Économique et Finance : la BCEAO consolide son ancrage stratégique au Niger.
Par Abdoulkarim Ousmane Mahamadou.
La rencontre tenue à Niamey entre le Premier ministre Ali Mahamane Lamine Zeine et le gouverneur de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), Jean Claude Kassi Brou, s’inscrit dans un contexte régional marqué par la recherche de stabilité macroéconomique et de relance de la croissance. Pour le Niger, ce dialogue de haut niveau traduit une volonté commune de renforcer la confiance financière, condition essentielle à la mobilisation des investissements et au soutien de l’activité économique.
L’annonce d’une croissance régionale rehaussée autour de 6 %, avec une position extérieure renforcée, constitue un signal positif. Elle reflète une amélioration de la balance des paiements et une meilleure résilience des économies de l’UEMOA face aux chocs exogènes. Pour le Niger, pays à forte dépendance aux secteurs primaire et extractif, cette dynamique régionale offre un cadre monétaire plus stable, favorable à la maîtrise de l’inflation et à la prévisibilité des conditions de financement.
Sur le plan national, la collaboration étroite entre la BCEAO, le ministère de l’Économie et des Finances et la direction nationale de la Banque centrale à Niamey vise à consolider la crédibilité financière de l’État. Les « actions importantes » évoquées par le gouverneur renvoient notamment à l’assainissement des finances publiques, à l’amélioration de la gouvernance budgétaire et au maintien de la liquidité bancaire. Ces éléments sont déterminants pour restaurer la confiance des acteurs économiques, en particulier du secteur privé, souvent confronté à des contraintes d’accès au crédit.
L’inauguration de la nouvelle agence auxiliaire de la BCEAO à Tahoua revêt, à cet égard, une portée stratégique. Troisième du genre après celles de Zinder et Maradi, cette implantation traduit une politique de proximité financière. Tahoua, carrefour commercial et zone à fort potentiel agricole et minier, concentre un volume croissant d’opérations bancaires. Le renforcement de la présence de la BCEAO devrait améliorer la supervision du système financier local, fluidifier les transactions et encourager une bancarisation accrue.
D’un point de vue financier, l’ouverture de cette agence peut aussi stimuler la concurrence bancaire, incitant de nouveaux établissements à s’implanter dans la région. À moyen terme, cela pourrait se traduire par une diversification des produits financiers, un meilleur financement des PME et un soutien plus efficace aux chaînes de valeur agricoles et commerciales locales.
En définitive, le renforcement du partenariat entre la BCEAO et le Niger apparaît comme un levier clé pour consolider la stabilité macroéconomique, stimuler l’investissement et accompagner la transformation structurelle de l’économie nigérienne, dans un environnement régional en quête de croissance durable.

