𝐑𝐞́𝐩𝐨𝐧𝐬𝐞 𝐚𝐮 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐮𝐧𝐢𝐪𝐮𝐞́ 𝐝𝐮 𝐂𝐨𝐥𝐥𝐞𝐜𝐭𝐢𝐟 𝐢𝐧𝐭𝐞𝐫𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐚 𝐥𝐢𝐛𝐞́𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐮 𝐏𝐫𝐞́𝐬𝐢𝐝𝐞𝐧𝐭 𝐌𝐨𝐡𝐚𝐦𝐞𝐝 𝐁𝐚𝐳𝐨𝐮𝐦
(𝐀𝐮 𝐧𝐨𝐦 𝐝𝐞 𝐥’𝐡𝐨𝐧𝐧𝐞̂𝐭𝐞𝐭𝐞́ 𝐢𝐧𝐭𝐞𝐥𝐥𝐞𝐜𝐭𝐮𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐞𝐭 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐜𝐢𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐡𝐢𝐬𝐭𝐨𝐫𝐢𝐪𝐮𝐞)
J’ai pris connaissance du communiqué rendu public à Dakar le 04 janvier 2026 par le Collectif international pour la libération du Président Mohamed Bazoum.
En ma qualité de chercheur, de citoyen nigérien et d’intellectuel attaché à la rigueur des faits autant qu’à la responsabilité morale, je me sens tenu d’apporter des clarifications nécessaires, non par esprit polémique, mais par devoir d’honnêteté intellectuelle et de fidélité à la vérité historique.
Contrairement aux insinuations contenues dans ce communiqué, il est inexact — et profondément injuste — de laisser entendre que le Président Issoufou Mahamadou aurait renoncé, abandonné ou failli à son engagement en faveur de la libération du Président Mohamed Bazoum. Cette affirmation ne résiste ni à l’examen des faits, ni à la connaissance sérieuse des dynamiques politiques et diplomatiques à l’œuvre depuis le 26 juillet 2023.
Depuis la rupture de l’ordre constitutionnel au Niger, le Président Issoufou Mahamadou :
- a condamné sans ambiguïté le coup d’État et la remise en cause de la légalité démocratique ;
- a réaffirmé, de manière constante, son attachement à l’État de droit et aux principes républicains ;
- a engagé des démarches discrètes, responsables et continues, privilégiant les voies du dialogue, de la médiation et de la désescalade, dans un contexte national et régional d’une extrême fragilité ;
- a veillé, avec prudence, à ce que la situation du Président Mohamed Bazoum ne soit ni instrumentalisée politiquement, ni aggravée par des prises de position publiques irréfléchies ou émotionnelles.
L’histoire politique enseigne que, dans certaines circonstances, la discrétion n’est ni une faiblesse ni une compromission, mais une stratégie de protection. Assimiler la prudence diplomatique à de la complaisance, ou pire à une implication, relève d’un amalgame infondé qui dessert la cause même que nous prétendons défendre.
Il convient de rappeler que l’efficacité d’un engagement politique ou diplomatique ne se mesure pas à la radicalité des déclarations publiques, mais à sa capacité réelle à préserver des vies, à maintenir des canaux ouverts et à créer des conditions de sortie de crise. La multiplication des soupçons, des procès d’intention et des mises en cause sans preuve n’a jamais libéré un prisonnier politique ; elle a souvent, au contraire, contribué à durcir les situations.
Je note toutefois, avec intérêt, que le Collectif reconnaît explicitement que le Président Issoufou Mahamadou appelle à la libération du Président Mohamed Bazoum. Cette reconnaissance devrait constituer un socle de convergence et non un prétexte à la suspicion. Dans des moments aussi graves de notre histoire nationale, la cohésion des forces démocratiques est un impératif, non une option.
En tant qu’universitaire, je tiens à rappeler que la conscience historique impose de distinguer les désaccords tactiques des ruptures de principe, et les divergences de méthode des reniements de valeurs. La défense de la démocratie nigérienne et la libération du Président Mohamed Bazoum exigent lucidité, responsabilité et unité, non des fractures supplémentaires.
Pour ma part, je demeure convaincu que :
la vérité des faits doit toujours primer sur les narrations approximatives ;
les accusations doivent être étayées, ou s’abstenir d’être formulées ;
l’intérêt supérieur du Niger doit rester au-dessus des querelles personnelles ou des surenchères militantes.
Le Président Issoufou Mahamadou reste, quoi qu’en disent ses détracteurs, engagé avec constance en faveur de la libération du Président Mohamed Bazoum, du respect de ses droits fondamentaux et de la restauration d’un Niger réconcilié avec lui-même, fidèle à la démocratie, à la paix et à la dignité humaine.
L’histoire, qui est toujours plus patiente que l’actualité, jugera les actes, les silences nécessaires et les responsabilités réelles — non les soupçons hâtifs.
𝐏𝐡𝐃 𝐇𝐚𝐜𝐡𝐢𝐦𝐨𝐮 𝐊𝐚𝐛𝐢𝐫𝐨𝐮
𝐔𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬𝐢𝐭𝐞́ 𝐝𝐞 𝐃𝐚𝐤𝐚𝐫– 𝐒𝐞́𝐧𝐞́𝐠𝐚𝐥


