Bénin : le Parti communiste dénonce une “mise sous tutelle” après le coup d’État avorté
Au lendemain de la tentative de coup d’État qui a secoué le Bénin le 7 décembre, le Parti communiste du Bénin (PCB) a publié un communiqué dans lequel il condamne l’intervention de forces étrangères et met en cause la gouvernance du président Patrice Talon.Opposition au putschisme mais critiques sévères du régime
Le PCB rappelle d’entrée sa position constante contre toute prise de pouvoir par la force. Le parti affirme s’être “toujours opposé au putschisme comme mode d’accession au pouvoir”, et indique que cette ligne reste inchangée malgré les événements survenus dimanche.
Cependant, les communistes estiment que la tentative de putsch est le “résultat logique” de ce qu’ils qualifient de “gestion calamiteuse” du pouvoir en place. Ils dénoncent notamment une “dictature fasciste”, des “coups d’État institutionnels à répétition” et l’adoption d’une “Constitution monarchique” qui, selon eux, aurait fermé les espaces d’expression démocratique.Pour le PCB, le climat politique actuel pourrait favoriser de nouveaux épisodes d’instabilité si aucune réforme profonde n’est engagée.
Accusations d’ingérence franco-nigériane
Le point le plus saillant du communiqué concerne l’implication présumée de forces étrangères dans la gestion de la crise. Le PCB affirme que l’intervention des avions de chasse nigérians, partis de Lagos, et l’action de forces françaises basées au Bénin auraient été décisives pour repousser les putschistes.
Le parti évoque un rôle direct joué par le président français Emmanuel Macron, qui aurait, selon ses dires, sollicité son homologue nigérian Bola Tinubu au nom de la CEDEAO.Pour le PCB, cette intervention constitue une “humiliation” pour les institutions béninoises et s’apparente à une “mise sous tutelle” du Bénin. Le parti parle même d’une “transformation pure et simple du Bénin en une colonie française”.
Appel au départ des forces étrangères
Fidèle à sa ligne anti-impérialiste, le Parti communiste réaffirme que les crises internes doivent être résolues “par les Béninois eux-mêmes”.Il condamne “l’intervention franco-nigériane” et demande le “départ immédiat” des forces étrangères présentes sur le territoire.

