Niamey 1 an de prison ferme requis contre une infirmière ‘’TIKTOKEUSE’’

Niamey 1 an de prison ferme requis contre une infirmière ‘’TIKTOKEUSE’’

(Quotidien L’Enquêteur du Mercredi 26 Novembre 2025)

Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Niamey.

Audience des flagrants délits du mardi 25 novembre 2025. À la barre, une infirmière d’une vingtaine d’années, mariée et mère d’un bébé de 4 mois qu’elle porte dans son dos. Interpellée par la police, à Niamey, elle est déférée au Parquet le 17 novembre dernier, puis écrouée, poursuivie pour mise en danger de la vie d’autrui dans le cadre de l’exercice de l’O’Shot.

L’O’Shot, ou Orgasm Shot, est une procédure médicale qui consiste à injecter du plasma riche en plaquettes (PRP) dans des zones érogènes du vagin — notamment le point G et le clitoris — afin de stimuler la régénération des tissus.
En quoi elle consiste :
– on prélève du sang de la patiente,
– on en extrait le PRP,
– puis on l’injecte dans les zones ciblées après anesthésie locale.
Ses avantages possibles :
– augmentation du désir sexuel,
– orgasmes plus intenses et plus fréquents,
– amélioration de la lubrification,
– réduction de certaines formes d’incontinence urinaire,
– rajeunissement des tissus vaginaux.
C’est une technique de médecine intime qui promet un mieux être sexuel, mais qui doit être pratiquée par un professionnel qualifié.

Des faits

Infirmière de formation, la prévenue était connue sur Tik Tok où elle animait une page dédiée aux aphrodisiaques traditionnels, qu’elle vendait. Après une formation de six mois, puis de deux mois en O’Shot, elle a commencé à proposer ses services en la matière. Cette pratique générant de l’agitation sur les réseaux sociaux, le Parquet, gardien de l’ordre public, réagit. La police interpelle l’infirmière. Elle sera poursuivie pour mise en danger de la vie d’autrui. Ces faits sont prévus et punis par le code pénal en son article 230, alinéa 1 : (Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003). “Le fait d’exposer directement autrui à un risque immédiat de mort ou des blessures de nature à entraîner une mutilation ou une infirmité permanente, par violation manifestement délibérée d’une obligation particulière de sécurité ou de prudence imposée par la loi ou le règlement, est puni d’un an à deux ans d’emprisonnement et d’une amende de 20.000 à 200.000 francs”.

À la barre

La prévenue ne reconnait pas les faits qui lui sont reprochés. Dès lors, la présidente de l’audience va la soumettre à une batterie de questions aux fins de mieux cerner les faits. À la question de la présidente de savoir si l’O’Shot présentait des inconvénients, la mise en cause répond : “Je ne connais pas d’inconvénient à cette pratique”. Dans ses réquisitions, le ministère public va mettre en doute le sérieux de la formation en O’Shot suivie par la prévenue. Il affirme que cette pratique est un danger de santé publique, en ce sens qu’elle présente bien des inconvénients pour les patientes, inconvénients que celles-ci ignoraient. Pour le parquet, les faits reprochés à la prévenue sont bien constitués. Aussi, il demande au tribunal de la déclarer coupable et, en répression, de la condamner à 1 an d’emprisonnement ferme.

Du côté de la défense, trois avocats sont mobilisés. Ils qualifient les réquisitions de suppositions. Ils tentent de démontrer que l’infraction n’est pas constituée. “Le parquet n’a pas apporté la preuve de ce qu’il y a eu une mise en danger de la vie d’autrui. Et d’ailleurs, il n’y a pas de plaignante dans cette affaire”. Les robes noires ont demandé au tribunal la relaxe pure et simple de leur cliente, ou, à défaut, la clémence. “En voulant corriger certaines erreurs de notre société, ne faites pas de ce bébé de 4 mois une victime collatérale en condamnant sa mère à une peine privative de liberté”, ont conclu les avocats.

Jugement en délibéré

Après avoir pris note des arguments de droit de toutes les parties, le tribunal a mis son jugement en délibéré. Le verdict est attendu pour le 2 décembre prochain. Affaire à suivre…

✍️ Droit M.H, l’Enquêteur

LA VOIE DU SAHEL