Niger : la pénurie de gaz domestique asphyxie les ménages

Niger : la pénurie de gaz domestique asphyxie les ménages

Depuis plusieurs semaines, les Nigériens peinent à se procurer du gaz butane, une denrée devenue rare dans les points de vente officiels comme informels. Entre flambée des prix, files d’attente interminables et recours au charbon, la situation inquiète les ménages et interpelle les autorités.

Une pénurie qui s’installe dans la durée

À Niamey comme dans plusieurs grandes villes du pays, les bouteilles de gaz se font de plus en plus rares. Dans certains quartiers, il faut patienter plusieurs jours avant d’espérer remplir une bonbonne. « Cela fait une semaine que je fais le tour des stations sans succès », confie Hadiza, mère de quatre enfants. La situation, selon plusieurs revendeurs, résulte d’une rupture d’approvisionnement au niveau des dépôts principaux.

Des prix en hausse et des ménages à bout

Cette pénurie a provoqué une flambée des prix sur le marché parallèle. Le coût de la recharge de 6 kg, habituellement vendu autour de 2 500 francs CFA, dépasse aujourd’hui les 5 000 francs CFA, voire plus dans certaines zones. Une situation intenable pour de nombreuses familles déjà confrontées à la cherté de la vie. Beaucoup se résignent à revenir au charbon de bois ou au bois de chauffe, accentuant ainsi la pression sur l’environnement.

Les causes d’un déséquilibre

Selon des sources proches du secteur de l’énergie, cette rareté serait liée à des retards dans la distribution du gaz issu du site de Soraz, la raffinerie nationale, combinés à une hausse de la demande domestique. Certains évoquent aussi des problèmes logistiques et un manque de coordination entre les acteurs de la chaîne d’approvisionnement.

L’appel à une solution durable

Face au mécontentement croissant des citoyens, les autorités assurent suivre la situation de près. Le ministère du Pétrole et des Énergies a annoncé des mesures pour renforcer la distribution et stabiliser le marché. Mais sur le terrain, les ménages attendent des actions concrètes.

Pour beaucoup, cette pénurie récurrente illustre la nécessité de repenser la politique énergétique nationale, en diversifiant les sources d’approvisionnement et en améliorant les capacités de stockage. En attendant, les Nigériens continuent de subir les conséquences directes d’un manque qui pèse lourdement sur leur quotidien.

Abdoulkarim Ousmane Mahamadou