la Roue de l’Histoire 119
Réaménagement du Gouvernement Le Général Tiani maintient l’équipe gouvernementale Des rumeurs persistantes d’un remaniement ministériel profond circulaient dans certains milieux proches du pouvoir .....Lire plus
Des rumeurs persistantes d’un remaniement ministériel profond circulaient dans certains milieux proches du pouvoir à Niamey. Ceux qui étaient dans le secret de ces rumeurs annonçaient un véritable chambardement avec la mise en place d’une nouvelle équipe qui aura pour essentiellement pour mission de donner un nouveau souffle au pays.
Le lundi 26 janvier 2026, surprise, le Président de la République, Chef de l’Etat, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani procéda juste à un réaménagement technique du gouvernement. Tout en choisissant le statuquo en maintenant toute l’équipe gouvernementale, le Chef de l’Etat a toutefois décidé de décumuler le poste de Premier Ministre et celui du Ministre de l’économie et des Finances.
En attendant de voir les résultats de multiples réaménagements techniques du gouvernement et surtout de cette séparation de poste de Premier ministre du Ministère de l’économie et des finances va produire, certains observateurs ne manquent de dire que certains tâtonnements observés dans l’équipe gouvernementale ne sont pas seulement techniques, mais sont aussi politiques. Ils persistent à croire que le pays a besoin d’un remaniement gouvernemental profond.
Ce n’est pas encore le remaniement ministériel que certaines rumeurs annonçaient il y’a quelques jours. Juste un réaménagement Technique qui a consisté à séparer les fonctions de Premier Ministre à celles du Ministre de l’Economie et des Finances ainsi que le tranfert du volet culturel initialement rattaché au Ministère de la Refondation et désormais sous la tutelle du Ministère des Sports.
L’on constate également la suppression du Ministère délégué chargé du Budget au Ministère de l’économie et des finances et conséquemment le départ de son titulaire et la nomination de M. Mamane Laouali Abdou Rafa au poste de Ministre de l’Économie et des Finances. Le nouveau Promu était le Directeur National de la BCEAO, après avoir occupé de hautes fonctions tant à la BCEAO qu’au Ministère de l’Economie et des Finances où il fut Secrétaire Général adjoint et Secrétaire Général.
Pour le reste, les membres de l’équipe gouvernementale conduite par le Premier Ministre Ali Mahamane Lamine Zeine ont été reconduits à leurs postes. Une reconduction qui témoigne de la confiance du Président de la République et du CNSP au Premier Ministre Lamine Zeine qui s’active depuis aout 2023 dans un contexte extrêmement difficile à redresser la situation résultante des sanctions cyniques et inhumaines infligées au Niger au lendemain des évènements du 26 juillet 2023.
Du reste, il y a quelques mois, les pouvoirs du Premier Ministre avaient été renforcés lui donnant coudées franches dans la coordination de l’action gouvernementale.
Cpendant, de nombreux défis demeurent et le nouveau Ministre de l’Economie et des Finances, M. Mamane Laouali Abdou Rafa, a du pain sur la planche. Il doit répondre aux enjeux économiques cruciaux du moment, notamment les tensions de trésorerie, la régulation des marchés, la maîtrise de l’inflation, la mobilisation accrue des ressources publiques et amélioration de la gouvernance financière.
Il reste toutefois que le réaménagement technique du Gouvernement a laissé l’opinion publique nationale sur sa soif. Beaucoup attendaient en effet, un signal fort du Président de la République pour un remaniement profond afin de passer du gouvernement de crise à un gouvernement d’action qui aura pour mission de redresser le pays après les répercussions des sanctions économiques et financières de la CEDEAO et de la communauté internationale.
Adoum Boulkassoum
Niger/Politique: Des concepts à la mode Comme dans une ambiance révolutionnaire Niamey, la capitale du Niger bruit au son des mots nouveaux. Des mots qui sont sur les lèvres, dans les discours politiques....Lire plus
Comme dans une ambiance révolutionnaire Niamey, la capitale du Niger bruit au son des mots nouveaux. Des mots qui sont sur les lèvres, dans les discours politiques, les débats publics… Dans les fadas de thé, les jeunes, l’esprit quelque peu taquin jonglent avec les expressions comme un effet de mode. « Mec c’est la refondation », entend-on assez souvent. « La population doit faire preuve d’un esprit de résilience », martèlent les administrateurs au bout de chaque discours. Si la population ne comprend pas toute la portée des mots, elle s’accommode à ce nouveau jeu de lexique. Comment pouvait-elle d’ailleurs maîtriser les concepts en vogue si ce semblant de vent de révolution qui souffle sur le Niger n’a pas encore trouvé de doctrinaire. Personne pour porter la théorisation de la lutte, dans l’éducation des masses populaires il n’y a encore aucun idéologue. Pas loin du Niger, de l’autre côté de la frontière, le Mali, un pays dans la même dynamique politique, avait son chantre de la révolution, Choguel Kokala Maïga qui galvanisait les foules avant qu’il ne tombe en disgrâce. Le Niger n’avait jamais commencé, les foules n’avaient jamais eu d’animateur idéologique à la taille d’un Choguel Maiga.
Les concepts sont balancés dans les acceptations les plus larges, ils sont macérés dans toutes les sauces. Dans cet esprit de lutte au Niger on ne parle pas de Résistance mais de résilience. La résistance évoque une action de lutte énergique contre un adversaire. Pourtant au Niger c’est le concept de résilience qui a été préféré. Sans doute parce que la population est appelée à supporter des mesures difficiles et non à s’y opposer. La fermeture de certaines frontières essentielles aux activités d’échanges et de commerces a en effet fortement éprouvé la population. Elles ont eu comme conséquence une nette régression de l’économie et un appauvrissement des couches sociales. À cette conjecture économique, il faut ajouter les mesures de prélèvement financier qui ciblent y compris les couches les plus défavorisées. Dès lors, l’attitude que les autorités au pouvoir attendent de la population ce n’est pas de résister à ces mesures. Parce qu’en ce moment la résistance de la population signifiera s’opposer à toutes ces mesures. Du coup, dans la situation en cours on a préféré la résilience qui peut signifier la résignation, l’acceptation du sacrifice. La résilience qui n’est pas une action de lutte comme la résistance mais une inertie pour endurer les mesures les plus austères.
La souveraineté est une autre notion centrale en débat. Un débat fort crucial en effet pour un pays qui produit très peu de produits manufacturés. Quelle souveraineté pour un pays qui importe presque tout ? Le Niger était pourtant en bonne voie dans la construction des outils de sa souveraineté avec l’ébauche du tissu industriel que le président Diori Hamani était en train de mettre sur pied. Mais les institutions financières internationales finissent par tromper son tombeur le Président kountché à qui elles ont demandé de privatiser les unités industrielles. Ce qui condamne aujourd’hui le Niger à faire le chemin inverse pour aller vers la nationalisation dans un contexte marqué par beaucoup de risques comme avec la nationalisation de la Somaïr depuis le 19 juin 2025.
Mais de loin, depuis les évènements du 26 juillet 2023, c’est-à-dire le coup d’État qui a renversé le président Bazoum c’est la Refondation qui sonne le plus fort dans tous les discours. Et c’est aussi l’expression qui charrie le plus de spéculations et d’ambiguïté. Ce n’est pas une doctrine comme le socialisme, le communisme ou le capitalisme. Alors qu’est-ce que ça peut être ? Une réforme administrative ? Politique ? Quel en est le contenu ? Rien. Personne ne sait. La Refondation n’est pas une théorie politique, ce n’est pas non plus un programme économique. On parle pourtant de charte de la Refondation, on parle du conseil consultatif de la Refondation, on parle du régime de la Refondation et du Gouvernement de la Refondation. Mais il n’y a encore aucune définition qui donne un aperçu au contenu de cette Refondation.
Pour saisir le sens il faut peut-être remonter l’histoire récente du pays. La première fois que le concept de Refondation est entré dans le discours politique au Niger c’était avec Tandja Mamadou avec la prolongation de son pouvoir à la fin de ses deux mandats en 2009. La Refondation à l’époque c’était juste un maquillage d’un coup d’État institutionnel. Dès les lendemains du 26 juillet 2023, des acteurs publics lancent l’idée de la Refondation. Il faut espérer que cette Refondation n’a aucune parenté ou identité avec celle de Tandja. Même si des acteurs clés de la Refondation de Tandja se retrouvent encore dans le schéma de la nouvelle Refondation.
Ibrahim Elhadji dit
La Société Niger-Transit (NITRA) nationalisée Le Gouvernement de la Refondation poursuit la nationalisation de certaines sociétés stratégiques qui portent encore le stigmates de l’ancienne puissance coloniale. Ainsi, après la nationalisation de la Nigérienne des Eaux, de la Nigelec, de la SOMAIR, entre autres, c’est au tour de la Société Niger-Transit (NITRA) d’être nationalisée....Lire plus
Le Gouvernement de la Refondation poursuit la nationalisation de certaines sociétés stratégiques qui portent encore le stigmate de l’ancienne puissance coloniale. Ainsi, après la nationalisation de la Nigérienne des Eaux, de la Nigelec, de la SOMAIR, entre autres, c’est au tour de la Société Niger-Transit (NITRA) d’être nationalisée. La décision a été prise au conseil des Ministres du 23 janvier 2026.
L’adoption du projet d’ordonnance portant nationalisation de La nationalisation de la NITRA s’inscrit dans une vision politique de souveraineté économique et de maîtrise nationale des infrastructures critiques, explique le communiqué du Conseil des Ministres.
‘’En effet, dans le contexte actuel de reconstruction économique, de recomposition géopolitique régionale et de sécurisation des chaînes d’approvisionnement, il est indispensable que l’Etat ait le contrôle intégral de cet outil stratégique afin de garantir l’accessibilité et la disponibilité continue des produits de première nécessité, dans des conditions de qualité et de coûts maîtrisés’’ soutient le gouvernement.
La nationalisation de la NITRA s’inscrit aussi dans une logique de redressement économique et de sauvegarde de cet actif stratégique national dont la détérioration prolongée des équilibres financiers, conjuguée à l’absence d’investissement et de recapitalisation des actionnaires privés a conduit à une érosion structurelle du capital plaçant l’entreprise dans un état de vulnérabilité incompatible avec son rôle systémique dans la logistique nationale.
Le Gouvernement estime aussi que ‘’Dans la dynamique actuelle de mobilisation des ressources internes et de renforcement de la souveraineté économique et la relance de la performance de la NITRA représentent un potentiel non négligeable en matière de création de valeurs, de recettes budgétaires et de réduction des coûts macroéconomiques induits par les inefficiences logistiques’’.
Au plan social, la nationalisation de la NITRA répond à une exigence de stabilité de l’emploi et de protection des compétences nationales, soutient-on.
Pour le Gouvernement, la prise en main de cette activité par l’Etat permettra de préserver les emplois existants, d’assurer la continuité des revenus des familles concernées et de renforcer la formation technique des agents dans le cadre d’un plan de professionnalisation des métiers logistiques.
Au plan juridique, l’opération de nationalisation est conduite conformément à l’Acte uniforme de l’OHADA relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique.
Mato Mani
Retraite à 62 ans pour les auxiliaires de la Fonction Publique
Justice rendue pour les auxiliaires de l’administration de la fonction publique nigérienne. Comme tous les autres fonctionnaires et cadres de l’administration, les auxiliaires vont désormais faire valoir leurs droits à la retraite à 62 ans.
Récemment, le Gouvernement de la refondation avait rehaussé l’age de la retraite de 60 à 62 ans. Mais les auxiliaires de l’administration n’étaient pas explicitement concernés.
Mais conformément au projet de décret modifiant et complétant le décret n° 2014-491/PRN/MFP/RA du 22 juillet 2014, portant Statut du Personnel Auxiliaire de l’Administration Publique, adopté en Conseil des Ministres le Gouvernement a décidé de leur rendre justice.
Un projet de décret a été pris en Conseil des Ministres pour harmoniser l’âge de départ à la retraite entre les fonctionnaires et le personnel auxiliaire de l’Administration publique.
Aux termes du présent projet de décret le personnel auxiliaire de l’administration publique est admis à la retraite pour limite d’âge à soixante-deux (62) ans. Toutefois, il peut être admis à la retraite par anticipation sans avoir atteint l’âge de soixante-deux (62) ans, dans les conditions définies par le décretnt décret.

