Synthèse du Panel de Haut Niveau sur la Souveraineté Nationale et la Refondation Institutionnelle au Niger, tenu les 06 et 07 décembre 2025

Synthèse du Panel de Haut Niveau sur la Souveraineté Nationale et la Refondation Institutionnelle au Niger, tenu les 06 et 07 décembre 2025

➡️ Placée sous la modération éclairée de Mr Mashoul Yaro Ali, activiste politique engagé, promoteur de la démocratie et de la participation citoyenne, et président de l’ONG SNACC, cette rencontre de 48 heures a constitué un espace d’échanges intenses et structurés.

Elle a mobilisé de nombreux acteurs issus de l’administration publique et parapublique, des organisations de la société civile, du monde académique, des professionnels des médias et d’autres experts, autour de deux grandes thématiques. Ces discussions ont permis d’identifier des pistes concrètes visant à renforcer la souveraineté nationale, consolider la refondation institutionnelle et poser les bases d’un Niger prospère et durable.

▶️ Thème 1* Souveraineté nationale et refondation institutionnelle au Niger*

➡️ Intervenant principal Dr Abdourahamane Assoumane politologue, spécialiste du droit administratif et de la communication politique, et enseignant-chercheur à l’Université Islamique du Niger.

Expert en droits de l’homme et en droit international humanitaire accrédité auprès du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, il possède une solide expérience dans la consolidation de la paix depuis 2016. Il intervient également dans les domaines de la gouvernance administrative et de la cohésion sociale, et assure la fonction de point focal du projet Cohésion Sociale HACP/PAM.

Dans sa communication, Dr Abdourahamane Assoumane a défini la souveraineté nationale comme le pouvoir du peuple et la capacité de l’État à décider librement selon ses intérêts fondamentaux.

La refondation institutionnelle, quant à elle, consiste à réorganiser et renforcer les institutions afin d’améliorer la gouvernance, l’État de droit et la participation citoyenne, tout en intégrant les réalités socioculturelles du pays.

Il a rappelé que cette refondation ne peut réussir sans une transformation profonde des mentalités et l’émergence d’un citoyen responsable, engagé et conscient de son rôle dans le développement national. Les orientations proposées visent à construire un État plus efficace, une justice indépendante, un système politique assaini et un dialogue renforcé entre l’État et les citoyens pour consolider durablement la souveraineté nationale.

➡️ Réactions et contributions des participants issues de la première comminucation

• Mr Souley Boukar a salué la qualité de l’exposé et recommandé de renforcer l’éducation nationale et la formation professionnelle pour préparer un citoyen apte à accompagner la refondation.

• Dr Ibrahim Ousmane a insisté sur l’exemplarité, l’humilité, la transparence et la reddition de comptes comme repères essentiels de la gouvernance.

• Grand Frère TSA* a souligné que la refondation doit commencer par les dirigeants eux-mêmes, qui doivent renoncer aux privilèges et à la flatterie.

Il a félicité la plateforme pour sa maturité et sa capacité à accueillir la contradiction constructive.

•Mr Elhadji Hima a interrogé l’existence d’un ministère fort dédié à la refondation, rappelant que la population résiste souvent au changement, ce qui nécessite des actes concrets et visibles. Il a également évoqué les faibles retombées de l’exploitation minière pour les communautés locales.

• Mr Soumaila Mahamadou alias Malan a affirmé que l’application des propositions permettrait de rendre la souveraineté nationale pleinement effective.

• Mr Issoufou Maman* a rappelé que la souveraineté commence par un changement profond des mentalités et des comportements.

• Mr Lawal Abdoulaye a clarifié le statut de ministre d’État, souligné la nécessité d’un ministère structuré pour piloter les réformes, dénoncé la censure et appelé au respect de l’expression des minorités.

Il a également plaidé pour une diplomatie fondée sur des intérêts équilibrés et dénoncé l’absence de retombées concrètes de l’exploitation minière pour la région d’Agadez.

• Mr Abdourahamane Ly a recommandé la création d’une direction de la refondation dans chaque ministère afin d’assurer sa transversalité.

• Mr Laouan Salaou Elhadji Ismaël a insisté sur la nécessaire appropriation collective de la Charte de la Refondation par les citoyens et les dirigeants.

• Honorable Kalla Mountari a interrogé la souveraineté réelle sous un régime militaire et rappelé que la refondation doit dépasser les slogans politiques en s’appuyant sur l’analyse des expériences passées.

• Mr Amani Magagi et Mr Bio Abdourahamane ont souligné que la refondation exige des institutions solides, crédibles et inclusives.

• Mr Ingay Issoufou a encouragé la régulation des échanges pour enrichir le débat et renforcer la solidarité citoyenne.

• Dr Hadjia Hadiza Jackou a félicité l’exposé pour sa clarté et souligné le rôle crucial des institutions et des individus dans le succès de la refondation.

• Mr Assaleh Mahamadou a distingué refondation et révolution, insistant sur l’importance d’un diagnostic rigoureux et de la justice pour garantir la stabilité institutionnelle.

• Mr Yahaya Mahamadou a rappelé que la refondation comporte deux dimensions : restructuration de l’État et transformation de la société, et a insisté sur la réforme éducative, morale et scientifique. • Mr Rabilou Salissou a encouragé le conférencier pour la pertinence et la qualité de son intervention.

☑️Les administrateurs ont rappelé que certaines interventions ont été retirées pour non-respect du règlement intérieur, et ont souligné que la plateforme doit rester un espace d’échanges constructifs, ouverts à la contradiction mais jamais aux règlements de comptes. Le respect, la discipline et la responsabilité collective sont essentiels pour maintenir la qualité des débats.

Le conférencier a conclu en saluant la richesse et la diversité des échanges et a lancé un appel vibrant à l’unité et à la mobilisation générale autour des idéaux de la refondation, affirmant que cette démarche constitue une opportunité historique pour bâtir un Niger souverain, stable et tourné vers le progrès.

▶️ Thème 2 Souveraineté économique et gestion des ressources naturelles au Niger – Enjeux et Perspectives

➡️ Intervenant principal Mr Chaibou Ousmane, economiste et coordinateur du Cadre Citoyen de Réflexion pour la Promotion des Acquis Démocratiques (CCR-PAD), expert en droits de l’homme, libertés fondamentales et gouvernance administrative, il s’est également illustré dans le mouvement estudiantin au sein de l’Union des Scolaires Nigériens (USN).

Mr Chaibou Ousmane a expliqué que, malgré l’abondance de ses ressources minières et énergétiques, le Niger peine à transformer cette richesse en moteur de développement. La dépendance aux marchés mondiaux, la faiblesse des contrats d’exploitation et certaines limites de gouvernance réduisent les retombées économiques pour la population.Il a souligné l’importance des réformes pour renforcer la souveraineté économique, notamment par la maîtrise nationale des chaînes de valeur, la création et consolidation d’entreprises publiques stratégiques et l’amélioration du cadre législatif et institutionnel. Il a rappelé que la souveraineté économique est un processus long, fondé sur vision, cohérence, rigueur et refondation progressive de l’État.*➡️ Réactions des participants issues de la deuxième comminucation

• Mr Ingay Issoufou a recentré la discussion sur les ressources minières, rappelant le rôle stratégique de l’uranium et la prévention réussie des conflits fonciers par l’État.

• Grand Frère TSA a mis en évidence les rivalités géopolitiques autour de l’uranium et du pétrole et insisté sur la discipline collective, la transparence et la responsabilité institutionnelle.

• Dr Abdourahamane Assoumane a apprécié la pertinence du thème et le lien établi entre économie extractive et refondation institutionnelle.

• Mr Issa Allassane a insisté sur le renforcement des capacités nationales et évoqué des projets structurants comme Kandadji et Salkadamna pour assurer l’autonomie économique.

• Mr Yahaya Mahamadou a souligné la nécessité d’une architecture économique cohérente, d’une gouvernance transparente et de diversification économique pour réduire la vulnérabilité aux fluctuations mondiales.

• Mr Ibrahim Boubacar et Mr Gambo Malan Ibrahim ont félicité le conférencier pour la pertinence et la profondeur de son intervention.

• Dr Ibrahim Ousmane a salué le caractère engagé de l’intervention et a souligné la mauvaise gouvernance des ressources naturelles au Niger, marquée par un manque de transparence et une redistribution insuffisante des bénéfices au profit de la population.Le conférencier a conclu que la souveraineté économique est un processus graduel, nécessitant vision, discipline et transformation des comportements, et a insisté sur la centralité de l’homme pour faire des ressources naturelles un véritable levier de développement.

▶️ Conclusion générale

Les deux communications ont montré que souveraineté nationale et souveraineté économique sont étroitement liées et se renforcent mutuellement. Les participants ont souligné que la refondation institutionnelle est la condition sine qua non pour garantir stabilité, transparence et participation citoyenne, éléments essentiels à la légitimité et à l’efficacité de l’État. Parallèlement, la gestion stratégique des ressources naturelles apparaît comme un levier essentiel pour consolider l’autonomie économique, diversifier l’économie et transformer la richesse du sous-sol en bénéfices concrets pour la population.

Les propositions convergent vers une vision claire et partagée : bâtir un Niger souverain, résilient et prospère nécessite l’articulation harmonieuse entre institutions solides et responsables, exploitation durable et équitable des ressources, et engagement citoyen.

Cette approche intégrée permettra de réduire la dépendance extérieure, assurer une redistribution équitable des richesses et transformer les ressources naturelles en moteur de développement durable, consolidant à la fois stabilité institutionnelle et souveraineté économique.

LA VOIE DU SAHEL