Revue de presse Niger – 04/03/2026

Revue de presse Niger – 04/03/2026

Le Niger veut renforcer la souveraineté et le contrôle du secteur des hydrocarbures (conseil des Ministres) – ANP – 03/03  

Le conseil des ministres de ce mardi 3 mars 2026 a adopté un projet de décret modifiant et complétant le décret N0 2024-326/P/CNSP/MPe du 14 mai 2024, portant organisation du Ministère du Pétrole.

Le présent projet de décret a pour objet d’adapter l’organisation du Ministère du Pétrole aux nouvelles orientations stratégiques définies par le Président de la République, Chef de l’Etat, dans le domaine des Hydrocarbures.

Ces orientations visent notamment à assurer une meilleure valorisation des ressources pétrolières nationales, à renforcer la souveraineté de l’Etat sur la gestion du secteur et à garantir une redistribution plus équitable des retombées économiques au profit du peuple nigérien.

A cet effet, il est apparu nécessaire de revoir l’architecture institutionnelle du Ministère, afin de mieux prendre en compte des dimensions devenues essentielles, notamment : le contenu local et la nigérisation, le contrôle des opérations et des coûts pétroliers, la surveillance technique, économique et financière du secteur ainsi que la responsabilité sociétale des entreprises.

Dans cette perspective, le projet de décret propose la création de trois(3) directions générales à savoir : la direction générale des opérations et activités pétrolières ;la direction générale de l’économie, de la fiscalité pétrolière et du contenu local ;la direction générale du contrôle et de la surveillance des opérations pétrolières.

Niger : Les conventions d’établissement de trois sociétés d’affinage d’or resiliées ANP – 03/03

Le Conseil des ministres presidé par le Président de la République ,Chef de l’Etat, le General d’Armée Abdourahamane Tiani a adopté, ce mardi 3 mars 2026, trois décrets portant résiliation des conventions d’établissement des sociétés COMINI SARL, AFRIOR SA et ECOMINE SA, toutes des sociétés d’affinage d’or dans le pays.  

Ainsi, le premier projet de décret porte résiliation de la Convention d’établissement entre la République du Niger et la Compagnie des Mines du Niger (COMINI SARL) pour l’installation et l’exploitation d’une Usine d’affinage d’or à Niamey, approuvée par décret n° 2019-331/PRN/MM du 26 juin 2019.

Le second projet de décret porte résiliation de la Convention d’établissement entre la République du Niger et la société AFRIOR SA pour l’installation et l’exploitation d’une chaîne d’affinage d’or, approuvée par décret n° 2017-834/PRN/MM du 27 octobre 2017.

Le troisième projet de décret concerne la résiliation de la Convention d’établissement entre la République du Niger et la société ECOMINE SA pour l’installation et l’exploitation d’une Usine d’affinage d’or à Niamey, approuvée par décret n° 2020-762/PRN/MM du 09 octobre 2020.

Rappelons qu’aux termes de ces trois (3) Conventions, les sociétés COMINI SARL, AFRIOR SA et ECOMINE SA se sont engagées, chacune en ce qui la concerne, entre autres à contribuer au financement des plans de développement local ; à employer en priorité le personnel nigérien, à respecter les normes environnementales en vigueur;  à contribuer à la promotion minière ; à payer toutes les taxes et impôts prévus, et à fournir au Ministère des Mines, à la fin de chaque exercice comptable, un rapport technique et financier annuel.

Cependant, indique le communiqué, « Depuis 2023, les engagements ci-dessus énumérés n’ont pas été honorés par ces sociétés. C’est pourquoi, des mises en demeure ont été adressées à chacune de ces trois (3) sociétés, le 17 février 2025 et le 23 juillet 2025.

Seule, selon le communiqué « la Société ECOMINE SA a, après la deuxième mise en demeure, donné une suite partielle assimilable à une inexécution ouvrant droit à la résiliation.  

En ce qui concerne les deux autres sociétés, à savoir COMINI SARL et AFRIOR SA, le retrait des titres miniers pour la première et le non-respect de la réglementation minière applicable pour la seconde entrainent la déchéance de l’engagement. »

Dans ces conditions et conformément aux dispositions pertinentes du Code minier et de ces Conventions, l’Etat a décidé de la résiliation des conventions d’établissement le liant à ces trois (3) sociétés, indique le gouvernement.

Niger: les syndicats d’enseignants dénoncent des retards de paiement des contractuels RFI – 03/03  

Au Niger, la Dynamique des syndicats du secteur de l’éducation alerte sur la situation des enseignants contractuels, certains n’ayant pas été payés depuis plusieurs mois. Les syndicats demandent au gouvernement de trouver rapidement une solution, faute de quoi ils engageront des actions. Les enseignants nigériens ont déjà observé plusieurs mouvements de grève l’an dernier.

Au Niger, « la patience des contractuels a atteint ses limites », affirme dans son communiqué la Dynamique des syndicats du secteur de l’éducation et de la formation, qui regroupe une trentaine de structures du secteur. Une « situation intolérable », peut-on lire. Les retards de paiement se sont transformés en arriérés, détaille une source syndicale. Des enseignants contractuels, qui ne sont pas encore intégrés à la fonction publique, attendent d’être payés, parfois depuis trois mois. Or, poursuit cette même source, « Le salaire est vital. On ne peut pas continuer à travailler sans toucher son dû pendant si longtemps ».

Les syndicats dénoncent une discrimination alors même que les contractuels représentent une très grande partie du corps enseignant au Niger. Ils demandent donc le paiement des arriérés. Si aucune solution n’est trouvée rapidement, préviennent-ils, des actions seront engagées pour faire valoir leurs droits.  

Les syndicats d’enseignants ont débrayé à plusieurs reprises, au cours de l’année dernière. Début janvier, alors qu’ils avaient déposé un nouveau préavis de grève, les autorités nigériennes avaient donné le feu vert au recrutement de plus de 11 000 enseignants contractuels dans la fonction publique.   

Niger: un douanier et au moins trois civils tués près du Nigeria RFI – 03/03  

Un douanier et au moins trois civils ont été tués lundi 2 mars dans une « attaque terroriste » contre un poste de contrôle proche de la frontière avec le Nigeria, selon des sources douanière et locales à l’AFP. L’attaque menée par des « hommes armés » circulant sur des motos a visé un poste de contrôle de la douane de Rouwa Wouri, une localité située à une cinquantaine de kilomètres de la ville de Birni N’Koni dans la région de Tahoua (ouest nigérien), frontalière du Nigeria, a indiqué à l’AFP un journaliste d’une radio locale.  

Tuerie de Titao, au Burkina Faso : le Ghana peut-il rester à l’abri du Jnim qui sévit au Sahel ? – Jeune Afrique 03/03  

Le 14 février, les jihadistes du Jnim ont tué huit commerçants ghanéens lors d’une attaque sur Titao, dans le nord du Burkina Faso. Un drame qui met en lumière la vulnérabilité d’Accra face à la contagion de la menace terroriste.

L’image a frappé les esprits. Le 18 février dernier, le président ghanéen John Dramani Mahama s’est rendu à l’hôpital militaire d’Accra, au chevet de plusieurs victimes ghanéennes d’une attaque jihadiste menée à plus de 1 200 kilomètres de là, dans le nord du Burkina Faso. Quatre jours plus tôt, le 14 février, le Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (Jnim) avait mené un assaut meurtrier sur Titao, cheflieu de la province du Loroum, tuant plus d’une dizaine de civils, dont sept commerçants ghanéens. Pour rapatrier ses ressortissants blessés lors de l’attentat, Accra a mené une opération conduite par l’armée de l’air ghanéenne.

Le drame a provoqué un choc d’autant plus grand, au Ghana, qu’il a frappé une ville située le long d’un corridor commercial qui fait vivre des milliers de personnes dans le pays. Les inquiétudes sont d’autant plus fortes que plusieurs experts estiment que la communauté ghanéenne était clairement ciblée par les jihadistes.

« Ce n’était pas un acte isolé », affirme ainsi Ishmael Norman, directeur de l’Institut d’études sur la sécurité, les catastrophes et les situations d’urgence. « Les tueries au Burkina Faso portent tous les signes d’un acte prémédité, à motivation politique. Les commerçants n’étaient pas la cible finale. Le message, lui, l’était », estime l’expert, également chercheur associé au Collège de commandement et d’état-major des forces armées du Ghana. « Quand on regarde la méthode, la symbolique et le moment choisi, cela correspond à une logique de propagande insurgée, ajoute-t-il. Il s’agissait de montrer que l’engagement diplomatique du Ghana avec Ouagadougou a des conséquences. »

Les Ghanéens, nouvelle cible des jihadistes ?

Dans un Sahel où les groupes jihadistes étendent leur influence, et alors que le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont quitté la Cedeao pour former l’Alliance des États du Sahel (AES), la question, pour Accra, n’est plus théorique : le Ghana peut-il réellement rester à l’écart de la contagion de la crise sécuritaire ?

Pour Richard Kumadoe, analyste sécuritaire basé à Accra, la piste xénophobe ne tient pas. « Il serait difficile de parler de xénophobie. La xénophobie obéit à des logiques et à des idéologies bien précises. » Même analyse pour David Agbee, directeur exécutif de l’Institut ghanéen de gouvernance et de sécurité : « Ce n’est absolument pas une attaque xénophobe. C’est une manifestation claire de la vulnérabilité du Ghana face à la menace terroriste et à l’insécurité dans la sous-région ouest-africaine ».

Dans un contexte de tensions diplomatiques extrêmes, le président John Dramani Mahama a choisi de maintenir des canaux de dialogue avec les dirigeants sahéliens, tout en demeurant engagé au sein de la Cedeao. Une position d’équilibre qui pourrait être perçue, par certains groupes armés, comme une prise de position implicite.

« Le Jnim considère le gouvernement burkinabè comme apostat. Tout gouvernement ouest-africain perçu comme légitimant Ibrahim Traoré devient, à leurs yeux, un adversaire. Ces meurtres étaient un signal : le Ghana ne peut pas naviguer entre les deux camps sans prendre de risques », met en garde Ishmael Norman. Pour l’expert, « le Ghana doit clairement expliquer que ses engagements au sein de la Cedeao sont distincts d’un quelconque soutien à la gouvernance interne du Burkina Faso. Le silence laisse le champ libre à d’autres pour imposer leur récit. »

Un corridor commercial stratégique

S’il a adressé ses « plus sincères condoléances » aux familles des Ghanéens tués dans le nord du Burkina Faso et souligné les risques que prennent les commerçants transfrontaliers sur les routes sahéliennes, John Dramani Mahama n’a pas abordé de front la question de fond : la fragilisation des corridors commerciaux qui traversent le Sahel.

Le Ghana dépend ainsi fortement des importations de tomates en provenance du Burkina Faso. « Cette tragédie met en lumière une faiblesse structurelle. Nous avons un potentiel d’irrigation dans le nord du Ghana, , pourtant nous dépendons massivement d’un pays confronté à une insurrection jihadiste. C’est une vulnérabilité stratégique », dénonce Wepia Addo Awal Adugwala, président de l’Association des paysans du Ghana. « Si nous développions une production toute l’année, nous réduirions notre exposition, nous garderions l’argent dans le pays et nous protégerions nos moyens de subsistance. »

« Nos membres risquent leur vie pour maintenir l’approvisionnement. Sans garanties de sécurité urgentes et sans réforme de la production nationale, nous ferons face à des pénuries et à une flambée des prix. La route commerciale est devenue trop dangereuse », prévient Eric Osei Tuffour, président de l’Association ghanéenne des négociants de tomates. L’impact de l’aggravation de la crise, et du ciblage des ressortissants ghanéens, pourrait rapidement dépasser la seule filière tomate.

L’économiste Robert Aidoo, professeur au Département d’économie agricole de l’Université des sciences et technologies Kwame Nkrumah, rappelle ainsi que les villes de Tamale, Bolgatanga et Bawku, dans le nord du Ghana, « sont économiquement exposées parce qu’elles fonctionnent comme des économies de corridor : les perturbations au Burkina Faso affectent presque immédiatement le bétail, les céréales et les marchés informels de devises ».

Si les attaques jihadistes ciblant cet axe commercial transnational venaient à se systématiser, l’expert met en garde contre des conséquences en cascade : « Les marchés du bétail seraient touchés en premier, suivis par les flux de céréales. Les transactions informelles de devises dans les villes frontalières se resserreraient. Ces économies sont profondément imbriquées ».

Le Ghana, qui a échappé jusqu’à présent aux attaques terroristes directes, a renforcé ses dispositifs de prévention le long de la frontière nord. Mais la question est désormais aussi politique qu’économique. « La création de la Cedeao vise à garantir que nous commerçons entre nous. Mais si l’insécurité s’aggrave et que la coopération s’affaiblit, l’intégration ne nous sera d’aucune aide », prévient David Agbee.

Dans ce contexte, Ishmael Norman juge que la stratégie des jihadistes est claire : « Au Sahel, la perception est une forme de pouvoir. Et parfois, les attaques ne visent pas tant à conquérir un territoire qu’à signaler qui sera le prochain sous pression ». Pour Accra, l’attaque de Titao résonne comme un avertissement.

Sahel, la course aux satellites de surveillance Mondafrique – 04/03  

Après la rupture de plusieurs pays du Sahel central avec les armées française et américaine, une grande course aux satellites de surveillance s’est engagée, avec de nouveaux acteurs. Mondafrique reprend ici, avec son autorisation, un article du Centre des Stratégies pour la sécurité du Sahel Sahara (Centre 4s). 

Ces outils – précieux dans la lutte contre le terrorisme et les trafics de drogue, d’armes, d’or, de migrants, d’êtres humains, de cigarettes et de carburant – foisonnent. Dès novembre 2023, le Mali signait un mémorandum d’entente avec l’entreprise russe Glavkomos, spécialisée dans les activités spatiales. Cet accord lui a permis d’améliorer la couverture Internet, des télécommunications, de la télévision et de la surveillance du territoire.  D‘autres pays lui ont emboité le pas, affichant des ambitions spatiales de plus en plus grandes. Ainsi envisagent-ils le lancement de satellites d’observation militaire, à plusieurs ou à titre individuel.

La surveillance militaire par satellite permet de détecter, en temps réel, des mouvements ennemis à plusieurs centaines de km à la ronde. Elle sert aussi dans l’observation continue des zones à risque, y compris dans les environnements hostiles et inaccessibles par voie terrestre. Elle facilite un suivi serré des équipements ennemis et réduit les risques humains, en permettant d’économiser les missions de reconnaissance dangereuses au sol. En survolant, plus ou moins discrètement et librement, l’espace, les satellites appuient les opérations militaires au travers d’activités d’observation, d’écoute et de communication. La visualisation par l’imagerie satellite militaire aide à localiser des camps terroristes, et d’agir en conséquence. Grâce à ces machines complexes, les armées du Sahel peuvent développer des réactions rapides face aux menaces djihadistes.

En 2026, les satellites fournissent des images de haute définition, quasiment en temps réel, assistées par l’intelligence artificielle (IA). L’interprétation de ces quantités de données est ainsi effectuée sans grand usage de l’intelligence humaine, facilitant de promptes réactions. Ce modèle de satellite de surveillance coûte, en moyenne, 300 millions d’euros. Maintenance et exploitation restent aussi onéreuses. Leur miniaturisation et leur lancement en grappes peuvent réduire ce montant jusqu’à 40%. Malgré tout, cela demeure un défi financier pour les pays du Sahel.

De nombreux pays africains se dotent de satellites espions

En cette année 2026, on estime à 410 le nombre de satellites espions en orbite, couvrant 93% de la planète. En 2020, les pays africains suivants avaient lancé des satellites : Afrique du Sud, Algérie, Angola, Égypte, Éthiopie, Ghana, Kenya, Maroc, Nigeria et Soudan. Pionniers, grâce à des décennies d’investissements stratégiques et de partenariats internationaux, l’Égypte et l’Afrique du Sud comptent, chacun, 13 satellites en orbite. Le Nigeria, avec 7 satellites, est un acteur clé en Afrique de l’Ouest. L’Algérie en possède six. Le Ghana a mis au point GhanaSat-1. Le Royaume du Maroc se montre leader, du fait de l’acquisition du satellite Mohamed VI A, d’une valeur de 500 millions de dollars. Officiellement, ce satellite évolue en vols stationnaires à des fins de télécommunications.

D’autres pays africains, surtout au Sahel, doivent coopérer avec ceux-là ou compter sur les partenaires internationaux, ou encore opérer avec des drones. Mais les capacités de surveillance et de traitement de données de ces derniers sont bien moindres que celles des satellites. En revanche, ces vecteurs aériens peuvent aussi attaquer. Les trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont signé avec leur nouveau partenaire stratégique, la Russie, un accord de coopération spatiale à Bamako le 23 septembre 2024. Ce protocole a été paraphé avec Glavkosmos, filiale de l’agence spatiale russe, Roscosmos.Deux satellites sont au cœur de cette ambition. L’un sera dédié aux télécommunications et promet une meilleure couverture Internet ainsi qu’une diffusion amplifiée de la radio et de la télévision. L’autre sera consacré à l’observation terrestre. Grâce à ses capacités d’imagerie à haute résolution, il devrait être d’un grand secours dans la surveillance des frontières et la prévention des risques d’insurrection.

Un satellite russo-burkinabè? 

En janvier 2026, la Russie et le Burkina Faso ont commencé à envisager la construction d’un satellite de communication destiné à accélérer la transformation numérique du Faso : ouvrir la voie à des services de connectivité, de cartographie et d’alerte précoce. Devant être conçu pour couvrir la région du Sahel, le satellite aura aussi pour vocation de sécuriser les communications gouvernementales et de renforcer la résilience des réseaux en période de crise. Parallèlement à la coopération sahélo-russe, le Niger, de son côté, a entamé une collaboration avec la Chine pour acquérir de l’imagerie satellitaire. Il coopère également avec l’Italie, qui déploie des unités de collecte d’information, de surveillance et de reconnaissance. Le cadre de cet appui est la Mission de soutien italienne à la République du Niger (MISIN), forte de 350 à 400 soldats. Le Parlement italien a autorisé cette opération, depuis 2018, pour accroitre les capacités du Niger dans sa lutte contre les différents trafics et les menaces à sa sécurité. L’attaque terroriste de l’aéroport international Hamani-Diori, à Niamey, la nuit du 28 au 29 janvier 2026, a révélé que ce site ultrasensible se trouve sous surveillance satellitaire de l’entreprise américaine Ventor Tech, spécialisée dans l’information spatiale.  

En Libye, des avions et des satellites russes surveillent les positions de Daech, à l’est et à la frontière avec l’Égypte. En Mauritanie, fin septembre 2024, le ministère de la Transformation numérique et de la Modernisation de l’Administration a annoncé le lancement d’un projet stratégique visant à créer un programme spatial national pour les nano-satellites. Le pays veut se doter d’un système spatial souverain au service de la sécurité, de la surveillance et du contrôle, ainsi que pour étendre la couverture numérique à l’ensemble du territoire national. Au Soudan, les images satellites jouent un rôle important dans la mise en évidence des atrocités commises à El Facher. Ces images sont le seul moyen permettant de suivre la situation dans une zone inaccessible et avec un réseau de communication défaillant.

Survols des pays sahéliens

Le sous-équipement de l’Afrique de l’Ouest, et particulièrement du Sahel, permet à des puissances étrangères de les survoler librement. Le jour de la Noël 2025, sur initiative du gouvernement américain, des bombardements ont visé des combattants de l’État islamique (EI) dans l’État de Sokoto, Nigeria. La raison avancée est que le Nigeria laisserait se perpétrer un génocide et une persécution des chrétiens. Après des discussions entre les deux pays, il a été décidé un mois plus tard que les avions nigérians opèreraient eux-mêmes les frappes aériennes, sur la base d’images et de données collectées par des appareils américains de surveillance. De plus, c’est le Nigeria qui choisira les cibles et son armée recevra des États-Unis des drones, des hélicoptères, des plateformes aériennes puis des pièces détachées et des systèmes de maintenance indispensables à leur exploitation, des équipements commandés par le Nigeria ces cinq dernières années mais non encore livrés. Faute d’en disposer, le Nigeria mène sa guerre contre les djihadistes à travers une surveillance aérienne américaine, qui consacre sa dépendance stratégique.

Donald Trump a menacé le Nigeria de nouvelles frappes si jamais des chrétiens étaient encore tués. Le général John Brennan, du Commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM), a déclaré dans une interview en marge de discussions entre Washington et Abuja que le Pentagone poursuivait une coopération militaire avec les trois pays de l’AES. Il a ajouté que les États-Unis continuaient de partager des informations avec le Nigeria car le changement de partenariat, en matière sécuritaire, était parfois risqué.

À l’issue d’une embuscade attribuée à l’État islamique au grand Sahel (EIS), dans l’ouest du pays, à Tillabéri, qui a occasionné la disparition de 135 membres de la Garde nationale, le Niger pris une décision majeure. Début mai 2025, il a mis fin aux accords de coopération en matière de renseignement avec la Russie et la Turquie, dénonçant la faiblesse opérationnelle des équipements et des techniciens fournis par les deux partenaires dans le domaine du renseignement numérique. En remplacement, le Niger a engagé une société marocaine. Mais l’accord a été rompu dans l’urgence après la révélation d’un lien indirect avec un prestataire privé français. Le Niger a ordonné immédiatement le démantèlement du dispositif. Les États-Unis sont donc revenus proposer leurs services.

LA VOIE DU SAHEL

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