LA ROUE DE L’HISTOIRE N 127

LA ROUE DE L’HISTOIRE N 127
Commémoration de l’an I de la Refondation: Le Général Tiani satisfait des réalisations accomplies

Le Niger a commémoré la première année de l’adoption de la Charte de la Refondation ce jeudi 26 mars 2026. Instituée récemment comme fête légale, cette journée marque un tournant décisif dans la nouvelle marche du Niger centrée depuis la prise du pouvoir par le Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP) sur la lutte pour la souveraineté et la pleine indépendance du pays. Adoptée par les assises nationales et promulguée par le Chef de l’Etat, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, la Charte de la Refondation ouvrait une nouvelle page de l’histoire politique et institutionnelle du Niger garantissant une période de cinq ans modulable à la refondation avec des missions clairement définies.

A l’occasion de l’an 1 de cette journée historique, le Président de la République s’est adressée à la Nation le 25 mars 2026, donnant une portée hautement symbolique et stratégique à cette journée. Dans son message, le Général Tiani a tiré un bilan satisfaisant des réalisations de cette première année de la refondation.

 

A l’entame de son adresse à la Nation, le Président de la République, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani a rappelé les circonstances de l’adoption de la Charte de la refondation et sa signification. Emanation des assises nationales pour la refondation tenues à Niamey du 15 au 20 février 2025 et promulguée le 26 mars 2025, cette charte qui a valeur constitutionnelle fixe la durée de la période de la Refondation à soixante mois à partir de la date de sa promulgation, modulable en fonction de la situation sécuritaire, du cahier de charges de la Refondation et de l’agenda de la Confédération des Etats du Sahel (AES)

Le Général Tiani a expliqué l’esprit qui a guidé la tenue des assises nationales qui se sont déroulées sans esprit partisan, dans un processus participatif et inclusif et dans un élan populaire, ceci dans un élan de dialogue et de compromis, et dans l’union des cœurs et des esprits.

Dans son message à la Nation le Président de la République a tenu à rappeler la mise en place des Organes de la Refondation consacrés par la Charte et organise  et du ‘’nouveau contrat politique entre le Peuple souverain et ceux qui ont la lourde responsabilité de présider aux destinées du Niger et de sa refondation».

Convaincu de la réussite du processus de Refondation qui bénéficie de l’adhésion de l’écrasante majorité des Nigérien, le Général Taini d’avertir les gouvernants : ‘’Quant aux Gouvernants, leur devoir est de gouverner par l’exemple, en gérant les affaires publiques avec probité, dans la transparence et l’efficacité. Il leur incombe d’intérioriser le principe de redevabilité qui oblige les Gouvernants à rendre régulièrement compte au peuple de la mise en œuvre des politiques publiques et l’exécution de leurs missions respectives’’. Du reste, il a souligné qu’il a donné instruction au Gouvernement de s’atteler à cet exercice dans les prochains jours.

Des progrès tangibles réalisés

La commémoration de la première année de la Refondation a été surtout pour le Président de la République un moment de dresser le bilan des progrès accomplis.

Sur le plan politique et institutionnel, le Général Tiani a exprimé sa satisfaction par rapport à l’installation de toutes les institutions prévues par la Charte et à la mise en place progressive des mécanismes de renforcement de l’exercice du pouvoir basé sur le droit qui ont permis d’assurer le stabilité du pays.

Face aux défis sécuritaires, le Président de la République, après avoir rendu un hommage aux Forces de Défense et de Sécurité, a souligné l’amélioration conséquente de la situation sécuritaire : ‘’ nous avons réussi à stabiliser la situation sécuritaire. Nos vaillantes FDS ont bien le contrôle de la situation sur le terrain, en dépit des attaques subies par notre pays ces dernières semaines et la guerre informationnelle que nous mènent nos ennemis. Nous avons désormais repris l’initiative sécuritaire et agissons en toute liberté. Nos FDS, au niveau national ou dans le cadre confédéral, planifient et conduisent les opérations sur le terrain sans diktat, ni injonction et les multiples succès engrangés sont édifiants », a souligné le Général Tiani.

Dans les progrès réalisés, les infrastructures ne sont pas en reste malgré l’asphyxie financière et économique dans laquelle la CEDEAO et la communauté internationale ont voulu maintenir le Niger depuis les événements du 26 juillet 2023

Le Général Tiani de faire constater que de nombreuses infrastructures sont en cours de réalisation, notamment, de classes, d’amphithéâtres, de centres de Santé, d’aménagements hydrauliques ou hydro-agricoles, de pistes, de routes et de logements sociaux.

De même, d’importants efforts sont en train d’être fournis pour améliorer la qualité de nos systèmes éducatif et sanitaire. A ce sujet, le Président de la République de citer la création des Collèges Scientifiques, d’un Lycée Scientifique de Jeunes filles, mais aussi la dotation de plusieurs de nos centres de santé en matériels de dernière génération participent de ces efforts.

Dans le même registre, le Chef de l’Etat a ajouté le recrutement en cours de plus de onze mille contractuels de l’éducation et six mille agents de santé en projet.

Toujours dans le chapitre des progrès réalisés le Chef de l’Etat de souligner outre des mesres sociales prises par le Gouvernement relatives à la réduction des prix du ciment, du prix de vente de l’essence à la pompe, des frais médicaux et chirurgicaux, ‘’la réussite indiscutable du Programme de la Grande Irrigation’’ qui se traduit par la disponibilité de produits vivriers en qualité et en quantité suffisantes sur nos marchés et dans nos foyers, à la grande satisfaction de tous les Nigériens.

Des résultats tangibles ont été également obtenus dans le domaine agro-alimentaire, la métallurgie et les autres secteurs économiques, avec soixante-quatre (64) unités industrielles agréées pour plus de sept mille (7 000) emplois.

Des succès diplomatiques et du contexte international

Sur le plan diplomatique, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani a relevé le dynamisme de nos relations bilatérales et multilatérales avec plusieurs Etats et Institutions. «…en un an, nous avons reçu les lettres d’accréditation de vingt-six (26) Ambassadeurs de tous les continents et ouvert quatre (04) nouvelles Ambassades » a souligné le Président de la République, pour qui ‘’c’est la preuve, s’il en est besoin, que notre pays tient sa place dans le concert des nations.’’

‘’Ensuite, dans toutes les instances internationales, y compris aux Nations Unies, nous avons clairement exposé la nouvelle vision politique du Niger qui consiste dans le respect de notre souveraineté et de la défense des intérêts de notre pays’’ a souligné avec force le Président de la République Abdourahamane Tiani qui s’est réjoui de l’opérationnalisation de la Confédération AES avec le Burkina Faso et le Mali. De même que de la création de la Banque d’Investissement de la Confédération et le lancement de la force unifiée en décembre dernier.

Au plan international, par rapport à la situation au Moyen-Orient et dans plusieurs autres pays en guerre, qui préoccupe le Niger au plus haut point, le Chef de l’Etat de relever qu’elle a des répercussions sur notre situation économique et notre sécurité.

Marquant sa solidarité et sa compassion par rapport aux victimes de ces guerres, le Président de la République d’estimer que ‘’Ces drames peuvent être pourtant évités pour autant que tous les acteurs de la scène internationale fassent preuve de retenue et se conforment au droit international’’.

Le Général Tiani de considérer à ce sujet ‘’le besoin impérieux

de repenser profondément l’ordre international’’.

Enfin, dans ce contexte, au niveau national comme au niveau de la Confédération AES, le Président de la République d’estimer que nous devons tirer les enseignements suivants :

  1. Ne jamais sous-estimer la malveillance de certaines puissances qui sont capables de tout pour défendre leurs intérêts, y compris tromper et mobiliser des instances communautaires et internationales pour nous porter la guerre. C’est le lieu de saluer la mobilisation de tous les Nigériens, dans nos villes et campagnes, pour faire échec à leur projet ;
  2. Ne jamais permettre à nos ennemis d’infiltrer notre pays et de nous diviser pour ensuite nous soumettre ;
  3. Renforcer notre unité nationale et rester mobilisés pour notre pays ;
  4. Renforcer notre Confédération AES qui constitue un véritable rempart contre toute velléité de nous agresser ;
  5. Nouer des partenariats stratégiques efficaces.

Dans tous les cas, devait-il rassurer, ‘’…nous sommes déjà à pied d’œuvre pour engager les actions stratégiques nécessaires à la préservation de notre souveraineté et de nos intérêts nationaux’’.

Adoum Boulkassoum

Relations bilatérales entre l’Algérie et le Niger: Un nouveau départ fondé sur un partenariat stratégique

Donnant suite à la volonté fortement exprimée par le Président de la République algérienne démocratique et populaire, Abdelmadjid Tebboune et le Président de la République du Niger, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani lors de la visite de travail que ce dernier a effectué les 15 et 16 février 2026 à Alger, le Premier Ministre algérien, M. Sifi Ghrieb, à la tête d’une forte délégation, a effectué une visite de travail au Niger. Au menu, la Réunion de la Grande Commission Mixte de coopération Algéro-nigérienne. Du 23 et 24 mars 2026, les délégations algérienne et nigérienne sous la conduite des Premiers Ministres M. Sifi Ghrieb et M. Ali Mahamane Lamine Zeine ont exploré tous les secteurs pouvant renforcer la coopération bilatérale entre les deux pays. A l’issue des travaux de la Grande Commission, c’est le satisfecit général, avec à la clé de nouveaux horizons de partenariat et la signature de plusieurs accords et mémorandums d’entente dans les domaines de la recherche géologique et minière, de l’énergie, de l’interconnexion électrique, de l’agriculture, de la santé, de formation professionnelle et universitaire, de la jeunesse et sports, de la culture, ainsi que les communications et la numérisation. Un premier grand pas a été fait dans le sens de la concrétisation de la coopération renouvelée avec la pose de la première pierre de la réalisation, par Sonelgaz, d’une centrale électrique de 40 mégawatts à Gorou Banda.

A l’entame des travaux de la Grande Commission Mixte, le Premier Ministre Algérien M. Sifi Ghrieb a exprimé son ‘’ sentiment de fierté et de bonheur de se retrouver aujourd’hui sur cette terre bénie du Niger, une terre qui est liée à l’Algérie par des liens solides de fraternité, de solidarité sincère et de bon voisinage enracinés dans la profondeur de l’histoire, des liens qui n’ont pas été créés par des intérêts circonstanciels, mais qui ont été tissés par les liens d’une géographie commune, renforcés par les pages de la lutte commune et nourris par une vision convergente de l’avenir de notre région et de la destinée de ses peuples’’.

  1. Sifi Ghrieb de préciser que ‘’Notre réunion aujourd’hui à Niamey dans le cadre de la deuxième session de la Grande Commission Mixte entre nos deux pays constitue un nouveau jalon dans le long parcours de la coopération algéro-nigérienne, une tradition institutionnelle bien établie qui traduit notre volonté commune de consolider le dialogue, de renforcer la concertation et de coordonner les efforts.’’

Pour le Chef de la Délégation algérienne, cette session de la grande commission mixte revêt, ‘’un caractère particulier et exceptionnel, voire une dimension historique et stratégique toute particulière’’.

Elle s’inscrit dans le cadre de la concertation et de la coordination permanentes et nous sommes appelés aujourd’hui, plus que jamais, à en faire le point de départ d’un élan nouveau et décisif de nos relations bilatérales, un élan irréversible vers davantage d’intégration et de rapprochement, a souligné le Premier Ministre algérien.

Il s’agit pour M. Sifi Ghrieb non seulement de ‘’réaffirmer la force de nos relations politiques’’, mais aussi ‘’donner à ces relations une dimension économique, développementale et humaine qui soit à la hauteur de leur profondeur stratégique et de leur statut distingué’’.

Dans cette perspective, le Premier Ministre algérien a précisé dans son discours à l’entame des assises de la grande commission mixte que quatre axes principaux doivent être privilégier : renforcer les acquis ; Accélérer le rythme de réalisation des grands projets structurants ; élargir et approfondir les domaines de coopération bilatérale et revitaliser le partenariat économique et commercial entre les deux pays.

Des résultats qui se passent de tout commentaire…

Les travaux de la 2ème session de la Grande Commission mixte de coopération algéro-nigérienne se sont achevés le 25 mars 2026 sur une note de satisfaction générale. Une nouvelle dynamique a été insufflée à la relation entre les deux pays

«Cette rencontre est venue consacrer le caractère privilégié des relations entre les deux pays et témoigner de leur volonté commune de les approfondir davantage. Elle a constitué une opportunité et réaffirmer leur cachet irréversiblement stratégique de ces relations qui sied à un partenariat entièrement rénové, à la mesure de leurs potentialités respectives et fondé sur des avantages mutuellement bénéfiques», relève le communiqué final conjoint de la rencontre.

L’accélération de la mise en œuvre des projets structurants reliant les deux pays, notamment la route transsaharienne, la liaison par fibre optique transfrontalière et le projet de gazoduc transsaharien, en tant que leviers essentiels d’intégration économique et de connectivité régionale ont été des points dont l’importance a été fortement soulignée par le communiqué final.

La coopération algéro-nigérienne, désormais sous de nouveaux auspices, a vu au cours de cette session de la commission mixte divers secteurs renforcés avec des rencontres sectorielles, notamment dans les domaines des hydrocarbures, l’énergie et les énergies renouvelables, l’industrie et l’industrie pharmaceutique, la santé, le sport, les travaux publics, la culture et les petites Entreprises.

Enfin, à l’issue des travaux de la commission mixte, les deux parties se sont félicitées de la qualité de leur concertation au sein des instances régionales et internationales et ont convenu de poursuivre leur coordination étroite sur les questions d’intérêt commun. Elles se sont également réjouies des avancées enregistrées et des perspectives ouvertes, marquées par l’identification de projets structurants et d’actions prioritaires à mettre en œuvre conjointement.

Pour les deux premiers Ministres les conclusions de la 2ème session de la commission mixte ont été un succès total au vu des résultats obtenus.

Le Premier ministre Sifi Ghrieb et sa délégation reçus par le président de la République du Niger, le Général d’Armée AbdourahamaneTiani ont transmis les salutations fraternelles du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, ainsi que son attachement solide à œuvrer de concert au renforcement des liens de fraternité et des relations de solidarité et de coopération entre les deux pays frères.

Le Président nigérien a affirmé à l’occasion que les relations entre l’Algérie et le Niger «devraient constituer un modèle à suivre dans la région car les liens existants entre les deux pays et la convergence de vues au plus haut niveau sont autant de facteurs susceptibles de hisser les relations et la coopération bilatérale à une nouvelle étape fondée sur la solidarité, le partenariat et la coordination conjointe sur les différentes questions d’intérêt commun et les défis que connaît la région». Il a, à ce titre, insisté sur «la nécessité d’œuvrer à la concrétisation des conclusions importantes de la Grande Commission mixte».

Le Premier Ministre Ali Mahamane Lamine Zeine raccompagnant la délégation algérienne à l’aéroport a manifesté toute sa satisfaction quant aux résultats obtenus lors de cette visite de travail et d’amitié de son homologue du pays voisin.

«Au terme de ces jours d’intenses activités, j’exprime toute l’appréciation et toute notre joie de voir les résultats auxquels nous sommes parvenus», a-t-il déclaré.

Adoum Boulkassoum

UE/Niger: La résolution de la maladresse

Chefs-d’œuvre de grande maladresse diplomatique, la résolution votée par le parlement de l’union européenne le 12 mars dernier pour intimer au Niger l’ordre de mettre en liberté l’ancien président nigérien Bazoum Mohamed ne finit pas d’alimenter la controverse entre le Niger et l’Union européenne ou plus précisément avec la France. Si elle a été adoptée presque à l’unanimité des eurodéputés, il reste que cette résolution a surtout été l’initiative d’un lobby français, en l’occurrence le Collectif pour la libération de Mohamed Bazoum composé des acteurs politiques et médiatiques français, des exilés nigeriens en France et dans certaines capitales des Etats francophones notamment le Sénégal ou la Côte d’Ivoire. Depuis qu’elle a été rendue publique, elle a déclenché de vives réactions du côté du gouvernement nigerien avec l’interpellation de la chargée d’affaires de de l’Union européenne en poste à Niamey ou encore la déclaration du conseil consultatif de la Refondation, CCR. Le gouvernement nigerien qui tenu à notifier auprès de la diplomate européenne ce qu’il a qualifié d’acte d’ingérence notoire dans les affaires internes du Niger. Au sein de l’opinion nationale nigérienne, c’est un déferlement de manifestations des associations de la société civile et des déclarations de protestation contre ce qui est perçu comme un acte de paternalisme de l’Europe à l’endroit d’un Etat souverain. Il faut dire que depuis son intervention, cette résolution a mis le feu aux poudres de la mobilisation générale au sein des débats publics au Niger. Si la France avait voulu jeter de l’huile au feu dans les relations difficiles du Niger avec l’Europe, elle ne se serait pas prise autrement. Cette résolution intervient justement alors même que les relations quasi totalement gelées entre l’Europe et le Niger connaissaient un début de dégel. Pourquoi la France a-t-elle choisi ce moment pour jeter le pavé dans la mare des discussions nouvelles entre le Niger et la coopération européenne ? Une situation troublée d’autant plus qu’elle intervient à quelque une semaine de la fin du mandat juridique de Mohamed Bazoum qui devait s’achever le 2 avril prochain. Pourquoi ne pas attendre de voir la décision des autorités militaires du CNSP au pouvoir à Niamey au lendemain de cette date du 2 avril ? La France cherche a-t-elle véritablement la libération de Bazoum ou travaille-t-elle à créer un situation conflictuelle avec Niamey ? Ce qui est sûr, c’est que cette malheureuse résolution a renvoyé sine die tous les progrès enregistrés dans le sens d’un rapprochement du Niger avec l’Europe, en même temps qu’elle complique davantage les choses dans le sens d’une résolution de l’équation Bazoum.

 

La France et le jeu trouble

Il faut dire que toute la démarche de la France a été marquée du sceau de la maladresse ou du jeu trouble. Depuis le début de l’affaire Bazoum la France avait donné des indices pour une option d’affrontement avec les autorités du Niger. Tout dans l’attitude de l’ambassadeur français Sylvain Itté au lendemain du coup d’État du 26 juillet revêtait l’allure d’un bras de fer entre Niamey et Paris. Un ambassadeur qui refuse de reconnaître le coup d’État du 26 juillet 2023 qui a renversé Bazoum. La France qui à partir de sa base militaire installée à Niamey agite ensuite le spectre d’une intervention militaire pour réinstaller dans ses fonctions le président renversé Mohamed Bazoum. Les déclarations à l’emporte-pièce des autorités françaises qui magnifient l’amitié entre le président Bazoum et la France ont fini par irriter toute l’opinion nigerienne qui à travers Bazoum voit plus un fidèle serviteur des intérêts de la France qu’un véritable Président du Niger. Dès lors, la population finit par tourner le dos à Bazoum pour se ranger derrière ses tombeurs qui sont désormais perçus comme des libérateurs qui ont débarrassé le Niger d’un satrape ou d’une sorte de valet de la France. Désormais qui faut-il mobiliser dans la lutte pour la libération de Bazoum ? Le jeu trouble de la France a conduit Bazoum à se mettre la population à dos. Ce qui est sûr, c’est que si la France avait opté pour un repli stratégique, si elle avait accepté de plier le dos et laisser passer la tempête la situation politique ne se serait pas autant crispée et le sort de Bazoum ne se trouverait pas dans l’impasse où il est actuellement. Mais la France a choisi de tout dynamiter, la France a totalement miner les choses. Elle avait affiché une option guerrière de prime abord. Ce qui a placé Bazoum au centre d’un dispositif offensif grave de la France contre le Niger. Et ce dispositif d’agression contre le Niger se lit dans le choix de la France qui dès les premières heures du putsch du 26 juillet a choisi d’évacuer tous ses ressortissants mais curieusement tout le personnel politique proche du président renversé Mohamed Bazoum. Alors que le général Tiani Abdourahmane et ses compagnons militaires qui avaient renversé Bazoum n’avaient manifesté aucun signe de règlement de compte ou de chasse à la sorcière, le cabinet entier de Bazoum, des membres du gouvernement, des cadres politiques proches de Bazoum allaient se retrouver tous en France ou dans certaines capitales africaines. Tous exfiltrés par la France qui leur accorde le statut d’exilés. Et c’est dans la suite de cette opération que la France en relation avec la CEDEAO va brandir sur le Niger des menaces d’une attaque militaire pour libérer Bazoum. Et dans ce même prolongement l’échec d’une opération sous la tutelle de la CEDEAO sera suivie de la mise sur pied des factions armées, l’ancien rebelle Rhissa Boula reprend du service et d’autres factions sont créées, tout celà dans une ambiance de soupçon de manipulation des groupes terroristes par la France. Dans cette conjecture totalement troublée par la France, la résolution de l’Union européenne vient s’aligner dans une longue série de maladresses diplomatiques ou de jeux de provocations de la France qui compliquent plus qu’ils ne facilitent la sortie de Bazoum

Ibrahim Elhadji dit Hima

LA VOIE DU SAHEL

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