LA ROUE DE L’HISTOIRE N°120
Après, l’attaque de la base aérienne 101 de Niamey : Union sacrée spontanée autour des FDS. Par Ibrahim Moussa
Après, l’attaque de la base aérienne 101 de Niamey :
Union sacrée spontanée autour des FDS
Dans la nuit du 28 au 29 janvier 2026, des éléments terroristes ont attaqué la base aérienne 101 de Niamey. Une attaque vaillamment repoussée par les Forces de Défense et de Sécurité. Des sources officielles indiquent qu’elle a duré juste une trentaine de minutes malgré l’effet de surprise et la puissance de feu de l’ennemi. La prompte réaction de nos forces de défense et de sécurité qui a permis de neutraliser l’essentiel des assaillants et de mettre l’ennemi en déroute a suscité une vague déferlante de condamnations et de soutiens à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Plus que jamais les nigériens ont démontré au monde entier qu’ils regardent la même direction face aux menaces extérieures.
Centrales syndicales, organisations de la société civile, populations au niveau régional, départemental, communal, villageois et de la diaspora, tous apportent leur soutien indéfectible aux Forces de Défense et de Sécurité après qu’ils aient maté ce qu’il est convenu d’appeler la hasardeuse tentative d’infiltration de la base aérienne 101 et de l’aéroport international Diori Hamani.
Pour toutes ces composantes de la société nigérienne, notre armée mérite un soutien sans faille compte tenu non seulement de la bravoure dont elle a fait montre dans la nuit du 28 au 29 janvier 2026 mais surtout dans le combat sans merci qu’elle mène inlassablement depuis plus d’une décennie contre les forces du mal. Ces soutiens, il faut le dire, en plus d’encourager les Forces de Défense et de Sécurité, expriment une union sacrée des filles et fils du pays derrière leurs autorités et les Forces de Défense et de Sécurité.
D’ailleurs rien d’étonnant dans ces soutiens car les signes avant-coureurs étaient là, perceptibles et sont apparus dès les premières minutes de l’attaque. En effet, aussitôt les crépitements des armes ont commencé, les noctambules ont attendu juste le temps que les armes se taisent pour sortir spontanément au niveau des carrefours et autres places publiques de la capitale pour apporter leur soutien aux Forces de Défense et de Sécurité. En bravant la nuit et tout ce qu’elle comporte comme risque, les nigériens ont démontré qu’ils restent et demeurent soudés derrière leur armée comme aux premières heures des évènements du 26 juillet 2023.
A travers ces manifestations qui donnent du baume au cœur, les populations réitèrent non seulement leurs engagements de continuer à lutter de leur manière contre le terrorisme. Ils réitèrent d’ailleurs leur disponibilité à coopérer avec les Forces de Défense et de Sécurité en dénonçant toute personne ayant un comportement suspect au sein de la société. Là aussi, les populations ont très vite passé à l’acte ici à Niamey tout comme à l’intérieur du pays. Les premiers jours qui ont suivi l’attaque ont été caractérisés par la dénonciation des personnes qui finissent par se révéler être des terroristes. Des cas ont été signalés au quartier harobanda et vers l’école mission garçon de Niamey. A l’intérieur du pays, deux autres terroristes ont été appréhendés par les Forces de Défense et de Sécurité dans un bus d’une compagnie de transport inter urbain entre les localités de Muntséka et Konni grâce aux dénonciations.
L’attaque de l’aéroport sonne le glas des mercenaires et apatrides
Une autre conséquence de l’attaque de la base aérienne 101 de Niamey reste la détermination qu’elle a suscitée auprès des nigériens à en découdre avec les mercenaires et apatrides. C’est d’ailleurs le numéro 1 des Nigériens, le Président de la République, Chef de l’Etat le général d’armé Abdourahamane Tiani qui a donné le coup d’envoi.
« Nous les avons suffisamment écoutés aboyer, qu’ils s’apprêtent eux aussi à leur tour à nous écouter rugir », a-t-il déclaé lors de sa visite à l’escadrille quelques 12 heures après l’attaque. Par ces mots le Chef suprême des Armées sonne le glas pour les mercenaires. A lire entre les lignes, le message du chef de l’Etat Abdourahamane Tiani est clair. Désormais c’est œil pour œil dent pour dent. Plus de diligence pour les ennemis du Niger qui qu’ils soient et où ils trouvent. Cette voie tracée par le chef suprême des armées est déjà suivie par les Nigériens. Ces derniers sont vent debout contre tout celui qui ose d’une manière quelconque porter atteinte à l’intégrité du pays.
Sur les réseaux sociaux, dans les causeries, le langage est partout le même, l’ennemi qu’il soit étranger ou nigérien, une fois pris la main dans le sac, la riposte sera sans équivoque. D’ailleurs, l’ordonnance sur la mobilisation générale adoptée par le gouvernement le 26 décembre 2025 sera appliquée sans réserve et dans toute sa rigueur contre tout contrevenant aux dispositions de cette dernière, entend-on déjà dans certains milieux proches du pouvoir.
Contentieux sur l'uranium: Le Niger prend la route des tribunaux. Par Ibrahim Elhadji dit Hima
Vaut mieux tard que jamais. Il aura fallu une situation d’impasse pour que le Niger se décide à croiser le fer avec la France sur le terrain du droit international. Depuis le début du conflit, le Niger n’avait pas encore exprimé l’option de mettre en place un pôle d’experts sur la question pour contrer l’action de la France, se contentant surtout de mener des actions plus sur le terrain du politique que sur le droit. Avec la fermeture de la frontière avec le Bénin, point de passage des containers d’uranate jusqu’au port de Cotonou pour être embarqués en France, la société française ORANO a arrêté l’enlèvement du minerai sur ses entrepôts d’Arlit. Un arrêt d’exportation qui va finir par un arrêt des activités de la société minière SOMAÏR filiale nigérienne du groupe ORANO. Devant ce blocage délibéré décidé de façon unilatérale par la direction française d’ORANO, le gouvernement nigérien finit par nationaliser la SOMAÏR le 19 juin 2025 et tente de remettre en marche la mine d’uranium. La tension entre le Niger et le groupe français ORANO atteint son point d’orgue avec la décision par le gouvernement nigérien de mettre le stock du minerai d’uranium en vente.
ORANO saisit les instances internationales d’arbitrage. Le Niger passe à la vitesse supérieure. Courant fin de l’année 2025 un convoi transportant 1000 t d’uranate quitte les entrepôts de la SOMAÏR à Arlit, destination Niamey et le port de Lomé au Togo où la cargaison est attendue par un navire cargo battant pavillon russe. Il se disait sur les réseaux sociaux que le Niger est en discussion avec la Russie qui serait l’acheteur du minerai. Alors que plusieurs voix s’élevaient pour suggérer aux autorités nigériennes une démarche du droit et qu’il serait plus judicieux pour le Niger de préparer un comité d’experts, le Niger porté par les vagues déferlantes de souveraineté scandées par certains milieux de la société civile va privilégier le fait accompli. ORANO de son côté va introduire une première plainte pour vol de son uranium. En d’autres termes, le Niger sur son territoire et dans les mines d’uranium opérant sur son territoire est présenté comme un voleur du minerai d’uranium. Le gouvernement passe outre cette menace. Le convoi arrive à Niamey et s’apprête à passer la frontière du Burkina pour gagner le port de Lomé. Le Président togolais Faure Eyadema joue les entremetteurs, il est devenu depuis longtemps un allié stratégique des Etats de l’AES. Une deuxième plainte sera déposée par ORANO pour vol d’uranium avec association de malfaiteurs. Une menace on ne peut plus claire à tout Etat qui aurait donné le passage au convoi de l’uranium nigérien. Le Président togolais comprend vite l’allusion. Il finit par craquer et accourt nuitamment pour s’excuser auprès du Chef de l’État du Niger et l’informer qu’il ne peut prendre le risque de laisser acheminer le convoi sur son territoire.
Fin de parcours pour l’uranium. De l’autre côté du port, le navire russe peut appareiller sans son précieux chargement.
Les containers d’uranate bloqués seront entreposés à la base 101. C’est l’impasse et l’incertitude.
Ce mercredi 4 février dernier le gouvernement nigérien a décidé de la mise sur pied d’un comité d’experts qui aura pour charge la documentation des plaintes qui pourraient être déposées contre ORANO. D’ores et déjà, le Niger a décidé d’initier des procédures judiciaires contre le groupe Orano tant devant les juridictions nationales qu’internationales.
On est désormais dans une situation de procédures judiciaires contre procédures judiciaires entre ORANO et le gouvernement nigérien. C’est par là qu’il aurait fallu commencer depuis longtemps pour gagner du temps et ne pas se trouver dans le traquenard de cette impasse du stock d’uranium sur lequel la France a voulu allumer un grand bûcher la semaine dernière sur la place de l’aéroport.
Limogeage de DG de certaines sociétés Y’a-t-il anguille sous roche ? Par Adoum Boulkassoum
Le 02 février 2026, le Président de la République, Chef de l’Etat, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani signait plusieurs décrets portant mesures individuelles. Il s’agit d’actes de nominations courantes qui passent discrètement depuis la prise de pouvoir par le Conseil pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP) dans les colonnes du quotidien d’Etat «Le Sahel» ou l’Hebdomadaire « Sahel Dimanche». Mais cette fois-ci, les différentes nominations intervenues ou disons les limogeages intervenues suscitent la curiosité de nombreux observateurs. Les changements majeurs intervenus concernent des officiers qui dirigent certaines sociétés d’Etat, parmi lesquels un membre du CNSP. L’Autorité de Régulation des Communications Electroniques et de la Poste (ARCEP), l’Office des Produits vivriers du Niger (OPVN), la Société Riz du Niger (RINI), la Société Niger Télécoms, la Loterie Nationale du Niger (LONANI) étaient les principales sociétés affectées par ces changements inattendus.
Si pour certaines sociétés c’est pour pourvoir à des postes vacants comme à la RINI ou pour opérer des changements stratégiques comme à l’ARCEP, pour les autres structures beaucoup d’observateurs se demandent ce qui a pu motiver ce limogeage comme à l’OPVN ou à la LONANI dirigés par des officiers du sérail. Insuffisance de résultats ou malversations ?
Très tôt de tirer une conclusion. Ce qui est sûr il y’a anguille sous roche. Quand on touche à des grosses pointures comme celles-là c’est que la coupe est pleine.
Ce qui est sûr, c’est la deuxième fois que le Président de la République Abdourahamane Tiani congédie, sans sourciller, un membre du CNSP de ses hautes fonctions de directeur Général. Le Premier était le Colonel Abou Oubandawaki qui était à la tête de la Douane nigérienne et le second qui vient d’être frappé est le Colonel Major Sidi Mohamed dégagé de la Direction de l’OPVN.
Pour certains observateurs, le Chef de l’Etat annonce encore une fois de plus la fin de la récréation. Il veut des résultats, il veut le respect strict du bien public et surtout le respect scrupuleux de l’esprit de la Refondation dont l’un des éléments attendu par les nigériens demeure la lutte contre la corruption, la fin de l’impunité et une justice équitable pour tous.
Pour le moment, l’opinion publique nationale salue ce balayage et attend impatiemment la suite, si suite il y’en a. Ce qui est sûr, la frappe du Président de la République dans cette fourmilière des nouveaux Directeurs Généraux de Sociétés d’Etat est plus qu’un avertissement. C’est le début d’un assainissement fortement souhaité et attendu par l’ensemble des nigériens.
Attaque de l'aéroport de Niamey : on a vu le tireur mais qui est l'employeur ? Par Ibrahim Elhadji dit Hima
Il aura fallu quelques 48 heures avant que l’attaque de la base aérienne 101 soit revendiquée. C’est à travers un communiqué que l’État islamique a annoncé à l’opinion internationale qu’il est l’auteur de l’attaque sur les alentours de l’aéroport de Niamey notamment dans le secteur de la base aérienne dans la nuit du mercredi 28 au jeudi 29 janvier 2026. Un communiqué de l’État islamique qui sonne comme une réplique à celui du gouvernement. Dès le lendemain de l’attaque le jeudi 29 janvier, le ministère de la défense a fait cas d’une attaque sur les alentours des installations aéroportuaires. Une attaque vaillamment repoussée par les forces de défense et qui s’est soldée par un bilan lourd dans les rangs des assaillants. 20 morts dira le communiqué de la défense dont un de nationalité française, 11 terroristes capturés ainsi que du matériel abandonné par les rescapés dans leur fuite. Fait majeur dans cette réaction du gouvernement, plusieurs chefs d’État sont pour la première fois nommément cités comme parrains de cette attaque. Il s’agit du Président français Emmanuel Macron, de Patrick Talon du Bénin et Allasaane Ouattara de la Côte d’Ivoire.
Le tireur qui sort du bois
D’ordinaire le groupe terroriste Etat islamique ne tarde pas à revendiquer son action. Mais sur l’attaque de l’aéroport il aura fallu attendre quelques 48h. Il a fallu surtout attendre les accusations portées par le gouvernement. Le communiqué de l’EI apparaît plus comme une réponse aux accusations du Niger qu’une revendication. L’EI intervient comme pour revendiquer la paternité d’une attaque qui a été attribuée au trio Macron, Talon et Ouattara. Au-delà de la bataille des bilans établis par le gouvernement d’un côté et par l’état islamique de l’autre, la réaction de l’état islamique a semblé vouloir disculper les mis en cause. Et cette volonté effrénée de dédouaner Macron et ses complices est encore plus explicite avec l’entrée en scène du service public français de la télévision. C’est la télévision publique française France24 qui donne plus de détails dans cette tentative de disculper les mis en cause. Le journaliste Wassim Nasr sur le plateau de France24 parle de jonction et de transfert entre la filiale Etat islamique au Sahel et l’État islamique en Afrique de l’ouest. Il explique que l’attaque de l’aéroport de Niamey c’est l’État islamique en Afrique de l’ouest. L’utilisation des armes lourdes qui a combiné avec l’emploi des drones dans l’attaque par les terroristes s’explique par le fait que ce n’est plus la petite filiale Etat islamique au Sahel qui a opéré mais c’est la branche mère Etat islamique en Afrique de l’ouest. D’où donc l’utilisation des moyens autrement plus importants que ceux employés d’ordinaire. En effet, l’attaque sur l’aéroport a eu la particularité d’utiliser du matériel militaire lourd, des mortiers et surtout, fait inédit, des drones. Le communiqué de l’EI et les explications de Wassim Nasr suffisent-ils pour disculper les parrains ? En somme, on peut dire que le communiqué de l’EI a montré le tireur mais il ne dit rien sur l’employeur. Si l’État islamique a porté les armes, qui cependant a parrainé l’attaque ? Le communiqué reste muet, mais les armes utilisées en disent long. Il y a de la conspiration d’État dans le coup de la base 101 de Niamey. Et tous les soupçons portés par plusieurs observateurs avertis sur la question du terrorisme, c’est l’homme politique ivoirien Prof Mamadou koulibaly qui va les exprimer avec plus d’acuité. « Ces terroristes qui n’ont pas de gouvernement reconnus mais qui commandent et reçoivent des armes et autres équipements militaires qui, nécessairement, exigent des « end-user » signés des gouvernements officiels (…) », s’étonne l’homme politique ivoirien qui vient de mettre pour la première fois le doigt sur la procédure d’acquisition des armes qui fait intervenir nécessairement des structures d’État. Mais quel Etat ? Qui sont en effet le ou les gouvernements qui signent les documents d’achat des armes ? Quels gouvernements signent les CUF des armes livrées aux terroristes, s’interroge le prof Mamadou koulibaly. Le certificat d’Utilisation Finale ou CUF est un document qui identifie avec précision qui sera l’utilisateur final des armes et équipements commandés. Alors quels gouvernements signent ces documents pour l’acquisition officielle des armes qui seront par la suite acheminées aux terroristes ? Etat islamique Filiale du Sahel ou Etat islamique branche mère de l’Afrique de l’ouest, le matériel utilisé provient des Etats. Talon, Macron et Ouattara, il y a sans doute de leur implication entre l’acquisition des équipements, les banques de paiement, le transport et l’acheminement jusqu’aux terroristes. Pour la France, il y a surtout un grand coup à jouer : l’important stock du minerais d’uranium sorti de la Somaïr que le gouvernement nigérien n’a pas pu acheminer jusqu’au port de Lomé pour exportation et qui est stocké à la base 101. De l’uranium au centre d’une controverse entre Niamey et Paris depuis que le Niger en conflit avec la société française Orano a nationalisé sa filiale nigérienne Somaïr. L’attaque du mercredi 28 janvier de la base aérienne aurait visé l’entrepôt de l’uranate et la France aurait mis le Niger dans une situation autrement explosive si elle avait réussi le coup.
Ce qui est sûr, c’est qu’avec cette attaque la France a voulu annoncer un avenir moins radieux pour le Niger. Les jours prochains seront plus édifiants.

