Loi de finances 2026 : la Direction générale des impôts échange avec les opérateurs de transfert d’argent.

Loi de finances 2026 : la Direction générale des impôts échange avec les opérateurs de transfert d’argent.

Par Elhadj Papa

La Direction générale des impôts (DGI) a tenu, ce mercredi 14 janvier 2026, une rencontre d’échanges avec les responsables des sociétés de transfert d’argent opérant au Niger.

Cette réunion s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de certaines dispositions de la loi de finances pour l’année budgétaire 2026, notamment celles relatives à la fiscalité des transactions financières.
L’objectif principal de cette rencontre était d’examiner les implications de l’article 394 bis de la loi de finances 2026, qui institue une taxe sur l’ensemble des dépôts et transferts d’argent, qu’ils soient électroniques ou physiques. Cette mesure concerne aussi bien les agences de transfert classique que les services de Mobile Money et les plateformes de transfert rapide.
Face à la vague de réactions et de polémiques suscitées sur les réseaux sociaux, le Directeur général des impôts, M. Abdrourahmane Malam Saley, a tenu à apporter des clarifications afin de lever toute incompréhension et de corriger ce qu’il qualifie de « fausses interprétations ». Selon lui, certaines informations relayées en ligne font état de frais de transaction jugés exorbitants, laissant croire à une augmentation brutale et généralisée du coût des transferts d’argent. « Il s’agit de rétablir le sens exact et la portée réelle des mesures fiscales prévues par la loi », a-t-il insisté.
La DGI affirme ainsi vouloir mettre fin à toute spéculation autour de cette nouvelle disposition fiscale, en privilégiant le dialogue avec les acteurs directement concernés. Les opérateurs de transfert d’argent, de leur côté, ont exprimé leurs préoccupations quant à l’impact potentiel de cette taxe sur leurs activités et sur l’accessibilité des services financiers pour les populations, notamment les plus vulnérables.
Sur les réseaux sociaux, le débat reste vif.

Certains internautes soutiennent la taxation des transferts via le Mobile Money, estimant que ces services sont devenus le principal canal de circulation de l’argent dans le pays. Ils soulignent que ces plateformes facilitent les échanges économiques, contribuent à l’inclusion financière et participent à la création d’emplois, tout en captant une part importante des flux financiers sans, selon eux, contribuer à la hauteur des banques traditionnelles.


D’autres voix appellent toutefois à la prudence. Si l’État redoute un affaiblissement du système bancaire classique, il doit également veiller à ne pas fragiliser les services de transfert d’argent, devenus indispensables au quotidien de millions de Nigériens. Un équilibre délicat que les autorités fiscales entendent atteindre à travers la concertation et une application mesurée de la loi.

LA VOIE DU SAHEL

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