Interpellations de trois journalistes, suspension de cinq médias : le rétrécissement continu de l’espace médiatique au Mali

Interpellations de trois journalistes, suspension de cinq médias : le rétrécissement continu de l’espace médiatique au Mali

Publication du journal L’Empire, Boubacar Traoré. Le journaliste, poursuivi pour diffamation par le propriétaire de l’entreprise Petro-Bama, avait écrit sur un prétendu litige foncier impliquant ce dernier.

Arrestations et enlèvements

La situation en dehors de la capitale n’est guère plus réjouissante. Malick Aliou Maïga de la radio Aadar Koïma à Gao et Issoufa Moussa Touré, qui travaille pour la radio Aadar Koukia à Ansongo, ont été interpellés le 5 novembre par les autorités locales après des critiques émises contre ces dernières. Si le premier a été libéré dès le lendemain, le second a passé quatre jours dans les locaux de la brigade de recherche de la gendarmerie d’Ansongo.

C’est dans cette région que des journalistes sont toujours portés disparus : le directeur et l’animateur de Radio Coton Ansongo – Saleck Ag Jiddou, dit Zeidane et Moustapha Koné – ont été enlevés lors d’une attaque d’un groupe armé non identifié le 7 novembre 2023 qui a coûté la vie à leur confrère de la radio Naata, Abdoul Aziz Djibrilla tué par balles sur la route reliant Ansongo à Gao.

Aussi, dans un contexte sécuritaire global dégradé, RSF a appris que le directeur de l’antenne de la chaîne d’État ORTM à Douentza, dans la région de Mopti, et un de ses caméraman ont été enlevés par des individus non identifiés sur le tronçon reliant Mopti à Douentza le 16 octobre. Plus d’un mois après leur disparition, aucune nouvelle n’a été communiquée publiquement à leur sujet.

LA VOIE DU SAHEL