Revue de presse Niger – 02/03/2026
Diffa : Une importante quantité d’armes et de munitions saisie auprès des insurgés du MPLJ – ANP – 01/03
Plus de 47.000 cartouches, 10 armes de guerre, des roquettes et quatre véhicules ont été saisis auprès des rebelles du Mouvement Populaire pour la Liberté et la Justice (MPLJ) lors de deux opérations distinctes menées récemment par les Forces de défense et de sécurité (FDS) dans la région de Diffa.
Le Gouverneur de la région, le Général de Division Mahamadou Ibrahim Bagadoma s’est rendu, ce dimanche 1er mars 2026 à la Zone de défense n°5, au poste de commandement de l’opération « Nalewa Dolé », pour constater de visu l’arsenal récupéré et féliciter les troupes.
Au cours de cette visite, les responsables militaires ont présenté au Gouverneur Bagadoma cet important lot d’armements et de matériels logistiques saisis à l’issue d’opérations menées dans le cadre de « Nalewa Dolé », à N’Guigmi et dans le bloc pétrolier d’Agadem, suite notamment à la riposte contre l’attaque inventée le 10 février dernier contre la position de Jibela, dans le département de N’Gourti, par des éléments du mouvement rebelle MPLJ affilié à Moussa Kounay.
Présentant le bilan de la première opération, le Lieutenant-colonel Ari Foukori, commandant du 53ème Bataillon Inter-Armes (BIA) de N’Guigmi, a indiqué que les 26 et 27 février 2026, les FDS de la garnison de N’Guigmi ont conduit une opération ayant abouti au démantèlement d’un réseau de ravitaillement en armes et munitions au profit des groupes terroristes, notamment Boko Haram.
Cette intervention a permis l’interpellation de quatre individus, dont deux étrangers.
Le matériel saisi comprend notamment 9 fusils AK-47 ; 1 pistolet automatique ; 47.040 cartouches de
7,62×54 mm ; 1.730 cartouches de 7,62×39 mm ; 85 cartouches de calibre 12,7×108 mm ; une antenne Starlink ; cinq téléphones portables et un téléphone satellitaire Thuraya, et une somme de 13.500.000 FCFA (Afrique centrale) et 1.200.000 nairas.
S’y ajoutent deux véhicules ravitailleurs (une Toyota Hilux double cabine et une Toyota Land Cruiser), tandis qu’un troisième véhicule a été détruit au cours de l’opération.
La seconde présentation a été faite par le Colonel Mahamadou Daye, commandant de la Circonscription régionale de la Garde nationale du Niger à Diffa.Il a rappelé que le 10 février 2026, des éléments du MPLJ de Moussa Kounay ont attaqué la position de Jibela, dans le bloc pétrolier d’Agadem, à bord de dix véhicules. « La riposte coordonnée de nos Forces de défense et de sécurité a permis de repousser l’ennemi, qui s’est replié à bord de neuf véhicules », a-t-il précisé.
Selon le chef militaire, le bilan fait état de : 1 véhicule récupéré ; 3 fusils AK-47 ; 3 roquettes, avant de déploré que trois blessés ont été enregistrés du côté des FDS, dont deux éléments des Forces armées nigériennes (FAN) et un de la Gendarmerie nationale.
Selon le Colonel Daye, « dans l’ensemble, la mission a été parfaitement coordonnée et constitue une réussite ».
Prenant la parole, le Gouverneur Mahamadou Ibrahim Bagadoma a salué la bravoure et le professionnalisme des Forces de défense et de sécurité. « Nos Forces de défense et de sécurité ont mené deux opérations récentes qui ont permis, d’une part, de repousser une attaque terroriste contre le champ pétrolier et, d’autre part, de démanteler un important réseau de trafiquants d’armes et de munitions », a-t-il déclaré.
Le Gouverneur a souligné que la saisie opérée constitue « pratiquement la plus importante réalisée ces derniers mois », avec plus de 47.000 cartouches, une dizaine d’armes, des roquettes, du matériel de communication et quatre véhicules exposés.
« Nous sommes venus ce matin rencontrer nos Forces de défense et de sécurité pour leur exprimer toute notre appréciation pour les actions qu’elles mènent au quotidien pour la sécurisation des personnes et de leurs biens », a-t-il affirmé.
Au nom des plus hautes autorités du pays, notamment le Président du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, le Premier Ministre Ali Mahaman Lamine Zeine, ainsi que les Ministres en charge de la Défense nationale et de l’Intérieur, il a adressé « ses encouragements et félicitations » aux FDS.
Le Gouverneur Bagadoma a rappelé que la région de Diffa demeure confrontée à des attaques terroristes, mais également à un trafic dangereux d’armes et de munitions destinées à déstabiliser les populations.
« Quelles que soient les intempéries, quelles que soient les conditions, nos Forces de défense et de sécurité sont sur le terrain, vigilantes et déterminées à mettre hors d’état de nuire tout ennemi de la Nation et du peuple nigérien », s’est-il réjoui.
Réitérant son « admiration » pour les FDS, le Gouverneur de Diffa les a exhortées à poursuivre leur noble mission au service de la sécurité et de la stabilité de la région de Diffa et de l’ensemble du Niger.
Niger: création d’une plateforme pour prendre en charge les migrants de retour – RFI – 28/02
Le Niger s’est doté samedi 26 février d’une plateforme nationale pour une prise en charge durable des migrants de retour. Avec l’aide financière de l’Union européenne et le soutien technique de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), il s’agit de mieux prendre en charge la détresse et les besoins des candidats à l’émigration qui ont été expulsés de leur pays d’accueil et renvoyés au Niger.
En Afrique subsaharienne, le Niger est l’une des voies importantes de la migration. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), ce sont plus de 4 millions de migrants qui ont été recensés, en 2025, sur une dizaine d’axes conduisant vers le nord de l’Afrique et, à terme, l’Europe.
Tous n’atteignent pas leur but – loin s’en faut – et l’urgence pour le Niger est de pouvoir accueillir et réintégrer ceux qui renoncent et rebroussent chemin.
Toujours selon l’OIM, au 31 janvier de cette année, le pays accueillait plus de 430 000 réfugiés et demandeurs d’asile, d’où l’importance de se doter d’outils permettant d’héberger et de réintégrer ces populations désemparées.
Une plateforme coordonnée avec les autorités de Niamey, l’Union européenne et l’OIM va donc se charger de l’accueil, de l’orientation, de la réintégration et du suivi des migrants nigériens de retour.
En 2025, ce nombre de migrants assistés au Niger a augmenté de 47 %, atteignant 20 194 candidats à l’immigration clandestine ayant fait machine arrière.
Niger: 25 membres d’un groupe d’auto-défense tués par le groupe État islamique dans la région de Tillabéry – RFI – 01/03
Issues de quatre villages dont les habitants sont contraints de s’organiser en milice armée pour se défendre contre les jihadistes, les victimes tuées le 26 février appartenaient au groupe d’auto-défense de l’Anzourou. Cette attaque intervient alors que les assauts des groupes terroristes sont réguliers dans la région de Tillabéry.
Au moins 25 civils appartenant au groupe d’auto-défense de l’Anzourou ont été tués, jeudi 26 février au Niger, dans le nord de la région de Tillabéry, frontalière avec le Mali.
Les miliciens veillaient sur leurs villages quand ils sont tombés dans une embuscade meurtrière tendue par des hommes armés du groupe État islamique, qui écument la zone. Tous étaient issus de quatre localités dont les habitants sont contraints de s’organiser en milice armée pour se défendre contre les attaques jihadistes, les forces de défense et de sécurité se révélant souvent incapables de les protéger.
Parfois même prises en étau entre l’armée et les jihadistes, ces populations ont déjà fait figure de victimes collatérales des attaques de drones lancées par la première contre les seconds.
Une région régulièrement prise pour cible par les jihadistes
Cette attaque contre le groupe d’auto-défense de l’Anzourou intervient alors que les assauts des groupes terroristes sont réguliers dans la région de Tillabéry, la plus meurtrie du pays. Il y a environ trois semaines, le camp de la garde nationale de la ville d’Ayorou, située à 25 kilomètres de la frontière avec le Mali, a ainsi été détruit par des jihadistes.
Juste avant, le groupe État islamique au Sahel avait lui revendiqué l’attaque contre l’aéroport international de Niamey, le 29 janvier dernier, dans laquelle des aéronefs et des drones de l’armée ont été détruits ou endommagés sur la base aérienne 101.
Libye: lors d’une incursion au Niger, les forces du maréchal Haftar libèrent 22 de ses soldats – RFI – 01/03
L’armée nationale libyenne (ANL) dirigée par le maréchal Khalifa Haftar qui contrôle l’est et le sud libyen, a annoncé jeudi 26 février avoir attaqué un groupe armé au Niger près de la frontière libyenne. La formation indiqué avoir réussi à libérer 22 de ses soldats emprisonnés par ce groupe, le 31 janvier 2026.
Lors de cette attaque, l’armée nationale libyenne déplore un mort dans ses rangs et indique qu’elle a fait des prisonniers parmi ses adversaires.
Ce sont les unités d’élite de l’ANL qui ont mené l’opération, directement supervisée par Saddam Haftar, vice-dirigeant de cette armée. C’est ce qu’indique un communiqué officiel qui précise que l’attaque a été rendue possible grâce à un travail minutieux de renseignement.
L’opération a permis de libérer les 22 soldats de l’ANL emprisonnés par les « révolutionnaires du sud libyen ». L’armée nationale libyenne revendique avoir visé des « terroristes », des « mercenaires » et des « gangs de tchadiens ».
« Nous ne sommes ni des gangs, ni des mercenaires. Nous sommes les enfants du sud », a indiqué à RFI, Mohamad Wardagou, dirigeant du groupe armé.
Selon nos informations, la force mixte tchado-libyenne formée, en octobre dernier « pour contrôler et sécuriser les frontières au sud », a été activée, dimanche 22 février, et une chambre d’opération commune a alors été inaugurée. Soixante véhicules armés flambant neufs sont sortis de l’aéroport de Waw pour se diriger vers la frontière avec le Niger et c’est cette force-là qui a mené l’attaque.
Les révolutionnaires du sud libyen, soutenus par Tripoli
Quant au groupe armé dirigé par Mohamad Wardagou, un Toubou de Mourzouk, ce dernier affirme que les frontières avec le Niger et l’Algérie sont toujours fermées. Il soutient avoir procédé lui-même à la libération des soldats de l’ANL, avant les affrontements parce qu’ils « sont tous des fils du Sud du pays » et « pour qu’ils puissent faire le ramadan avec leurs familles ». Ce groupe reconnaît par ailleurs avoir perdu deux de ses hommes et que d’autres, sans en préciser le nombre, ont été faits prisonniers par l’ANL.
Les révolutionnaires du sud libyen, soutenus par Tripoli, ont déjà revendiqué deux attaques contre l’ANL, depuis fin janvier. Ils accusent les forces de Haftar de diriger la contrebande d’essence et d’or à travers le triangle frontalier dit « Salvador ».
Des experts libyens soutiennent que ce groupe profite également du trafic transfrontalier et qu’une forte concurrence s’est installée avec la brigade Souboul al Salam, de l’ANL, active dans le désert et accusée de trafic par l’ONU.
Niger : Le bras de fer avec la France continue –Timbuktu Institute – 27/02
Le Général Abdourahamane Tiani propose de restituer à la France sa part d’uranium (63,4 %) issue d’un stock de 156 000 tonnes accumulé à la mine de la Somaïr avant sa nationalisation en juin 2025. Cette annonce, perçue comme un geste de clarification dans le bras de fer diplomatique entre Niamey et Paris, fixe néanmoins une limite stricte : tout l’uranium produit après la prise de pouvoir de la junte reste la propriété exclusive du Niger, les autorités affirmant avoir investi 24 milliards de francs CFA pour maintenir l’exploitation après le désengagement d’Orano. Ce positionnement illustre l’élan souverainiste du Niger sur ses ressources naturelles, alors que le contentieux judiciaire pour « expropriation » et préjudices environnementaux continue de s’envenimer entre les deux pays.
Algérie–Niger : Une visite officielle pour sceller la réconciliation
La visite officielle du Général Abdourahamane Tiani à Alger consacre la fin d’une « période anormale de froideur » et amorce une « relance prudente du dialogue bilatéral » après des mois de vives crispations liées au coup d’État de juillet 2023 et à la gestion migratoire. Accueilli avec les honneurs par le Président Abdelmadjid Tebboune, le chef de la transition nigérienne, soutenu par une délégation ministérielle de haut rang (Défense, Énergie, Pétrole), cherche à transformer cet apaisement diplomatique en un partenariat opérationnel solide. Au-delà du retour symbolique des ambassadeurs, l’enjeu est de réactiver des projets structurants tels que le gazoduc transsaharien (TSGP), l’interconnexion par fibre optique et la coopération sécuritaire frontalière, tout en repositionnant l’Algérie comme un médiateur régional incontournable face à l’isolement du Niger. Ce sommet témoigne d’un volontarisme politique mutuel visant à stabiliser l’espace sahélo-saharien, bien que la concrétisation de ces ambitions reste tributaire de la capacité des deux États à surmonter les pesanteurs administratives et les fragilités politiques locales.
Force unifiée de l’AES : Une montée en puissance à 6 000 hommes
Face à la recrudescence des menaces djihadistes et à l’utilisation par les « mercenaires » de technologies de pointe, le Général Abdourahamane Tiani a annoncé que l’effectif de la Force unifiée de l’Alliance des États du Sahel (AES) serait porté de 5 000 à 6 000 soldats. Cette augmentation stratégique vise à renforcer la capacité opérationnelle du Burkina Faso, du Mali et du Niger pour sécuriser l’espace sahélien, marqué par des attaques récentes comme celle contre l’aéroport de Niamey. Au-delà du simple accroissement des troupes, l’alliance mise sur une coordination accrue du renseignement, de la logistique et sur la sensibilisation des forces de défense à de nouveaux types de menaces asymétriques. Ce renforcement militaire s’accompagne d’une volonté d’intégration plus large, incluant la lutte contre la désinformation et la création d’institutions économiques communes, malgré des défis persistants liés au financement et à la mise en place d’un cadre supranational opérationnel.

