Revue de presse Niger – 06/01/2026

Revue de presse Niger – 06/01/2026

Exploitation minière au Niger : Le ministre des Mines visite les locaux des sociétés étatiques sous tutelle– ANP – 05/01  

Le Ministre en charge des Mines, Commissaire-Colonel Abarchi Ousmane a visité, ce lundi 5 janvier 2026, les locaux de la Société de Patrimoine des Mines du Niger (SOPAMIN) et la Société Nationale de l’Or (MAZOUMAWA).

Cette visite a pour objectif d’échanger avec le personnel desdites sociétés, afin de connaitre leurs préoccupations, attentes et aussi les défis auxquels ils sont confrontés, et enfin s’assurer du bon fonctionnement de ces sociétés, voir dans quelle mesure, le ministère de tutelle peut apporter sa contribution pour faire face à ces défis.

A la Société de Patrimoine des Mines du Niger (SOPAMIN), une société des mines étatiques créée en 2007, première étape de cette visite, le Directeur Général M. Abdoulahi Garba a expliqué au ministre des mines ainsi qu’à sa délégation, les objectifs de sa société qui vise à gérer les participations du Niger dans les sociétés exploitant des substances minières ou de carrières sur le territoire national, mener pour le compte de l’Etat toute opération minière ou de carrière seule ou en association avec les tiers, prendre des participations dans toutes sociétés créées ou à créer au Niger ou à l’étranger et dont l’objet social se rattache directement ou indirectement à son objet social, commercialiser les substances minières ou de carrières, mener des études ou travaux nécessaires et accessoires ou connexes à l’activité sociale  et exercer par elle-même ou par l’intermédiaire d’experts désignés, le contrôle opérationnel des sociétés minières ou tout autre contrôle dévolu aux actionnaires par la réglementation.

Cette visite, a-t-il expliqué, ‘’nous fait d’autant plus honneur du moment où nous avons  reçu des orientations dans le cadre de la gestion de la société pour qu’elle soit beaucoup plus performante car ces structures  sont créées pour pouvoir aider l’Etat dans le cadre de la valorisation du potentiel économique et dans le cadre de la mobilisation des ressources minières’’.

Lors des discussions, a souligné M. Abdoulahi Garba, ‘’nous avons relevé des aspects d’opportunités surtout des projets stratégiques que la SOPAMIN envisage de mettre en avant à partir 2026 parmi lesquels certains vont suivre un processus pour aboutir un peu plus tard tel que le projet d’exploitation du sel dans le département d’Ingal, la mise en place d’une centrale d’entrants miniers pour une question de souveraineté du Niger en matière minière et le Ministre nous a réaffirmé son soutien  dans la concrétisation de ces projets conformément aux orientations nationales’’.

Pour la deuxième étape, la délégation s’est dirigée à la Société nationale de l’Or MAZOUMAWA, une jeune société étatique créée le 19 septembre 2024 placée également sous tutelle du ministère des mines.

La société, noté-t-on, a pour objectif d’assurer une gestion nationale et bénéfique des ressources aurifères du Niger tout en renforçant le contrôle du pays sur ses propres richesses.

A l’issue de la visite, le Directeur Général de ladite société, M. Abdou Ousseini s’est réjoui de cette initiative du ministre de tutelle qui, ‘’à travers son leadership, la société a vu le jour’’.

A cette occasion, a-t-il indiqué, ‘’nous avons échangé avec le ministre sur plusieurs aspects dont la gestion saine et responsable de cette société étatique, de la charge en nous pour contribuer en 2026 à l’exploitation aurifère et contrôler toute la valorisation ainsi que toutes les chaînes de valeur aurifères au Niger’’.

Ainsi, ‘’conformément aux orientations des autorités actuelles, MAZOUMAWA National Gold Company fait valoriser l’or pour le peuple nigérien avec à notre actif deux permis qui sont actuellement en recherche dans la zone de Dan Issa’’ a-t-il fait savoir soulignant qu’à ce jour, la société est à plus de 6.000 échantillons qu’elle compte analyser et aller en exploitation en 2026’’.

Il a enfin salué l’attention et le soutien du ministre chargé des mines par rapport à leurs préoccupations, et qui s’est engagé à accompagner les artisans miniers dans la chaîne de valeur aurifère afin de contribuer à relever les défis d’exploitation auxquels la société fait face.  

Niger: un préfet et toute sa famille tués dans une attaque jihadiste RFI – 06/01  

Au Niger, une attaque jihadiste a visé la résidence du préfet de Torodi, dans la nuit du dimanche 4 au lundi 5 janvier. Dernière grande ville avant la frontière avec le Burkina Faso, celle-ci se situe à une cinquantaine de kilomètres de Niamey. Le bilan s’élève à au moins sept morts.

C’est la première fois au Niger qu’un préfet est tué dans une attaque jihadiste contre sa propre localité.

Le préfet était un capitaine de l’armée nigérienne. Selon des sources sécuritaires, lui et toute sa famille ont été tués lors de l’attaque. Les assaillants ont visé sa résidence, pourtant très sécurisée, avant d’y mettre le feu.

Ils ont emporté trois véhicules qui appartenaient aux forces de défense et, lors de leur fuite vers l’ouest, ont également pu libérer deux de leurs camarades qui avaient été placés en garde à vue à Torodi. La localité abrite, depuis plusieurs mois, plusieurs détachements des forces spéciales dans une région placée en état d’urgence permanent.

Ces derniers mois, des dizaines d’écoles ont déjà été fermées dans cette même préfecture où, le 18 décembre dernier encore, le directeur d’une école de Makalondi a été enlevé. Il est toujours porté disparu à ce jour.

Alors que les jihadistes y ont également incendié plusieurs établissements scolaires, les populations rurales continuent de fuir la zone du Gourma pour se réfugier à Niamey ou dans des régions jugées plus sécurisées.

Expulsions de diplomates, fermeture de frontières : le Niger et le Bénin s’enlisent dans la crise BBC – 05/01  

L’expulsion de diplomates est le dernier aspect de la crise diplomatique qui oppose depuis deux ans, le Niger et le Bénin.

Jeudi dernier, le ministère des affaires étrangères, de la coopération du Niger a déclaré  »persona non grata Seidou Imourana, Premier conseiller de l’Ambassade du Bénin à Niamey ».

Le diplomate avait 48 heures pour quitter le territoire du Niger selon le communiqué du gouvernement nigérien.

Niamey précise que cette décision est une mesure de  »réciprocité » à l’égard de Cotonou qui a expulsé deux fonctionnaires de l’ambassade du Niger, au Bénin en début janvier 2026.

Depuis 2023, le Niger et le Bénin sont enlisés dans une crise diplomatique qui a pris une dimension économique et politique qui affecte les deux pays et dont l’issue reste encore incertaine

L’expulsion croisée en début d’année 2026 de personnel d’ambassade constitue une nouvelle escalade de la crise diplomatique qui oppose ces deux pays voisins, membres de l’UEMOA (Union Economique et monétaire Ouest africaine), cette organisation qui regroupe les pays ouest africains ayant le Fcfa en commun.

L’expulsion de diplomates, dernier aspect d’une crise qui perdure

Deux agents de l’ambassade du Niger à Cotonou ont été priés de quitter le territoire béninois le 1er janvier 2026. Depuis, les deux agents indésirables ont effectivement quitté Cotonou dans les délais impartis et ont rejoint leur pays à travers un vol commercial d’une compagnie aérienne.

Les raisons de leur expulsion n’ont toutefois pas été communiquées par le gouvernement béninois. Mais pour Niamey, la mesure est suffisamment claire pour que la réciprocité soit appliquée dans ce cas.

Le Premier conseiller de l’ambassade du Bénin à Niamey a donc été prié de faire ses bagages et de quitter le Niger dans un délai de 48 heures, car il a été déclaré persona non grata et ne peut plus poursuivre sa mission, ni rester sur le territoire nigérien.

Depuis l’annonce de ces expulsions, des informations faisant part de la fermeture des ambassades respectives circulent sans faire l’objet de confirmation officiellement par les deux pays

Cette nouvelle tension diplomatique intervient près d’un mois après le putsch manqué au Bénin.

Cotonou a vu dans cette tentative de coup d’Etat manqué, une  »main étrangère » sans toutefois désigner nommément un pays.

Cependant, il convient de préciser que cette crise diplomatique n’est pas la première du genre entre les deux pays voisins.

En février dernier, le gouvernement béninois avait rappelé son ambassadeur au Niger, Gildas Agonkan.

Ce dernier avait  »présenté des excuses publiques au peuple nigérien », après les sanctions et l’embargo décidés par la CEDEAO (Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest) à la suite du coup d’Etat qui a renversé l’ancien président Mohamed Bazoum.

Cotonou avait très peu apprécié les excuses de son ambassadeur, dont le geste est considéré comme un signe de  »faiblesse diplomatique ».

Origine de la crise diplomatique et politique entre le Niger et le Bénin

La crise politico-économique diplomatique entre le Niger et le Bénin trouve son origine dans le coup d’Etat qui a emmené au pouvoir les dirigeants actuels du Niger.

Lorsque en juillet 2023 les militaires nigériens avec à leur tête Abdourahamane Tchiani renversent le président Mohamed Bazoum, la CEDEAO, l’organisation régionale dirigée alors par le Nigérian Bola Tinubu était montée au créneau pour imposer des sanctions économiques très sévères à l’égard du Niger.

Le pays est suspendu des instances de l’organisation, une fermeture des frontières est décrétée entrainant un arrêt du flux de marchandises entre le Niger et ses voisins, en l’occurrence le Bénin et la position stratégique du Port autonome du Cotonou.

Après les sanctions économiques, des menaces d’une intervention militaire avaient été brandies par l’organisation régionale.

Bola Tinubu du Nigéria, Patrice Talon du Bénin et Alassane Ouattara de la Côte d’Ivoire avaient incarné cette fermeté de la CEDEAO vis-à-vis des militaires nigériens.

L’application des sanctions de l’organisation régionale avec la fermeture des frontières a mis en difficulté le régime de Niamey, confronté à une forte inflation des prix des denrées de premières et des médicaments.

Les relations entre le Niger et le Bénin se sont dégradées, s’envenimant et se transformant en une crise politique entre les dirigeants des deux pays, allant jusqu’à la décision du Niger de fermer à son tour sa frontière avec le Bénin en septembre 2023.

Niamey explique sa décision par une volonté de se protéger accusant son voisin avec qui désormais il n’est pas en odeur de sainteté, d’abriter  »des soldats français qui envisageraient d’attaquer le Niger ». Une accusation fermement démentie par Cotonou et Paris.

Conséquences économiques majeures pour les deux pays

La crise politico-diplomatique a des conséquences économiques énormes dans les deux pays depuis son éclatement.

La fermeture des frontières a paralysé le commerce, perturbé l’activité économique de part et d’autre.

Selon l’AFP, ce différend a transformé l’un des corridors commerciaux les plus fréquentés d’Afrique de l’Ouest, en une ligne de fracture géopolitique, mettant à rude épreuve les économies des deux pays et menaçant la coopération régionale au sens large.

 »Ce sont les populations des deux pays qui souffrent », a déclaré Ibrahim Abou Koura, transporteur nigérien travaillant à Cotonou, principal centre commercial du Bénin cité par l’AFP.

 »Son entrepôt, autrefois très fréquenté, qui traitait les marchandises à destination des villes nigériennes, est aujourd’hui presque vide » écrit l’agence.

En 2024, le Secrétaire général des chauffeurs routiers nigériens, Gamatie Mahamadou avait déclaré que  »le corridor Niger-Bénin, est l’itinéraire le plus sûr, le plus rentable et le plus court pour les transporteurs et les entreprises ».

Le port béninois de Cotonou, qui était la principale voie d’importation et d’exportation du Niger est sérieusement impacté aussi.

La fermeture des frontières a donc des impacts économiques énormes car  »les communautés frontalières ne peuvent ni commercer, ni accéder à certaines marchandises, en particulier les céréales » a-t-il indiqué.

Au plus fort de la crise, le Bénin avait suspendu son autorisation de chargement de pétrole provenant du Niger au port de Seme-Kpodji via un oléoduc de 2 000 kilomètres reliant les champs pétrolifères du nord-est du Niger au Bénin et géré par WAPCO, une entreprise chinoise.

L’activité économique est également au ralenti au Port de Cotonou depuis que le gouvernement nigérien a choisi désormais le port de Lomé pour le débarquement et l’exportation des marchandises en partance ou en provenance du Niger.

Le choix du Port de Lomé comme voie alternative a également un coût énorme pour les camionneurs nigériens, obligés d’effectuer un itinéraire plus long et qui les oblige à passer par le Burkina Faso où ils doivent composer quotidiennement avec les risques d’attaques des groupes djihadistes.

La médiation entreprise par les deux anciens présidents du Bénin Thomas Boni Yayi et Nicéphore Soglo qui s’étaient rendus au Niger n’a pas abouti.

Désormais, les observateurs misent sur l’avènement d’un nouveau président au Bénin dont la présidentielle est prévue en avril prochain pour espérer l’ouverture d’un nouveau chapitre des relations entre les deux pays.

Au Togo, fragile accalmie dans les Savanes, malgré les incursions jihadistes venues du Burkina Faso – Jeune Afrique 06/01  

Trois ans après les premières incursions jihadistes dans le nord du Togo, l’armée semble avoir pris le dessus. Hausse des effectifs déployés à la frontière, construction de tranchées, amélioration des capacités de surveillance… L’opération Koundjoaré se révèle efficace.

Samedi 13 décembre 2025. À Dapaong, sur le terrain du Centre régional d’enseignement technique et de la formation professionnelle, les tambours résonnent. En présence des délégations venues des pays voisins, discours officiels et danses traditionnelles se succèdent, marquant la célébration de Tingban Paab. Longtemps suspendue pour des raisons de sécurité, la région étant, depuis 2022, sujette à des incursions jihadistes, l’organisation de la plus grande fête des Savanes symbolise, au-delà de sa portée culturelle, le retour progressif – quoique fragile – à un climat plus apaisé dans le Gourma togolais.

Cette amélioration se traduit de manière visible par le retour progressif des populations dans des localités désertées. À Tambima, dans le canton de Koundjoaré, les habitants ont ainsi été autorisés à regagner progressivement leurs villages, après presque deux années de déplacement forcé, grâce au renforcement du dispositif sécuritaire, en particulier aux patrouilles diurnes et nocturnes de l’armée togolaise.

Retour des populations togolaises

L’annonce a été faite le 16 décembre à Mandouri, à l’issue d’une rencontre avec les populations déplacées. « Nous avons installé une base sur la colline de Sankortchagou, ce qui nous permet de contrôler facilement les localités de Tiwoli, Tambima ou encore Kpinkankandi », confie à Jeune Afrique une source militaire.

Cette accalmie est due à une profonde mutation du dispositif sécuritaire dans les Savanes. Ces derniers mois, les Forces armées togolaises ont multiplié les initiatives pour affiner leur tactique et contenir la menace. L’opération Koundjoaré, que dirige le colonel Latiémbè Kombaté, se distingue ainsi par une meilleure maîtrise du terrain et par une adaptation progressive aux modes opératoires des groupes jihadistes.

Pour contrer les incursions de ces groupes, qui empruntent depuis longtemps les couloirs de transhumance reliant le Togo au Burkina Faso, les Forces armées togolaises ont progressivement verrouillé ces axes stratégiques. Depuis le début de la crise, les localités situées le long de ces corridors ont été la cible d’attaques, qui ont poussé les populations à prendre la fuite. Ce vide a facilité les infiltrations de jihadistes et la pose d’engins explosifs improvisés.

Mais la situation a changé. L’armée togolaise a créé des Postes opérationnels avancés (POA), notamment à Banangandi, Kpentindjoaga, Sankortchagou ou encore à Niamtougou. Intégrés au dispositif de surveillance, ils sont équipés de drones d’observation et occupés par un personnel de mieux en mieux formé.

Au-delà du renforcement du maillage militaire et de la surveillance aérienne, les Forces armées togolaises se sont lancées, à la fin du premier semestre de 2024, dans la construction de tranchées le long des frontières orientale et septentrionale. Depuis le début de la crise sécuritaire, en effet, les assaillants menaient systématiquement des attaques à partir du territoire burkinabè, puis se repliaient sans parvenir à s’implanter durablement en terre togolaise.

Confié au groupe de BTP Ebomaf, le chantier a été ébranlé, en octobre 2024, par une attaque qui a causé la mort de plusieurs ouvriers et militaires, ainsi que d’importants dégâts matériels. Ce coup dur n’a pas pour autant mis un terme au projet. Les travaux ont repris quelques mois plus tard. « Aujourd’hui, le tracé a dépassé le village de Papri et on devrait atteindre la frontière avec le Ghana d’ici à la fin de 2026 », indique une source sécuritaire.

Depuis, la partie orientale de la région des Savanes n’a plus subi d’attaques d’envergure, a souligné Barry Moussa Barqué, le président du Sénat, qui s’exprimait à la tribune de la fête de Tingban Paab, où il représentait Faure Essozimna Gnassingbé, le président du Conseil. « Des infrastructures très coûteuses, réalisées à la frontière, permettent de mieux contenir ces barbares », a-t-il ajouté.

De fait, la présence de ces tranchées complique nettement les incursions jihadistes. Elle contraint les groupes armés à opérer en petits effectifs et limite leur capacité à créer la surprise. « Ils tentent encore parfois des infiltrations et parviennent à poser des mines, mais notre vigilance est désormais permanente. Ils ne peuvent plus nous surprendre », assure une source sécuritaire togolaise. Dans cette guerre asymétrique, l’ouvrage, s’il a des limites, n’en a pas moins un effet dissuasif et réduit la marge de manœuvre des assaillants.

Déplacement du front

Le renforcement progressif des défenses à l’Est a déplacé le centre de gravité du conflit vers le Nord, révélant la nature mobile et opportuniste de la menace jihadiste. La région des Savanes partage en effet deux lignes frontalières distinctes avec le Burkina Faso : à l’Est, avec la province de la Kompienga, et au Nord, avec celle du Koulpélogo. Confrontés au verrouillage des axes orientaux, les groupes armés se sont adaptés, et ciblent prioritairement les zones où le dispositif défensif reste incomplet.

Cette reconfiguration du front se traduit par une intensification des incursions jihadistes autour de Kouampanté et de ses environs, du côté togolais, ainsi que dans les villages burkinabè de Zambendé, Longou et Kaongho, dans la commune de Soudougui. Depuis le mois de septembre 2025, le nord de la préfecture de Kpendjal-Ouest est devenu l’épicentre de cette pression. Les attaques au moyen d’engins explosifs improvisés s’y sont multipliées, causant des pertes civiles et militaires.

Cette évolution souligne les limites d’une tentative de stabilisation strictement nationale face à une menace régionale. Tant que le front burkinabè demeurera actif, l’accalmie observée dans les Savanes sera réversible. Le Togo est parvenu à contenir la menace sur son territoire, sans toutefois l’éradiquer dans un espace sahélien interconnecté.

La sécurisation durable des Savanes dépendra donc autant de la résilience des populations locales et de leur coopération avec les forces de sécurité que de l’évolution de la situation au Burkina Faso et des mécanismes de coordination régionale. Dans cette équation géopolitique complexe, la région des Savanes apparaît comme une zone tampon stratégique, où la paix reste possible, mais toujours fragile.

LA VOIE DU SAHEL