De l’aéroport au Palais, 12 km à découvert : Tiani, le blindé, c’est le peuple

De l’aéroport au Palais, 12 km à découvert : Tiani, le blindé, c’est le peuple

C’est le cauchemar de tout service de sécurité, mais le rêve absolu de tout stratège politique. Ce jeudi 20 novembre 2025, le Général d’armée Abdourahamane Tiani a fait bien plus que rentrer à Niamey.

En parcourant à pied les douze kilomètres qui séparent le tarmac de l’aéroport du Palais présidentiel, de 19h20 jusqu’au cœur de la nuit (21H), le chef de l’État a posé un acte de défiance suprême.
Il faut mesurer toute l’audace de ce geste hors normes.

Niamey, la nuit, une foule compacte, un trajet interminable de plusieurs heures « à découvert ». Dans n’importe quel autre pays en crise, ce scénario serait suicidaire. Les chefs d’État modernes, obsédés par leur survie, s’enferment d’ordinaire derrière des vitres blindées, filant à vive allure, sirènes hurlantes, coupés du monde réel.

En brisant ce protocole de la paranoïa, le Général Tiani envoie un signal cinglant aux groupes terroristes et aux chancelleries étrangères qui décrivent le Sahel comme une zone de non-droit : « Nous tenons le terrain ». Si la capitale était infiltrée, si le pouvoir était fébrile, un chef d’État n’aurait jamais pris le risque d’une telle exposition s’il n’avait pas la certitude absolue de tenir le terrain. Cette marche est la preuve par l’absurde que la peur a changé de camp.


L’autre image forte, c’est celle de l’unité. Voir le Premier ministre Lamine Zeine, les hauts gradés des FDS et les ministres suer sur le même bitume, au même rythme, montre une phalange soudée. Il n’y a pas ceux qui décident dans la climatisation et ceux qui exécutent dans la poussière. Ce soir-là, le sommet de l’État a formé un bloc physique.
Cette marche marque peut-être un tournant psychologique. Elle efface l’image du militaire retranché pour imposer celle du protecteur en symbiose avec la rue. Le message subliminal est clair : la sécurité du chef ne réside plus dans ses gardes du corps, mais dans la muraille humaine de son peuple. Tiani n’est pas rentré au Palais par une porte dérobée ; il est rentré en conquérant pacifique, avec une incroyable assurance qui vaut tous les discours de victoire.

L’Editorial de Soumana I. Maïga, Quotidien L’Enquêteur du Vendredi 21 Novembre 2025

LA VOIE DU SAHEL