Revue de presse Niger – 03/04/2026

Revue de presse Niger – 03/04/2026

Les forces vives du Département d’Abala organisent une marche pacifique contre la résolution du Parlement européen – ANP – 02/04  

Les forces vives du Département d’Abala ont organisé, le mercredi 1er avril 2026, une marche pacifique pour dénoncer la résolution du Parlement européen relative à la libération du Président déchu Mohamed Bazoum.

Il y a eu la participation des autorités administratives, traditionnelles et religieuses du département avec à leur tête le lieutenant-colonel Maiguizo Issaka, Préfet dudit département.

Cette manifestation a mobilisé une foule importante  

Prenant la parole au nom des structures de la société civile, M. Mahamadou Ibrahim, Conseiller au Conseil Consultatif de la Refondation (CCR), a dénoncé ce qu’il qualifie de comportements visant à maintenir le Niger sous influence étrangère. Il a notamment fustigé l’ingérence du Parlement européen dans les affaires intérieures du Niger, à travers sa résolution du 12 mars 2026 exigeant la libération de l’ancien Président Mohamed Bazoum.

Les organisations de la société civile ont, à cette occasion, rejeté catégoriquement toute tentative de maintenir le Niger et son peuple dans un système impérialiste, affirmant que « le Niger d’aujourd’hui n’est plus celui d’hier ». Elles ont également salué les efforts du CNSP dans la quête de la souveraineté nationale, tout en félicitant les avancées enregistrées dans la sécurisation des personnes et des biens.

Les intervenants ont par ailleurs encouragé les peuples de la Confédération des États du Sahel pour leur engagement dans la lutte pour la souveraineté et la libération des États africains. Ils ont aussi rendu un hommage appuyé aux Forces de Défense et de Sécurité (FDS) pour leur engagement, tout en honorant la mémoire des soldats tombés au champ d’honneur et en souhaitant un prompt rétablissement aux blessés.

Pour sa part, le Préfet du Département d’Abala, lieutenant-colonel Maiguizo Issaka a transmis les salutations des plus hautes autorités de la Refondation, avec à leur tête le Président de la République, Chef de l’État, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, ainsi que le Premier Ministre Ali Mahamane Lamine Zeine.

Il a également exprimé sa gratitude à la population d’Abala pour son patriotisme et sa forte mobilisation, qu’il a qualifiée de « signe de solidarité et de cohésion sociale ».  

Le Préfet a rassuré les manifestants que leur message sera fidèlement transmis aux plus hautes autorités du pays.

« Nous appelons à une prise de conscience collective afin de dénoncer ces pratiques malsaines qui tentent de nous détourner de notre destin commun. Il est du devoir de chaque citoyen de mesurer les conséquences de telles ingérences et de s’inscrire pleinement dans la mobilisation générale », a-t-il déclaré.

Il a enfin exhorté les populations à rester unies et mobilisées : « c’est ensemble que nous pourrons faire face à toute pression extérieure, défendre nos valeurs, nos intérêts et affirmer notre droit à l’autodétermination. L’unité demeure notre plus grande force », a-t-il insisté.  

La cérémonie s’est achevée par une prière collective, implorant la protection divine pour le Niger face à toute tentative de déstabilisation.

Niger – Mise à jour des messages clés : De multiples chocs, dont les conflits, continuent de réduire l’accès alimentaire des ménages pauvres, Mars – Septembre 2026 Reliefweb 03/04

L’insécurité alimentaire aiguë de Crise (Phase 3 de l’IPC) prévaut encore dans les régions de Tillabéry, de Diffa et du nord-ouest de Tahoua, due en grande partie aux conflits, mais aussi suite aux effets récurrents des inondations et au contexte économique défavorable. Les besoins alimentaires sont actuellement en augmentation et atteindront leur pic pendant la période de soudure, de juillet à septembre 2026, en raison de l’épuisement des stocks, de la dépendance aux marchés et du pic des prix des denrées alimentaires. Les populations déplacées et les ménages hôtes très pauvres de ces régions sont les plus touchés par cette insécurité alimentaire de Crise (Phase 3 de l’IPC) avec des catégories de taille réduite de populations en Urgence (Phase 4 de l’IPC) dont les moyens d’existence ont été encore davantage compromis par les effets des inondations sur les cultures et sur les biens, ainsi que par l’inflation alimentaire.

La dégradation de la situation sécuritaire, avec l’insécurité croissante dans les foyers de conflit, constitue le facteur majeur de l’insécurité alimentaire aiguë. Selon ACLED, Le nombre global d’incidents sécuritaires a progressé en moyenne de 14 pour cent en janvier-février 2026 par rapport à la même période en 2025, avec des augmentations de 33 pour cent, 50 pour cent et 86 pour cent enregistrées respectivement dans les régions de Dosso, Maradi et Tahoua. Les violences contre les civils provoquent des déplacements de populations estimées en février 2026 à 1 032 135 personnes dont 53 pour cent sont des personnes déplacées internes, 42 pour cent de réfugiés venus du Mali, du Nigéria et du Burkina Faso fuyant les attaques terroristes et 5 pour cent autres personnes enregistrées dans le pays. Ces tensions sécuritaires augmentent la pression sur les communautés d’accueil et leurs conditions alimentaires, tandis que perturbent le fonctionnement et l’approvisionnement des marchés, les activités de moyens d’existence et limitent l’accès aux terres de cultures de contre-saison. Elles perturbent la transhumance avec des concentrations et un surpeuplement inhabituel des troupeaux, entraînant une forte surcharge animale sur les ressources pastorales locales et une baisse de la productivité animale dans les zones en crise sécuritaire.

Les conditions économiques sont également défavorables dans les zones touchées par les conflits et l’insécurité. Les opportunités d’emploi locales sont limitées dans les zones de conflit, ce qui affecte significativement les revenus et le pouvoir d’achat des ménages. Aussi, même si l’inflation globale est en baisse de 10,1 pour cent en février 2026 par rapport à février 2025, les prix des denrées alimentaires sont en hausse dans les zones en conflit. Dans les zones d’insécurité de Bankilaré et Mangaïsé dans la région de Tillabéry, les prix moyens du mil s’établit à 290 FCFA.kg en février 2026, alors que le prix moyen national se situait à 221 FCFA/ kg.

La campagne de cultures de contre-saison —dominée par les cultures irriguées de fruits et légumes, y compris le riz, le poivron, l’oignon et d’autres cultures maraîchères— offre de grandes opportunités de diversification de la consommation alimentaire et constituent des sources de revenus pour les ménages pauvres vendant leur main-d’œuvre agricole. La tendance de la production est similaire à celle de l’année passée. Toutefois, la réduction des superficies cultivées due à l’insécurité — comme en témoignent les bassins de production de Tillabéry et de Diffa — a entraîné une baisse de la demande de main-d’œuvre, amenant ainsi les salaires journaliers à se maintenir en dessous de la moyenne.

Le conflit en cours au Moyen-Orient devrait perturber les marchés internationaux, en particulier à travers la hausse des coûts du carburant, du fret et des intrants importés. L’impact direct sur les prix du carburant pourrait être atténué par le statut du Niger en tant que pays producteur de pétrole. Cependant, le principal impact devrait se traduire par une augmentation des prix des produits alimentaires importés, notamment le riz, le blé, les pâtes alimentaires, l’huile végétale et le sucre, réduisant l’accès des ménages, surtout urbains et dépendants des marchés. Parallèlement, la hausse attendue des prix des engrais devrait limiter l’accès des producteurs aux intrants, en particulier pour les systèmes irrigués. L’approvisionnement en intrants pour la campagne agricole 2026 (janvier–mai) repose en grande partie sur les importations en provenance du Nigéria, du Maroc et de la Russie. La réduction probable de l’utilisation des intrants fertilisants pour la campagne à venir pourrait affecter négativement les rendements et la production agricoles, ce qui pourrait renforcer la dépendance aux marchés et accentuer les pressions sur les prix alimentaires. Toutefois, le recours accru à la fumure organique et aux sources locales d’approvisionnement pourrait atténuer la dépendance aux importations et partiellement soutenir la production agricole.

Pétrole : SIPEX, filiale de l’algérien Sonatrach, va relancer les forages dans le périmètre de Kafra au Niger La Tribune 31/03  

Dans un contexte de reprise de la coopération énergétique entre l’Algérie et le Niger, le projet pétrolier de Kafra franchit une étape opérationnelle après plusieurs années de latence.

SIPEX, filiale de la société publique algérienne du pétrole Sonatrach, prévoit de lancer début avril une nouvelle campagne de forage sur le bloc de Kafra dans le nord du Niger, dès l’acheminement du matériel nécessaire. Les travaux porteront sur plusieurs puits, sans précision à ce stade sur leur nombre. L’objectif est d’évaluer le potentiel du gisement, après une phase d’études préparatoires.

Des estimations à 250 millions de barils

Le projet s’inscrit dans une trajectoire longue. D’une superficie de 23 737 km², le bloc situé à proximité de la frontière algérienne est couvert par un contrat de recherche signé en 2005 entre le Niger et SIPEX. Les premières découvertes ont été réalisées en 2018 et 2019, avec les puits KFR-1 et KFRN-1. Les estimations issues de ces forages font état de plus de 260 millions de barils d’huile, dont environ 168 millions pour le premier puits et près de 100 millions pour le second.

Malgré ces résultats, les activités ont été interrompues pendant plusieurs années avant d’être relancées en janvier 2026, à la faveur d’une visite ministérielle algérienne à Niamey. Les deux parties ont alors actualisé leur plan d’action et établi un calendrier opérationnel, incluant la mobilisation de moyens techniques comme ceux de la société de forage Enafor.

Sur le plan contractuel, le projet repose sur une clause de partage de production renouvelée en 2022 entre Sonatrach, via SIPEX, et la société publique nigérienne du pétrole, SONIDEP. Ce cadre confère au groupe algérien le rôle d’opérateur, et vise à approfondir l’évaluation des ressources en vue d’un éventuel développement.

Un levier potentiel de changement d’échelle pour le Niger

L’enjeu pour Niamey est significatif, au regard de son profil de producteur. Selon les données de l’administration américaine d’informations sur l’Energie (EIA), la production de pétrole brut du pays ouest-africain a atteint un pic de 108 000 barils par jour au second semestre 2025. Selon les estimations disponibles, le développement du bloc de Kafra pourrait apporter jusqu’à 90 000 barils quotidiens supplémentaires, ce qui représenterait un accroissement substantiel, susceptible de modifier l’échelle de production nationale.

La localisation du gisement, à proximité des infrastructures algériennes et en continuité géologique avec les bassins exploités sous la juridiction d’Alger, constitue un atout pour l’évacuation du brut. Elle s’inscrit également dans une dynamique régionale marquée par des projets structurants, dont celui du gazoduc transsaharien.

Pour SIPEX, Kafra représente un actif clé développé depuis 2015 dans le cadre de ses activités internationales. Après des investissements en exploration, en acquisition sismique et en forage, la campagne annoncée constitue une étape charnière vers la transformation des ressources identifiées en production.

Des conditions de mise en œuvre déterminantes

La concrétisation du projet reste liée à plusieurs paramètres opérationnels. La question de la sécurisation des installations fait partie des aspects pris en compte par les autorités, dans un contexte où une nouvelle attaque terroriste a visé un segment du pipeline Niger – Bénin en décembre 2024, sur le territoire nigérien. Dans ce cadre, Niamey et Alger travaillent à mettre en place un dispositif de coopération sécuritaire destiné à protéger le développement du projet.

Par ailleurs, les deux parties prévoient de renforcer leur coopération technique, notamment à travers la formation de cadres nigériens et la mise en place d’infrastructures d’analyse pétrolière. Le lancement des forages à Kafra ouvre ainsi une nouvelle phase. Les résultats des puits permettront de préciser le potentiel exploitable et de déterminer les conditions d’un passage à l’échelle industrielle. La suite dépendra de ces résultats, du contexte sécuritaire, ainsi que de la capacité des partenaires à maintenir la dynamique engagée depuis début 2026.

LA VOIE DU SAHEL

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