Revue de presse Niger – 04/02/2026
Attaques terroriste à Niamey : Les chefs traditionnels du Niger appellent à l’union sacrée pour la sauvegarde de la patrie – ANP – 03/02
L’association des chefs Traditionnels du Niger (ACTN), a rendu publique une déclaration, ce mardi 03 février 2026 à leur siège, dans laquelle ils ont appelé solennellement à l’union sacrée de toutes les filles et de tous les fils du Niger pour la sauvegarde de la patrie.
A cette occasion, le Secrétaire Général de l’ACTN, Mohamed Sidikou, Chef du canton de Kouré, rappelle que ‘’ notre cher pays traverse une phase décisive de son existence, une étape où son avenir, son unité et sa souveraineté sont mis à rude épreuve ‘’, tout en condamnant »avec la plus grande fermeté les attaques lâches et barbares perpétrées contre notre territoire et contre des populations innocentes ‘’.
L’ACTN d’affirmer que ‘’ces actes criminels ne sauraient ébranler la détermination du peuple nigérien ni entamer sa foi en son destin ‘’, soulignant que »les immenses richesses dont regorge notre pays attisent les convoitises de l’ennemi qui, animé par des desseins obscurs, est prêt à tout pour s’en emparer ‘’.
‘’Face à ces menaces, l’unité nationale demeure notre arme la plus sûre, notre rempart le plus solide ‘’ a poursuivi Le chef de canton de kouré, dont la structure ‘’exhorte les Nigériens à demeurer unis autour de l’essentiel, la préservation de la sécurité, de la paix sociale, de la cohésion nationale et de la foi en Dieu ‘’.
’’La défense et la sécurité de notre territoire ne relèvent pas uniquement des Forces de défense et de sécurité. Elles engagent la responsabilité collective de chaque citoyen, sans distinction ni exception ‘’ souligne-t-il.
Par conséquent, l’ACTN appelle la population à ‘’ être , en tout lieu et en tout temps, les yeux et les oreilles vigilants de notre Nation. C’est un devoir sacré, une exigence nationale qui s’impose à chacun d’entre nous ‘’.
Face aux tentatives de déstabilisation, poursuit le SG de l’ACTN, »restons debout, solidaires et résolument unis, dans la dignité et la détermination, tout en enforçant notre foi, et ne cessons point de prier »,
Il a, à cet effet, imploré »le Tout-Puissant afin que Sa baraka couvre le Niger, qu’Il protège son peuple et son territoire ».
L’ACTN appelle à »l’unité nationale pour la défense du Niger face aux menaces qui pèsent sur le pays ‘’ et que »chaque Nigérien comprenne qu’il est, à son niveau, le bouclier de sa Nation.
Nous n’avons qu’une seule patrie, celle léguée par nos ancêtres. Protégeons-la avec honneur. Bâtissonsla sur les valeurs cardinales qui ont toujours forgé l’âme nigérienne , le patriotisme, la justice, l’intégrité, la foi et la persévérance ‘’.
‘’Nous prions Allah, Subhanahu wa Ta’ala, afin que l’esprit de la refondation qui nous anime aujourd’hui conduise notre pays vers un Etat plus digne, plus équitable, plus juste et plus solidaire ‘’ a-t-il souhaité, appelant enfin »notre jeunesse, force vive de la Nation et nos sages, chacun à son niveau, à contribuer à la sauvegarde et à la grandeur du Niger ‘’ car ‘’ nous en sommes convaincus, c’est ensemble, et seulement ensemble, que nous bâtirons un Niger plus fort, plus juste et plus prospère ‘’.
Attaque terroriste à Niamey: Le Royaume d’Arabie Saoudite exprime sa solidarité à la République du Niger – ANP – 03/02
Le Royaume d’Arabie Saoudite a, à travers un communiqué du Ministère des Affaires Étrangeres rendu public ce mardi 3 février 2026, exprimé sa solidarité à la République du Niger suite à l’attaque terroriste perpétrée à l’aéroport Diori Hamani et à la base militaire 101 de Niamey dans la nuit du 28 au 29 janvier dernier.
Le Ministère des Affaires Étrangeres exprime, au nom du Royaume , “sa condamnation et sa dénonciation de l’attaque terroriste qui a visé l’aéroport Diori Hamani, situé dans la ville de Niamey, capitale de la République du Niger, et qui a entraîné la mort et des blessures à plusieurs dizaines de personnes”.
Par ailleurs, tout en adressant ses condoléances et compassion aux familles des victimes, au gouvernement ainsi qu’au peuple nigérien en général, le Royaume d’Arabie Saoudite réaffirme selon toujours la source, “sa position ferme dans le rejet de toutes les formes de violence et d’extrémisme, ainsi que de toute atteinte aux civils”.
Le Royaume d’Arabie Saoudite exprime sa condamnation et sa dénonciation de l’attaque terroriste qui a visé l’aéroport Diori Hamani, situé dans la ville de Niamey, capitale de la République du Niger, et qui a entraîné la mort et des blessures à plusieurs dizaines de personnes.
Le Royaume d’Arabie Saoudite réaffirme sa position ferme dans le rejet de toutes les formes de violence et d’extrémisme, ainsi que de toute atteinte aux civils, adressant ses sincères condoléances et sa profonde compassion aux familles des victimes, au gouvernement et au peuple de la République du Niger, et formulant des vœux de prompt rétablissement aux blessés.
Dosso : Une mobilisation historique pour la défense de la patrie – ANP – 03/02
La région de Dosso a connu, ce mardi 3 février 2026 à la tribune officielle, une mobilisation populaire d’envergure en soutien aux Forces de Défense et de Sécurité (FDS) et aux autorités de la République.
Cette mobilisation intervient quelques jours après l’attaque perpétrée contre la base 101 de l’armée de l’aéroport international Diori Hamani. Autorités administratives, leaders traditionnels, forces de défense et de sécurité, scolaires, organisations de jeunesse et de la société civile ont pris la parole pour réaffirmer leur attachement à la souveraineté nationale et leur détermination à défendre le Niger.
Dans son intervention, le Gouverneur de la Région de Dosso, le Colonel-Major Bana Alhassane a salué la mobilisation de la population et des responsables locaux. « Cette union, a déclaré le Gouverneur de Dosso, se fait au nom des plus hautes autorités du pays, notamment le Président de la République, Chef de l’État, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, et le Premier Ministre Ali Mahaman Lamine Zeine ».
Le Colonel-major Bana Alhassane a insisté sur la nécessité pour chaque Nigérien de se considérer comme un soldat de la République afin de préserver la quiétude sociale et la tranquillité du pays.
Prenant à son tour la parole, l’honorable Sultan de Dosso Amadou Souna Djermakoye a exhorté les filles et fils du Niger à se mobiliser sans relâche. « Le tambour des guerriers toubal a résonné, les wankoys, les mayaki, les mazayaki, préparez vos outils de guerre car l’heure de la révolution a sonné. Le Niger ne tombera jamais, incha Allah », a-t-il claironné.
Le président du Conseil régional de la jeunesse de Dosso, M. Ardo Maman a, pour sa part, exprimé la fierté de la jeunesse d’être partie prenante de ce rassemblement historique. Il a, de ce fait, rappelé le soutien sans faille que la jeunesse de Dosso apporte aux FDS et aux autorités de la Refondation, et a assuré qu’elle est prête à se mobiliser pour défendre la patrie.
Le coordonateur régional par intérim du mouvement M62, M. Abdoulaye Boukary a, de son côté, condamné avec vigueur l’attaque contre Niamey, dénonçant une agression barbare et préméditée. Il a affirmé que « le Niger reste aux Nigériens et ne sera plus la vache laitière des impérialistes. Ensemble, restons debout, vigilants et engagés pour la victoire définitive », a-t-il lancé.
L’Administrateur délégué de la Commune urbaine de Dosso, Ibrahim Moussa Kouré a, quand à lui, affirmé que la population refuse de céder à la peur et à la haine. Il a souligné que cette mobilisation s’inscrit dans la continuité du soutien constant apporté aux autorités depuis le 26 juillet 2023, et que la Commune urbaine de Dosso restera en avant-garde de la lutte pour la souveraineté nationale.
La cérémonie a été agrémentée par des animations culturelles et patriotiques, renforçant ainsi l’esprit de solidarité et de détermination de la population. Les chants, les tambours et les slogans ont résonné comme un appel à l’unité et à la résilience.
Cette mobilisation de Dosso illustre la volonté du peuple nigérien de défendre sa souveraineté et de soutenir ses forces armées face aux menaces extérieures.
Attaque de Niamey : Abidjan dénonce les accusations du Niger – DW – 03/02
La tension entre Abidjan et Niamey est montée d’un cran depuis des accusations portées par le général nigérien Abdourahamane Tiani, suite à l’attaque de l’aéroport de Niamey.
L’ambassadrice du Niger Badamassi Alfari Sita Sahida Djarori a été convoquée et le gouvernement ivoirien dit ne pas tolérer de telles déclarations.
Le chef du pouvoir militaire au Niger a en effet affirmé que la Côte d’Ivoire, le Bénin et la France soutenaient les djihadistes qui ont attaqué l’aéroport de Niamey.
Au lendemain des accusations faites par le général Abdourahamane Tiani , le gouvernement ivoirien a officiellement convoqué l’ambassadeur du Niger à Abidjan. Dans ce cadre, la ministre ivoirienne des Affaires étrangères Kaba Nialé a exprimé son indignation, rejetant ces accusations considérées comme graves et contraires aux usages diplomatiques et portant « atteinte à l’honneur » du président ivoirien.
Au-delà du gouvernement, certaines organisations et groupes politiques proches du pouvoir ont condamné les accusations du général Abdourahamane Tiani et ont même appelé au rappel de l’ambassadeur ivoirien à Niamey.
« Le gouvernement a aussi rappelé son attachement au dialogue, tout en se réservant « le droit de tirer toutes les conséquences » si la situation devait évoluer négativement » réagit Adama Ouattara est un cadre du RHDP, le parti au pouvoir.
Fragilisation des efforts de coopération
Pour Dao Sékou, expert en politique africaine, des accusations infondées peuvent fragiliser davantage les efforts de coopération entrepris dans la sous-région en matière de sécurité, au moment où le Sahel est confronté à une menace terroriste persistante et transfrontalière.
Dao Sékou estime aussi que le pouvoir militaire de Niamey veut se cacher derrière ces accusations pour justifier son incapacité à contenir les attaques djihadistes sur son territoire.
« Quelles ont été réellement les motivations du général Tiani derrière ces accusations ? Il faut voir en ces accusations une stratégie politique interne. Vous savez que la junte nigérienne est depuis plus de deux ans dans une position fragile face à la montée de l’insécurité, face à l’isolement diplomatique et puis face aux sanctions économiques régionales. Donc, dans ce contexte, cela peut être perçu comme une tactique pour détourner l’attention des problèmes internes, pour renforcer encore et toujours un discours nationaliste, ou légitimer son maintien au pouvoir » affirme-t-il.
Dao Sékou ajoute: « accuser des pays comme la Côte d’Ivoire ou le Bénin pourrait s’inscrire, à mon sens, dans une logique de confrontation avec les forces régionales qui ont mis, à l’époque, la pression sur Niamey. Cependant, il est bon de noter que ce genre d’accusations risque encore d’envenimer la situation, qui prévaut actuellement entre Niamey et Abidjan, avec un risque de crise diplomatique durable si les malentendus ne sont pas rapidement clarifiés. »
Sur les réseaux sociaux, des activistes exigent des excuses publiques de l’ambassadrice de Niamey à Abidjan, Badamassi Alfari Sita Sahida Djarori ainsi que, dans un délai de 72 heures, celles des responsables de la communauté nigérienne en Côte d’Ivoire, sous peine de s’en prendre à leurs activités économiques dans le pays.
La communauté nigérienne en Côte d’Ivoire est forte d’environ 700.000 personnes qui sont généralement actives dans l’économie informelle telle que le commerce, les transports et la logistique.
Niger : Gazali Abdou Tasawa, correspondant de la Deutsche Welle, détenu arbitrairement pour un reportage sur la vie des migrants nigérians – RSF – 03/02
Reporters sans frontières (RSF) condamne fermement la détention arbitraire du journaliste Gazali Abdou Tasawa, correspondant au Niger du média international allemand Deutsche Welle (DW), incarcéré le 23 janvier 2025 à Niamey. Sa seule faute : avoir réalisé un reportage sur les conditions de vie de migrants nigérians à Niamey, diffusé le 15 janvier 2025. RSF rappelle que le journaliste n’a fait qu’exercer son métier et appelle les autorités nigériennes à le libérer immédiatement.
D’après les informations recueillies par RSF, le journaliste Gazali Abdou Tasawa – employé par la DW depuis près de 15 ans et dont le travail est reconnu par ses pairs au Niger et à la rédaction centrale du média public allemand – est accusé de “diffusion de reportages pouvant créer des troubles à l’ordre public” sur la base de la loi sur la cybercriminalité. Il a été placé en détention à la prison civile de Niamey le 23 janvier 2025. Une source proche du journaliste indique qu’il avait d’abord été convoqué le 21 janvier, entendu par la police judiciaire et le procureur, puis autorisé à repartir libre. Les deux jours suivants, le journaliste a enchaîné les allers-retours entre les locaux de la police judiciaire et le palais de justice, avant son placement sous mandat de dépôt en fin de journée le 23 janvier.
Le reportage en cause, que Gazali Abdou Tasawa a réalisé en langue haoussa et diffusé par la DW six jours avant sa première convocation, traite des conditions de vie de migrants et réfugiés nigérians à Niamey. Le reportage donne la parole à des dizaines de personnes, en majorité des femmes et des enfants, dont certaines ont fui les attaques du groupe djihadiste Boko Haram au Nigéria. Plusieurs personnes interrogées racontent avoir été chassées de leur logement par les autorités nigériennes dans différents quartiers de la ville de Niamey et avoir dû, alors, se réfugier près d’un cimetière, privées de toit et de nourriture. Le reportage met en lumière la situation des quelque 1 300 réfugiés nigérians à Niamey – selon les chiffres des autorités. Une situation jugée “particulièrement douloureuse” par le ministre des Affaires étrangères Bakary Yaou Sangaré, qui a d’ailleurs rencontré une délégation de l’ambassade du Nigéria au Niger, le 20 janvier.
“En documentant la situation de migrants nigérians en détresse à Niamey, Gazali Abdou Tasawa n’a fait qu’exercer son métier de journaliste, dans le respect du droit du public à une information libre et indépendante. Son arrestation est une atteinte grave à la liberté d’informer et s’inscrit dans une série préoccupante de détentions arbitraires de journalistes depuis l’arrivée de la junte au pouvoir. Nous appelons les autorités nigériennes à le libérer immédiatement et à mettre un terme aux intimidations et au harcèlement visant les professionnels des médias dans l’exercice de leur mission. »
Sadibou Marong – Directeur du bureau Afrique subsaharienne de RSF
“Nous sommes très préoccupés par l’arrestation de notre collègue de longue date et exigeons sa libération immédiate. Il est impératif de garantir que nos employés puissent exercer leur métier de journaliste librement et sans intimidation”, a réagi Nadja Scholz, directrice de la programmation de la DW sur le site du média, qui déclare être en “contact étroit” avec les proches du journaliste, son avocat et des autorités locales.
L’arrestation de Gazali Abdou Tasawa s’inscrit dans un contexte de répression accrue contre les journalistes et les médias au Niger. Depuis l’avènement du pouvoir militaire dirigé par le général Abdouramane Tiani, une dizaine de journalistes ont été arrêtés arbitrairement. Si le directeur de l’hebdomadaire Le Courrier, Ali Soumana, a été libéré le 22 janvier 2025 après plus de quatre mois de détention, cinq autres professionnels des médias, dont Hamid Mahmoud, Ibro Chaibou, Oumarou Abou Kané et Youssouf Sériba demeurent détenus. Le directeur du journal régional Toubal Info, Hassane Zada, a quant à lui été condamné à trente mois de prison ferme pour propos jugés “injurieux” envers le chef de la junte.
Washington réajuste sa stratégie au Sahel – DW – 03/02
Le Focus Sahel Plus revient sur ce que révèle la visite à Bamako de Nick Checker, chef du Bureau des affaires africaines au département d’État américain.
La visite à Bamako de Nick Checker, chef du Bureau des affaires africaines au département d’État américain, marque un tournant discret mais significatif : Washington revient au Sahel, mais avec une stratégie profondément remodelée. Après plusieurs années de froid diplomatique, les États-Unis adoptent désormais une approche plus pragmatique, moins idéologique et clairement axée sur leurs intérêts.
Un réengagement pragmatique avec les autorités maliennes
Reçu par le président de la transition, le général Assimi Goïta, Nick Checker reconnaît dans les faits que désormais, ce sont les militaires qui dirigent le Mali (depuis 2021), et que c’est avec eux que Washington doit discuter.
Cette visite amorce un réengagement discret, dans un contexte de compétition accrue avec la Russie.
Le discours de Checker insiste sur le « respect de la souveraineté du Mali ». Cette formule tranche avec l’approche occidentale classique fondée sur la conditionnalité démocratique.
La démocratie est « appréciée », dit encore Nick Checker, mais elle n’est plus un critère de rupture. Cette ligne inquiète des défenseurs des droits humains comme l’avocat Reed Brody, pour qui Washington renonce à défendre clairement les principes démocratiques.
Une stratégie américaine repensée : commerce, sécurité et realpolitik
Ce déplacement illustre une réorientation plus large de la politique américaine au Sahel. Trois axes structurent désormais ce repositionnement :
Une diplomatie transactionnelle, centrée sur le commerce et surtout les minerais stratégiques.
Un recentrage sécuritaire, avec un retrait progressif des bases militaires permanentes au profit d’une présence flexible, mobile et ponctuelle.
Un désengagement de l’aide humanitaire, remplacée par des partenariats ciblés liés à la sécurité ou aux ressources.
Dans cette logique, l’Afrique n’est plus un terrain d’ingénierie démocratique, mais un espace d’intérêts concrets. Comme l’ont montré les exigences américaines en RDC autour des minerais stratégiques, Washington assume désormais une forme de realpolitik centrée sur l’accès aux ressources et la rivalité avec Moscou et Pékin.
Une nouvelle forme de partenariat, donc, expurgée des exigences sur les droits humains ou la démocratie et qui renonce à de grands pans de l’aide aux populations.
Néanmoins, Gnaka Lagoke estime que les dirigeants américains et de l’AES espèrent y trouver leur compte. Il est maître de Conferences en Histoire et Etudes panafricaines à la Lincoln University en Pennsylvanie:
« Il faut apprécier le fait que l’Amérique donne une possibilité de négociation, de discussion au pays de l’AES que la France et l’Union européenne ont voulu présenter comme des parias. Donc, ça, c’est le premier avantage. Le deuxième avantage c’est que, que ce soit dans le débat entre l’Occident et les pays des Brics, cela donne toujours la possibilité du choix aux pays africains. Et donc les États-Unis, naturellement, voudraient profiter de la tension qui existe avec les pays de l’Union européenne pour pouvoir poursuivre leurs intérêts particuliers et donc cela pourrait, profiter aux pays de l’AES, si les gens savent bien négocier, dans la mesure où un des éléments assez importants dans le discours américain, c’est le respect de la souveraineté du Mali et des pays de l’AES. »
C’est de cela qu’il est question cette semaine dans notre émission Focus Sahel Plus
Afrique de l’Ouest/Sahel : Les juntes militaires poursuivent leur répression – HRW – 04/02
Les dirigeants du Sahel consolident leur emprise sur le pouvoir alors que les forces belligérantes attaquent les civils
– Les dirigeants de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest ont intensifié leur répression contre les libertés tout en renforçant leur emprise sur le pouvoir en 2025, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui dans son Rapport mondial 2026.
Au Nigeria et au Sahel, les groupes armés islamistes ainsi que les forces gouvernementales et leurs alliés ont attaqué des civils et des infrastructures civiles à répétition. Dans le même temps, les juntes du Sahel ont expulsé les organes régionaux et internationaux et affaibli les institutions chargées de la reddition des comptes en cas d’abus.
« Les dirigeants des juntes militaires dans la région du Sahel ont intensifié leurs actions de répression de la liberté d’expression et d’autres libertés avec peu de considération pour les transitions promises vers la démocratie », a déclaré Mausi Segun, directrice de la division Afrique de Human Rights Watch. « Des efforts de plus grande ampleur doivent être déployés à l’échelle régionale pour forcer les autorités d’Afrique de l’Ouest à ouvrir un espace politique et démocratique et protéger les droits humains de leur citoyens. »
Dans la 36ème édition de son Rapport mondial, qui comprend 529 pages, Human Rights Watch examine les pratiques en matière de droits humains dans plus de cent pays. Dans son essai introductif, le directeur exécutif Philippe Bolopion estime que briser la déferlante autoritaire qui est en train de s’abattre sur le monde constitue le défi d’une génération. Le système des droits humains se trouvant menacé comme jamais auparavant par l’administration Trump et les autres puissances mondiales, Philippe Bolopion appelle les démocraties respectueuses des droits et la société civile à construire une alliance stratégique afin de défendre les libertés fondamentales.
Les autorités du Niger et du Mali ont recommandé la prolongation de cinq ans de leurs périodes de transition respectives vers un régime démocratique et ont interdit le multipartisme. Le Tchad a quant à lui aboli la limitation du nombre de mandats présidentiels.
Les gouvernements ont continué à restreindre la liberté d’expression, la dissidence et les médias. Au Burkina Faso et au Mali, des journalistes, des activistes et des critiques de la junte ont été arbitrairement détenus, soumis à des disparitions forcées ou illégalement conscrits, alors que des opposants et figures politiques ont été ciblés pour s’être exprimés librement. Au Nigeria, les autorités ont arrêté et poursuivi en justice des journalistes et des utilisateurs de réseaux sociaux, souvent en s’appuyant sur une application large de la loi sur la cybercriminalité. Au Niger, l’ancien président Mohamed Bazoum reste arbitrairement détenu sans avoir eu de procès. Au Tchad, l’ancien premier ministre et dirigeant de l’opposition Succès Masra a été condamné à 20 ans de réclusion sur la base d’accusations à caractère politique.
Deux groupes armés islamistes, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM ou Jama’at
Nusrat al-Islam wa al-Muslimeen, JNIM) et l’État islamique au Sahel (EIS), ont massacré des civils au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Les forces armées burkinabè, les milices progouvernementales, les forces armées maliennes et le groupe Wagner, soutenu par la Russie, et désormais dénommé « Africa Corps », ont exécuté sommairement des civils de l’ethnie peule.
Au Nigeria, des attaques mortelles contre les civils de l’État de Borno ont indiqué la résurgence de la faction Jama’atu Ahlis Sunna Lidda’awati wal-Jihad de Boko Haram, alors que dans le nord-ouest du pays, des gangs de bandits ont continué de perpétrer des meurtres, des enlèvements et des raids violents dans un contexte où le gouvernement ne parvient pas à protéger les communautés ou à faire rendre des comptes aux responsables.
Le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont poursuivi leur stratégie de désengagement en finalisant leur retrait de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et en annonçant leur retrait de la Cour pénale internationale (CPI), mettant gravement en péril l’accès à la justice pour les victimes d’abus.
L’Union africaine ainsi que les autres organes régionaux et internationaux doivent déployer davantage d’efforts pour préserver les civils des attaques et violations des droits humains, a déclaré Human Rights Watch.

