Niger : fin du premier trimestre scolaire 2025-2026, des milliers de contractuels sans salaire

Niger : fin du premier trimestre scolaire 2025-2026, des milliers de contractuels sans salaire

La voie du Sahel/ Niamey,23/12/2025.

Société : Éducation, Santé.
Alors que le premier trimestre de l’année scolaire 2025-2026 s’achève au Niger, la situation sociale de nombreux contractuels de l’éducation et agents de santé demeure particulièrement préoccupante. Plusieurs milliers d’entre eux n’ont toujours pas perçu leurs pécules, avec des arriérés de salaires allant de trois à quatre mois.
Dans les écoles comme dans les centres de santé, ces agents assurent pourtant un service public essentiel, souvent dans des conditions difficiles, notamment en zones rurales et périphériques. Mais à la fin de ce premier trimestre, l’absence de rémunération plonge de nombreuses familles dans une précarité extrême.
Une situation sociale jugée dégradante
Pour de nombreux contractuels, l’attente prolongée des salaires n’est pas seulement une difficulté administrative : elle devient une épreuve humaine et sociale. Sans revenus réguliers, certains enseignants et agents de santé peinent à subvenir aux besoins élémentaires de leurs foyers, notamment l’alimentation, le logement et la scolarisation de leurs propres enfants.
Dans plusieurs localités, des témoignages font état d’agents contraints de s’endetter, de vendre leurs biens ou de dépendre de la solidarité familiale et communautaire. Une situation que beaucoup qualifient de dégradante, voire humiliante, pour des travailleurs investis dans des secteurs aussi vitaux que l’éducation et la santé.
Un impact sur le service public
Cette précarité persistante n’est pas sans conséquences sur le fonctionnement des services publics. La démotivation gagne certains établissements scolaires et structures sanitaires, fragilisant davantage des secteurs déjà confrontés à un manque de moyens humains et matériels.
Des observateurs redoutent que la répétition de ces retards de paiement n’affecte durablement la qualité de l’enseignement et des soins, au détriment des populations les plus vulnérables.
Des attentes fortes vis-à-vis des autorités
Face à cette situation, les agents concernés et leurs organisations appellent les autorités à régler urgemment les arriérés et à mettre en place des mécanismes durables pour éviter la récurrence de tels retards. Ils estiment que le respect des engagements salariaux est une condition essentielle pour préserver la dignité des travailleurs et la continuité du service public.
À l’heure où le Niger s’efforce de renforcer sa souveraineté et sa résilience sociale, la question du paiement régulier des contractuels de l’éducation et de la santé apparaît plus que jamais comme un enjeu de justice sociale et de stabilité nationale.

Abdoulkarim Ousmane Mahamadou