Le 22 septembre 2026, assisté de ses avocats, Me Lirwana a été présenté au parquet près le Tribunal de grande instance hors classe de Niamey qui l’a poursuivi pour « diffusion de données de nature à troubler l’ordre public » (article 31 de l’ordonnance N2024-28 sur la cybercriminalité). Me Lirwana a ensuite été placé sous mandat de dépôt et transféré à la maison d’arrêt de Niamey le même jour. À ce stade, aucune communication officielle n’a été faite ni par l’institution judiciaire ni par le Barreau du Niger quant aux motifs précis et au fondement exact de la procédure, mais celle-ci ferait suite à une publication de Me Lirwana Abdourahamane sur Facebook en date du 12 septembre 2026 dans laquelle il s’est exprimé sur l’état de l’armée nigérienne. La date de son jugement a été fixée au 30 septembre 2026. Si Me Lirwana est condamné, il risque 2 à 5 ans de prison.
Le 21 septembre 2026, Me Lirwana s’était rendu à la Direction de la Police judiciaire de Niamey sur convocation où il a été placé en garde à vue.
L’Observatoire rappelle que Me Lirwana avait déjà fait l’objet, en 2018, de poursuites judiciaires après sa participation à des manifestations contre la loi de finances. Me Lirwana avait alors été détenu plusieurs mois avant d’être condamné, en juillet 2018, à une peine de prison de 24 mois partiellement assortie du sursis, à laquelle s’était ajoutée une poursuite pour « outrage à magistrat ».
L’Observatoire rappelle également que cette nouvelle procédure intervient dans un contexte caractérisé, depuis le coup d’État du 27 juillet 2023, par le rétrécissement de l’espace civique et des atteintes répétées aux droits fondamentaux de la société civile et de toutes voix dissidentes au Niger. À maintes reprises, les droits à la liberté d’expression, d’opinion, d’association, de réunion et de manifestation ont été violés, notamment à travers des arrestations et détentions arbitraires de défenseur·es des droits humains, dont M. Moussa Tchangari, détenu arbitrairement depuis le 3 décembre 2024.
L’Observatoire dénonce la détention arbitraire et le harcèlement judiciaire dont fait l’objet Me Lirwana, en ce qu’ils ne visent qu’à le punir pour ses activités légitimes de défense des droits humains, et en particulier pour l’exercice de sa liberté d’expression.
En effet, le Niger, en tant qu’État partie au Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), est tenu de respecter et de garantir le droit à la liberté d’expression, consacré à l’article 19 du Pacte. Cette liberté est également protégée par l’article 9 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, à laquelle le Niger est également partie.
L’Observatoire appelle les autorités nigériennes à procéder à la libération immédiate et inconditionnelle de Maître Abdourahamane Lirwana et à s’assurer que tou·tes les défenseur·es des droits humains, les opposant·es politiques, les représentant·es de la société civile et les journalistes soient protégé·es contre toutes les formes d’intimidations, de harcèlements, d’arrestations et de détentions arbitraires en raison de leurs activités légitimes de défense des droits humains.
Actions requises :
L’Observatoire vous prie de bien vouloir écrire aux autorités nigériennes en leur demandant de :
Garantir l’intégrité physique et psychologique de Me Lirwana en toutes circonstances, ainsi que de l’ensemble des défenseur·es des droits humains nigérien·nes ;
Veiller au strict respect des droits de la défense et des garanties procédurales de Me Lirwana tels que garantis par les instruments internationaux ratifiés par le Niger et notamment de l’Article 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) s’agissant du droit à un procès équitable ;
Clarifier sans délai les faits précis qui lui sont reprochés, le fondement légal de la procédure et les publications visées ;
Mettre fin à toute forme de harcèlement judiciaire visant les avocat·es et défenseur·es des droits humains au Niger en raison de l’exercice de leur liberté d’expression ;
Garantir, en toutes circonstances, le respect des droits humains et des libertés fondamentales au Niger, en particulier la liberté d’expression et d’opinion, conformément aux engagements internationaux du pays.
Adresses :
• Général d’armée Abdourahamane Tiani, Président du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie, Email : communication@presidence.ne ; X : @PresidenceNiger, @NIGER_CNSP
• M. Alio Daouda, Ministre de la Justice et des droits de l’Homme, Garde des sceaux du Niger, Email : ministere.justice@justice.gouv.ne, X : @ministere_niger
• S.E. M. Alhassane Idé, Ambassadeur, Mission permanente du Niger auprès de l’Union européenne, Email : info@ambaniger-bruxelles.be, ambassadedunigerbelgique@yahoo.be
• S.E. M. Ado Garba, Représentant permanent du Niger, Mission permanente du Niger auprès des Nations unies à Genève, Email : missionduniger1@gmail.co
Prière d’écrire également aux représentations diplomatiques du Niger dans vos pays respectifs.
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Paris-Genève, le 29 septembre 2026
Merci de bien vouloir informer l’Observatoire de toutes actions entreprises en indiquant le code de cet appel.
L’Observatoire, partenariat de la FIDH et de l’OMCT, a vocation à protéger les défenseur·es des droits humains victimes de violations et à leur apporter une aide aussi concrète que possible. La FIDH et l’OMCT sont membres de ProtectDefenders.eu, le mécanisme de l’Union européenne pour les défenseur·es des droits humains mis en œuvre par la société civile internationale.
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