Me Mamadou Ismaïla KONATÉ sur le coup d’État au #Benin

Me Mamadou Ismaïla KONATÉ sur le coup d’État au #Benin

🇧🇯Quand l’anti-impérialisme se perd : l’impasse morale de ceux qui acclament les putschsLa situation béninoise suscite à la fois inquiétude et consternation. Que la gouvernance du président Patrice Talon soit critiquée – et elle l’est légitimement à bien des égards – ne peut, en aucune manière, justifier l’adhésion complaisante ou l’enthousiasme coupable face à un coup d’État militaire.

Partout, en Afrique comme ailleurs, le renversement d’un ordre constitutionnel est un crime contre la République.L’étonnement est d’autant plus profond qu’il émane de ceux qui se réclament d’un panafricanisme de combat, dénonçant l’impérialisme, les résidus coloniaux et les racismes structurels. Comment peut-on lutter contre la domination extérieure et applaudir simultanément une confiscation interne du pouvoir par la force ? Comment défendre les peuples tout en légitimant ce qui les prive de leur souveraineté constitutionnelle ?

Les prises de position de Kémi Séba, de Nathalie Yamb et de leurs cercles, diffusées avec empressement sur les réseaux sociaux, traduisent moins une vision politique qu’un réflexe d’échappatoire : contourner la légalité, se soustraire à l’exigence de justice. Nul ne saurait accéder à la vertu démocratique en fréquentant les palais provisoirement dorés de putschistes usurpateurs.

La démocratie n’est pas un slogan, encore moins une parade numérique. Elle est une conquête lente, patiente, humaine. Elle exige du courage, des institutions fortes, des contre-pouvoirs, et un attachement rigoureux à la règle de droit. Elle se construit dans l’effort, non dans l’abandon, dans le débat, non dans la violence.

Ceux qui se livrent au putsch, qui piétinent les normes et anéantissent la légalité, s’exposent à la sanction la plus lourde : répondre devant la justice, y compris la justice martiale lorsque la loi l’exige. L’histoire africaine est trop marquée par les ruptures pour que l’on glorifie encore ceux qui les perpétuent.

L’heure n’est pas à la danse autour des braseros militaires. Elle est à la lucidité. On ne bâtit jamais un État de droit en applaudissant ceux qui l’abattent.

#DémocratieNonNégociable

#NonAuxPutschistes

#AfriqueDeLEtatDeDroit

LA VOIE DU SAHEL