Revue de presse Niger – 03/02/2026

Revue de presse Niger – 03/02/2026

Attaque terroriste à Niamey : Moscou condamne fermement cette action et entend continuer sa coopération multiforme avec les pays de l’AES – ANP – 03/02  

La fédération de Russie a, dans un communiqué publié le lundi 02 février, condamné fermement l’attaque terroriste intervenue à l’aéroport Diori Hamani et à la base 101 de l’armée de l’air nigérienne de Niamey.

Le communiqué rappelle qu’un ‘’groupe de combattants armés (environ 40 individus) a mené une attaque armée contre l’aéroport international Diori Hamani, dans la capitale du Niger, Niamey, ainsi que contre la 101ᵉ base de l’armée de l’air nigérienne située à proximité, où est déployé le commandement opérationnel des Forces conjointes de la Confédération des États du Sahel (AES)’’, soulignant que ‘’la responsabilité de cet attentat a été revendiquée par le groupe « État islamique », actif dans la région saharo-sahélienne’’.

La Russie relève, par contre, que ‘’l’attaque a été repoussée grâce aux efforts conjoints de l’Africa Corps du ministère de la Défense de la Fédération de Russie et des forces armées du Niger, et que ‘’environ 20 terroristes ont été neutralisés, et des biens ainsi que des armes appartenant aux assaillants ont été saisis’’.

Le communiqué rappelle également que ‘’le Président de la République du Niger, A. Tiani, ainsi que le Ministre de la Défense nationale, S. Modi, se sont rendus sur le site où sont stationnés les militaires russes et leur ont exprimé personnellement leur reconnaissance pour le haut niveau de professionnalisme démontré’’.

‘’Moscou condamne fermement cette nouvelle action des extrémistes’’ déclare la Russie, notant qu’une ‘’attaque similaire avait déjà eu lieu en septembre 2024 contre l’aéroport de la capitale du Mali’’.

La fédération de Russie note que ‘’selon les informations disponibles, des forces extérieures seraient impliquées dans ces actions terroristes, en leur apportant un soutien technique et un encadrement opérationnel’’ et réaffirme sa volonté de ‘’continuer à développer une coopération multiforme avec les États de l’AES, y compris le Niger’’.

A cet effet, la Russie rassure qu’elle ‘’poursuivra sa contribution constructive au renforcement de la sécurité régionale, à la lutte contre le terrorisme, notamment par un appui à l’amélioration des capacités opérationnelles des forces armées nationales, ainsi que par la formation des militaires et des personnels des forces de l’ordre’’.

Banque mondiale au Niger : le Belge Johan A. Mistiaen, nouveau Directeur des opérations Actu Niger – 02/02  

Dans un communiqué publié le 1er février 2026, le Groupe de la Banque mondiale a annoncé la nomination de Johan A. Mistiaen au poste de responsable des opérations pour le Niger. À ce titre, M. Mistiaen dirigera les activités du Groupe de la Banque mondiale au Niger, dont celles de la Banque mondiale (BIRD et IDA), de la Société financière internationale (IFC) et de l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA), en étroite collaboration avec le gouvernement nigérien, les partenaires de développement, le secteur privé et la société civile pour faire avancer les priorités de développement du pays.

Le Groupe de la Banque mondiale a un nouveau responsable des opérations pour le Niger. Il s’agit de Johan A. Mistiaen, dont la nomination a été annoncée, dans un communiqué dimanche 1er février, par l’institution financière internationale, l’un des premiers partenaires stratégiques des autorités nigériennes.

« C’est un privilège de rejoindre notre équipe, nos clients et nos partenaires au Niger. Je me réjouis de la perspective de continuer à renforcer et enrichir notre solide partenariat avec le Niger et de mobiliser le soutien de l’ensemble du Groupe de la Banque mondiale pour soutenir les efforts du pays en faveur d’une croissance inclusive et de la création d’emplois plus nombreux et de meilleure qualité », a déclaré, suite à sa nomination, Johan A. Mistiaen, le nouveau responsable des opérations du Groupe de la Banque mondiale pour le Niger.

De nationalité belge, M. Mistiaen a rejoint le Groupe de la Banque mondiale en 2004 et a occupé de nombreux postes de direction, notamment celui de chef de service du pôle mondial d’expertise Pauvreté et équité pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Il a précédemment été chef du programme Croissance équitable, finance et institutions (EFI) au sein de l’unité de gestion-pays du Kenya à Nairobi et de l’unité de gestion-pays du Sénégal à Dakar. M. Mistiaen est titulaire de diplômes universitaires en biologie, économie et statistiques de l’Université de York (Royaume-Uni) et de l’Université du Maryland (ÉtatsUnis). Il a contribué à l’économie appliquée en publiant des articles dans des revues et en éditant des ouvrages, se concentrant sur la mesure du bien-être et les politiques visant à réduire la pauvreté et les inégalités.

La Banque mondiale, un partenaire de premier plan pour le Niger

Le portefeuille actif de la Banque mondiale (IDA) au Niger comprend 23 opérations (13 nationales et 10 régionales) pour un total d’environ 4,45 milliards de dollars d’engagements, avec des investissements dans les transports, l’eau, l’énergie et l’agriculture, ainsi qu’un soutien à la gouvernance, au capital humain, au développement urbain et social, à l’environnement et aux secteurs du numérique. Le portefeuille d’engagements d’IFC au Niger s’élève à 50 millions de dollars, principalement dans les infrastructures et la finance. La MIGA a des engagements de 2 millions de dollars dans le secteur de l’argent mobile et des engagements indirects par le biais d’opérations de prêt de la Banque ouestafricaine de développement.

Cérémonie officielle de lancement de l’atelier de formation en stratégie diplomatique – Actu Niger – 02/02  

La salle des banquets du Centre international de conférences Mahatma Gandhi a abrité, ce lundi 2 février 2026, la cérémonie officielle de lancement de l’atelier de formation en stratégie diplomatique, organisé par le Ministère des Affaires Étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’Extérieur, en collaboration avec le Ministère des Affaires Étrangères, de la Coopération Africaine et des Marocains résidant à l’Étranger, à travers l’Institut Marocain de Formation, de Recherche et des Études Diplomatiques (IMFRED), et en partenariat avec l’Agence Nationale de l’Économie des Conférences (ANEC).

Cette importante formation porte sur trois (3) thématiques majeures au cœur des enjeux diplomatiques contemporains : le soft power au service de la diplomatie, la diplomatie économique et le nation branding, ainsi que la diplomatie digitale et la communication d’influence. Elle vise à doter les cadres nigériens d’outils modernes permettraient de renforcer l’image, l’attractivité et l’influence du Niger sur la scène internationale.

Placée sous le patronage de Son Excellence Monsieur Bakary Yaou Sangaré, Ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’Extérieur, la cérémonie officielle de lancement s’est tenue en présence de plusieurs personnalités, parmi lesquelles les Secrétaires Généraux de la Présidence, de la Primature, du Conseil Consultatif de la Refondation (CCR), et les Secrétaires Généraux des Ministères sectoriels, ainsi que plusieurs Directeurs Généraux et responsables d’Agences de l’État.   

Procédant au lancement officiel de l’atelier, M. Issakou Souleymane, Secrétaire Général du Ministère des Affaires Étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’Extérieur, s’exprimant au nom du Ministre des Affaires Étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’Extérieur, a rappelé que « cette initiative s’inscrit dans la vision des plus hautes autorités nigériennes de bâtir une diplomatie agile, influente et résolument tournée vers l’avenir ».

Il a souligné que la maîtrise du soft power, de la communication numérique et du nation branding est devenue impérative dans un contexte international marqué par de profondes mutations géopolitiques et technologiques.

Le Secrétaire Général a également mis en relief le rôle central de la diplomatie dans la stratégie de la Confédération des États du Sahel (AES) et a insisté sur l’importance de former des cadres capables d’agir efficacement dans les arènes bilatérales, multilatérales et digitales.

Il a salué l’appui technique de qualité apporté par le Royaume du Maroc, ainsi que le rôle déterminant de l’ANEC dans l’organisation des activités du Ministère des Affaires Etrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’Extérieur.

S’adressant aux participants, il les a exhortés à tirer le meilleur profit de cette formation, afin de porter plus haut, avec impact et crédibilité, l’image, les intérêts et les valeurs du Niger. Il a enfin déclaré officiellement ouverts les travaux de l’atelier, avant de conclure par un vibrant hommage à la coopération nigéro-marocaine.

Le Chargé d’Affaires de l’Ambassade du Royaume du Maroc a, pour sa part, souligné l’importance stratégique de cette formation, qu’il a qualifiée de reflet d’une diplomatie moderne, proactive et tournée vers l’influence. Il s’est réjoui de la mise en œuvre concrète du Mémorandum d’Entente signé le 2 décembre 2025 entre le Ministère des Affaires Étrangères, de la Coopération Africaine et des Marocains résidant à l’Étranger du Royaume du Maroc et le Ministère des Affaires Étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’Extérieur de la République du Niger, rappelant que cette session s’inscrit dans la continuité d’une coopération dynamique déjà illustrée par une précédente formation organisée en octobre 2025. Il a également mis en exergue la profondeur des relations fraternelles entre le Niger et le Maroc, fondées sur une vision commune du développement, de la souveraineté et de la coopération Sud-Sud.

Le diplomate marocain a, par ailleurs, salué la création récente de l’Institut National des Études Diplomatiques et Stratégiques (INEDS), qu’il a présenté comme un cadre institutionnel pérenne capable de renforcer durablement les capacités du corps diplomatique nigérien et de l’administration publique. Il a encouragé les participants à s’approprier pleinement les enseignements dispensés par les formateurs marocains, afin de devenir les artisans d’une nouvelle image du Niger dans l’espace international.

Dans son mot de bienvenue, le Directeur Général de l’ANEC, a exprimé sa satisfaction de voir son institution associée à l’organisation de cet atelier de formation stratégique. Il a salué la confiance renouvelée du Ministère des Affaires Etrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’Extérieur et réaffirmé l’engagement constant de l’ANEC à accompagner les initiatives contribuant à la modernisation de l’administration nigérienne et au rayonnement du pays. Selon lui, les thématiques abordées sont directement liées aux missions de l’ANEC et constituent une opportunité précieuse de renforcement des compétences de ses équipes, afin de mieux positionner le Niger comme une destination crédible pour les grandes rencontres internationales.

À travers cet atelier, le Niger franchit une étape importante dans la consolidation d’une diplomatie d’influence moderne, fondée sur l’expertise, la communication stratégique et le rayonnement international, au service de la souveraineté et du développement national.

Au Sahel, « l’EI a montré qu’il était capable de frapper fort » en attaquant l’aéroport de la capitale du Niger Le Monde 03/02  

La junte au pouvoir à Niamey et ses alliés russes d’Africa Corps ont subi une attaque sans précédent avec l’assaut de l’aéroport international dans la nuit du 28 au 29 janvier. Celui-ci a été revendiqué par les djihadistes de l’organisation Etat islamique au Sahel.

Dans la nuit du mercredi 28 au jeudi 29 janvier, l’organisation Etat islamique au Sahel (EIS) a mené une attaque sans précédent au Niger. Elle a visé une cible symbolique, censée être l’un des lieux les mieux sécurisés de la capitale : l’aéroport international Diori-Hamani de Niamey. L’attaque a ensuite été maîtrisée par des forces armées se trouvant sur place. En effet, la zone aéroportuaire abrite également la base militaire 101, où étaient stationnées des forces françaises et américaines avant leur départ du pays, respectivement fin 2023 et en 2024, intimé par les militaires à la tête de l’Etat.

Désormais, des soldats nigériens s’y trouvent, environ 300 militaires italiens, ainsi que des Russes du groupe Africa Corps, nouveaux partenaires de Niamey, qui ont été chaleureusement remerciés par le chef de la junte au pouvoir pour leur riposte face aux assaillants. Lundi, le ministère des affaires étrangères russe a confirmé l’implication de ses forces. Le bilan officiel – impossible à vérifier de source indépendante – est de quatre militaires blessés, vingt assaillants tués et onze autres arrêtés. Heni Nsaibia, chercheur à Acled, une organisation qui documente les conflits par de l’analyse de données, estime que l’emprise géographique de l’organisation Etat islamique (EI) ne cesse de s’étendre.

Pour la première fois, un site stratégique de la capitale nigérienne a été attaqué. Cet assaut sur l’aéroport de Niamey marque-t-il un tournant ?

Cette attaque est d’une importance considérable. L’organisation Etat islamique au Sahel n’avait jamais mené d’assaut à grande échelle. Ce qui s’est passé souligne que l’aéroport de Niamey et la base militaire 101 présentaient des failles majeures de sécurité. Cela aussi témoigne des capacités croissantes du groupe djihadiste. Son emprise géographique ne cesse de s’étendre, de la région de Tillabéri, aux frontières du Burkina Faso et du Mali, où nous recensons le plus grand nombre de victimes civiles de ce groupe armé, jusqu’au nord-ouest du Nigeria.

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Peut-on voir cette attaque comme le signe d’une montée en puissance de l’EIS face à son rival du Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (GSIM), la filiale locale d’Al-Qaida ?

Tout à fait. Il ne s’agit pas de la première incursion de l’EIS dans une capitale, mais les précédentes étaient des attaques éclair, comme celle qui avait visé le président du Parlement nigérien [en juin 2021]. Récemment, le groupe a gagné en effectifs et a perfectionné sa stratégie. Il a étendu sa présence dans la région de Dosso, dans le sud du pays [en direction de la frontière béninoise], ce qui a permis d’ouvrir un nouveau front.

Nous assistons aussi à une évolution technologique de ses méthodes de combat, la guérilla traditionnelle est peu à peu remplacée par des attaques plus « perfectionnées » qui permettent de s’en prendre à des cibles plus importantes, comme lors de ce dernier assaut.

Sur tout le Sahel, le GSIM reste le groupe le plus puissant, mais, au Niger, l’EIS domine. Cela fait plusieurs années, au moins depuis 2020, que celui-ci tente de défier le GSIM. Cette attaque lui a permis de montrer que cette zone était son terrain et qu’il est capable de frapper fort.

Lors de leur coup d’Etat en 2023, les militaires dirigés par Abdourahamane Tiani ont assuré restaurer la sécurité du pays. Quel bilan tirer après deux années et demie ?

Les forces nigériennes sont confrontées à de multiples menaces le long des frontières : elles sont aujourd’hui dispersées et dépassées. Même la capitale n’est pas sécurisée, et on le savait avant même la dernière attaque. Un ressortissant américain a, par exemple, été enlevé par des djihadistes à quelques centaines de mètres du palais présidentiel, en plein centre de Niamey [en octobre 2025].

La junte au pouvoir a décidé de mettre fin à l’alliance avec la France, qui avait des avions de combat au Niger et menait de nombreuses opérations contre les dirigeants de ces groupes djihadistes, pour sceller un partenariat avec les Russes. Ceux-ci ont été en première ligne pour faire face aux assaillants à l’aéroport.

Néanmoins, ce qu’on retiendra, c’est que cette attaque est une réussite pour l’EI dans une large mesure, car il est parvenu à atteindre son objectif : détruire en partie les moyens aériens nigériens.

Niger: attaques de l’État islamique au Sahel dans la région d’Ayorou RFI – 02/02  

De nouveaux combats ont été rapportés ce lundi matin, 2 février, cettefois au Niger, où les jihadistes de l’ État islamique au Sahel (EIS) ont attaqué le camp de la garde nationale d’Ayorou. Il n’y a de bilan officiel pour le moment. Des sources sécuritaires évoquent au moins 3 soldats tués et trois véhicules montés de leurs mitrailleuses emportés. Après avoir occupé la caserne, les assaillants sont repartis en direction du Nord vers la frontière proche.

Pourquoi les États-Unis veulent reconquérir les trois juntes du Sahel désormais tournées vers la Russie BBC News 02/02

Les États-Unis ont annoncé un changement radical de politique à l’égard de trois pays d’Afrique de l’Ouest qui luttent contre des insurgés islamistes et dont les gouvernements militaires ont rompu leurs liens militaires avec la France pour se tourner vers la Russie.

Le département d’État a annoncé que Nick Checker, chef de son Bureau des affaires africaines, se rendrait à Bamako, la capitale du Mali, afin de transmettre le « respect des États-Unis pour la souveraineté du Mali » et de tracer une « nouvelle voie » dans les relations entre les deux pays, en dépassant les « erreurs politiques passées ».

Il ajoute que les États-Unis se réjouissent également de coopérer avec les alliés du Mali, le Burkina Faso et le Niger voisins, « sur des intérêts communs en matière de sécurité et d’économie ».

L’agenda ne fait aucune mention de la préoccupation de longue date des États-Unis pour la démocratie et les droits de l’homme. L’administration Biden avait suspendu la coopération militaire après que des coups d’État aient renversé les présidents civils élus des trois pays entre 2020 et 2023, Mohamed Bazoum, président du Niger, étant toujours séquestré dans sa propre résidence.

La déclaration américaine rend explicite un changement radical de politique qui était devenu de plus en plus évident au cours des 12 derniers mois depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche.

Le changement a commencé avec la fermeture de l’USAID, un acteur clé du développement soutien à la région – quelques jours après la prestation de serment du président pour un nouveau mandat.

Cela a été suivi par des signaux répétés indiquant une concentration beaucoup plus étroite sur la sécurité et les ressources minérales, le développement et la gouvernance étant relégués au second plan. L’annonce de la visite de Checker va plus loin en déclarant ouvertement son respect pour la souveraineté du Mali. Ce message trouvera un écho à Bamako et dans les capitales alliées, où les chefs militaires ont bâti leur popularité en reprenant les thèmes panafricanistes et en rejetant l’ancienne puissance coloniale française.

LA VOIE DU SAHEL

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