Maintien en détention de l’ancien président Bazoum : un devoir moral et républicain de tourner la page

Maintien en détention de l’ancien président Bazoum : un devoir moral et républicain de tourner la page

Niger Politique :

Maintien en détention de l’ancien président Bazoum : un devoir moral et républicain de tourner la page

Depuis le 26 juillet 2023, date du changement politique intervenu au Niger, l’ancien président de la République, Mohamed Bazoum, demeure privé de liberté. Cette situation, qui dure depuis plus de deux ans , continue d’interroger les consciences et d’alimenter les débats, aussi bien au sein du pays qu’à l’extérieur.

Or, à plusieurs reprises, le Président du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, a placé son action sous le sceau de la réconciliation nationale, de la justice et surtout du pardon. Dans ses discours, il a exhorté les Nigériens à « oublier les rancunes du passé et à se pardonner mutuellement pour reconstruire ensemble la Nation ». Ces paroles fortes doivent aujourd’hui trouver leur traduction concrète dans les actes.

La libération de l’ancien président Bazoum serait non seulement un geste d’apaisement, mais aussi un symbole de grandeur morale et politique. Elle montrerait au monde que le Niger nouveau, né du sursaut du 26 juillet, n’est pas une nation de vengeance, mais un pays attaché à la dignité humaine, au respect du droit, et à la cohésion nationale.

En effet, si la transition actuelle se veut celle du redressement et de la refondation, elle ne peut ignorer les principes de justice équitable et d’humanité. Le maintien prolongé en détention d’un ancien chef d’État, sans jugement ni perspective claire, risque d’entacher l’image d’un pouvoir qui, pourtant, a conquis la confiance populaire par son discours d’unité et de rupture avec les pratiques du passé.

Au-delà de la personne de Bazoum Mohamed, c’est une valeur fondamentale de notre vivre-ensemble qui est en jeu : celle du pardon véritable, condition sine qua non d’une paix durable. En libérant l’ex président, le CNSP enverrait un message fort aux Nigériens et à la communauté internationale : celui d’un pouvoir confiant, souverain et tourné vers l’avenir.

Car, au fond, pardonner n’est pas faiblir ; c’est affirmer sa force morale et sa hauteur de vue. Et le Général Tiani, qui a su conquérir les cœurs par sa parole de réconciliation, ne saurait mieux incarner cette sagesse qu’en posant cet acte d’apaisement, attendu par beaucoup comme un tournant symbolique dans la transition.

LA VOIE DU SAHEL