LE CARNET DES NOTES

LE CARNET DES NOTES

Quotidien L’Enquêteur, article hors parution du Vendredi 2 Janvier 2026

Concept : L’équipe attribue des notes sur 10 à des personnalités publiques (ministres, maires, directeurs de sociétés d’État etc) basées sur leurs actions et leurs promesses. La note est accompagnée d’un commentaire lapidaire et factuel. C’est la rubrique qui gamifie la redevabilité et crée une pression inédite sur les dirigeants.
Ministère du Commerce : Application des tarifs officiels du gaz domestique
Note : 2/10
C’est un aveu d’impuissance qui ne dit pas son nom. Depuis 2011, l’État joue au chat et à la souris avec les revendeurs de gaz domestique, et c’est toujours la souris qui gagne. On espérait qu’avec l’arrivée du régime militaire, la récréation serait sifflée. Erreur. Le statu quo perdure, transformant l’autorité de l’État en un tigre de papier.
Le Ministre du Commerce Abdoulaye Seydou a tenté d’attaquer ce vieux serpent de mer. D’abord par un appel solennel à la responsabilité : un flop. Ensuite, par des descentes inopinées, caméras, menaces comme pour donner l’illusion d’une autorité retrouvée… Du théâtre. Dès que le cortège officiel tourne le coin de la rue, les étiquettes valsent et la spéculation reprend. Face à cet échec cuisant, le Ministère a sorti sa « nouvelle arme » : publier sur internet (WhatsApp) la liste des points de vente « homologués ».
C’est une stratégie d’une naïveté confondante, totalement déconnectée de la réalité. Comment espérer discipliner un marché national en s’adressant uniquement aux connectés… qui sont minoritaires ? Pense-t-on sérieusement qu’une ménagère de la périphérie de Niamey, souvent sans smartphone ni connexion internet, va consulter un groupe WhatsApp pour trouver du gaz ? Et quand bien même ? Niamey s’étend sur des kilomètres. Demander à un citoyen de traverser la ville pour trouver un point de vente agréé, c’est mépriser son temps et son carburant.
La correction (Ce qu’il fallait faire) : Monsieur le Ministre, on ne régule pas un marché vital avec des ‘’post’’ WhatsApp. La solution n’est pas de courir derrière des milliers de petits revendeurs (c’est ingérable), mais de verrouiller la chaîne en amont.
Sanctionner les grossistes : La pression doit être mise sur les centres emplisseurs et les grossistes qui alimentent le réseau. Si le gaz sort au bon prix et que les marges sont contrôlées à la source, le ruissellement se fera.
L’alternative publique : L’État doit casser le monopole de fait des revendeurs véreux en multipliant les points de vente directs dans chaque quartier, à prix bloqué. C’est par l’offre et la concurrence d’État que l’on tuera la spéculation, pas par des messages WhatsApp.
Sanctions financières immédiates, confiscation de stocks en cas de récidive.
Retrait définitif de licence pour les revendeurs hors-la-loi.
Affichage obligatoire des prix officiels à l’entrée de chaque point de vente.
Partenariat avec gouvernorats et communes pour surveiller le terrain : pas de combat efficace sans les collectivités.

LA VOIE DU SAHEL