communauté dendi et nous sommes parents avec celle du Benin, affirme-t-elle. On se marie entre nous et nous faisons des enfants. C’est pour cela que j’exhorte les autorités à rouvrir les frontières. Ma fille est dotée, elle va se marier pour s’installer à Kandi et je souhaite que nos autorités se concertent pour ouvrir les frontières. Car partout où tu croises un Dendi, ils sont tous des parents. »

Entre la précarité financière et l’isolement, la communauté dendi, des deux côtés du fleuve Niger, est à bout de souffle. Leur seul vœu est de voir bientôt la réouverture de la frontière entre le Niger et le Bénin.

Côte d’Ivoire, Bénin, Mali : les pays de l’UEMOA démarrent en trombe sur un marché financier sélectif – Agence Ecofin 12/01  

En ce début d’année, le marché régional de la dette fonctionne pleinement comme un marché de prix. Sa profondeur est moins en débat, pas plus que sa capacité à absorber des volumes élevés. En revanche, les fondamentaux budgétaires, politiques et institutionnels redeviennent centraux dans la formation des taux. 

La Côte d’Ivoire qui lève d’un coup plus de 320 milliards fcfa (569,1 millions $) pour sa première sortie de l’année sur le marché régional, le Bénin qui mobilise 60 milliards fcfa dès le lendemain, et le Mali qui engrange 44 milliards fcfa dans la foulée, en l’espace d’une semaine : les adjudications souveraines ont donné le ton de l’année 2026. Avec des taux de souscription largement supérieurs à 100 %, le marché régional de la dette démarre sur les chapeaux de roue.

On est loin des tranches de 20 milliards fcfa qui faisaient dire, il y a encore quelques années, que le marché UMOA manquait de profondeur. Après les plus de 11 000 milliards fcfa (19,5 milliards $) mobilisés en 2025, un record historique, la dynamique observée en ce début d’année confirme que le marché régional est désormais capable de financer massivement les États.

Et en attendant la publication des objectifs prévisionnels de financement pour 2026, une chose est acquise : la liquidité est là.  Banques et investisseurs institutionnels répondent présents, et les adjudications s’enchaînent sans tension apparente sur les volumes.  

Un marché profond, mais discipliné ?  

Cette abondance ne signifie pas pour autant que le marché finance sans discernement. Les premières adjudications de 2026 prolongent une dynamique déjà perceptible l’an dernier : la sélectivité s’est installée, presque silencieusement. Tous les États trouvent des acheteurs, mais pas au même prix, et cette différenciation apparaît avec netteté dès lors que l’on observe la structure des maturités.

Sur le court terme, la liquidité demeure abondante et relativement peu discriminante. Les bons du Trésor à trois, six ou douze mois continuent d’être largement souscrits à des rendements contenus. Le Bénin se finance autour de 5 % à trois mois, tandis que le Mali reste sous les 6,1 % à six mois. À ces horizons rapprochés, le risque est jugé maîtrisable : il renvoie d’abord à des besoins de trésorerie immédiats, dans un cadre régional de règlement encore perçu comme solide.

Le tableau change dès que l’on s’aventure sur le moyen et le long termes. La maturité trois ans, devenue un repère pour les investisseurs, en donne une première illustration. Le Bénin s’y finance à 6,34 %, le niveau le plus bas observé en ce début d’année. La Côte d’Ivoire, pourtant locomotive économique de la zone, doit consentir 6,81 %, soit environ 7 % de plus à maturité identique. Une prime modérée que le marché semble surtout relier à l’ampleur de ses besoins de financement. En 2025, Abidjan a levé plus de 5000 milliards fcfa via UMOA-Titres, soit plus de dix fois le volume mobilisé par son désormais premier « challenger » sur les taux, le Bénin.

Quand la maturité devient un test

Le contraste est plus saisissant avec le Mali. À 8,42 % sur trois ans, le pays paie près d’un tiers de plus que le Bénin, et environ 24 % de plus que la Côte d’Ivoire, pour lever des fonds. Concrètement, chaque tranche de 100 milliards fcfa empruntée se traduit par plus de 2 milliards d’intérêts supplémentaires sur la durée du titre. Pour de nombreux observateurs, cette prime ne reflète pas uniquement des fragilités budgétaires ou macroéconomiques. Elle intègre aussi, de manière plus diffuse, une incertitude institutionnelle qui ne se révèle pleinement qu’à mesure que l’horizon de financement s’allonge. À moyen terme, le marché ne finance plus seulement un État, mais la stabilité du cadre régional dans lequel la dette devra être honorée.

Cette lecture se renforce sur les maturités longues. Le Bénin parvient encore à lever des fonds à cinq et sept ans à des rendements compris entre 6,4 % et 6,9 %, signe d’une confiance relative dans sa trajectoire budgétaire et institutionnelle. À l’inverse, le Mali voit ses coûts s’élever nettement : à cinq ans, le rendement exigé dépasse les 8 %. Plus la maturité s’allonge, plus le marché arbitre sur la permanence du cadre monétaire et financier, dans un contexte où les débats autour de l’ancrage régional des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) nourrissent une prudence croissante des investisseurs. Comme en 2025, ces pays, tout comme le Sénégal encore marqué par l’épisode de la dette dissimulée, évoluent désormais sous une prime de risque explicite.

Sahel: alerte sur les traumatismes chez les enfants, victimes de la guerre RFI – 11/01  

Au Sahel central, la guerre s’invite jusque dans les salles de classe, non seulement du fait des écoles fermées, mais aussi par ce qu’elle laisse dans les têtes des écoliers. Au Burkina Faso, au Mali et au Niger, plus de huit millions d’enfants ont besoin d’aide humanitaire et beaucoup grandissent traumatisés, après des années de violences, de déplacements et de peur.

Le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) tire la sonnette d’alarme. Sur le terrain, l’ONG a pu offrir un programme de soutien psychosocial à 97 000 enfants, depuis 2021, mais c’est très loin du compte, et les financements manquent pour le Sahel.

Joint par RFI, Hassane Hamadou, directeur régional du NRC pour l’Afrique de l’Ouest et Centrale, raconte comment le traumatisme se manifeste en classe : « Ils [les enfants] peuvent être en panique rien qu’en entendant le bruit de motos qui passent. Il leur arrive aussi de se rappeler de scènes de violence dont ils ont été témoins, soit au moment où leur village a été attaqué, soit au moment où leur école a été attaquée. »

Comportement perturbé

« Ces scènes perturbent aussi leur comportement, poursuit Hassane Hamadou. Les enseignants nous disent qu’ils observent souvent des enfants qui s’isolent. Ils ne jouent pas avec leurs camarades ou bien ils restent silencieux de longs moments. Dans une des écoles, nous avons, par exemple, demandé aux enfants ce qu’ils voulaient faire, plus tard, à l’âge adulte. La plupart nous ont dit qu’ils veulent être des militaires. Pour certains, c’est pour venger leurs parents et pour d’autres, c’est pour protéger leur famille.

Il faut donc absolument accompagner ces enfants pour les aider à trouver la stabilité mentale et à pouvoir se projeter de manière positive. »

LA VOIE DU SAHEL