Niamey : la destruction des commerces informels relance le débat sur l’économie de survie

Niamey : la destruction des commerces informels relance le débat sur l’économie de survie

Par La Voie du Sahel

À Niamey, les autorités régionales ont lancé depuis quelques jours une vaste opération de libération des voies publiques. Plusieurs dizaines de petits commerces informels, installés le long des grandes artères de la capitale, ont été démolis. Objectif ,assainir la ville et fluidifier la circulation. Mais sur le terrain, la mesure suscite colère et désarroi parmi les commerçants touchés.
Destruction soudaine et pertes économiques.
Sur la route de Nigelec, menant à Koubia ou encore au village de la francophonie, tout comme sur la voie du rond point Ena allant à l’échangeur Mali Bero des boutiques entières ont été démolies. Étals de fruits, kiosques de téléphonie ou petits restaurants de rue : rien n’a été épargné.
Pour de nombreux commerçants, cette opération est une véritable catastrophe. « Nous n’avons pas été prévenus, tout a été détruit en une matinée », confie un vendeur de friperie rencontré sur place. Certains disent avoir perdu l’investissement de plusieurs années.
Entre ordre urbain et économie populaire
Du côté de la mairie, on justifie la mesure par la nécessité de rendre la capitale plus sûre et plus attractive. Les autorités affirment que l’occupation anarchique des trottoirs gêne la circulation et nuit à la propreté urbaine.
Mais pour de nombreux observateurs, la question dépasse le simple cadre de l’assainissement. L’économiste nigérien Oumarou Moussa rappelle que « le secteur informel représente plus de 60 % de l’activité économique de Niamey et contribue significativement au PIB national ».
Des voix s’élèvent pour un accompagnement social
La principale critique formulée à l’encontre de l’opération concerne l’absence de sites de recasement ou d’alternatives concrètes pour les commerçants déplacés.
« Il faut assainir la ville, oui, mais pas au prix de la précarité sociale », estime une syndicaliste du secteur informel. Certains acteurs de la société civile plaident pour la création de marchés périphériques aménagés, où les petits commerçants pourraient s’installer légalement.
Un impact durable sur la vie quotidienne
En attendant d’éventuelles solutions, plusieurs centaines de vendeurs se retrouvent sans revenus. Beaucoup envisagent de se réinstaller ailleurs, parfois dans des zones non autorisées.
Une réalité qui illustre la fragilité de l’économie urbaine nigérienne, encore largement dominée par le secteur informel et l’auto-emploi.
En résumé :
Plusieurs commerces informels détruits à Niamey dans le cadre d’une opération d’assainissement.
Les commerçants dénoncent une décision brutale, sans solution de recasement.
Le secteur informel représente plus de 60 % de l’économie urbaine de la capitale.
Les experts appellent à une approche plus inclusive et à un accompagnement social.
La Voie du Sahel.

LA VOIE DU SAHEL