Le Niger encore endeuillé. Jusqu’à quand ?
Maikoul Zodi
Allons vraiment à l’essentiel ! Vu sur sa page Facebook.
Je m’incline avec douleur devant la mémoire des victimes de cette nouvelle attaque qui ensanglante encore notre Pays. J’exprime toute ma solidarité aux familles endeuillées, aux survivants, à toute cette population meurtrie qui vit sous la terreur depuis trop longtemps.
Mais aujourd’hui, la compassion seule ne suffit plus. Il faut des comptes.
Après le 26 juillet 2023, lors de sa première allocution, le Président de la République son excellence le Général Abdourahamane Tiani a cité l’insécurité grandissante comme l’une des raisons fondamentales justifiant le changement de régime. Ce n’était pas une promesse anodine. C’était un engagement solennel pris devant le peuple nigérien, devant l’histoire, devant les milliers de familles qui avaient déjà perdu un fils, un père, un frère dans ces zones de guerre.
Deux ans plus tard — Le Niger saigne encore.
Deux ans plus tard — les mêmes villages brûlent.
Deux ans plus tard — les mêmes familles enterrent leurs morts.
Qu’est-ce qui a fondamentalement changé ?
Les questions que le gouvernement doit affronter:
Premièrement : quel bilan sécuritaire concret peut présenter le CNSP depuis le 26 juillet 2023 ? Pas des discours. Pas des cérémonies militaires télévisées. Des chiffres. Des données. Une cartographie honnête de l’évolution de l’insécurité sur le territoire national.
Deuxièmement : quelle est la doctrine de sécurité nationale aujourd’hui ? Le départ des forces françaises, la suspension de la coopération avec certains partenaires occidentaux ces décisions souveraines étaient justifiées. Mais elles exigeaient en contrepartie une stratégie de substitution immédiate, crédible et efficace. Où est-elle ?
Troisièmement où sont les ressources issues de nos richesses nationales dans la sécurisation de ces zones ? Le Niger dispose de ressources naturelles considérables. Si la souveraineté sur ces ressources est désormais acquise, comme on nous le répète, alors où va l’argent ? Chaque citoyen nigérien a le droit de poser cette question
Une politique sécuritaire ne se résume pas à des communiqués de victoire.
Elle se mesure à la capacité de l’État à protéger le dernier des citoyens dans le village le plus reculé du pays. Elle se mesure à la présence effective et permanente de l’État dans les zones vulnérables. Elle se mesure au sentiment de sécurité que ressent une mère de famille à Tillabéri quand elle envoie ses enfants aux champs le matin.
Sur cette mesure le compte n’y est pas.
Je ne dis pas ceci pour affaiblir l’État.
Je le dis précisément parce que je veux un État fort. Un État qui protège. Un État qui tient ses promesses. Un État dont la légitimité repose non pas sur des discours souverainistes mais sur sa capacité concrète à garantir la vie et la dignité de chaque Nigérien.
La souveraineté sans sécurité n’est qu’un mot vide.
Un peuple qui meurt dans ses champs, dans ses villages, sur ses routes ce peuple n’est pas souverain. Il est abandonné.
J’interpelle le CNSP :
Revoyez en profondeur votre politique de sécurité nationale. Renforcez massivement la présence de l’État dans les zones vulnérables. Dotez nos Forces de Défense et de Sécurité des moyens humains, matériels et stratégiques à la hauteur du défi. Impliquez les communautés locales dans les mécanismes de sécurité. Et rendez des comptes publiquement sur les résultats obtenus.
Chaque vie nigérienne compte. Chaque vie nigérienne a un prix et ce prix, c’est l’engagement que vous avez pris depuis les événements du 26 juillet 2023.
Il est temps de l’honorer.
Vive l’AES !
Maikoul Zodi, président du Front Patriotique pour la Sauvegarde de la Patrie.( FPSP )

