Journée mondiale de l’eau à Niamey : l’équité au cœur d’un combat vital pour la souveraineté.
Par Par Elhadj Papa
Célébrée chaque 22 mars à travers le monde, la Journée mondiale de l’eau a été commémorée ce 25 mars 2026 à Niamey dans un contexte particulier, marqué par la quête de souveraineté et de justice sociale. Placée sous le thème « Eau et égalité dans un contexte de souveraineté retrouvée », cette édition a mis en lumière l’urgence d’un accès équitable à une ressource essentielle à la vie.
La cérémonie officielle s’est tenue sous le haut patronage du ministre de l’Environnement, de l’Hydraulique et de l’Assainissement, le Colonel Maizama Abdoulaye. Elle a réuni plusieurs partenaires techniques et financiers, dont la représentante de l’UNICEF au Niger, témoignant de l’importance de la coopération dans ce secteur stratégique.
Dans son allocution, le ministre a salué les progrès réalisés ces dernières années en matière d’accès à l’eau potable. Il a souligné que ces avancées sont le fruit d’investissements structurants et d’une volonté politique affirmée. Le renforcement des infrastructures hydrauliques, notamment en milieu rural, a permis d’améliorer significativement le taux de couverture nationale, rapprochant ainsi le Niger de ses objectifs de développement, malgré les contraintes climatiques persistantes.
Il a également rendu hommage à l’appui constant des partenaires, dont la contribution reste déterminante dans les domaines de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement.
Prenant la parole au nom des partenaires, la représentante de l’UNICEF a réaffirmé leur engagement à accompagner les autorités nigériennes. Elle a insisté sur les impacts concrets des actions menées sur les populations : amélioration des conditions de vie, réduction des maladies hydriques, maintien des jeunes filles à l’école et renforcement de la résilience des communautés.
« Derrière chaque point d’eau fonctionnel, il y a des vies transformées », a-t-elle déclaré, appelant à une mobilisation collective pour garantir un accès universel et équitable à l’eau.
Dans un message publié à cette occasion, les Nations unies ont rappelé que la crise mondiale de l’eau touche toutes les régions du monde, mais de manière profondément inégale. Les femmes et les jeunes filles en paient le prix le plus lourd, étant souvent responsables de la collecte de l’eau au quotidien.
Les chiffres sont alarmants : plus d’un milliard de femmes n’ont toujours pas accès à une eau potable sécurisée, tandis que 1,8 milliard de personnes dans le monde en sont privées. Dans 53 pays, femmes et filles consacrent chaque jour près de 250 millions d’heures à la corvée d’eau, soit trois fois plus que les hommes. Plus dramatique encore, près de 1 000 enfants de moins de cinq ans meurent chaque jour à cause de maladies liées à l’eau insalubre et au manque d’assainissement.
Face à ces réalités, les Nations unies plaident pour une approche fondée sur les droits humains, intégrant pleinement les femmes dans la gouvernance de l’eau. Leur participation active est essentielle pour bâtir des services plus inclusifs, durables et efficaces.
Au Niger, comme ailleurs, l’accès équitable à l’eau s’impose désormais comme un enjeu majeur de développement, de dignité humaine et de souveraineté nationale. Plus qu’une ressource, l’eau devient un levier stratégique pour construire un avenir plus juste et résilient.

