Tabaski 2026 au Niger : la foi plus forte que la cherté des moutons.

Tabaski 2026 au Niger : la foi plus forte que la cherté des moutons.

Par Abdoulkarim Ousmane Mahamadou.

À quelques jours de la célébration de la Tabaski prévue le mercredi 27 mai 2026, les marchés à bétail de Niamey, Maradi, Zinder ou encore Tahoua connaissent une forte affluence. Comme chaque année, des milliers de familles musulmanes cherchent à se procurer un mouton pour accomplir ce rite religieux commémorant le sacrifice du prophète Ibrahim. Mais cette fois encore, la fête intervient dans un contexte économique particulièrement difficile pour une grande partie des Nigériens.

Malgré la disponibilité des animaux sur les marchés, les prix restent jugés excessivement élevés par de nombreux citoyens. Dans plusieurs points de vente de la capitale, les moutons se négocient entre 80 000 et plus de 300 000 francs CFA selon la taille et la qualité de l’animal. Des tarifs largement hors de portée pour beaucoup de ménages confrontés à la baisse du pouvoir d’achat, à la hausse généralisée des prix des denrées alimentaires et aux difficultés économiques persistantes.

« Nous voulons accomplir la Sunna, mais les moyens ne suivent pas. Même les petits moutons coûtent trop cher cette année », déplore un père de famille rencontré au marché de Tourakou. Comme lui, de nombreux chefs de ménage disent éprouver d’énormes difficultés à concilier dépenses quotidiennes et préparation de la fête.Pourtant, les autorités nigériennes ont renouvelé cette année l’interdiction d’exportation du bétail vers certains pays voisins afin de garantir un approvisionnement suffisant du marché national et de stabiliser les prix. Une mesure saluée par certains consommateurs mais dont les effets tardent visiblement à se faire sentir sur les coûts pratiqués par les vendeurs.

Du côté des commerçants et éleveurs, on justifie cette flambée des prix par plusieurs facteurs : coût élevé de l’aliment pour bétail, difficultés de transport, insécurité sur certains axes de transhumance et charges liées à l’entretien des animaux. « Nous aussi souffrons. Nourrir les animaux coûte très cher aujourd’hui », explique un vendeur de moutons.

Dans ce contexte, de nombreuses familles envisagent des solutions alternatives : achat collectif d’un gros mouton entre plusieurs proches, recours à l’entraide familiale ou simple renoncement au sacrifice cette année. Certains leaders religieux rappellent d’ailleurs que l’immolation du mouton reste recommandée pour ceux qui en ont les moyens et que l’essentiel de la fête demeure le partage, la solidarité et la spiritualité.Malgré les difficultés, l’ambiance de la Tabaski commence déjà à gagner les quartiers. Entre préparatifs, prières et espoir de jours meilleurs, les Nigériens tentent de préserver l’esprit de cette fête majeure de la communauté musulmane.

La voie du Sahel.

Abdoulkarim Ousmane Mahamadou

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