Niger : quand l’Eau communément appelée »Pure water” devient un poison silencieux
À Niamey, ils sont des milliers chaque jour à tendre quelques pièces pour un petit sachet givré de « Pure Water ». À 50 francs CFA, c’est le breuvage des petits moyens, la promesse d’un instant de fraîcheur sous la chaleur accablante. Mais derrière ce geste banal se cache une réalité bien plus sombre : celle d’un danger sanitaire majeur révélé par une enquête de l’Agence nigérienne de normalisation, de métrologie et de certification (ANMC).

Une enquête qui fait froid dans le dos
Au Niger comme dans de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest, l’eau en sachet — communément appelée « Pure Water » — est devenue une réponse populaire à la rareté de l’eau potable et à la faiblesse du réseau de distribution.
Accessible à moins de 50 francs CFA, elle représente pour des milliers de ménages à faibles revenus la seule alternative quotidienne à l’eau du robinet ou à l’eau minérale en bouteille, jugées trop coûteuses.
Mais ce marché, largement informel, échappe souvent à tout contrôle sanitaire. Dans des villes comme Niamey, Cotonou, Lomé ou Ouagadougou, la prolifération d’unités artisanales non agréées pose un sérieux défi de santé publique.
Les études menées dans plusieurs pays de la sous-région ont révélé la présence récurrente de coliformes fécales, de métaux lourds et de nitrates dans ces eaux de consommation.
En 2023, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) alertait déjà sur la pollution croissante des eaux de boisson non traitées en Afrique, soulignant que les maladies hydriques: diarrhées, typhoïdes, choléra restent parmi les principales causes de mortalité infantile dans la région.
Face à l’explosion de la demande, les autorités sanitaires ouest-africaines tentent de renforcer les contrôles, sans toujours disposer des moyens nécessaires.
L’enjeu est double : garantir une eau accessible et bon marché, sans sacrifier la santé publique.

